Vivre le confinement en famille

La situation actuelle demande d’après le gouvernement au niveau de la santé publique un isolement, isolement qui va peut être (pour ne pas dire certainement) durer bien plus de quinze jours. Or ce n’est pas chose facile, il n’y a qu’à voir les personnes qui ont du mal à respecter les consignes. Alors comment faire pour les plus jeunes et les moins jeunes ?

Un article publié dans le Lancet et vulgarisé ici expose les difficultés rencontrées pour les adultes et les plus jeunes lors de la quarantaine; je vous invite bien sûre à le lire. Je reprendrai seulement 2 points qui me semblent essentiels et qui peuvent donner des pistes pour mieux vivre la situation :

1 Le premier est l’importance de comprendre la situation, pour l’accepter. « Accepter » permet de traverser plus sereinement les obstacles. Cela ne veut pas dire qu’on se résigne loin de là ! Bien sûr le problème est que les informations ne sont pas toujours claires et qu’en voulant éviter la panique le résultats peut être le contraire. Autours de moi différentes communautés s’agitent. Celles qui sont « pour » et celles qui ne le sont pas. Je ne rentrerai pas dans la polémique, d’autant que je suis d’accord avec les deux… Confusionnant je sais… Voici ce que j’ai à dire: La situation n’est plus individuelle mais nationale (et mondiale). L’estimation actuelle (qui peut changer bien sûr) est que: 85% de la population infectée n’aura pas de complication. 15% oui (bien sûr ces chiffres sont peut être surestimés, tout le monde ne sera pas dépisté!). Or 85% de 1000 personnes sur le territoire français , ce n’est pas la même chose que 85% de la population française, surtout si le nombre de lits hospitaliers a baissé avec les années… Ce qui pose un vrai problème c’est l’engorgement : Les hôpitaux sont déjà submergés, les soignants travaillent dans des conditions plus que difficiles et celles-ci vont devenir ou sont déjà critiques. Dans deux semaines environ, il n’y aura plus de masques. Or dans deux semaines on devrait frôler le pic de la pandémie (peut être je me trompe à quelques jours près). Concernant la prise en charge des cas graves tout le monde ne pourra pas bénéficier de la réanimation, c’est le principe de réalité (quand j’entends les témoignages des soignants hospitaliers et des médecins généralistes et autres spécialistes sur le pont) et c’est déjà le cas dans certains endroits. Alors oui c’est malheureux si le gouvernement refuse le dépistage de masse et l’isolement des porteurs avec géolocalisation des potentiels contaminés (comme en Corée), il faut s’isoler (tout en avançant sur le débat isolement/dépistage?). Pour l’instant puisqu’il y a isolement (sauf pour les SDF…): il faut tirer partie des moyens de communications et, s’il n’y a pas saturation, il faut abuser des petits messages et des appels en direct à notre famille, nos amis. Pensez aux personnes âgées qui sont les plus à risque et les plus isolées déjà . exprimer des messages d’amour et de convivialités, partager. Créer des groupes en ligne de soutien, de méditations mais aussi de créativité , de projets manuel de cuisine etc… (coudre des masques pour les hôpitaux par exemple, quoique en disent certains médias. Voici un lien pour en faire), etc… Participer au pseudo « flash mob à distance » qui se met en place et où de son balcon tous nous applaudissons à 20H chaque soir les soignants et autres professions qui travaillent d’arrache pied. Accepter comme je vous disais ne veux pas dire se résigner.

2 Concernant le quotidien il est indispensable de poser des routines de vie qui sont des règles de vie. Eviter de regarder les chaînes d’informations en continue, et le 20H avec les enfants n’est pas conseillé ! Pour rester informer vous pouvez lire des infos dans l’après-midi et durant 15 minutes ça suffit. La routine demande de se réveiller à une certaine heure et de poser un emploi du temps. Les enfants comme les ado et leurs professeurs découvrent l’école à la maison et c’est donc du tâtonnement pour l’instant. Ce qui est sûr c’est que les jeunes n’ont pas à passer huit heures par jour devant l’écran ou leur table. Le travail en collectivité prend beaucoup plus de temps qu’en individuel. A vous de voir , en fonction de leur âge combien de temps. Le lycée de mon fils préconise 5 heures je trouve ça tout à fait raisonnable. Certains de mes patients peuvent avoir recours à leur AVS par téléphone, ce que je trouve très bien et rassurant pour eux. Concernant l’emploi du temps, la scolarité ne doit pas occulter les activités essentielles à notre équilibre de vie car celles-ci donnent un sens à notre vie. Peut être que ce confinement peut permettra à certains de prendre enfin le temps de s’occuper d’eux et de découvrir ce qui est essentiel. L’accès à la consommation est mis à mal, ce qui peut permettre au final d’arrêter de chercher à l’extérieur ce qui nous rendra heureux, ce qui est un leurre. C’est ce qui est difficile aussi dans le confinement , surtout pour les adultes (qui peuvent transmettre leur angoisse aux enfants) , on est face à soi et à l’existence. Le seul recours pour « s’enfuir » de soi c’est le faire 12H sur 24H les écrans ou des activités non stop (plus difficile quand on reste chez soi, dans ce dernier cas). Mais alors, on perd l’occasion de se découvrir et de découvrir nos potentiels, de devenir plus conscients de notre vie. C’est un processus alchimique. Mais c’est une autre histoire…

Concernant l’emploi du temps, on peut établir une liste de ce qui nous fait du bien et chaque jour appliquer certaines de ces activités. Dans celle-ci il est indispensable de préconiser au quotidien: *Des activités physiques : danser, faire du yoga , sauter et autres idées sont les bienvenues et demandent à être faites plusieurs fois par jour. * Des moments de rêvasseries, de jeux solitaires ou à plusieurs (pas que des jeux vidéo svp), écouter la musique, en jouer, chanter, lire ou écouter des histoires (France culture en propose gratuitement: ici), etc… * Des activités manuelles: cuisiner ensemble, bricoler, faire du collage/des dessins, coudre, tricoter, le ménage (nettoyer peut apporter de la sérénité et oui on oublie!), etc… C’est le moment de débuter une activité que l’on rêvait de faire et qui ne demande pas grand chose bien sûr (apprendre le chinois sur FUN Mooc gratuit), de trier, d’apprendre à fabriquer une éponge/un produit vaisselle ecolo et pas cher, etc… On peut aussi inventer des fêtes: un non anniversaire, l’amitié, le bonheur, les jeux de sociétés, et d’autres et pourquoi pas ce Week-end : celle du printemps, nous sommes à l’équinoxe 🙂 si je ne me trompe pas?

Voilà ce qui me vient pour l’instant; pour des informations plus « sérieuses » notamment sur les signes qui pourraient inquiéter sur l’humeur de votre enfant , lisez l’article que je vous ai signalé. Je nous souhaite du courage, de l’amour et de la joie dans cette épreuve qui peut nous grandir et peut être aussi, je l’espère, aider à une prise de conscience, notamment pour l’humanité et pour notre planète.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *