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Les problèmes relationnels chez les enfants ayant un syndrome d’Asperger


Avant tout merci à une maman qui se reconnaître je pense. C’est grâce à elle que je me relance dans la vidéo. Ce n’est pas un exercice facile, et pour moi c’est même presque douloureux « mais je me soigne  » donc en en refaisant.

Je parle d’un sujet qui est primoridal et au centre du fonctionnement Asperger et qui amène beaucoup de problèmes et de conséquences néfastes. Je pourrai en écrire un livre ! Et c’est peut être ce que je vais faire. Mais bon, je reviens au sujet. On pense que les enfants ayant un syndrome d’Asperger ou Autisme de haut niveau (intellectuel) s’isolent mais ce n’est pas toujours le cas. Du reste s’ils le font c’est qu’ils en ont besoin (au niveau sensoriel) mais aussi pour ne pas avoir à interagir avec l’autre car ils ne savent pas comment faire et ça leur coûte.

Dans ma petite vidéo je parle des autres mode de communications possibles chez un enfant asperger:
ou il imite
ou il est dominé
ou il domine.
Tout ça permet de ne pas se poser de questions. Il reste que cela entraîne bien des problèmes.

L’adulte qui a « toujours fait comme les autres » ne sait pas au fond qui il est, l’enfant qui tyrannise (ou qui est tyrannisé) peut se faire éjecter/devenir à son tour esclave (tyran)/ intégrer que les relations sont toujours Dominant-Dominé.D’autant que la notion « ami » n’est pas clair pour un enfant au fonctionnement Asperger. En effet, si l’enfant le tyrannise/le harcèle/le maltraite Mais dit qu’il est son ami alors l’enfant Asperger « souffre douleur » pensera quand même « oui il est mon ami »… Le problème qui se rajoute est l’attentisme des institutions, qui du coup sont maltraitantes.

Encore une histoire d’autisme …

tsa droit au diagnostic et éducationVoici une enfant intelligente, très, qui bénéficie d’un 100% demandé par le médecin de l’hôpital de jour « psy » où elle est, à raison d’une journée par semaine, depuis quatre ans, et ce, sans qu’ait été posé un diagnostic (?!)

Une exception vous me direz. Pas si sûre… Malheureusement en France en 2016, les enfants autistes de haut niveau ne sont pas toujours diagnostiqués…

Sa scolarité ? Compliquée, pour ne pas dire néante… Ce qui aggrave son handicap. Trop compétente pour la CLIS où elle avait été admise à six ans et où elle ne faisait rien, elle est passée à une demi journée par semaine en classe normale puis à deux demi-journées l’année d’après, avec l’accompagnement d’une AVS. Soit 9-10 H d’école par semaine pour cette enfant au QI normal (au dessus même) qui ne comprend pas le second degré et l’implicite DUTOUT, qui a une très pauvre intuition sociale et se comporte avec toute sa spontanéité inadaptée et gênante au bon déroulé de la classe (oui par ce qu’en plus elle est très très spontanée avec un TDAH, trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, associé).

Sa mère se bat pour qu’elle soit plus scolarisée et que fait l’Hôpital de jour ? Il signale au juge pour enfant que madame est dans le déni des troubles. Lesquels ? Il semblerait que le juge ait eu un diagnostic. Celui de troubles graves de la personnalité. De vous à moi, en psychiatrie, ce diagnostic est un écran de fumée; cela ne veut rien dire ou tout dire. C’est digne du jargon des médecins de Molière, en langage contemporain. Et pourquoi madame est dans le déni ? Par ce que maman demande que sa fille puisse avoir accès à plus d’heures de scolarité. Combien ? Une demi-journée en plus.

C’est abjecte. Je vous engage à visionner cette intéressante conférence qui parle de l’autisme avec beaucoup d’intelligence pour certains intervenants… et qui plaide pour l’inclusion des enfants autistes: Conférence d’hypocrate .

 

Comment fait-on un diagnostic en psychiatrie ?

diagnostic psy

Voilà une bonne question. Je commence à me la poser sérieusement quand j’entends des patients m’expliquer que leurs troubles ne peuvent pas être diagnostiqués car le test X ne conclue pas au diagnostic X, comme le test Y au diagnostic Y , etc…

Après le diagnostic :

  • psychanalytique, à savoir « cet enfant souffre car sa mère l’a refusé pendant sa grossesse par ex. » (Ok je simplifie à l’extrême mais au moins vous comprenez) (cliquer ici pour comprendre que « la psychiatrie ce n’est pas la psychanalyse« ),

Après le diagnostic

  • cognitivo-comportemental , à savoir « cet enfant est comme ça car il a une mauvaise confiance en soi » (facile quand on a un problème sans explication, sans aide ciblée: on n’a pas confiance en soi)

Place au diagnostic « pseudo-scientifique »: on mesure avec des tests si oui ou non on a ce trouble ou pas.

Le problème est que la psychiatrie comme toutes les autres spécialités médicales est une discipline où l’expérience, la qualité de l’écoute, de la relation humaine, de l’analyse sémiologique restent indéniables pour faire le diagnostic . Car le diagnostic est « clinique ». Les tests sont utilisés surtout dans le domaine de recherche ou pour des « non experts » ou pour étayer un diagnostic. Mais les tests ne se substituent en aucun cas au diagnostic du médecin psychiatre expert.

Et pourtant… J’en entends des histoires… En voici deux :

  1. J’ai rencontré il y a peu une jeune femme d’une trentaine d’année qui cherchait à comprendre ce qu’elle avait. Au point où elle a fait des études de psychologie… Or, accueillie dans un hôpital universitaire, aucun diagnostic n’est sorti des tests, même de ceux sur l’autisme. Pourtant cette jeune femme a un syndrome d’Asperger aggravé d’une agoraphobie. je ne vous dis pas son soulagement de l’apprendre. Même si ce n’est pas « facile » de lui dire et elle de le recevoir…
  2. De même, une autre jeune femme, appelons la Marianne, a été reçue par un psychiatre qui au terme de l’entrevue à conclue « Vous avez peut être un Syndrome d’Asperger mais il faut faire des tests pour le confirmer » ( ah bon? Pourquoi pas simplement la revoir en entretien à nouveau ? ). Marianne est donc allée voir la psychologue testeuse du service hospitalier. Celle-ci lui a aussi dit « Vous avez peut être un syndrome d’Asperger mais il faut que je vois vos parents pour leur faire passer des questionnaires ( des tests quoi ) ». Marianne est donc allée voir son père qui est encore en vie ( Que fait-on si les parents sont décédés ? ). Mais le père a refusé. Dans ce cas, la psychologue est vraiment désolée mais « elle ne pourra pas faire de diagnostic à Marianne (!!????!!!) ».

Alors que nous médecins apprenons dans nos études que « le diagnostic est clinique », dans ces deux cas, ils ne semblent pas avoir confiance dans leur jugement. Est-ce par manque de confiance ou par manque de courage ? Ont-ils peur de prendre leur responsabilité de médecin et de dire « vous êtes autiste » ? je me le demande..

Le problème qui s’en suit est qu’ en France, les autistes de haut niveau continueront à être sous-diagnostiqués.

Pour aller plus loin:

  • Le problème de ne pas faire le diagnostic d’autisme de haut niveau… un cas d’un enfant et de sa mère!!!! cliquer ici
  • Voici des cours : sur le syndrome d’asperger et l’autisme de haut niveau et les signes précoce de troubles sociaux lors d’un autisme: cliquer ici .