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Violence et écran, une histoire de neurones miroirs ?

neurones miroirs

« La violence a toujours existé. » C’est vrai. Mais la violence chez les jeunes est un véritable problème de santé publique, dixit l’OMS.Ref

Quand les « spécialistes » médiatiques affirment que les écrans et les jeux vidéo ne jouent aucun rôle sur la violence des adolescents, je me demande sérieusement s’ils vivent dans notre société?

Ont-ils des enfants de « maintenant »? Ont-ils travaillé ces vingt dernières années à l’hôpital ? Ont-ils traîné dans les commissariats et les tribunaux, autour des lycées et des collèges (pour ne pas dire les écoles primaires) ?

Regardent-ils les publicités, les clips, les séries, les films ? Rentrent-ils dans les magasins où les jeux en devanture sont les plus violents ? Et quand ils jouent, se mettent-ils à la place d’un jeune qui mitraille, qui vole des voitures, etc … pendant des heures et des heures ?

La réponse de ces experts médiatiques aux craintes d’autres experts est :

« Vous n’aimez pas les jeunes, vous en avez peur. »

Aucun danger donc ! En France, nous sommes des exceptions. Les jeunes ne sont pas touchés. Aucune influence possible. Nous sommes parfaits. Amen!

Et qu’en est-il des neurones miroirs ? Les jeunes en France n’ont-ils pas de neurones miroirs ?

Les fameux spécialistes médiatiques ne peuvent pas dire qu’ils ne connaissent pas cette haute technologie intracérébrale (ben non ils sont scientifiques). Mais qu’est-ce donc que les neurones-miroirs ?

Les neurones miroirs nous permettent de « vivre » ce que nous voyons. Je vous explique:  » je regarde Jacques planter un clou » et cette vision entraîne une stimulation dans ma caboche comme si JE plantais un clou.

Si Jacques se fait mal je le ressens mais plus ou moins, selon mon propre niveau cérébral « d’empathie-bienveillance » mais aussi selon le nombre de fois que je l’aurai vu se donner un coup. En effet, si Jacques se donne un coup mille fois devant moi, cela devient banal (voire même « chiant »). « Je n’ai plus mal pour lui »… En d’autres termes plus je vois de la violence sur les écrans, plus elle devient banale et je me « désensibilise ». 

Alors dites-moi, fort de cette connaissance des neurones miroirs, pensez-vous qu’un jeune qui passe quatre heures par jour à jouer au militaire ou au voleur de voitures et qui tabasse des gens ne se désensibilise pas à la violence ? Le jeu anti-social n’apprend-il pas à être anti-social ? Les fameux spécialistes médiatiques admettent que les jeux vidéos sont didactiques. Comment font-ils pour refuser l’impact négatif de ces jeux et accepter leur impact positif ? Paradoxal, non? J’appelle cela de la mauvaise foi. Oups! Il faut rester politiquement correct dans notre contrée. Au lieu de dire « tout va bien » « ne soyons pas réac » « nous aussi on a été jeune ! T’as oublié mémé ? », critique facile et non constructive de type « peau de banane », les spécialistes médiatiques devraient se remettre en question.

Pour aller plus loin,

  1. je vous propose de lire un article publié dans le Monde, écrit pour le coup par de « vrais spécialistes ». Ils s’indignent des recommandations publiées par l’Académie des Sciences qui , elle aussi (comme les spécialistes médiatiques) plaide pour une utilisation permissive des écrans chez le petit ! incroyable mais vrai 🙁 cliquer ici
  2. Je publierai bientôt un livre pour aider les parents à manager les écrans avec leurs enfants et adolescents…. quand j’aurai fini les corrections!!!! 🙂

 

 

 

 

Coder dès la primaire ?

J’ai été fort intéressée par les propos de l’informaticien, Leslie Lamport super-programmeur. Pourtant, il prône l’écriture comme pré-requis avant de programmer. L’écriture sur papier (mathématique j’entends) lui permet de mettre en ordre ses pensées et de les simplifier au maximum. Il compare cette activité comme une activité d’effort comme la course mais elle aussi indispensable à la pensée. D’après lui, si « les programmes d’informatiques ne fonctionnent pas aussi bien qu’ils le devraient. C’est principalement par ce que les programmeurs ne mettent pas toujours leur pensée par écrit avant de coder ». (référence:cliquer ici)

Ce qui pose question de la pertinence du projet d’apprendre à coder dès la primaire pour un soucis de « performance » car « la France n’a pas assez de gens formés ». Mais l’urgence se place-telle à ce niveau? Les enfants ne doivent ils pas acquérir les bases de ce qu’est un problème?

Ne doivent-il pas apprendre à déchiffrer l’énoncé, savoir quels sont les informations pertinentes et trouver la séquence pour trouver la solution? En fin de cm2 quel est le pourcentage d’enfant ayant acquis celles-ci?

Ne commence-t-on pas trop tôt l’abstraction? Dès le CP les enfants ne manipulent plus ou rarement en mathématique!

Combien d’enfant à partir du primaire (ou avant parfois) aime apprendre? Combien osent essayer et donc se tromper? Combien osent faire preuve d’originalité ? N’est-ce pas le goût d’apprendre, la créativité, l’enthousiasme, l’acceptation de prendre des risques, la confiance en soi qui sont des gages de « performance »? Ne sont-ce pas des valeurs indispensables pour entreprendre? (référence ici)

Ma conclusion à cette nouvelle « trop mortelle » en langage ado ou « populaire » en langage « pas de langue de bois du doc »: En France, nous mettons la charrue avant les boeufs.

et si ça vous intéresse:

Le bénéfice du renforcement positif

Les Tablettes au collège