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Halte aux mots « peau de banane »

Non à la critique négative

Bien que l’on parle de plus en plus de la communication positive/pédagogie positive/éducation positive, en France la critique reste une activité prisée chez les adultes entre eux et envers les jeunes, surtout où je vis à Paris.

En ce qui concerne les parents et les enseignants qui la pratiquent encore en 2015, la raison est d’après eux : mettre la pression au jeune, le « booster » . Certains adultes affirmeront même  « qui aime, bien châtie bien ». Je leur répondrai une chose : commençons par nous respecter. Car est-ce du respect quand on assène sans rougir:

« Tu poses des questions idiotes » « Tu es vraiment débile » « Tu es nul » « Même un enfant de trois ans saurait le faire »

« Tu peux pas faire attention?! » « T’es pas dégourdi! »

« Tu ne veux jamais m’aider à ranger » « Tu ne penses qu’à toi » « tu es égoïste » « Tu ne fous rien »

« Ma parole, t’as un poil dans la main! »

« Qu’est ce que j’ai fait pour méritez ça? » (celle-là c’est le titre d’un film d’Almodovar)

« Vous n’aurez jamais votre Bac » (très souvent entendues en filière scientifique) « Vous êtes une classe de branquignoles » (bon là, pas sûre que les gamins comprennent et le prennent négativement :p)

« Tu n’as aucune culture » (et les jeux vidéos? c’en est pas de la culture, révisez votre définition » « tu ne t’intéresses à rien » (et la programmation c’est rien? La sécurité des sites web aussi?)

Bon Stop, je m’arrête là mais je pourrai continuer une journée entière sans panne d’inspiration ! En bref, la critique non constructive est très appréciée en France, Or doit-on la maintenir sous prétexte « d’exception française »? à quoi sert-elle ? Sûrement pas à trouver des solutions. Car ce qu’on dit à l’autre c’est :  « tu ne vaux pas grands chose, donc tu ne peux pas faire grand chose ». Pour le décourager y a pas mieux. (la motivation un article ici)

En plus d’être injuste (et de provoquer donc), elle entame la confiance en soi de celle ou celui qui les reçoit. D’autant que la parole de l’adulte est  « d’or » . Les paroles, les phrases maladroites sont ainsi de véritables peaux de bananes qui font chuter jusqu’à casser notre « confiance en soi ». Et les jeunes de reprendre à leur compte la critique. Ils s’auto-flagellent et flagellent leurs pairs, les plus petits plus vulnérables… Mauvaise façon de s’affirmer à savoir « dominant/dominé ».

Et quand on croit ne pas valoir grand chose que se passe-t-il? Tristesse, anxiété, voire dépression, opposition avec ou sans provocation, crises de colères etc…

J’ai ainsi rencontré, il y a peu, un garçon de huit ans qui voulait passer sous un train. Il le disait très sérieusement. Cela semblait pour lui la seule solution à son problème. Et quel était son problème? Il était nul à l’école et son enseignant le lui répétait souvent. Au cas où il oublierait.

Les  « peaux de bananes » font mal ! Combien d’enfants en France se sentent à l’aise à l’école ? Combien n’ont pas peur de poser une question « car ils n’ont pas compris »? Combien interviennent en classe quand ils sont sûrs de la réponse ? Combien ont mal au ventre le dimanche soir ?

Pour apprendre, il faut créer un climat favorable de motivation mais aussi de sécurité. Car apprendre demande de se dépasser, d’aller plus loin, d’aller en terrain inconnu. Il est indispensable de se sentir aussi protégé et le « respect » y contribue fortement.

J’irai même plus loin. Combien oserons jeunes adultes se lancer dans une carrière « à risque »? Comme par exemple « entreprendre »? Combien choisiront leur métiers, leurs activité professionnelle par « amour »? Combien sauront « aimé » ce qu’il font? Combien seront heureux?

Les peaux de bananes sont un véritable fléau pour le bien être de chacun mais aussi d’une société et de l’avenir de celle-ci. La peau de banane fait mal non seulement à celui qui la reçoit mais aussi à celui qui la balance. Car dire du mal nous barbouille aussi l’âme en nous confinant aussi dans un quotidien morose « tout le monde est nul » (cf article Stop aux croix intempestives).

Il faut donc apprendre à communiquer : l’écoute, le respect de l’autre et de soi sont au premier plan. Accepter l’autre tel qu’il est avec ses défauts et ses talents, comme nous-même. L’affirmation de soi respectueuse devrait s’apprendre à l’école mais pour cela, il faut aussi l’enseigner aux adultes et notamment aux (futurs) enseignants.

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage : cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici

Comment motiver en classe ? : cliquer ici

Sanction: Non aux croix intempestives!

croix

Témoignage d’une enfant en CM2 sur sa maîtresse « stressante ».

Si l’on oublie son cahier: une croix, un livre: une croix, si on parle: une croix. Et au bout de cinq croix? Une heure de colle…Qui servira à quoi?

Si on ne présente pas rigoureusement comme madame le demande: elle déchire et « en rajoute une couche » par ces commentaires. Plusieurs pleurent ! ».

Mais madame sait aussi gratifier: « si tu n’as aucune croix pendant deux trimestres, un petit cadeau peut être tu auras ».

Voici mon diagnostic et mes propositions à madame la maîtresse :

1- C’est bien normal que les enfants aient des boules dans le ventre avant de rentrer dans votre classe. Je ne parle pas de ceux qui ont des problèmes d’apprentissage! Car ceux-là peuvent s’en rendre malade! Un petit patient l’année dernière est allée par deux fois aux urgences pour suspiçion d’appendicite… Mais c’était dans une autre école.

2- Madame votre objectif principal n’est pas celui-là. Votre mission principale est surtout de donner envie d’apprendre et à faire des efforts. Sinon comment voulez-vous leur enseigner durablement des connaissances ? Oui c’est plus dur de nos jours. Non l’Education Nationale ne vous l’apprend pas.

3- Vous ne devez pas être heureuse en rentrant de votre travail. Vous ne voyez que ce qui ne vas pas dans vos élèves. Si vous pouviez voir leurs efforts! Vous gagneriez de la zenitude dans votre quotidien ! Sans parler de vos élèves qui reprendraient confiance en soi…

4- Prenez donc des conseils de vos collègues, ceux créatifs et enthousiastes. Tenez comme cette maîtresse qui tamponne dorénavant  les exercices de tous ses élèves d’un smiley recopiant l’Auxiliaire de Vie Scolaire qui le fait avec l’enfant qu’elle accompagne. Cette maîtresse a « osé », et , par ce petit geste, renforce positivement l’effort des enfants. Ce renforcement est plus efficace car il est immédiat et a lieu pour une tache réaliste (pas dans six mois pour une épreuve impossible).

Et en plus, quand on reçoit un smiley, ça donne confiance en soi!

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage: « Halte aux mots « peaux de banane » cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici