S’OCCUPER DES DEVOIRS SANS S’EN OCCUPER: AUTONOMISER.


Au delà du fait que je ne suis pas favorable aux devoirs après l’école, si elle finit à 16H30, en tant que pédopsychiatre, mère et « vieille » enfant TDAH, il faut bien trouver des solutions pour améliorer la gestion des devoirs. Car dans un nombre important de cas, les devoirs sont la bête noire des enfants ayant un trouble de l’apprentissage comme des parents… Ma réponse est la suivante et attention c’est un petit casse-tête: il faut s’occuper des devoirs sans s’en occuper…. Bon j’essaye de vous décortiquer l’idée…
Il vaut mieux éviter, autant que faire se peut, de vous occuper des devoirs. Si des conflits surviennent autour de ce pensum, rien ne sert de s’obstiner. Vous risquez, sans vous en rendre compte, de mettre en place une communication pernicieuse avec votre enfant/adolescent. D’une part, vous vous occupez surtout de lui quand son comportement  n’est pas adapté, ce qui peut favoriser la poursuite de celui-ci. D’autre part, vos relations affectueuses s’entachent de ce « passif » au quotidien entraînant déjà une anticipation négative de vous deux sur le déroulé des devoirs qui deviennent synonyme de « cauchemar », puis sur les autres interactions non scolaires, lesquelles peuvent fondre comme neige au soleil. Votre relation peut ne plus tourner qu’autour des devoirs et la sphère familiale peut aussi s’en trouver polluée: le frère ne peut plus rentrer dans le salon car sa petite soeur doit faire son travail (il ne se sent plus chez lui), les week-ends sont pris en otage par « faire faire les devoirs » empêchant tout programme de loisir familial, de moments de partage. Le couple parental peut aussi s’en trouver affecté…
Les devoirs sont la responsabilité de l’enfantet non la votre. Mais en même temps, il est normal de veiller à ce que son enfant se mette aux devoirs et de l’aider s’il en a besoin (oublis de cours, apprendre à s’organiser, incompréhensions, le faire répéter, lui apprendre à apprendre etc…).
Le parent qui « envoie » le jeune faire ses devoirs sans se préoccuper un minimum qu’ils soient faits et correctement, si l’enfant a des soucis pour apprendre sa poésie ou autre, pour comprendre la leçon ou l’exercice, ce parent n’accompagne pas son enfant dans son autonomisation.
Je vois ainsi arriver des parents me disant qu’ils ne s’en occupent plus comme « lepsy »leur a dit. Mais dans certains cas, le « gamin » n’est pas encore autonome. « Lepsy »débarrasse les parents du problème qui persiste.
Si en plus, « lepsy »vous dit que deux séances de psychothérapie par semaine aideront l’enfant, je suis en total désaccord avec celui-ci qui évacue aussi ce problème trop « terre à terre » ou le « dénie » pour employer le jargon. Il oublie ainsi les règles fondamentales d’apprentissage, d’imitation, de compagnonnage, d’éducation quoi!
Or l’éducation est mise à mal en cas de troubles, notamment d’apprentissages. Il reste que le problème ne se résout pas quand on le range dans un placard. Et peut être ne le sera-t-il jamais, comme j’entends certains psy me rétorquer, mais ne doit-on pas essayer? C’est que ça peut marcher voyez-vouspartiellement ou totalement. Car autonomiser ce n’est pas « tiens, vas-y ». On ne met pas une fourchette dans la main d’un nourrisson et on ne lui dit pas « tiens, mange maintenant ». Il faut qu’il ait acquis des dents, une coordination visio-praxique adaptée ou doit-on lui proposer une psychanalyse ?
L’autonomie scolaire est du même acabit : elle dépend de l’autonomie de l’enfant qui ne consiste pas non plus à « faire pour lui ». De même, il faut également faire attention à ne pas oublier l’enfant « trop autonome » (comme le frère ou la soeur qui n’a pas de difficulté), car il en souffre aussi et peut avoir le sentiment de ne pas avoir le droit d’avoir de l’aide, car il n’a pas le droit à l’erreur, ni de se plaindre, les parents ayant déjà assez de soucis avec l’autre enfant …
Donc, si je résume, il faut aider son enfant à apprendre à se responsabiliser et à s’autonomiser, à s’organiser. Quand c’est possible, il faut se faire aider:
– Par des pédagogues qui sont des spécialistes et non des vampires commerciaux, des « vrais gens » qui aiment enseigner et se remettent en question.
-Par les intervenants « psy » et paramédicaux qui prodiguent des conseils judicieux : ergothérapeute, psychomotricien, orthophonistes, par les psychiatres et psychologues qui se penchent sur cette question;
-Par un thérapeute familiale, au besoin, qui peuvent désamorcer une situation « bouchée » et accompagner les parents dans la gestion des devoirs et du quotidien.
-Par des parents, des amis, qui peuvent aussi soulager, s’ils connaissent et s’intéressent à la pédagogie.

Alors, comment fait-on devant avec un enfant qui refuse de faire ses devoirs? eh!eh! vous le saurez lundi….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *