L’autisme et sa prise en charge, un témoignage

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Le cas d’une maman avec son fils âgé de 4 ans présentant un TSA de haut niveau (à savoir un enfant très performant intellectuellement) me pose question.

Depuis un an, tous deux sont suivis au CMP. Pas de diagnostic. Mais ça j’avoue que c’est habituel chez les enfants que je vois. Probablement un biais de sélection…. Passons et venons au suivi qui m’intrigue:

Maman et filston sont reçus en entretien par deux thérapeutes (qui se serrent les coudes ? ). Pendant l’heure une fois par semaine, L’enfant joue avec le psychomotricien pendant que la maman répond aux questions du psychologue dans la même pièce. Je vous passe le coût financier et l’aide apportée. D’autant que cette année « ça change » car on va travailler « sur la séparation »: la maman sera reçue par le psychologue dans une autre pièce pendant que l’enfant jouera avec le psychomotricien. Vous me direz mais pourquoi papa n’est pas convié ? Car papa n’a pas reconnu filston. Maman l’élève seule. D’où un travail sur la séparation. Des fois que ce serait dû à la maman…Et nous sommes en 2014 ?

Cet enfant a besoin d’une prise en charge bien plus adaptée. Travailler la communication, la relation à l’autre et notamment à ses pairs, développer son langage, développer sa graphie fine… Et si en plus je vous disais que la maman a bataillé pour que les rendez-vous n’aient pas lieu les jours où il va à l’école!!!

Non l’autisme n’est pas lié à la mère, ni à des auto-anticorps de celle-ci contre le foetus ou je ne sais quelles élucubrations proférées pour vêtir les croyances d’un vernis de « scientifisme » que l’on peut lire ou entendre de la part de fervents psychanalystes qui n’ont pas honte.Non on ne soigne pas la mère ni le père. On les aide, on les accompagne, on les guide dans la prise en charge de leur enfant. Mais peut être que c’est ce qui est fait d’inconscient à inconscient. Car interrogée la maman n’a pas reçu d’informations sur la mise en place de routines, de pictogrammes  etc… Mais après tout, si on ne fait pas le diagnostic!

Pour aller plus loin, deux cours sur l’autisme de haut niveau et/ou syndrome d’Asperger et deux cours sur les signes précoces des troubles sociaux dans l’autisme: cliquer ici

(Peinture d’Etienne Charbonnier)

Sanction: Non aux croix intempestives!

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Témoignage d’une enfant en CM2 sur sa maîtresse « stressante ».

Si l’on oublie son cahier: une croix, un livre: une croix, si on parle: une croix. Et au bout de cinq croix? Une heure de colle…Qui servira à quoi?

Si on ne présente pas rigoureusement comme madame le demande: elle déchire et « en rajoute une couche » par ces commentaires. Plusieurs pleurent ! ».

Mais madame sait aussi gratifier: « si tu n’as aucune croix pendant deux trimestres, un petit cadeau peut être tu auras ».

Voici mon diagnostic et mes propositions à madame la maîtresse :

1- C’est bien normal que les enfants aient des boules dans le ventre avant de rentrer dans votre classe. Je ne parle pas de ceux qui ont des problèmes d’apprentissage! Car ceux-là peuvent s’en rendre malade! Un petit patient l’année dernière est allée par deux fois aux urgences pour suspiçion d’appendicite… Mais c’était dans une autre école.

2- Madame votre objectif principal n’est pas celui-là. Votre mission principale est surtout de donner envie d’apprendre et à faire des efforts. Sinon comment voulez-vous leur enseigner durablement des connaissances ? Oui c’est plus dur de nos jours. Non l’Education Nationale ne vous l’apprend pas.

3- Vous ne devez pas être heureuse en rentrant de votre travail. Vous ne voyez que ce qui ne vas pas dans vos élèves. Si vous pouviez voir leurs efforts! Vous gagneriez de la zenitude dans votre quotidien ! Sans parler de vos élèves qui reprendraient confiance en soi…

4- Prenez donc des conseils de vos collègues, ceux créatifs et enthousiastes. Tenez comme cette maîtresse qui tamponne dorénavant  les exercices de tous ses élèves d’un smiley recopiant l’Auxiliaire de Vie Scolaire qui le fait avec l’enfant qu’elle accompagne. Cette maîtresse a « osé », et , par ce petit geste, renforce positivement l’effort des enfants. Ce renforcement est plus efficace car il est immédiat et a lieu pour une tache réaliste (pas dans six mois pour une épreuve impossible).

Et en plus, quand on reçoit un smiley, ça donne confiance en soi!

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage: « Halte aux mots « peaux de banane » cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici

 

 

Tablettes au collège: Fantasme ou coup de pub pour l’education nationale?

Affligeant! En 2014 le gouvernement promeut les tablettes au lieu de réfléchir à de vrais changements dans l’instruction des enfants, ados et surtout « futur citoyens du monde ». Non les nouvelles technologies ne résoudront pas les problèmes des enseignants à enseigner et des jeunes à apprendre! C’est un fantasme ou pire un coup de pub, de la poudre aux yeux pour les parents.

A l’heure actuelle, aucune étude démontre le bénéfice des écrans à l’école. D’après Ron Canuel « selon les chercheurs crédibles, isoler l’incidence de la technologie sur le facteur humain d’une classe constitue un défi de taille » (article ici). En gros : l’apprentissage en classe dépend de l’enthousiasme et des qualités humaines de l’enseignant et aussi du niveau socio-culturel des élèves comme de l’implication de leurs parents. En France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance scolaire est marquée (rapport PISA)

Je rajouterai que l’apprentissage dépend aussi :

1 Des objectifs raisonnables définis (on va leur apprendre à coder en primaire?! cliquer ici),

2 Du nombre d’enfants en classe,

3 Du temps passé à apprendre (moins de journée scolaire à rallonge et moins de vacance seraient profitables)

4 De la formation et de l’accompagnement des enseignants.

Ce n’est donc pas l’écran qui, par magie, va régler les problèmes! Quelques questions me viennent en vrac : Ces problèmes, grâce aux tablettes, vont-il empirer? On va les utiliser dans des classes de combien d’élèves? Qu’en pensent les enseignants? etc…

Un fait à méditer: aux Etats-Unis, les travailleurs de l’industrie internet-tablettes et tutti quanti, parqués à Silicon Valley, inscrivent leurs rejetons dans des écoles privées « sans écran ». Tenez un article du Monde de 2012 (un bail non?) : cliquer ici . Pourquoi à votre avis?

Je ne suis aucunement contre les apports des nouvelles technologies. J’écris à l’heure actuel un livre sur ce sujet car les parents doivent absolument se faire leur propre opinion. J’admire le travail d’une amie maîtresse en petite section de maternelle qui utilise une tablette dans sa classe. Mais cet écran s’inscrit dans sa démarche créative d’instruire et elle ne se limite aucunement à cet outil: les livres, les graines, les assiettes, les cailloux, les ficelles et plus encore font partie du quotidien de ses élèves !

Je répète: l’apprentissage en classe dépend de l’enthousiasme et des qualités humaines de l’enseignant en tenant compte de sa formation, de son accompagnement, du temps imparti, des objectifs, du nombre d’enfants en classe.  Mais aussi du niveau socio-culturel des élèves comme de l’implication de leurs parents. Silicon Valley en témoigne…

J’en profite, si vous souhaitez être averti de la sortie de mon e-book merci de laisser vos coordonnées:cliquer ici

Voici l’Interview canal + qui nous apprend la nouvelle : cliquer ici

Prévenir la violence à l’animal, c’est prévenir la violence humaine!

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L’image d’un chien dans une machine à laver ne m’a pas laissée indifférente et j’ai cliqué sur l’article de l’Express, avant d’aller signer la pétition en ligne.

La violence « gratuite » faite à un animal ne doit pas être prise a la légère. Elle témoigne d’un manque de bienveillance à l’autre, que certains chercheurs à l’heure actuelle nomment « morale ».

L’adage  « ce n’est qu’un animal » est inacceptable et dangereux. En effet, la cruauté envers l’animal est un indicateur de cruauté aux « êtres faibles », notamment aux enfants et aux femmes. Ne pas respecter un animal, le frapper et/ou faire preuve de sadisme, comme dans ce cas, témoigne donc d’un fonctionnement déviant et antisociale de l’individu. En d’autre terme, le bourreau d’un animal s’en prend plus facilement aux plus faibles.

Il est donc crucial d’apprendre aux enfants à respecter les animaux au sein de la famille mais aussi à l’école. Apprendre à l’enfant que l’animal ressent la souffrance comme le plaisir.

Quand un enfant s’en prend à un animal, il est important de regarder s’il connait lui-même cette violence au sein de son foyer. quel est le climat où il vit? quelles sont les valeurs qui lui sont inculquées? Exprime-t-il ses émotions? Prend-il le bien être de l’autre en compte? etc…

De même quand un animal présente des fractures, des contusions, il est primordial de savoir comment vit les membres de la famille. Les vétérinaires ont un rôle primordial en décelant la maltraitance animale. Il arrive à la SPA de travailler avec les services sociaux. Mais pour l’instant, cette démarche est balbutiante en France.

Pour aller plus loin:

Europe 1 : la journaliste Yolaine de La Bigne parle du facteur prédictif de la cruauté envers les animaux sur le danger de violence humaine, dont les enfants.
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/La-bonne-nouvelle/Sons/Le-Lien-entre-violence-sur-les-animaux-et-les-humains-1719593/

Un colloque a eu lieu à Aix en Provence le 15/03/2013 piloté par l’association « Stop Violence France » sur « L’animal, sentinelle de la violence faite aux enfants » autour de l’affaire Enzo :
http://www.stopviolence.fr/page117.php

Des articles:
http://www.huffingtonpost.fr/laurent-begue/violence-extreme-animale_b_3154511.html
http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/article-de-la-cruaute-envers-les-animaux-a-la-violence-32329.php
http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/La-maltraitance-animale-liee-aux-delits-violents-17258451

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2012/01/04/2673501_l-animal-peut-il-etre-une-sentinelle-des-maltraitances-humaines.html

http://www.fondation-droit-animal.org/rubriques/archives/archives_conf.htm

Plusieurs livres parlent de ce sujet mais pas assez! « Le lien » d’Andrew Linzey (vendu par l’association One Voice cliquer ici

Plusieurs associations se battent: One Voice mais aussi l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) …

http://www.fondation-droit-animal.org/rubriques/publi_conf/publiconf_colloq.htm#p4

Je remercie Hélène Brissaud de m’avoir fourni une partie des liens. l’autre revient aux internautes qui ont commenté et je remercie également!

La psychiatrie n’est pas la psychanalyse ni la psychiatrie « sans diagnostic »

image psychiatre psychanalystePour celles et ceux qui me suivent. Cet article est une redite mais il semble qu’en France le message ne passe pas.

Quand je lis sur le site STOP-DSM qu’un psychiatre psychanalyste défend notamment la « psychiatrie hors diagnostic » mes bras m’en tombent !!!

Un médecin ne se doit-il pas, s’il y a lieu, de faire un diagnostic ?

La psychiatrie est une spécialité médicale. Le psychiatre a fait six ans d’études de médecine et s’est spécialisé quatre ans. Il a le titre de docteur en médecine. Il se doit donc d’aider le patient en faisant un diagnostic et en proposant des traitement adéquats selon les préconisations internationales.

La psychanalyse est une sciences humaines qui explique des pathologies et des processus développementaux à l’aide de théories analytiques qui sont invérifiables.

Il existe des psychanalystes, des psychologues psychanalystes et des psychiatres psychanalystes. 

Pour faire court, ils croient au bienfait de la psychanalyse sans pour autant pouvoir le démontrer scientifiquement.  

Les démonstrations sont purement théoriques, et avouons-le incompréhensibles pour les néophytes. 

Ce qui complique l’alliance au patient et son consentement éclairé dans la thérapie.

Ce qui est incroyable en 2014 c’est l’obstination des médias, notamment papiers, a privilégier la voix des psychiatres-psychanalystes. Ce qui renforce la confusion entre la psychiatrie et la psychanalyse et n’offre pas une information objective et claire aux lecteurs.

L’article publié dans le Monde le 1er sept 2014 témoigne encore une fois de la méconnaissance actuelle que la psychiatrie de l’enfant ne s’est pas arrêtée à Lacan.

TDAH en France, 2014: Non les enfants ne sont pas drogués !

LUNA

Juste avant la rentrée scolaire, le 1er septembre 2014, une journaliste s’est fendue d’un article sur le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) dans le « Monde ». Le titre était alléchant: « Hyperactivité, le syndrome qui agite les experts ».

Quand une maman me l’a envoyé (je la remercie;) ), je me suis donc précipitée pour le parcourir, impatiente de lire des scientifiques ou des cliniciens réputés. Après lecture, j’ai éteins ma tablette et ruminé.

Nous sommes en 2014 mais en France le TDAH est encore et toujours remis en question.

En 2014, il y a donc des médecins et des non médecins qui se targuent « de ne pas croire » à ce trouble. Cela me rappelle une interne en médecine générale qui ne croyait pas à la dépression. La psychiatrie reste en France une affaire de croyance et de chapelle alors qu’ailleurs, la psychiatrie est une médecine. Ailleurs on sait qu’elle est sujette à expertise, et sa pratique basée sur des preuves.

Le neurobiologiste (profession qui ne consiste pas à voir des patients), Mr F. Gonon, a raison. Le TDAH (on pourrait rajouter le syndrome autistique, la dépression, la phobie d’impulsion, etc…) ne se diagnostique pas comme le diabète. Comme, tout trouble en Psychiatrie ! Le diagnostic en Psychiatrie ne se fait pas avec des marqueurs biologiques ni physiques ni radiologiques.

Il reste que le TDAH n’est pas un « fourre tout », un terme « galvaudé » ni pour les médecins, les psychologues et les autres professions paramédicales avec qui je travaille. Les critères qui nous aident à poser le diagnostic de TDAH ne sont pas nébuleux.

L’article donne la voix à « une kyrielle » d’experts (pour paraphraser la « kyrielle de symptômes », expression somme toute malheureuse) en majorité détracteurs. Jugez vous-même :

D’un côté « ceux qui sont « pour », le Dr E. Acquaviva, Le Pr R. Delorme et le Pr O. Revol.

De l’autre « ceux qui sont contre » : Mr F. Gonon, le Dr P. Landman, le Dr L. Sciara, le Dr B. Harlé , le Pr M. Posner, Mme S. Chokron, le Pr B. Falissart et « certains praticiens ».

L’objectivité ne semble donc pas au rendez-vous… Mais nous sommes en France et la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent reste en grande partie affiliée à la psychanalyse. Ce qui pose un vrai problème de santé publique.

Comment prendre en charge un enfant ou un adolescent dans de bonnes conditions si on refuse de le diagnostic ? Comment un médecin peut-il soigner, sans poser un diagnostic ? Le diagnostic est avant tout un état des lieux, qui apporte un éclairage indispensable pour mettre en place la thérapeutique la plus adapté et soulager le patient. La prise en charge sera ainsi optimale.

La peur que tous les enfants soient drogués ne s’appuient en France sur rien de tangible. Au contraire, quand la prise en charge multifocale ne suffit pas, le traitement médicamenteux n’est pas facile à mettre en oeuvre. Il faut trouver un « spécialiste » en exercice à l’hôpital qui veuille et sache prescrire et qui ait de la place dans les vingt quatre mois !

Car la première ordonnance ne se fait que par un psychiatre, un neurologue et un pédiatre hospitalier. Et comme je vous disais, en psychiatrie peu « croient » dans le trouble et en la ritaline. Ils « écoutent le symptômes » comme le dit ou L. Sciara, psychiatre membre de l’Association Lacanienne Internationale ou le Dr B. Harlé (l’article n’est pas clair…).

Comment un médecin peut-il écouter un symptôme, sans diagnostic ni soins appropriés ? Imaginez-vous votre médecin de famille se contenter d’écouter la respiration sifflante de votre enfant? Croyez-vous que cela suffira à le soigner ?

Écouter le symptôme ne me suffit pas. Je me dois, en tant que médecin ayant fait serment d’Hippocrate, d’aider l’enfant et la famille qui souffrent. De plus, quand l’enfant entend parler d’un médicament qui pourrait l’aider à contrôler son impulsivité, ses comportements anarchiques et à mieux se concentrer, il n’est pas rare qu’il le demande.

Quand le Dr B. Falissard parle du problème de la prescription pour un enfant non malade car « il y a toujours quelque chose qui teinte le regard porté sur l’enfant (s’il a un traitement) ». Il oublie ce que peut endurer un enfant ayant un TDAH : le regard « teinté » et la parole « lourde » des gens dans la rue, les parents des camarades, les professeurs, le directeur d’école, les frères et sœurs, les grands parents et j’en passe…

La question de traiter un enfant ou un adolescent ayant ce trouble n’est pas anodine. J’en conviens. Je pense même que c’est un échec que de devoir donner une molécule. Mais ce qui compte pour moi c’est la chance donnée à l’enfant et l’adolescent en souffrance. Le risque de rupture scolaire et de sous-diplôme à intelligence égal est réel pour le jeune.

J’apprends beaucoup de mes patients. Une Jolie Aline maintenant âgé de dix neuf ans, enfant précoce et TDAH, rencontrée à quinze ans refusait au début de prendre le traitement alors que ses difficultés tant scolaire et familiale étaient devenues énormes. Je vous passe les détails mais, ce qui est instructif est sa régularité depuis à venir et à demander à poursuivre le traitement. Car, quand elle arrête en période de cours, elle est incapable de se concentrer plus de quinze minutes et elle décroche. Et croyez moi, elle a un QI performant. Elle arrêtera un jour mais pas pour l’instant.

Le TDAH n’est pas un produit venu des EU. Il a été décrit au XIXe siècle en France, en Écosse, en Allemagne par des praticiens, des médecins qui observaient, écoutaient et ne supputaient pas avec des théories qui se suffisent à elles-mêmes. Ils l’ont décrit dans un langage clair, loin de celui obscure et psychanalytique digne des médecins de Molière, qui plait aux romantiques et en «impose » .

Le TDAH existe. Je le rencontre au quotidien chez moi et dans mon cabinet. Il me suit même dans la rue, figurez-vous. Non je ne suis pas parano. Le TDA et moi nous formons un. Je suis psychiatre pour enfant et adolescent et je peux l’affirmer : j’ai dû lutter toute mon enfance et mon adolescence, seule, sans aide médicale, contre un déficit d’attention. C’est ce que je ne veux pas pour les enfants que je suis en thérapie.

Une dernière chose encore, je ne suis pas agitée. Mon TDA et moi allons bien.

Maman, pensez à vous :)

Trop souvent, les mères « s’oublient » (et je fais partie du lot bien que je « me soigne »!) et leur quotidien prend une place énorme et empiète sur des « petits moments » où l’on pourrait se poser (préservez-les, cultivez-les!).  Or un parent détendu est plus conciliant et prévenant. Il peut mieux entendre l’enfant. Il arrive à mieux désamorcer les conflits et à rester calme…
Donc, quand vous vous faites du bien, chères mamans (ou papas, ne soyons pas sectaires), c’est aussi pour le bien de vos enfants!
Du coup, pour cette rentrée, pensez à établir des parenthèses pour vous dans votre journée, à vous inscrire à une activité sportive, à faire de la marche, à reprendre la musique (ou débuter) etc…Vivez!

Préparer la rentrée en maternelle

La rentrée en petite section de maternelle est un moment important pour les parents et l’enfant. Encore plus quand c’est « notre première fois » en tant que parent!

Mais faites attention, plus vous êtes inquiet, plus votre enfant le sera, pensant (sans en avoir conscience) qu’il n’est pas à la hauteur, que l’école maternelle « c’est dangereux pour lui »… S’il n’a pas de difficultés notées, il faut donc lui faire confiance. Faire confiance dans ses capacités d’adaptation et d’autonomisation. Un peu comme le père tortue dans le dessin animée « Nemo«  ! (si vous ne l’avez pas vu je vous encourage à le voir! Ce film parle de la séparation avec beaucoup de tendresse)

Pour préparer à la rentrée, il faut donner des repères.

Ainsi, les livres sont des formidables alliés (pour tout du reste!). Les enfants découvrent l’école maternelle notamment grâce à leur personnage préféré (ou qui le deviendra) comme Juliette, Franklin, Cailloux, Tchoupi et d’autres… Parfois ceux-ci désamorcent leur peur (voire Franklin qui ne sait rien faire « croit-il »). Dans les nouveaux titres édités cette année, j’ai noté:

  • « L’école à déplier »: qui fait une petite école déplier (pour jouer avec des personnages que l’on peut inventer sur du papier et découper par exemple…) cliquer ici
  • « Bienvenue à l’école maternelle »: très touffu mais très joli… cliquer ici
  • ** « L’école d’Eliott »: j’aime beaucoup car il est animé, avec des rabats!!!! cliquer ici
  • « Mes années pourquoi: L’école maternelle » encore plus touffu que celui de Bienvenue. Mais quand on veut comprendre comment ça marche! cliquer ici

Au besoin, on peut jouer avec l’enfant et des poupées à l’école maternelle (comme l’invite à faire « L’école à déplier ») : « Ines prend son petit déjeuner, s’habille et va à l’école, la maîtresse les accueille souriante et Ines rentre dans sa classe pour dessiner ou jouer avec la cuisinière. Elle dit au revoir à ses parents qui lui font un bisou. etc.. Jusqu’à l’heure du départ… »

Il est constructif d’emmener votre enfant voir l’école, de fabriquer un calendrier pour matérialiser quand il rentre en petite section de maternelle et aussi les journée d’école (rentrée, etc.., sortie).

Penser aussi à associer la rentrée « au plaisir d’apprendre » et de se faire des amis… La rentrée est un peu une fête! Elle signe que l’enfant grandit. Dans certains pays, on fête la rentrée scolaire. Pourquoi ne pas le faire en famille? Préparer des crêpes ou un gâteau pour le goûter en en informant le matin de la rentrée (ou la veille)…

Dans tous les cas je vous souhaite une Belle Rentrée en Maternelle !

A noter:

Parfois, il faut donner encore plus d’informations et de détails à l’enfant qui est perdu+++ dans le nouvel environnement « la maternelle » ; ce qui l’angoisse énormément. Il aura encore plus besoin de repères Mais dans ce cas, la situation pose question. Ce peut être dû au changement important qu’il connait (par ex. s’il a déménagé en même temps de sa ville, voire du pays) mais parfois cela peut témoigner de difficultés qu’il faudra définir… (cf article: cliquer ici)

Affiche pour la confiance en soi…

Avant la rentrée et les bonnes résolutions « pratiques » pour soi et nos enfants comme l’optimisation de l’organisation-tout-azimut à la maison, voici une petite affiche pour « soi »que je me suis amusée à  réaliser. Elle reprend les grands principes qui contribuent à nous affirmer et qui se résume au fond à « être soi-même » et « aller de l’avant positivement »!
Vous pouvez l’imprimer et la scotcher en évidence. Elle servira à tous les membres de la famille…. Possibles discussions en perspective!

Le Trouble du Spectre Autistique et l’humanisme

En psychiatrie et notamment dans la psychiatrie de l’enfant, on comprend différemment la pathologie à l’heure actuelle. Et il serait bon que les psychiatres comme les psychologues et autres intervenants s’y mettent!

Il existerait une infinité de combinaisons entre le « Normal » et le pathologique, dans le nombre des caractéristiques exprimées comme dans leur intensité. Nous parlons dorénavant en SPECTRE.

Dans le cas de l’autisme, la terminologie en a été changée. Nous parlons donc du Trouble du Spectre Autistique ou TSA.

Cette vision nouvelle est dynamique. Elle permet de mieux comprendre le fonctionnement de certains enfants, qui n’ont pas un autisme aussi caricatural que celui connu et médiatisé mais qui posent de réels soucis à leurs parents et aux enseignants. D’autant plus qu’ils sont plus tardivement diagnostiqués voire jamais diagnostiqués…

Le TSA caractérise un fonctionnement particulier de l’enfant/adolescent/adulte qui s’articule sur trois sphères:

  • Trouble de la communication: ce qui peut être « subtile » car l’enfant peut savoir très bien parler mais la fonction de « communiquer » est perturbée.
  • La permanence de l’objet : besoin plus ou moins d’un quotidien ritualisé.
  • Trouble de l’interaction à l’autre: relation à l’autre inadaptée (peu ou pas d’intérêt, trop de familiarité, compréhension sociale décalée)

Au fond, les critères du TSA extraient la « substantifique moelle » de ce que Kanner avait remarqué en son temps. Il avait eu le génie de synthétiser, d’extraires de comportements qui paraissaient différents des traits similaires. A l’époque la psychiatrie de l’enfant n’existait pas vraiment. Il en est un peu le père en rédigeant un premier traité de psychiatrie de l’enfant.
Après plusieurs années de « tatonnements », on revient au fond aux origines… A l’exception que notre observation est exercée et plus fine pour des troubles plus légers. Bientôt et par ce que l’on continue de chercher et de comprendre, une autre vision naîtra. Car nous allons de l’avant. 

Comment alors expliquer l’ébullition dans les milieux de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent en france? Ils refusent tout simplement le changement. Ils ont atteint un équilibre et, comme tout système, ils refusent de changer. Ils justifient aussi leur raison d’être, leur poste sous couvert d’humanisme envers les patients.
Mais comment peut-on encore se targuer d’humanité ? Quand on met en priorité l’arthérapie avant l’éducation pour un enfant ayant une déficience mentale (non évaluée du reste, ni explorée)? Comment peut-on répondre avec aplomb au parent « Ce n’est pas de moi mais de votre enfant dont on parle. » Quand ce parent tente de comprendre pourquoi l’arthérapie et non l’école, et qu’il vous demande avec beaucoup de claire voyance « Si c’était votre enfant, après sept ans de suivi, vous ne voudriez pas savoir ce qu’il a ?« 

Le soin ne doit pas outrepassr sa place. Nous ne sommes pas des magiciens. Tout enfant a le droit de recevoir une éducation adaptée. La lui refuser sous prétexte de soins revient à rajouter à son handicap.