LA SEPARATION : C’EST GRAVE DOCTEUR ?

Le divorce est un triste événement. Mais quand le couple ne supporte plus la vie à deux, ne pas se séparer n’épargnera pas les membres de la famille. Les films « La guerre des Roses » et « Le chat » en parlent chacun à leur manière… Rester ensemble « coûte que coûte » c’est une sorte d’épée de Damoclès que les parents font peser sur toute la famille, une « chronique d’une mort annoncée » qui ne vient pas… Un moribond que l’on maintient en coma artificiel.
De nombreux enfant et adolescents en souffrent silencieusement au point de développer des angoisses s’exprimant par des troubles divers (colères, troubles du sommeil, troubles du comportements alimentaires, co-sleeping…).
Au-delà de l’image discordante que les enfants ont du couple-amoureux, vivre avec deux-adultes-qui-ne-s’aiment-plus ne peut pas les laisser indifférents ! Et cela, quoiqu’ils en disent (consciemment) ! Et même si le couple pense s’en cacher…
Babette Cole aborde ce sujet dans son livre adressé aux enfants : « Le démariage ». Le frère et la soeur ne supportent plus la gué-guerre qu’entretiennent leurs parents (à coup de saucisses pétards et de petites culottes rétrécies !). Ils leurs proposent de se démarier en faisant une fête ! La séparation n’est pas tragique. Elle permet à chaque individu de vivre comme bon lui semble, en accord avec soi.
Face à tout événement difficile et douloureux de notre vie, c’est notre manière de le vivre qui sera déterminante pour nous et nos enfants. En psychologie cela s’appelle le « coping » ou résolution de problème. Je pense toujours à la phrase de Nietzsche « ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort », elle résume, pour moi, la réussite de la gestion d’un problème.
Alors, si le parent justifie la non-séparation par son obligation de « Rester pour les enfants », il se trompe et fait endosser à l’enfant une responsabilité/culpabilité qui n’a pas lieu d’être !
Refuser la séparation signe l’existence de difficultés psycho-affectives telles que la dépendance, l’anxiété de séparation extrême, l’incapacité à s’autonomiser… Le refus équivaut à un deuil qui ne se fait pas, un « deuil pathologique ». Je me rappelle d’une adolescente de 15 ans qui souffrait de boulimies gravissimes associées à des conduites auto-mutilatoires. Sa mère s’opposait activement au départ du père qui avait pourtant eu lieu trois ans auparavant. Elle s’y opposait par les moyens juridiques et le harcelait via mails et coups de fil. Rien ne faisait entendre raison à madame . Ce qui mettait en danger le pronostic vital de sa fille…
Lors de la séparation, ce qui peut être grave, c’est la gestion de celle-ci par les parents. Laquelle, si elle est inadaptée, accentuera la souffrance et les peurs de l’enfant réactivées lors de cette séparation … 
suite les deux prochaines semaines : Les peurs de l’enfant, La gestion des parents…

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