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Les devoirs : Organisation et Motivation

Comment faire faire les devoirs à ses enfants ou ses ado ? est une préoccupation importante de nombreux parents. Dans un article sur ce sujet ( le lire) je prônais que les parents devaient « s’en occuper sans s’en occuper » sans pour autant développer en laissant planer un suspens sur ce sujet (et en en parlant dans mon article sur les routines de vie).  Je mettais aussi en garde au danger que ce problème prenne une place dans la vie de famille à en annuler les moments de plaisirs communs, d’échanges, de célébrations… et aussi à en oublier le frère et/ou la soeur qui se débrouille « tout seul » et devient presque transparent (du moins c’est son ressenti fréquent). Enfin je disais (mais cela dès le début) que je n’étais pas pour les devoirs, et je rajouterai maintenant pour l’école. Mais bon c’est une autre histoire. J’écrirai sur ce sujet un autre jour… Donc cette introduction pour vous dire que mon point de vue n’a pas changé. Par contre je vous dois des explications sur « s’en occuper sans s’en occuper ».

L’idée principale s’est d’apprendre au jeune à s’autonomiser et se responsabiliser. Maintenant il est clair que chaque jeune est différent. Ce que je préconise peut très bien marcher comme ne pas aboutir. Dans le cas où ça n’aboutit pas, il faut quand même ne pas croire que ça ne marche pas, mais surtout chercher pourquoi ?

Bon, je passe à la phase d’explication. Les devoirs demandent : Du Temps donc aussi de l’Organisation, et de la Motivation.

Concernant le temps, il est important déjà de voir si la demande de l’enseignant n’est pas extravagante. Le fait est que certains enseignants ont une ambition démesurée qui n’est pas compatible avec le jeune (troubles des apprentissages, fatigue) et la vie de famille. Je vous conseille alors de ne pas obéir aux demandes et de proposer (voire d’imposer) de diminuer le travail exigé. Bien sûr vous en parlerez avec l’enseignant.

Concernant l’organisation : elle demande une planification à savoir anticiper le temps imparti à telle ou telle tache, soit une routine (j’en parle ici) (et de façon plus large ici). La tache des devoirs, de la douche/bain n’est pas celle préférée de nombreux jeunes. Ils plébiscitent nettement jouer et ils ont raison. Il faut donc voir avec eux, à quels jeux ils aiment jouer et mettre en avant sur le planning de la journée et de la semaine les temps de jeux qu’ils souhaitent avoir puis , seulement après, voir le temps nécessaires aux devoirs. Je fais ici un aparté important à mes yeux. Si jouer est primordial pour l’enfant, l’ado et aussi pour nous (on l’oublie trop souvent), il faut faire le point sur ce à quoi il joue.  Jouer revêt plusieurs possibilités qu’il faut passer en revue avec le jeune (car peut être ne joue-t-il plus à tel jeu car il a été rangé ou les crayons sont cassées etc…) : la lecture pour un tout petit nombre (mais ils peuvent être des stackhanovistes de la lecture !), jeux de sociétés (mais beaucoup plus rares car même si bon nombre de jeunes aiment ces jeux, ils trouvent peu de partenaires au sein de la famille), constructions/poupées/miniatures, bricolages et enfin les jeux vidéo, youtube/vimeo (vidéos) voire les réseaux sociaux. Jeux vidéo, youtube et réseaux sociaux remportent la palme chez les jeunes et cela commence bien trop tôt ! Pour le coup, il faut aussi planifier le temps imparti aux écrans (dont le téléphone portable) et internet et privilégier d’autres formes de jeux. J’en parle dans mon livre et je propose des temps imparti. je vous encourage à le lire (bien sûr je fais de la pub mais je l’ai écris surtout pour le devenir des jeunes et de notre société. Il faut absolument y réfléchir maintenant et agir. le lien pour le trouver: ici)

Revenons sur l’organisation, c’est vraiment elle qui va permettre au jeune de s’autonomiser. Il va se référer à son planning, celui qu’il a concocté avec vous pour pouvoir jouer tout en avançant sur ses devoirs. C’est ça s’en occuper sans s’en occuper. Maintenant l’autonomisation dépend de son âge, de sa personnalité, de ses difficultés.

Concernant la motivation, elle est de plusieurs ordres. Un livre entier ne suffirait pas ! Voici les grandes idées : Si on peut transformer le pensum-devoir  en quelque chose de ludique ou en suscitant l’intérêt, la curiosité, le jeune aura plus envie de s’y mettre. Pour cela vous pouvez vous aider pour le jeu : de jeux de société, d’activité (cuisine ou jeu de la marchande et mathématique par ex.), de livres, de jeux éducatif sur tablette (quelques propositions).  Pour suscité l’intérêt ou/et la curiosité , il est indispensable d’expliquer à quoi sert le devoir : pour s’améliorer dans tel domaine, pour réfléchir sur un sujet de société/ de valeurs, pour pouvoir acheter des bonbons, pour découvrir une autre façon de vivre et donc une autre vision de la vie,  etc… On peut s’aider de sorties (visites, promenades…) , aussi de livres illustrés, de documentaires (sur youtube tiens donc, mais aussi sur des sites dédiés à l’enseignement, les DVD « C’est pas sorcier », etc…). L’envie vient aussi si on se sent « bon » dans un domaine, ou si on sent qu’on maîtrise, qu’on a le « flow » ce qui donne aussi du plaisir. Ce qui pose un problème  si le devoir confronte le jeune à ses difficultés (s’il a un trouble des apprentissages notamment), voire à un discrédit vécu au quotidien, ou s’il  ne lui apporte qu’ennui.

En effet, si cela lui demande de gros efforts et qu’il n’est pas récompensé, qu’il a de mauvaises notes alors qu’il travaille, des critiques non constructives par un adulte du type « travaille ! » « C’est nul ! » « tu ne feras rien de ta vie », etc… Je ne vois pas pourquoi il aurait envie de fournir un effort. Dans ce cas, le plus important c’est d’encourager ses efforts et non pas les résultats. Il faut diminuer l’effort (si trop de devoir) et au besoin, annuler l’effort si celui-ci empêche son apprentissage. Par exemple : l’enfant dysgraphique n’a pas besoin d’écrire, il peut faire à l’oral ses devoirs; adolescent il pourra taper au clavier de l’ordinateur, s’il en est capable. La récompense est dans la valorisation, l’encouragement. Elle se fait par les mots, les regards, un geste (sur l’épaule par ex) mais aussi elle peut se faire par un objet type « bon point » « image » (voir mon article sur ce sujet: ici). Il faudra être en lien avec l’enseignant bien entendu !

S’il ne voit pas l’intérêt, si ça l’ennuie. Il y a plusieurs raisons la première est probablement liée à son quotidien et demande de revoir celui-ci. Fournit-il des efforts ? Arrive-t-il à se frustrer , en laissant un jeu (quelconque) pour mettre la table par exemple ? passe-t-il beaucoup de temps sur un écran ?  Le fait est que l’écran entre en concurrence avec tout autre activité et gagne (avant c’était la télévision maintenant c’est le jeu vidéo) et pourquoi? Car il ne demande aucun effort. Le jeu vidéo en plus gratifie dès les premières minutes, voire secondes où on s’y met !

S’il s’ennuie cela peut aussi venir de compétences intellectuelles souvent au dessus de la moyenne.  Le jeune trouve ennuyant les devoirs car il ne peut pas aller plus loin sur le sujet. Il faut voir avec l’enseignant pour lui permettre de « déborder » alors sur un sujet qui lui plaît, de faire un exposé etc… Mais attention, cela n’enlève pas l’influence des jeux vidéos, ni des écrans en général. Nombreux sont les jeunes performants qui , à cause des devoirs et de l’enseignement scolaire à mon avis, et grâce aux écrans en plus, ne font plus rien. Ils se nourrissent d’écrans, de séries, de jeux… Au niveau intellectuel ils ne sont plus stimulés, ils ne créent plus non plus. Un désert qui aura de fâcheuses conséquences… mais bon, cela vaut aussi pour des jeunes tout à fait dans la norme.

Pour parler des devoirs et de comment on va s’organiser, il faut donc s’asseoir tranquillement avec le jeune et discuter de ce qu’il aime faire et puis du problème que cela pose sur les devoirs. Comment peut-on trouver un équilibre entre « plaisir » et devoirs? Comment peut on rendre les devoirs fun et intéressants, voir ludiques ? cela amène à parler aussi des problèmes liés aux écrans, aux valeurs véhiculées (ne pas fournir d’efforts, obtenir facilement, les autres deviennent aussi des objets…)

Une dernière question qui taraudent de nombreux parents: Doit-on punir s’il ne fait pas ses devoirs? Je ne suis pas dutout pour punir. Il le sera par l’enseignant… Par contre il est bon de s’installer pour réfléchir pourquoi il ne l’a pas fait… Et donc de reprendre point par point ce que j’ai abordé dans cet article. (si vous voulez plus de détail sur le sujet de la punition: ici)

 

 

 

COMMENT JOUER AVEC UN ENFANT ? ET AVEC L’ADOLESCENT?


Le jeu permet de se distraire, d’apprendre, de développer des nouvelles compétences. Il est aussi un formidable médiateur de communication, entre les participants, notamment parent et enfant. Le jeu est un temps de rencontre, de partage, de plaisir commun qui oeuvre pour une meilleure relation entre le parent et l’enfant. Il participe au sentiment de l’enfant de compter pour son parent.
La fin du film de Mary Poppins en témoigne : les parents très pris par leur quotidien abandonnent leur tâches respectives pour passer un temps avec leurs deux enfants en les aidant à faire voler le cerf volant avec lequel ils fuyaient les nounous en début du film. Maintenant qu’ils comptent pour leur parent, nous nous doutons qu’ils ne feront plus la « peau » à la nanny… Alors jouer avec vos enfants, et surtout s’ils s’opposent ! Par ses bêtises, ses crises, ses refus intempestifs, l’enfant demande plus d’intérêt de votre part. Intérêt qu’il obtient par un comportement inadapté et qui risque donc de perdurer…
Mais comment jouer avec son enfant? Ce n’est pas toujours si simple! Je vous propose quelques règles éprouver en thérapie ( règles qui sont aussi des limites claires) :

Il faut plannifier des temps de jeux hebdomadaires dont la fréquence dépend de l’âge de l’enfant, de votre emploi du temps…En effet, il est important de ne pas être dérangé pendant ce temps qui est dévolu à l’enfant. Exit téléphone portable/fixe, petite soeur espionne, rosbif au four, etc…

La durée du jeu est limitée dès le début. Quinze à vingts minutes. Pour cela, on peut utiliser une horloge. 

Les autres enfants de la maison devront respecter ce temps (dont ils bénéficieront à un autre moment). La durée permet ainsi d’être réaliste avec les nécessités de la vie quotidienne et les autres membres de la famille. Le parent peut plus facilement se concentrer sur l’instant. L’enfant saura que son temps à une fin et donc l’acceptera plus facilement (pas toujours au début s’il est très intolérant à la frustration) puisque ce temps de jeu sera répété un autre jour.

L’horloge permet de matérialiser le temps pour l’enfant et qu’il ne reste pas sur une impression de « on vient juste de s’y mettre ».
L’activité de jeu est choisie par l’enfant : voitures, playmobiles, jeux de société, dessin, coloriage, pâte à modeler etc…. Si l’enfant ne choisit pas, certains thérapeutes proposent de choisir une activité ennuyeuse pour que la fois d’après il choisisse. Pour ma part, je serait d’avis de lui demander de choisir dans une liste. Ce qui est une bonne option si vous n’aimez pas certains jeux: il vaut mieux que vous lui proposiez dans une liste de jeux que vous appréciez. En effet, l’enfant saura si vous éprouver du plaisir ou pas à jouer et l’associera « à jouer avec lui ».
Dans le cas d’un jeux d’imagination, il est intéressant de suivre l’enfant, de l’imiter, de lui demander conseil. Dans certains cas vous les regarderez jouer ou dessiner. Vous pouvez alors commenter ce qu’ils font, valoriser, remarquer les progrès, l’intérêt pour un sujet, leur poser des questions… Vous pouvez aussi faire des dessins communs.
Les jeux de société à deux sont plus rares (il y a les cartes!). Petit aparté: En famille, il convient, en plus des jeux classiques, de faire des jeux coopératifs qui favorisent l’entraide. Il y a aussi des nouveaux jeux qui développent la communication inter-générationnelle comme un brin de jasette.
Et pour l’adolescent?

Il joue aussi ! L’adolescent a besoin de partager du temps avec vous. L’intérêt que vous lui porter est aussi important que pour l’enfant. S’intéresser à ses engouements du moment. Il peut vous initier à un jeux vidéo, vous faire découvrir des musiques, des clips, des séries, des films…Ce qui peut amener à une discussion sur les contenus, développer son esprit critique. L’horloge est alors remplacée par la montre….

Il S’ENNUIE…


Et puis? Ce n’est pas grave de s’ennuyer! Il se repose, ou développe des nouvelles compétences, découvre des nouveaux jeux ou des histoires ou il apprend à contempler ou encore il s’ennuie. Et Alors ? Laissons le s’ennuyer. La vie ne peut pas nous rassasier chaque seconde. La boulimie de faire ne permet pas de développer nos capacités de réflexion, de contemplation… Et surtout ne cherchons pas toujours à le satisfaire! attention aussi à céder à la facilité: en acceptant l’utilisation des écrans « à tout va »!

Et s’il s’ennuie souvent???? Et bien je vous propose, surtout en période de « non ennui », de lui faire lister toutes les activités qu’il aime. Les jours de Grand Ennui, il pourra ainsi consulter cette liste qui lui donnera sûrement des idées !

(Illustration: L’ennui. feutre. de Salomé)

FOURNITURES SCOLAIRES

La recherche des fournitures scolaires est un moment de pur plaisir pour les enfants et les ados quand cela consiste à l’achat du nouveau materiel. J’avoue que je suis moi-même une passionnée des carnets, des cahiers en papier 100% coton… Vous pouvez me laisser une demi journée dans une papeterie ( bien fournie!) et bien plus si elle est collée à une bonne librairie….

Mais bon revenons à nos fournitures. C’est l’occasion de responsabiliser un peu notre enfant et lui insuffler un peu de créativité. L’argent ne coule pas à flot. L’enfant doit donc apprendre à gérer une situation qui lui pose problème. A savoir « ne pas avoir tout ce qu’on veut ». Cette situation est pourvoyeuse de frustration… Il doit alors trouver un aménagement à la situation frustrante « on ne m’achète pas tout ce que je veux ». Ce qui l’amène à apprendre à gérer un problème-insoluble. Comment tirer partie de cette situation problématique? Comment s’en accommoder?
Quelles sont les anciennes fournitures réutilisables?
Quelle somme allouée pour les fournitures « fantaisies » en plus de la somme « obligée » ?
S’il a eu la trousse-que-tout le-monde-a, et si en plus il veut un super-agenda? Il faudra qu’il choisisse… Et pourquoi pas décorer l’agenda ? Pourquoi pas bricoler/ « customiser »? Coller des photos etc… Au fond, trouver des nouvelles stratégies, découvrir des nouvelles compétences… Ce qui est plus valorisant que la satisfaction immédiate d’un désir.

LE PERMIS POUR LA VOITURE ET POUR LE TELEPHONE, LES CONSOLES, L’ORDI, LES FEUILLETONS TV… ?


A une époque, nous pouvions conduire une voiture sans permis… C’était une autre époque!

Mais après bien des accidents (et oui même avec une vitesse digne de celle d’un escargot ça arrive !), une idée a jailli : il faut apprendre à conduire. A savoir: Apprendre à s’en servir. Alors quand les enfants, les adolescents me disent qu’il « faut vivre avec son temps », je leur réponds « Oui bien sûr mais il faut avant « apprendre à vivre avec son temps ».

Adultes, apprenons déjà à nous servir de ces engins puis enseignons le à nos descendants…
Mais attention la voiture s’apprend à partir de 16 ans (accompagnée), et sinon à 18 ans. Il faut donc bien un âge pour le téléphone portable, le portable ordi, les consoles à disposition, les jeux pour consoles ou ordi interdits au moins de 18 ans achetés à huit ans, et d’autres bidules ….

LES LIMITES SONT DANGEREUSES !….???

Quand je parle des limites avec les parents, Nombreux se montrent inquiets. En effet les limites leur font peur. Selon eux :
– Elles s’opposent aux besoins de l’enfant,
– Elles soumettent l’enfant, les écrasent, leur enlèvent toute volonté.
– Elles sont trop sérieuses, autoritaires et ne permettent pas à l’enfant d’être libre et de s’épanouir… ( En se roulant par terre pour un autre tour de manège ?…)

Je suis d’accord avec les parents qui craignent « les limites psychorigides » car ces dernières ne sont pas mesurées et réfléchies. Mais les limites sont indispensables au développement de notre enfant… Elles doivent donc être mesurées et réfléchies, en fonction de l’âge de l’enfant et des contraintes familiales.
Pensez-y : Le foetus nage dans un petit enclos, le nouveau né est rassuré par son couffin qui l’entoure… Les limites rassurent aussi…

(Illustration: Sheng Qi: Mao’s Army)

CE MONDE D’ECRANS : EST CE BIEN RAISONNABLE ? et petit bémol…


Les écrans nous captivent. En entretien, bon nombre de parents (souvent les pères) jouent avec leur clavier, voire envoient des textos. Au spectacle (je vous assure !), un petit gars de cinq/ six ans a sorti sa console sous les regards de ses grands parents qui n’ont pas moufté !

Sous prétexte de vivre avec notre temps, nous offrons des jeux didactiques sur ordinateurs, des jeux pour consoles (nomades ou pas), des jeux pour le téléphone portable qui est parfois un petit ordinateur à lui seul… L’écran nomade mini ordinateur vient aussi proposer son lot de jeux téléchargeables. Et n’oublions pas les dessins animés pour rendre intelligents sans parler des chaînes dédiées jour et nuit à ce noble objectif d’instruire….

Et comme les adolescents sont « frustrés », on nous invente le téléphone-ordinateur qui fait tout même internet sauf téléphone ! Ce génial engin est adressé aux plus de treize ans. Il est interdit avant. Merci monsieur le constructeur de l’avoir noté mais si on vous l’achète pour un plus petit, vous nous en empêchez ?
Mon fils de neuf ans m’en a demandé un. Il faut dire qu’un de ses camarades en possède un (oui ?!) et que les enfants sont très bien informés. Les informations publicitaires de RADIO-ECOLE se propagent du collège à la primaire voire la grande section de maternelle avec une rapidité surprenante !

Du reste, grâce à RADIO ECOLE, j’apprends une foule de choses !! Ex : les feuilletons où exercent médecins légistes et criminels en série sont vus par des huit neuf ans… Au cours d’un quizz organisé en classe verte, ma fille s’est plainte de ne pas connaître les musiques proposées. Elle a compris que c’était  » à cause de sa mère »! En effet, les génériques passés étaient en partie inspirés de ces feuilletons. pour en citer un : N.C.I.S. Ma fille avait dix ans. Elle a râlé en rappelant cette humiliation mais en même temps j’ai senti qu’elle savait bien que c’était « pour son bien » si maman « qui est pédopsy vous comprenez » ne veut pas… Et quel est un de nos rôles si ce n’est de les protéger? Raisonnablement mais quand même de les protéger. Et les écrans font des ravages!
Et si vous pensez « mais on n’y peut rien », vous vous trompez. Vous êtes l’adulte.

Connaître l’univers parallèle où vit notre enfant nous aide à rester vigilant….

Je vous invite à NE PAS VIVRE AVEC VOTRE TEMPS… un peu mais pas trop. Et pour les enfants?

Cependant je tiens à temporiser mes propos car ces mini ordinateurs peuvent aussi être des collaborateurs pour l’éducation , l’apprentissage et ce serait bête de s’en priver!!!!

PLAISIR D’APPRENDRE INNE ?


Il est communément établi qu’un enfant « doit prendre conscience par lui-même de l’intérêt qu’il a d’apprendre », voire du plaisir qu’il peut y prendre. En science pédagogique, certains « penseurs » ne démordent pas de cette idée fondatrice de ce système d’apprentissage. D’après eux, les enfants puis les adolescents doivent prendre conscience de l’intérêt qu’ils ont à apprendre « car c’est de cette façon qu’ils apprennent mieux ».

Or en fonction des personnalités, mais aussi du  » bain familial  » (La vie est un long fleuve tranquille est un exemple caricatural certes mais révélateur), certains enfants sont conscients très tôt de l’intérêt et du plaisir qu’ils peuvent éprouver à étudier, mais d’autres pas du tout ! Ils préfèrent jouer. Activité bien didactique du reste…

Alors que faisons-nous en tant qu’éducateur? Attendons-nous qu’il ait une étincelle, une « mâturité » qui lui tombe sur la tête? Attendons-nous qu’il en prenne conscience seul?
Lui rabâchons-nous « la chance qu’il a d’aller à l’école » « l’intérêt d’apprendre pour avoir un bon métier »? Faisons-nous planer le danger du chômage?
Le congratulons-nous quand il a une bonne note ? Ou lui montrons nous que cela nous fait plaisir?

Le punissons-nous s’il ne travaille pas ou s’il n’obtient pas des résultats qui nous satisfont?

Il y a fort à parier que cela ne marchera qu’un temps.

Apprendre, demande de l’effort. Si l’enfant ne tire pas du plaisir au bout de cet effort, il n’a aucun intérêt à répéter. Souvent les enfant le répètent pourtant, non pour leur propre plaisir mais pour celui de leurs parents « pour qu’ils soient contents ». Souvent ils font l’effort désagréable pour ne pas recevoir une punition désagréable. A terme, les enfants se rendent compte que la punition est moins embêtante que l’effort de travailler (il s’amuse en attendant la punition), ou que de contenter ses parents n’a qu’un temps. Enfin, d’autres en manque de leurs parents, découvrent que ceux -ci sont plus attentifs à eux quand il a un mauvais comportement: ils tirent alors paradoxalement un bénéfice à se faire punir.

Décidemment, les enfants pour une partie, ne veulent pas comprendre que travailler à l’école « c’est pour leur bien » ! Alors pourquoi ne pas les aider en « matérialisant » ce concept de « prendre du plaisir à apprendre »? Pourquoi ne pas passer par des étapes « matérielles » avant d’atteindre conceptuellement cette pensée?

Imaginez que cette idée « apprendre=effort=plaisir » est cachée dans une boite. Pour que l’enfant puisse l’ouvrir, il doit connaître une formule magique « c’est pour moi ». Mais cet enfant préfère jouer et ne connait donc pas cette phrase. Que fait-on? Lui laisse -t-on la boite et advienne que pourra ? Ou lui donnons-nous à rechercher des indices qui vont l’aider à trouver la formule? Cela me rappelle le dessin animé d’Azur et Azmar , et de façon plus générale les histoires de quêtes. Ainsi, Azur pourra délivrer la fée des djinn, grâce à l’aide d’indices…
Alors comment aider l’enfant qui tient cette boite noire en louchant sans trouver la solution ? Et bien, il y a l’apprentissage ludique et aussi le renforcement positif qui apprend à faire des efforts.
Mais attention ce n’est pas « le bâton ou la carotte » ! Quand l’enfant fournit un effort, il reçoit un renforcement positif (exemple: une carte). Quand il ne fournit pas d’effort, il ne reçoit rien. Ce qui permet de dédramatiser les conséquences du non comportement et de diminuer les interactions négatives qui surviennent quand « il n’a pas fait ». Les cris et les punitions n’aident pas à l’arrêt du mauvais comportement car pouvant eux-même représenter un petit plus (pour certains enfants le bâton c’est mieux que rien).
Le renforcement positif permet de matérialiser le plaisir final après un effort et même de valoriser celui qui a fourni cet effort.
Une carte ou un bon point aide l’enfant à concevoir matériellement cette vue d’esprit qui est « effort=plaisir ». Certains thérapeutes proposent aussi la gommette ou de dessiner un soleil.
La carte, pour ma part, me semble encore plus « matérielle » et consiste déjà à un petit plus (quand L’enfant de 3 à 9/10 ans gagne par exemple une carte représentant son héros préféré…. Youpi!)
Il peut même ensuite les utiliser comme un moyen de paiement. Grâce à une, deux ou trois cartes rendues à un parent, il peut faire un jeu de société, visionner un épisode de son dessin animé, se coucher quinze min plus tard, lire une histoire en plus le soir etc…
« Nos efforts sont payants »: Ne le disons-nous pas? Et bien, dans le cas de l’enfant bénéficiant de ce système, ce sont ses efforts et non le bon plaisir de ses parents qui lui offrent « des petits plus » dans sa vie d’enfant .
Il apprend ainsi qu’il a plus d’intérêt à avoir un bon comportement et qu’il est capable de fournir des efforts pour celui-ci.
Souvent, les enfants et les adolescents (je parle alors de crédits avec eux) accrochent vite à cette méthode. Et même s’ils peuvent devenir avides de récompenses, cela ne les rend pas « cupides »! Ils ont envie de bien faire et sont fièrs d’y arriver. N’est ce pas mieux un enfant qui ne frappe pas sa soeur sans arrêt car respecter sa soeur est un bon comportement ? Qui aide à mettre la table, à ranger ses affaires ? Etc…
Du reste, l’enfant qui gagne des bons points, intègre dans un second temps le bénéfice de faire cet effort. Le bon comportement devient une habitude. L’enfant n’a plus besoin d’être motivé. Il a intégré le bon comportement. L’effort devient naturel.
Certains parents ne se retrouveront pas dans ce mode éducatif. Surtout quand leur enfant ne pose pas de problème… Mais pour ceux qui ont des enfants ou des ados qui supportent difficilement la frustration, les efforts, les contraintes: le renforcement positif est la formule magique provisoire, à condition
– elle soit bien comprise : ce n’est pas une carotte.
– elle ne soit pas d’un flou spectral : un petit garçon a gagné cinq bon-points, il est fier car il a gagné la possibilité de faire cinq parties de cache-cache avec ses parents. Mais voilà, il faut trouver le temps et cela fait déjà quatre jours…Pourquoi en gagner plus????.
– elle ne demande pas une patience de moine zen : La gratification doit être rapide : un bon point par bon comportement par ex. L’enfant peut en gagner cinq ou plus dans la journée. Mais seuls deux suffisent pour avoir un « petit plus ». Et non pas les « 50 POINTS BLEUS qui permettent l’obtention d’un stylo- plume » comme parfois les maîtresses bien intentionnées proposent à leurs élèves de primaire… seuls les « bons élèves » les obtiennent en fin ou milieu d’année. Démotivant n’est ce pas? A quoi bon fournir des efforts !
(Illustration: Azur et Asmar. scénario-réal M Ocelot)

LE TROP BON PARENT N’EST PAS SI BON… EXEMPLE DANS CORALINE

Et oui les bons parents ont des défauts ! Nous devons acceptés nos limites. Nos enfants apprendront aussi que leur parents nee sont pas tous puissants.

(Illustration. CORALINE. Scénar Henry Selick , Neil Gaiman. Réal. Henry Selick.)

Frustration et plaisir unis pour le développement psychomoteur.


La motivation est un formidable moteur de l’apprentissage. Nous sommes motivés à apprendre et à faire des efforts, quand cet apprentissage nous donne du plaisir. ( les profs « passionnants » = plaisir)…. Mais la frustration joue aussi un rôle!

Un enfant (trop) satisfait, ne ressent pas le besoin de chercher par lui même du plaisir.
Il n’est donc pas motivé. Un enfant frustré apprend à utiliser et développer ses compétences pour se satisfaire lui-même. La frustration encourage l’indépendance physique, psychique, affective.

Un exemple : un petit garçon aime bien monter les cubes les uns sur les autres pour construire « la-montagne-très-très-haute ». Mais comme il n’y arrive pas encore tout seul, sa maman l’aide à chaque fois. Cet après midi, il se met en colère car elle ne peut pas jouer avec lui . Après un moment où il exprime sa frustration, il se met à jouer tout seul. Il dessine un peu et découvre que le bouchon est creux et qu’il peut mettre le feutre dedans, puis il décide de tenter une construction avec les cubes et bâtit différentes maisons (différents murs) qui se transforment après en navires…