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QUAND L’ANXIÉTÉ DE SÉPARATION APPARAÎT: COMMENT LA GÉRER ?

Lorsque l’enfant souffre d’anxiété de séparation. Il est bon d’utiliser le rituel et le doudou :


. Quand vous partez il vaut mieux mettre en place un petit rituel court. La répétition est rassurante pour l’enfant. Elle lui signifie que ça recommence/ ça revient. 
. Le doudou ou parfois les tétines-doudou (certains enfants en ont plusieus attachées entre elles) est un objet « familier » qui fait donc partie du groupe « familier » qui accompagne l’enfant et qui reste avec lui. Il l’accompagne à la crèche, chez la nounou mais aussi chez papa ou chez maman s’ils sont séparés.
Surtout, faites attention à ne pas trop le rassurer quand vous partez. Il pourrait lui-même s’inquiéter si vous le rassurez trop! Le message que vous lui envoyez serait « tu as raison d’avoir peur ». il faut donc l’informer et lui dire que vous allez revenir. Vous pouvez aussi parler de toutes les bonnes choses qu’il fait à la crèche ce qui permet de positiver l’absence. En effet, il « profite  » aussi sans vous. Il est donc important de ne pas utiliser la crèche comme une punition! 


Attention aussi à une erreur souvent faite: quand l’enfant exprime sa peur, si vous lui dites « mais non » ou lui donner une réponse « va jouer avec Mimi la souris », il ne se sentira pas écouté et ne pourra pas apprendre à puiser dans ses propres ressources.  Il pourra aussi penser qu’il n’a pas le droit d’exprimer sa peur qui sera tue ou exprimée uniquement par la colère… Il vaut mieux confirmer que vous avez entendu sa peur mais que vous lui faites confiance; vous pouvez lui demander de penser à ce qu’il va faire de bien (sans vous). Ce n’est que dans un second temps, que vous lui proposerez des exemples s’il n’a pas d’idées. Ne soyez pas un trop bon parent!  
Enfin, le jeu est intéressant. Il se fait en dehors de la séparation. On joue à la permanence de l’objet en cachant un petit cube dans un autre grand cube devant lui et en s’extasiant qu’on le retrouve tout de suite! On joue à éteindre puis allumer la lumière,  à sortir d’une pièce puis à rentrer etc…

VERS 9 MOIS : LA PEUR DE L’ETRANGER ET DE LA SEPARATION

La peur est une émotion dont la fonction principale est de nous protéger en nous poussant à fuir du danger immédiat ou à attaquer, selon la situation.
La peur n’est donc pas anormale à condition que l’objet de notre peur soit vraiment dangereux. Or nous percevons cet objet par nos aptitudes sensorielles, cognitives et affectives, en plus de nos expériences. Il est donc normal que nous nous trompions et que la peur survienne à différentes étapes de notre développement et de nos apprentissages pour des objets et des situations qui ne sont pas dangereux.
Chez l’enfant de huit à neuf mois, deux peurs normales coïncident : la peur de l’étranger et l’anxiété de séparation.
L’enfant a peur face à un visage qu’il ne connaît pas et quand son parent sort de son champ visuel.
Dans ces deux cas, il prend conscience que l’Autre est  » familier » ou « étranger », et que le parent (le familier-proche) assure sa sécurité.
Mais quand le parent sort de son champ de vision, l’enfant de huit/neuf mois croit le parent disparu. Il ne peut comprendre qu’il va revenir car il n’a pas encore pris conscience de la permanence de l’objet.
Cette permanence de l’objet, il la découvre à partir du quotidien répétitif : vous partez en lui disant que vous revenez et vous revenez !
Il la découvre aussi à partir des jeux qu’il fait comme cacher un cube puis le ressortir, éteindre la lumière puis la rallumer puis l’éteindre (etc…),  fermer les yeux et  les réouvrir et voir que rien n’a changé, jouer à cache-cache en se couvrant les yeux …
Il ne faut donc pas s’inquiéter quand ces peurs surviennent. Par contre il faut être vigilant et connaître  nos propres peurs d’enfant, passées ou encore actuelles  pour éviter de faire un amalgame entre notre peur et celle de notre enfant (normale pour son développement psychomoteur). Il est important de régler nos peurs car l’enfant apprend en nous observant, en nous imitant. Et ceci même s’il n’est pas au courant de notre peur! La communication se fait aussi en infraverbal.
Par exemple, cette confusion peut entraîner de notre part une réponse excessive et donc inadaptée. En voulant rassurer trop notre enfant, nous lui adressons implicitement le message qu’il a raison d’avoir peur, que nous aussi nous avons peur!  Ce qui a pour conséquence le maintien de sa peur . Or  notre rôle de parent est d’aider l’enfant à apprendre par lui même à se rassurer…