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Les problèmes relationnels chez les enfants ayant un syndrome d’Asperger


Avant tout merci à une maman qui se reconnaître je pense. C’est grâce à elle que je me relance dans la vidéo. Ce n’est pas un exercice facile, et pour moi c’est même presque douloureux « mais je me soigne  » donc en en refaisant.

Je parle d’un sujet qui est primoridal et au centre du fonctionnement Asperger et qui amène beaucoup de problèmes et de conséquences néfastes. Je pourrai en écrire un livre ! Et c’est peut être ce que je vais faire. Mais bon, je reviens au sujet. On pense que les enfants ayant un syndrome d’Asperger ou Autisme de haut niveau (intellectuel) s’isolent mais ce n’est pas toujours le cas. Du reste s’ils le font c’est qu’ils en ont besoin (au niveau sensoriel) mais aussi pour ne pas avoir à interagir avec l’autre car ils ne savent pas comment faire et ça leur coûte.

Dans ma petite vidéo je parle des autres mode de communications possibles chez un enfant asperger:
ou il imite
ou il est dominé
ou il domine.
Tout ça permet de ne pas se poser de questions. Il reste que cela entraîne bien des problèmes.

L’adulte qui a « toujours fait comme les autres » ne sait pas au fond qui il est, l’enfant qui tyrannise (ou qui est tyrannisé) peut se faire éjecter/devenir à son tour esclave (tyran)/ intégrer que les relations sont toujours Dominant-Dominé.D’autant que la notion « ami » n’est pas clair pour un enfant au fonctionnement Asperger. En effet, si l’enfant le tyrannise/le harcèle/le maltraite Mais dit qu’il est son ami alors l’enfant Asperger « souffre douleur » pensera quand même « oui il est mon ami »… Le problème qui se rajoute est l’attentisme des institutions, qui du coup sont maltraitantes.

Moi, la Trisomie et la Psy

Depuis quelques jours je procrastine : j’ai plein d’articles en devenir, plein d’idées mais je n’arrive pas à m’y mettre. Bon je sais que c’est lié à un soupçon de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) qui m’accompagne dans mon quotidien (j’en parle ici si ça vous dit). Je ne me fais aucun reproche. C’est la meilleure façon de passer le cap. Après tout, j’ai plein de choses « sur le feu ».

Mais revenons à l’article d’aujourd’hui. Bien entendu il ne fait pas parti de la cohorte de ceux qui attendent que je m’en occupe, c’est un tout nouveau et j’étais très motivée pour l’écrire. Pourquoi ? Car c’est la journée mondiale de la trisomie et qu’en plus Hoptoy’s propose de se photographier en chaussettes dépareillées pour cette journée. Initiative excellente ! Et voilà le pourquoi de ma photo :). Cela n’a pas été très difficile pour moi. J’ai longtemps été abonnée aux chaussettes dépareillées et, dès tous petits, mes enfants aussi… Ce qui m’amène à une anecdote pas très agréable sur ce sujet mais que je vous livre car très révélatrice de ce que plusieurs mamans vivent avec les institutions. ET pour ma part ce fut « peanuts » ! Mon fils était en « deuxième année de crèche » quand, un soir, en venant le chercher, la directrice m’attrapa à la volée « pour me parler ». Elle devait m’attendre de pied ferme. Comme tout parent, j’eu le cœur serré, c’était-il passé quelque chose de grave pour mon bébé d’amour ? Du tout mais pour madame la directrice c’était très grave et elle pensait appeler les services sociaux. Voici le dialogue insidieux…

« Madame, j’aimerai savoir si vous allez bien. Je pense que ce serait bien de voir l’assistante sociale.

—Mais non ça va. Pourquoi ? (J’avoue que je tremblais. La menace d’une assistante sociale de but en blanc n’est pas commune. Bon en plus, j’étais épuisée par ma journée à l’hôpital, et ma journée n’était pas finie. Il fallait aller chercher la grande à l’étude. ET tutti quanti…)

—Votre fils a des chaussettes dépareillées. Cela arrive trop souvent. »

Là je suis restée muette mais l’étendue de l’absurdité et du danger de celle-ci m’avait percutée en pleine poire. Oui poire, car le fait est que je n’avais pas encore saisi, ou plutôt je me refusais encore à accepter qu’il existe des gens bien malades, non pas ceux qui viennent me voir, mais des gens qui n’ont pas conscience d’être totalement formatés par la société… Comment cela s’est fini ? J’ai demandé à mon mari de l’époque, et père des enfants, de régler le problème. Un papa ça compte bien plus qu’une maman. Je l’ai déjà dit, mais peut-être était-ce sur Facebook à l’occasion d’une triste expérience de pps : ne jamais allée seule à un PAP ou PPS mesdames. SI le papa ne peut pas venir, faites vous accompagner absolument par un professionnel. Et sachez qu’une telle réunion ne peut avoir lieu sans la présence d’un parent.

Bon je reviens sur la Trisomie mais ces disgressions ne sont pas sans rapport ! Quand je me suis installée en ville, j’ai découvert la Trisomie. Tout au long de mes études je n’avais pas vu ou plutôt presque pas vu de patients trisomiques. Pourquoi ? Quelques semaines après mon installation, une maman appelle et me demande si je peux voir son fils car il est trisomique ? Je réponds bien sûr. Pourquoi ne le pourrais-je pas ? Elle me répond avoir fait une dizaine de psychiatres pour enfants qui tous refusaient de suivre son fils. Avant de voir cet enfant, je me suis plus informée sur la trisomie bien entendu. Et j’ai découvert qu’il y avait tout un tas de troubles somatiques à faire suivre. Pathologie cardiaques, pathologies de hanche, troubles endocriniens etc… Ce qui probablement explique que ces enfants sont suivis surtout par un neuropédiatre à l’hôpital. Mais j’ai appris que l’autisme était aussi associé plus fréquemment. Tiens cela avait dû passer vite fait dans mes cours (en fait non à l’époque l’autisme n’était pas enseigné pour le concours de spécialités et durant la spécialité c’est « à votre bon cœur » ! En fonction des séminaires et des services hospitaliers qu’on choisit. On peut faire que de la psychanalyse si on veut alors que l’on prépare la spécialité médicale « Psychiatrie » … Du moins à mon époque). Cette histoire d’autisme m’a perturbée, d’autant que cet enfant montrait des signes d’autisme et de mutisme, remarqué dans son dossier hospitalier sans qu’il ait vu de psychiatre. Est-ce que cela aurait changé les choses si le psychiatre en question était totalement d’obédience lacanienne ? Il ne valait mieux pas que les parents et fiston en voient. La question de cette maman m’est restée depuis lors : Voyez-vous des enfants trisomiques ? Je suis médecin je vois tout type de patient. Comment en refuser ? Depuis j’ai malheureusement appris que j’étais obligée de refuser des patients, initialement pour garder le plus de place pour des patients ayant besoin d’un diagnostic d’autisme puis plus tard car je n’ai que 24h dans une journée, un corps, un mental, une famille. Je ne prends plus de nouveaux patients.

Je suis contente que l’on parle de la trisomie. Au-delà de l’interruption thérapeutique de grossesse qui ne peut régler tous les cas de trisomie : les parents ont le droit de refuser c’est un choix à respecter, les erreurs échographiques et biologiques existent. Je disais donc au-delà du « traitement » de la trisomie par l’éradication de celle-ci, au-delà de la thérapie génétique (je ne suis pas sure qu’elle s’occupe de cette question mais bon au cas où), la trisomie interroge sur le cas que l’on fait d’un enfant handicapé, différent physiquement et mentalement. C’est la même chose, à un tout petit niveau des personnes en chaussettes dépareillés, ont-ils le droit d’être ? doit-on les changer complètement ? Qui veut s’en charger ?

 

Le syndrome des pâtes au micro-onde et le syndrome NCIS et mon bouquin

sd ncis et patesCes deux syndromes ne sont pas inventoriés dans les livres de médecine et de psy. Par contre, ils sont symptomatiques de notre époque et mettent en garde sur la place données aux écrans dans le quotidien des enfants. Cette place est bien trop importante pour moi au delà des bénéfices des nouvelles technologies que je ne nie pas et même prône! Du coup, en tant que mère, individu et psy, j’ai passé un peu plus d’un an à me documenter et écrire, puis ré-écrire un manuel à l’usage des parents. Il sortira à la rentrée. Cela pourrait se faire même avant les vacances mais bon, je verrai. Je dois faire la couverture ! M’assurer qu’il n’y a pas trop de fautes :p… Bon, j’arrête la promo mais qui va la faire si ce n’est moi?

Alors c’est quoi ces syndromes? Je vous les illustre, vous allez comprendre:

  1. Voici un ado, âgé de douze ans, qui pense que les pâtes se font au micro-onde. Oui pas à la casserole. Il ouvre de grands yeux quand je lui explique comment on fait et demande tout de go à maman si « ils pourront essayer ce soir ». En tout cas, s’il ne sait pas encore utiliserla plaque de la cuisine mais par contre il est très fort sur son jeu de clash of clan. C’est ça « le syndrome des pâtes au micro-onde ».
  2. 2. Voici une gamine, âgée de neuf ans, qui refuse de dormir chez les copines le vendredi (c’était il y a quelques années je ne sais pas quand ça passe maintenant…). Et pourquoi? Car son feuilleton préféré passe à la TV. Le feuilleton en question c’est NCIS, une série qui n’est pas du tout de son âge… Non mademoiselle, les autopsies c’est « cracra ». Mais elle, elle peut quand-même voir NCIS car son grand frère de quinze ans la garde les vendredis. Certains vont me dirent « Ohlala, il faut vivre avec son temps! En plus, ça développe  la relation frère-soeur! » Mouais, je ne suis pas convaincue. Pour moi c’est le syndrome NCIS et j’en ai la preuve. Si si. Quand ma gamine (la mienne) âgée aussi de dix ans est revenue de sa super classe verte en râlant. Eh pourquoi râlait-elle? Au cours d’un quizz musical , mademoiselle a séché sur les musiques car c’étaient des génériques pour la plupart… Voilà ce que j’ai entendu ce jour là: «  A cause de toi (je sens que je vais être un sujet de discussion chez son futur psy 🙂 ) je n’en connaissais aucunes (des chansons) et notamment il y avait celle de… (Je vous le donne en mille) .. de NCIS.  » Bingo: C’est ça le « syndrome NCIS. »

 

Encore une histoire d’autisme …

tsa droit au diagnostic et éducationVoici une enfant intelligente, très, qui bénéficie d’un 100% demandé par le médecin de l’hôpital de jour « psy » où elle est, à raison d’une journée par semaine, depuis quatre ans, et ce, sans qu’ait été posé un diagnostic (?!)

Une exception vous me direz. Pas si sûre… Malheureusement en France en 2016, les enfants autistes de haut niveau ne sont pas toujours diagnostiqués…

Sa scolarité ? Compliquée, pour ne pas dire néante… Ce qui aggrave son handicap. Trop compétente pour la CLIS où elle avait été admise à six ans et où elle ne faisait rien, elle est passée à une demi journée par semaine en classe normale puis à deux demi-journées l’année d’après, avec l’accompagnement d’une AVS. Soit 9-10 H d’école par semaine pour cette enfant au QI normal (au dessus même) qui ne comprend pas le second degré et l’implicite DUTOUT, qui a une très pauvre intuition sociale et se comporte avec toute sa spontanéité inadaptée et gênante au bon déroulé de la classe (oui par ce qu’en plus elle est très très spontanée avec un TDAH, trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, associé).

Sa mère se bat pour qu’elle soit plus scolarisée et que fait l’Hôpital de jour ? Il signale au juge pour enfant que madame est dans le déni des troubles. Lesquels ? Il semblerait que le juge ait eu un diagnostic. Celui de troubles graves de la personnalité. De vous à moi, en psychiatrie, ce diagnostic est un écran de fumée; cela ne veut rien dire ou tout dire. C’est digne du jargon des médecins de Molière, en langage contemporain. Et pourquoi madame est dans le déni ? Par ce que maman demande que sa fille puisse avoir accès à plus d’heures de scolarité. Combien ? Une demi-journée en plus.

C’est abjecte. Je vous engage à visionner cette intéressante conférence qui parle de l’autisme avec beaucoup d’intelligence pour certains intervenants… et qui plaide pour l’inclusion des enfants autistes: Conférence d’hypocrate .

 

Avoir un TDAH n’est pas une fatalité !

MOI BLOG PSY

La preuve j’ai un TDAH ! Et bon nombre d’autres personnes… Le TDAH peut aussi être un atout.

Le soucis c’est de « garder le bon et de laisser le mauvais (ou plutôt de s’en accommoder) »… Ce qui dépend pour le coup d’une multitudes de facteurs comme de notre tempérament, des interactions de nos parents, de nos rencontres (avec les professeurs, nos pairs etc…) , de l’association ou pas à d’autres troubles des apprentissages, de nos compétences intellectuelles…

Avoir un TDAH peut être un atout. Le TDAH n’est pas une fatalité ! Maintenant soyons clairs, nombreux sont les enfants/ados qui souffrent des conséquences du TDAH à l’heure actuelle faute de ne pas le savoir. Or certaines de ces conséquences sont désastreuses . Commençons déjà par poser la question : »a-t-il un TDAH ? ». Car le TDAH existe bien. Savoir si l’on a un TDAH ou pas donnera des pistes indispensables pour gérer les difficultés qui en découlent, gestion cognitivo-comportementales, éducatives mais aussi médicamenteuses. Et sur ce dernier point, je répète: en France les enfants ne sont pas drogués!

Et à celles et ceux « thérapeutes » qui refusent de « mettre dans une case un enfant » en arguant d’un esprit humaniste et quasi « clairvoyant », je réponds : « Ne pas nommer ou mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » (Albert Camus)

Des articles qui traitent de ce sujet:

in LE DEVOIR

in ACTUALITE

Coder dès la primaire ?

J’ai été fort intéressée par les propos de l’informaticien, Leslie Lamport super-programmeur. Pourtant, il prône l’écriture comme pré-requis avant de programmer. L’écriture sur papier (mathématique j’entends) lui permet de mettre en ordre ses pensées et de les simplifier au maximum. Il compare cette activité comme une activité d’effort comme la course mais elle aussi indispensable à la pensée. D’après lui, si « les programmes d’informatiques ne fonctionnent pas aussi bien qu’ils le devraient. C’est principalement par ce que les programmeurs ne mettent pas toujours leur pensée par écrit avant de coder ». (référence:cliquer ici)

Ce qui pose question de la pertinence du projet d’apprendre à coder dès la primaire pour un soucis de « performance » car « la France n’a pas assez de gens formés ». Mais l’urgence se place-telle à ce niveau? Les enfants ne doivent ils pas acquérir les bases de ce qu’est un problème?

Ne doivent-il pas apprendre à déchiffrer l’énoncé, savoir quels sont les informations pertinentes et trouver la séquence pour trouver la solution? En fin de cm2 quel est le pourcentage d’enfant ayant acquis celles-ci?

Ne commence-t-on pas trop tôt l’abstraction? Dès le CP les enfants ne manipulent plus ou rarement en mathématique!

Combien d’enfant à partir du primaire (ou avant parfois) aime apprendre? Combien osent essayer et donc se tromper? Combien osent faire preuve d’originalité ? N’est-ce pas le goût d’apprendre, la créativité, l’enthousiasme, l’acceptation de prendre des risques, la confiance en soi qui sont des gages de « performance »? Ne sont-ce pas des valeurs indispensables pour entreprendre? (référence ici)

Ma conclusion à cette nouvelle « trop mortelle » en langage ado ou « populaire » en langage « pas de langue de bois du doc »: En France, nous mettons la charrue avant les boeufs.

et si ça vous intéresse:

Le bénéfice du renforcement positif

Les Tablettes au collège

 

L’autisme et sa prise en charge, un témoignage

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Le cas d’une maman avec son fils âgé de 4 ans présentant un TSA de haut niveau (à savoir un enfant très performant intellectuellement) me pose question.

Depuis un an, tous deux sont suivis au CMP. Pas de diagnostic. Mais ça j’avoue que c’est habituel chez les enfants que je vois. Probablement un biais de sélection…. Passons et venons au suivi qui m’intrigue:

Maman et filston sont reçus en entretien par deux thérapeutes (qui se serrent les coudes ? ). Pendant l’heure une fois par semaine, L’enfant joue avec le psychomotricien pendant que la maman répond aux questions du psychologue dans la même pièce. Je vous passe le coût financier et l’aide apportée. D’autant que cette année « ça change » car on va travailler « sur la séparation »: la maman sera reçue par le psychologue dans une autre pièce pendant que l’enfant jouera avec le psychomotricien. Vous me direz mais pourquoi papa n’est pas convié ? Car papa n’a pas reconnu filston. Maman l’élève seule. D’où un travail sur la séparation. Des fois que ce serait dû à la maman…Et nous sommes en 2014 ?

Cet enfant a besoin d’une prise en charge bien plus adaptée. Travailler la communication, la relation à l’autre et notamment à ses pairs, développer son langage, développer sa graphie fine… Et si en plus je vous disais que la maman a bataillé pour que les rendez-vous n’aient pas lieu les jours où il va à l’école!!!

Non l’autisme n’est pas lié à la mère, ni à des auto-anticorps de celle-ci contre le foetus ou je ne sais quelles élucubrations proférées pour vêtir les croyances d’un vernis de « scientifisme » que l’on peut lire ou entendre de la part de fervents psychanalystes qui n’ont pas honte.Non on ne soigne pas la mère ni le père. On les aide, on les accompagne, on les guide dans la prise en charge de leur enfant. Mais peut être que c’est ce qui est fait d’inconscient à inconscient. Car interrogée la maman n’a pas reçu d’informations sur la mise en place de routines, de pictogrammes  etc… Mais après tout, si on ne fait pas le diagnostic!

Pour aller plus loin, deux cours sur l’autisme de haut niveau et/ou syndrome d’Asperger et deux cours sur les signes précoces des troubles sociaux dans l’autisme: cliquer ici

(Peinture d’Etienne Charbonnier)

Tablettes au collège: Fantasme ou coup de pub pour l’education nationale?

Affligeant! En 2014 le gouvernement promeut les tablettes au lieu de réfléchir à de vrais changements dans l’instruction des enfants, ados et surtout « futur citoyens du monde ». Non les nouvelles technologies ne résoudront pas les problèmes des enseignants à enseigner et des jeunes à apprendre! C’est un fantasme ou pire un coup de pub, de la poudre aux yeux pour les parents.

A l’heure actuelle, aucune étude démontre le bénéfice des écrans à l’école. D’après Ron Canuel « selon les chercheurs crédibles, isoler l’incidence de la technologie sur le facteur humain d’une classe constitue un défi de taille » (article ici). En gros : l’apprentissage en classe dépend de l’enthousiasme et des qualités humaines de l’enseignant et aussi du niveau socio-culturel des élèves comme de l’implication de leurs parents. En France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance scolaire est marquée (rapport PISA)

Je rajouterai que l’apprentissage dépend aussi :

1 Des objectifs raisonnables définis (on va leur apprendre à coder en primaire?! cliquer ici),

2 Du nombre d’enfants en classe,

3 Du temps passé à apprendre (moins de journée scolaire à rallonge et moins de vacance seraient profitables)

4 De la formation et de l’accompagnement des enseignants.

Ce n’est donc pas l’écran qui, par magie, va régler les problèmes! Quelques questions me viennent en vrac : Ces problèmes, grâce aux tablettes, vont-il empirer? On va les utiliser dans des classes de combien d’élèves? Qu’en pensent les enseignants? etc…

Un fait à méditer: aux Etats-Unis, les travailleurs de l’industrie internet-tablettes et tutti quanti, parqués à Silicon Valley, inscrivent leurs rejetons dans des écoles privées « sans écran ». Tenez un article du Monde de 2012 (un bail non?) : cliquer ici . Pourquoi à votre avis?

Je ne suis aucunement contre les apports des nouvelles technologies. J’écris à l’heure actuel un livre sur ce sujet car les parents doivent absolument se faire leur propre opinion. J’admire le travail d’une amie maîtresse en petite section de maternelle qui utilise une tablette dans sa classe. Mais cet écran s’inscrit dans sa démarche créative d’instruire et elle ne se limite aucunement à cet outil: les livres, les graines, les assiettes, les cailloux, les ficelles et plus encore font partie du quotidien de ses élèves !

Je répète: l’apprentissage en classe dépend de l’enthousiasme et des qualités humaines de l’enseignant en tenant compte de sa formation, de son accompagnement, du temps imparti, des objectifs, du nombre d’enfants en classe.  Mais aussi du niveau socio-culturel des élèves comme de l’implication de leurs parents. Silicon Valley en témoigne…

J’en profite, si vous souhaitez être averti de la sortie de mon e-book merci de laisser vos coordonnées:cliquer ici

Voici l’Interview canal + qui nous apprend la nouvelle : cliquer ici

Prévenir la violence à l’animal, c’est prévenir la violence humaine!

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L’image d’un chien dans une machine à laver ne m’a pas laissée indifférente et j’ai cliqué sur l’article de l’Express, avant d’aller signer la pétition en ligne.

La violence « gratuite » faite à un animal ne doit pas être prise a la légère. Elle témoigne d’un manque de bienveillance à l’autre, que certains chercheurs à l’heure actuelle nomment « morale ».

L’adage  « ce n’est qu’un animal » est inacceptable et dangereux. En effet, la cruauté envers l’animal est un indicateur de cruauté aux « êtres faibles », notamment aux enfants et aux femmes. Ne pas respecter un animal, le frapper et/ou faire preuve de sadisme, comme dans ce cas, témoigne donc d’un fonctionnement déviant et antisociale de l’individu. En d’autre terme, le bourreau d’un animal s’en prend plus facilement aux plus faibles.

Il est donc crucial d’apprendre aux enfants à respecter les animaux au sein de la famille mais aussi à l’école. Apprendre à l’enfant que l’animal ressent la souffrance comme le plaisir.

Quand un enfant s’en prend à un animal, il est important de regarder s’il connait lui-même cette violence au sein de son foyer. quel est le climat où il vit? quelles sont les valeurs qui lui sont inculquées? Exprime-t-il ses émotions? Prend-il le bien être de l’autre en compte? etc…

De même quand un animal présente des fractures, des contusions, il est primordial de savoir comment vit les membres de la famille. Les vétérinaires ont un rôle primordial en décelant la maltraitance animale. Il arrive à la SPA de travailler avec les services sociaux. Mais pour l’instant, cette démarche est balbutiante en France.

Pour aller plus loin:

Europe 1 : la journaliste Yolaine de La Bigne parle du facteur prédictif de la cruauté envers les animaux sur le danger de violence humaine, dont les enfants.
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/La-bonne-nouvelle/Sons/Le-Lien-entre-violence-sur-les-animaux-et-les-humains-1719593/

Un colloque a eu lieu à Aix en Provence le 15/03/2013 piloté par l’association « Stop Violence France » sur « L’animal, sentinelle de la violence faite aux enfants » autour de l’affaire Enzo :
http://www.stopviolence.fr/page117.php

Des articles:
http://www.huffingtonpost.fr/laurent-begue/violence-extreme-animale_b_3154511.html
http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/article-de-la-cruaute-envers-les-animaux-a-la-violence-32329.php
http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/La-maltraitance-animale-liee-aux-delits-violents-17258451

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2012/01/04/2673501_l-animal-peut-il-etre-une-sentinelle-des-maltraitances-humaines.html

http://www.fondation-droit-animal.org/rubriques/archives/archives_conf.htm

Plusieurs livres parlent de ce sujet mais pas assez! « Le lien » d’Andrew Linzey (vendu par l’association One Voice cliquer ici

Plusieurs associations se battent: One Voice mais aussi l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) …

http://www.fondation-droit-animal.org/rubriques/publi_conf/publiconf_colloq.htm#p4

Je remercie Hélène Brissaud de m’avoir fourni une partie des liens. l’autre revient aux internautes qui ont commenté et je remercie également!

Mon enfant/ adolescent refuse de faire ses devoirs…

Primo, si votre enfant ne veut pas faire ses devoirs, cela ne sert à rien de se fâcher, de crier, de menacer car bien sûr « on n’est pas indifférent » à son refus (et parfois il est nécessaire de lui montrer que ça nous embête pour lui).
Si votre enfant n’a pas envie de faire des efforts « c’est normal » après une journée d’école (et encore plus si il a un TDAH ou autre trouble de l’apprentissage!). Ne le punissez donc pas pour « son manque de volonté » ou « de responsabilité » comme j’entends en consultation des parents soucieux d’inculquer l’effort à leur enfant.
Par contre récompensez le !L‘effort s’apprend par le plaisir, la fierté et la « liberté » qu’il nous apporte mais pas par la punition. L’enfant doit en prendre conscience; et cela passe par votre adaptation à lui. La récompense l’aide à matérialiser ce dont il n’a pas conscience, qui est le bénéfice d’apprendre : il gagne et il est fier de lui. Certainsenfants préfèrent jouer quitte à se faire punir.
Pourquoi l’enfant qui a appris à mettre son manteau tout seul, à compter jusqu’à cinq et à faire du vélo, était fier de lui et maintenant rechigne à apprendre ses tables de multiplication, à faire deux divisions? Cette fierté s’effiloche en fonction des enfants, de leurs expériences scolaires, comme parentale; autrement dit de vos attentes et de votre communication. Apprendre, demande non seulement des efforts qui ne sont pas toujours reconnus: Le « c’est normal » , « c’est facile » est à proscrire. Encore plus si on a un trouble de l’apprentissage !
Apprendre demande aussi du courage car on peut ne pas comprendre, ne pas réussir « à tout apprendre », se tromper dans les calculs, etc…. Or l’école ne prône pas le droit à l’erreur, et à la maison qu’en est-il?
Il est inestimable de ne pas être ambitieux dans un délai court!L’objectif dans les devoirs est de les faire honnêtement « sans apprendre le dictionnaire par coeur pour le lendemain dans chaque matière » comme je dis en boutade aux ados. Les devoirs servent à réviser un cours, à s’essayer à des exercices, à reprendre une notion avec ses propres mots ou dans un autre contexte… Réviser, répéter est important « pour imprimer » mais il faut aussi se reposer et « jouer ». Même nous adultes, avons besoin de nous amuser dans nos temps de repos… et si ce n’est pas le cas, nous ne tenons pas longtemps. Souvent, le parent qui s’occupe de la scolarité (mais aussi du quotidien), d’enfants ayant un trouble d’apprentissage (TDAH…), ou/et un TED ( c’est pire!!!!), arrivent en burn out au cabinet. Si, le conjoint est hyperactif ou/et a aussi un TDAH avec un problème d’organisation, cela se complique…
Donc autant pour votre jeune que pour vous parent, il faut penser à se « ménager » et penser à soi. Souvent le déséquilibre est là: le parent est si responsable qu’il s’oublie et endosse les responsabilités de son enfant, lequel n’a qu’une envie « oublier que l’école a été inventée pour travailler » jusqu’à demain.Alors oui, c’est certain, l’école devrait donner le goût de découvrir et d’apprendre. Pour l’instant, cela dépend beaucoup de l’enseignant et non de sa formation et de son accompagnement, ni des programmes ou des structures… Pour l’instant? En attendant, il faut s’adapter…
C’est là où intervient la fameuse « organisation » de son temps, laquelle s’apprend. (oui!l’autonomisation s’apprend!) Et pour cela, le papier et le crayon (ou la tablette numérique, l’ordinateur) me semblent des aides précieuses pour préparer un emploi du temps extra-scolaire avecl’enfant dont l’intérêt est de jouer à une conditionmise en balance : Les devoirs doivent être faits. La routine « de vie du soir » est un bon moyen d’organiser son temps.
Ces devoirs doivent être faits entre le retour de l’école et le repas du soir, en rajoutant le petit repos après l’école, le goûter, la douche ou le bain, la table à mettre (ou à débarrasser) et parfois une activité extra scolaire… Les devoirs après le dîner sont réservés aux lycéens. Pour cela il faut déjà avoir en tête la durée maximaleà consacrer aux devoirs et la stratégieà adopter.
Concernant la durée des devoirs, en général, il ne faut pas consacrer plus de :
En primaire
Au collège
Au lycée
15 minutes au CP, CE1;
20 minutes CE2
30 minutes CM1
30-45 minutes CM2
45min 6è, 5è
1H 4è
1H-1H15 3è
1H15 à 1H30 en 2nde, 1ère, T
Un enfant ayant un trouble de l’apprentissage ne pourra pas toujours faire autant. La durée de devoirs doit se découper en sessions avec des temps de repos. Souvent, ces sessions durent quinze minutes en primaire avec un repos de dix à quinze minutes entre. Au collège, comme au lycée, cela peut monter à vingt minutes voire trente en fonction des enfants. L’utilisation d’un Timerou d’un chronomètre est utile autant pour la session de travail que pour le temps de repos. C’est le bruit du Timerqui dit on s’arrête, on reprend. L’enfant n’a pas « besoin » du parent pour suivre cette routine. Il s’autonomise… Et pour cela il gagne un bon point, un jeton à chaque étape.
Les temps de repos permettent d’empêcher la fatigabilité attentionnelle et l’impression du jeune de travailler toute la fin d’après midi. De courtes sessions ont le mérite de prouver au jeune que le travail n’est pas « énorme » puisqu’il se fait par petits bouts. C’est une façon de lutter contre la procrastination : on remet à plus tard car ça semble long mais si c’est long c’est parce qu’on a remis à plus tard puisque on a cumulé , en plus de s’être encombré l’esprit à se répéter « je vais m’y mettre »!
Je fais souvent le parallèle entre débarrasser la table et procrastiner pour les devoirs : Admettons qu’on ne la débarrasse pas pendant plusieurs repas jusqu’à ne plus avoir de vaisselle. Que se passe-t-il?
D’un: ce n’est pas très agréable de manger à table avec les vieilles assiettes qui s’entassent, d’autant plus la nourriture se colle rendant dans un second temps plus difficile la lessive. Et si on est en été, la table peut être envahie par des fourmis ou autres petites bêtes !
De deux: au moment de débarrasser, deux options s’offrent à nous :
Soit tout débarrasser : Ce qui va prendre du temps (plusieurs machines ou lavage à la main avec la nourriture collée…).
Soit mettre tout à la poubelle et on rachète de la vaisselle; mais à la longue, le porte-monnaie est en faillite….
Ne vaut-il donc pas mieux débarrasser après chaque repas?
Une patiente, Alice, âgée de treize ans, va ainsi travailler chaque soir par tranche de vingt minutes entrecoupées de dix minutes de repos (20′ /10′ repos/ 20′ /10′ repos/ 20′) soit une heure de devoirs et vingt minutes de repos.
Et si les devoirs sont trop ambitieux, que fait-on?
Vous voyez avec le jeune ce qui est important de faire et vous en informez l’enseignant que « la modestie sied à votre enfant pour ne pas le décourager ou le dégoûter »… Trêve de plaisanterie : vous informez l’enseignant de la situation où se trouve son élève et au besoin vous demandez, en accord avec le pédopsychiatre, un PAI.
Si l’activité qui lui est « vitale » comme le basket par exemple, pour un petit gars que je connais, le fait sortir un soir ou deux trop tard, et qu’il ne peut donc pas faire ce jour là tous ses devoirs, il est indiqué de communiquer également.
Et par quoi commencer?
Par ordre de priorité (encore plus au collège/lycée), et de « goût ». Dans ce dernier cas, on commence par ce qui nous plaît le moins et on finit par ce qui nous plaît le plus. Si on a quatre activités par exemple, rien nous empêche d’alterner activité « plaisante » et activité « déplaisante ». Cette récompense implicite est intéressante car elle renforce la prise de conscience du plaisir qu’il y a à apprendre, en plus de soulager son attention en luttant contre la fatigabilité (on a moins de problème d’attention quand ça nous plaît).
Par ordre prioritaire (selon l’école) Par ordre de préférences
1 Contrôle demain à réviser
2 exercices de mathématique
3 arts plastiques (pour moi plus important!)
4 dissertation dans une semaine: commencer à noter les idées

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Au cours des devoirs, il est nécessaire de soulager le jeune en privilégiant l’oral à l’écrit, le tactile à l’écrit (les tablettes numériques permettent ainsi de répondre avec un minimum d’effort praxique).
En fonction des enfants, il faut l’aider à développer sa mémorisation par :
son mode privilégié (visuel, auditif…),
Lemid maping,
La reformulation de ce qu’il apprend,
Différents supports (documentaires, articles, dessins…),
Les moyens mnémotechniques,
Les « mots clés »…
Il faut accepter que le jeune (et surtout l’enfant) bouge: on lui pose des questions en lançant un ballon, il répond en le relançant… Qu’il écoute de la musique pour se concentrer.
Enfin, soyez indulgent avec vous même si vous n’y arrivez pas… Demandez des conseils, faites vous aider…