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Lettre aux parents, pourquoi j’ai écris ce livre sur les écrans

Voici la lettre insérée au tout début, j’explique mes intentions et pourquoi ce livre. Le fait est que je ne suis pas d’accord avec plusieurs experts médiatiques, notamment que la règle des 3/6/9/12 ans est racoleuse médiatiquement mais laxiste…

Être « pour » ou « contre » les nouvelles technologies n’est pas mon propos. Comment le pourrais-je ?! Les innovations techniques nous rendent des services au quotidien comme à l’école :

  • Ainsi, les logiciels ou applications sur tablette prêtent une voix à l’enfant mutique.
  • Le jeune et moins jeune en difficulté d’écriture pour tout un tas de raisons (dyspraxie, dysorthographie, autisme, trouble visuo-attentionnel), peut bénéficier de l’apport des nouvelles technologies. Il peut ainsi photographier avec son téléphone portable un cours écrit par un camarade, ou le scanné avec une souris-scanner ou un scanner de poche. L’enseignant peut enregistrer son cours sur la mémoire d’une clé USB, lui envoyer par mail. Il peut, s’il apprend, taper le cours sur un ordinateur. S’il a une dysorthographie, utiliser un logiciel correcteur d’orthographe. Si l’ordinateur n’est pas possible, il peut même dicter ses réponses avec un logiciel, type Dragon, etc.
  • De fait, la première fois que Rémy, 13 ans, a saisi une rédaction sur son ordinateur, il s’est senti profondément « soulagé » et s’est écrié : « Enfin je peux dire tout ce que je veux ! »

Je ne suis donc pas « contre » les nouvelles technologies. Ma préoccupation en tant que parent et psychiatre, consiste à établir « un modus vivendi » avec des règles claires pour guider au mieux nos enfants. Toutefois, pour se faire sa propre opinion, on se doit de s’informer et de connaître les bénéfices comme les dangers des écrans. C’est ce que je me propose de faire…

Et pourquoi moi ? Après tout, d’éminents experts, universitaires, chercheurs ou encore directeurs d’organismes numériques écrivent des livres sur le sujet et moi, je ne suis qu’une psychiatre exerçant en cabinet et plutôt spécialisée dans l’autisme.

Tout simplement parce que je ne suis pas convaincue par la majorité des livres édités en France. Mis à part un tout petit nombre de titres (voir bibliographie en fin d’ouvrage) qui ne sont pas, par surcroît, les plus médiatisés, une partie des experts tiennent un discours bien trop nuancé, parfois jargonnant, et surtout permissif sur les écrans, alors que leurs ravages se font déjà sentir ! Je souhaite apporter une information simple à des parents qui, comme moi, se soucient de l’omniprésence des écrans dans le quotidien des jeunes.

Soyons clairs, nous assistons à une révolution technologique d’une ampleur sans précédent. En comparaison, la révolution de l’imprimerie de Gutenberg fait pâle figure, alors qu’à l’époque elle avait produit un cataclysme. En cinquante ans, les premières imprimeries avaient produit autant de livres que les scribes n’en avaient retranscrit en l’espace de mille ans ! Ce qui n’est rien comparé à la productivité intellectuelle d’Internet, à la production du livre à la demande, à la PAO, et à l’émergence de l’imprimante 3D ! Mais je m’égare avec ce dernier exemple… Je suis « hors sujet ».

Nous n’avons donc pas eu assez de temps pour nous habituer et nous adapter aux nouvelles technologies qui déferlent sur les petits et les grands. Or les enfants, comme les adolescents, sont en devenir. Leur cerveau, qui n’est pas « mature », est soumis à l’influence des écrans. On le sait fort bien, et pourtant on vend de plus en plus de tablettes pour les 0-6 ans avec publicités mensongères à la clé. Il est urgent de mettre en place un « modus vivendi » pour que nos jeunes n’y soient pas asservis. Je pousse le bouchon trop loin ? Regardez autour de vous, ne trouvez-vous pas que le smartphone est un objet qui se répand comme une épidémie chez les ados ?

Si vous en doutez, reportez-vous à l’étude IPSOS réalisée en 2015 (*) : Le temps de connexion moyen à Internet est de 13h30 par semaine pour les 13-19 ans. Ben oui, qu’on ne s’étonne pas qu’ils passent une journée de vie par semaine dévolue surtout à chatter, à regarder les vidéo-clips qui peuvent être salaces voire obscènes, et autres… Bien sûr, « il faut que jeunesse se passe », mais, lorsqu’on sait que le cerveau des enfants est en devenir, cela ne vous choque-t-il pas de savoir que chez les 13-19 ans : 68 % possèdent un smartphone, 29 % une tablette (ok c’est peu, mais continuez la lecture…), 73 % un ordinateur, sans oublier : 73 % une console de jeux et 41 % la télévision ? Et tout cela, dans leur chambre ?!!! Quant aux 7-12 ans, ils n’ont rien à envier à leurs aînés…

Si l’on ne prend pas conscience des dangers des écrans, si l’on n’agit pas maintenant, alors je ne m’étonnerai pas que, dans une dizaine d’années, on propose de greffer à nos jeunes la puce de leur smartphone. Et ce, pourquoi pas, au cours d’Implant Parties** qui existent déjà.

Dans cet ouvrage, je ne vous abreuverai pas d’études statistiques à rallonge, ni d’un discours hermétique. Je ne serai pas politiquement correcte car ce n’est pas ma manière d’être. Je ferai parfois référence à des patients en changeant leur prénom, il va sans dire !

En tant que mère et psychiatre, je souhaite être la plus claire possible afin que vous ayez en main des informations et des outils pour décider par vous-même de votre conduite envers votre enfant.

Linnea Hjalmarsson, Paris, le 6 septembre 2017
pourlesparentspourleursenfants.com

P.-S. : Un point important pour lire ce « bouquin » : quand je parle des écrans, si je ne précise pas lequel, comprenez « tous », à savoir : smartphone, tablette, ordinateur et télévision.

* Étude Junior Connect’ 2015 réalisée par IPSOS sur 4000 jeunes en déc. 2014 : sources Ipsos

** Des Implants Parties existent : il s’agit d’une fête où l’on peut s’implanter une puce électronique. Pour info : http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/16/les-implants-parties-vivre-puce-electronique-sous-peau-259217

 

Les devoirs : Organisation et Motivation

Comment faire faire les devoirs à ses enfants ou ses ado ? est une préoccupation importante de nombreux parents. Dans un article sur ce sujet ( le lire) je prônais que les parents devaient « s’en occuper sans s’en occuper » sans pour autant développer en laissant planer un suspens sur ce sujet (et en en parlant dans mon article sur les routines de vie).  Je mettais aussi en garde au danger que ce problème prenne une place dans la vie de famille à en annuler les moments de plaisirs communs, d’échanges, de célébrations… et aussi à en oublier le frère et/ou la soeur qui se débrouille « tout seul » et devient presque transparent (du moins c’est son ressenti fréquent). Enfin je disais (mais cela dès le début) que je n’étais pas pour les devoirs, et je rajouterai maintenant pour l’école. Mais bon c’est une autre histoire. J’écrirai sur ce sujet un autre jour… Donc cette introduction pour vous dire que mon point de vue n’a pas changé. Par contre je vous dois des explications sur « s’en occuper sans s’en occuper ».

L’idée principale s’est d’apprendre au jeune à s’autonomiser et se responsabiliser. Maintenant il est clair que chaque jeune est différent. Ce que je préconise peut très bien marcher comme ne pas aboutir. Dans le cas où ça n’aboutit pas, il faut quand même ne pas croire que ça ne marche pas, mais surtout chercher pourquoi ?

Bon, je passe à la phase d’explication. Les devoirs demandent : Du Temps donc aussi de l’Organisation, et de la Motivation.

Concernant le temps, il est important déjà de voir si la demande de l’enseignant n’est pas extravagante. Le fait est que certains enseignants ont une ambition démesurée qui n’est pas compatible avec le jeune (troubles des apprentissages, fatigue) et la vie de famille. Je vous conseille alors de ne pas obéir aux demandes et de proposer (voire d’imposer) de diminuer le travail exigé. Bien sûr vous en parlerez avec l’enseignant.

Concernant l’organisation : elle demande une planification à savoir anticiper le temps imparti à telle ou telle tache, soit une routine (j’en parle ici) (et de façon plus large ici). La tache des devoirs, de la douche/bain n’est pas celle préférée de nombreux jeunes. Ils plébiscitent nettement jouer et ils ont raison. Il faut donc voir avec eux, à quels jeux ils aiment jouer et mettre en avant sur le planning de la journée et de la semaine les temps de jeux qu’ils souhaitent avoir puis , seulement après, voir le temps nécessaires aux devoirs. Je fais ici un aparté important à mes yeux. Si jouer est primordial pour l’enfant, l’ado et aussi pour nous (on l’oublie trop souvent), il faut faire le point sur ce à quoi il joue.  Jouer revêt plusieurs possibilités qu’il faut passer en revue avec le jeune (car peut être ne joue-t-il plus à tel jeu car il a été rangé ou les crayons sont cassées etc…) : la lecture pour un tout petit nombre (mais ils peuvent être des stackhanovistes de la lecture !), jeux de sociétés (mais beaucoup plus rares car même si bon nombre de jeunes aiment ces jeux, ils trouvent peu de partenaires au sein de la famille), constructions/poupées/miniatures, bricolages et enfin les jeux vidéo, youtube/vimeo (vidéos) voire les réseaux sociaux. Jeux vidéo, youtube et réseaux sociaux remportent la palme chez les jeunes et cela commence bien trop tôt ! Pour le coup, il faut aussi planifier le temps imparti aux écrans (dont le téléphone portable) et internet et privilégier d’autres formes de jeux. J’en parle dans mon livre et je propose des temps imparti. je vous encourage à le lire (bien sûr je fais de la pub mais je l’ai écris surtout pour le devenir des jeunes et de notre société. Il faut absolument y réfléchir maintenant et agir. le lien pour le trouver: ici)

Revenons sur l’organisation, c’est vraiment elle qui va permettre au jeune de s’autonomiser. Il va se référer à son planning, celui qu’il a concocté avec vous pour pouvoir jouer tout en avançant sur ses devoirs. C’est ça s’en occuper sans s’en occuper. Maintenant l’autonomisation dépend de son âge, de sa personnalité, de ses difficultés.

Concernant la motivation, elle est de plusieurs ordres. Un livre entier ne suffirait pas ! Voici les grandes idées : Si on peut transformer le pensum-devoir  en quelque chose de ludique ou en suscitant l’intérêt, la curiosité, le jeune aura plus envie de s’y mettre. Pour cela vous pouvez vous aider pour le jeu : de jeux de société, d’activité (cuisine ou jeu de la marchande et mathématique par ex.), de livres, de jeux éducatif sur tablette (quelques propositions).  Pour suscité l’intérêt ou/et la curiosité , il est indispensable d’expliquer à quoi sert le devoir : pour s’améliorer dans tel domaine, pour réfléchir sur un sujet de société/ de valeurs, pour pouvoir acheter des bonbons, pour découvrir une autre façon de vivre et donc une autre vision de la vie,  etc… On peut s’aider de sorties (visites, promenades…) , aussi de livres illustrés, de documentaires (sur youtube tiens donc, mais aussi sur des sites dédiés à l’enseignement, les DVD « C’est pas sorcier », etc…). L’envie vient aussi si on se sent « bon » dans un domaine, ou si on sent qu’on maîtrise, qu’on a le « flow » ce qui donne aussi du plaisir. Ce qui pose un problème  si le devoir confronte le jeune à ses difficultés (s’il a un trouble des apprentissages notamment), voire à un discrédit vécu au quotidien, ou s’il  ne lui apporte qu’ennui.

En effet, si cela lui demande de gros efforts et qu’il n’est pas récompensé, qu’il a de mauvaises notes alors qu’il travaille, des critiques non constructives par un adulte du type « travaille ! » « C’est nul ! » « tu ne feras rien de ta vie », etc… Je ne vois pas pourquoi il aurait envie de fournir un effort. Dans ce cas, le plus important c’est d’encourager ses efforts et non pas les résultats. Il faut diminuer l’effort (si trop de devoir) et au besoin, annuler l’effort si celui-ci empêche son apprentissage. Par exemple : l’enfant dysgraphique n’a pas besoin d’écrire, il peut faire à l’oral ses devoirs; adolescent il pourra taper au clavier de l’ordinateur, s’il en est capable. La récompense est dans la valorisation, l’encouragement. Elle se fait par les mots, les regards, un geste (sur l’épaule par ex) mais aussi elle peut se faire par un objet type « bon point » « image » (voir mon article sur ce sujet: ici). Il faudra être en lien avec l’enseignant bien entendu !

S’il ne voit pas l’intérêt, si ça l’ennuie. Il y a plusieurs raisons la première est probablement liée à son quotidien et demande de revoir celui-ci. Fournit-il des efforts ? Arrive-t-il à se frustrer , en laissant un jeu (quelconque) pour mettre la table par exemple ? passe-t-il beaucoup de temps sur un écran ?  Le fait est que l’écran entre en concurrence avec tout autre activité et gagne (avant c’était la télévision maintenant c’est le jeu vidéo) et pourquoi? Car il ne demande aucun effort. Le jeu vidéo en plus gratifie dès les premières minutes, voire secondes où on s’y met !

S’il s’ennuie cela peut aussi venir de compétences intellectuelles souvent au dessus de la moyenne.  Le jeune trouve ennuyant les devoirs car il ne peut pas aller plus loin sur le sujet. Il faut voir avec l’enseignant pour lui permettre de « déborder » alors sur un sujet qui lui plaît, de faire un exposé etc… Mais attention, cela n’enlève pas l’influence des jeux vidéos, ni des écrans en général. Nombreux sont les jeunes performants qui , à cause des devoirs et de l’enseignement scolaire à mon avis, et grâce aux écrans en plus, ne font plus rien. Ils se nourrissent d’écrans, de séries, de jeux… Au niveau intellectuel ils ne sont plus stimulés, ils ne créent plus non plus. Un désert qui aura de fâcheuses conséquences… mais bon, cela vaut aussi pour des jeunes tout à fait dans la norme.

Pour parler des devoirs et de comment on va s’organiser, il faut donc s’asseoir tranquillement avec le jeune et discuter de ce qu’il aime faire et puis du problème que cela pose sur les devoirs. Comment peut-on trouver un équilibre entre « plaisir » et devoirs? Comment peut on rendre les devoirs fun et intéressants, voir ludiques ? cela amène à parler aussi des problèmes liés aux écrans, aux valeurs véhiculées (ne pas fournir d’efforts, obtenir facilement, les autres deviennent aussi des objets…)

Une dernière question qui taraudent de nombreux parents: Doit-on punir s’il ne fait pas ses devoirs? Je ne suis pas dutout pour punir. Il le sera par l’enseignant… Par contre il est bon de s’installer pour réfléchir pourquoi il ne l’a pas fait… Et donc de reprendre point par point ce que j’ai abordé dans cet article. (si vous voulez plus de détail sur le sujet de la punition: ici)

 

 

 

Violence et écran, une histoire de neurones miroirs ?

neurones miroirs

« La violence a toujours existé. » C’est vrai. Mais la violence chez les jeunes est un véritable problème de santé publique, dixit l’OMS.Ref

Quand les « spécialistes » médiatiques affirment que les écrans et les jeux vidéo ne jouent aucun rôle sur la violence des adolescents, je me demande sérieusement s’ils vivent dans notre société?

Ont-ils des enfants de « maintenant »? Ont-ils travaillé ces vingt dernières années à l’hôpital ? Ont-ils traîné dans les commissariats et les tribunaux, autour des lycées et des collèges (pour ne pas dire les écoles primaires) ?

Regardent-ils les publicités, les clips, les séries, les films ? Rentrent-ils dans les magasins où les jeux en devanture sont les plus violents ? Et quand ils jouent, se mettent-ils à la place d’un jeune qui mitraille, qui vole des voitures, etc … pendant des heures et des heures ?

La réponse de ces experts médiatiques aux craintes d’autres experts est :

« Vous n’aimez pas les jeunes, vous en avez peur. »

Aucun danger donc ! En France, nous sommes des exceptions. Les jeunes ne sont pas touchés. Aucune influence possible. Nous sommes parfaits. Amen!

Et qu’en est-il des neurones miroirs ? Les jeunes en France n’ont-ils pas de neurones miroirs ?

Les fameux spécialistes médiatiques ne peuvent pas dire qu’ils ne connaissent pas cette haute technologie intracérébrale (ben non ils sont scientifiques). Mais qu’est-ce donc que les neurones-miroirs ?

Les neurones miroirs nous permettent de « vivre » ce que nous voyons. Je vous explique:  » je regarde Jacques planter un clou » et cette vision entraîne une stimulation dans ma caboche comme si JE plantais un clou.

Si Jacques se fait mal je le ressens mais plus ou moins, selon mon propre niveau cérébral « d’empathie-bienveillance » mais aussi selon le nombre de fois que je l’aurai vu se donner un coup. En effet, si Jacques se donne un coup mille fois devant moi, cela devient banal (voire même « chiant »). « Je n’ai plus mal pour lui »… En d’autres termes plus je vois de la violence sur les écrans, plus elle devient banale et je me « désensibilise ». 

Alors dites-moi, fort de cette connaissance des neurones miroirs, pensez-vous qu’un jeune qui passe quatre heures par jour à jouer au militaire ou au voleur de voitures et qui tabasse des gens ne se désensibilise pas à la violence ? Le jeu anti-social n’apprend-il pas à être anti-social ? Les fameux spécialistes médiatiques admettent que les jeux vidéos sont didactiques. Comment font-ils pour refuser l’impact négatif de ces jeux et accepter leur impact positif ? Paradoxal, non? J’appelle cela de la mauvaise foi. Oups! Il faut rester politiquement correct dans notre contrée. Au lieu de dire « tout va bien » « ne soyons pas réac » « nous aussi on a été jeune ! T’as oublié mémé ? », critique facile et non constructive de type « peau de banane », les spécialistes médiatiques devraient se remettre en question.

Pour aller plus loin,

  1. je vous propose de lire un article publié dans le Monde, écrit pour le coup par de « vrais spécialistes ». Ils s’indignent des recommandations publiées par l’Académie des Sciences qui , elle aussi (comme les spécialistes médiatiques) plaide pour une utilisation permissive des écrans chez le petit ! incroyable mais vrai 🙁 cliquer ici
  2. Je publierai bientôt un livre pour aider les parents à manager les écrans avec leurs enfants et adolescents…. quand j’aurai fini les corrections!!!! 🙂

 

 

 

 

COMMENT JOUER AVEC UN ENFANT ? ET AVEC L’ADOLESCENT?


Le jeu permet de se distraire, d’apprendre, de développer des nouvelles compétences. Il est aussi un formidable médiateur de communication, entre les participants, notamment parent et enfant. Le jeu est un temps de rencontre, de partage, de plaisir commun qui oeuvre pour une meilleure relation entre le parent et l’enfant. Il participe au sentiment de l’enfant de compter pour son parent.
La fin du film de Mary Poppins en témoigne : les parents très pris par leur quotidien abandonnent leur tâches respectives pour passer un temps avec leurs deux enfants en les aidant à faire voler le cerf volant avec lequel ils fuyaient les nounous en début du film. Maintenant qu’ils comptent pour leur parent, nous nous doutons qu’ils ne feront plus la « peau » à la nanny… Alors jouer avec vos enfants, et surtout s’ils s’opposent ! Par ses bêtises, ses crises, ses refus intempestifs, l’enfant demande plus d’intérêt de votre part. Intérêt qu’il obtient par un comportement inadapté et qui risque donc de perdurer…
Mais comment jouer avec son enfant? Ce n’est pas toujours si simple! Je vous propose quelques règles éprouver en thérapie ( règles qui sont aussi des limites claires) :

Il faut plannifier des temps de jeux hebdomadaires dont la fréquence dépend de l’âge de l’enfant, de votre emploi du temps…En effet, il est important de ne pas être dérangé pendant ce temps qui est dévolu à l’enfant. Exit téléphone portable/fixe, petite soeur espionne, rosbif au four, etc…

La durée du jeu est limitée dès le début. Quinze à vingts minutes. Pour cela, on peut utiliser une horloge. 

Les autres enfants de la maison devront respecter ce temps (dont ils bénéficieront à un autre moment). La durée permet ainsi d’être réaliste avec les nécessités de la vie quotidienne et les autres membres de la famille. Le parent peut plus facilement se concentrer sur l’instant. L’enfant saura que son temps à une fin et donc l’acceptera plus facilement (pas toujours au début s’il est très intolérant à la frustration) puisque ce temps de jeu sera répété un autre jour.

L’horloge permet de matérialiser le temps pour l’enfant et qu’il ne reste pas sur une impression de « on vient juste de s’y mettre ».
L’activité de jeu est choisie par l’enfant : voitures, playmobiles, jeux de société, dessin, coloriage, pâte à modeler etc…. Si l’enfant ne choisit pas, certains thérapeutes proposent de choisir une activité ennuyeuse pour que la fois d’après il choisisse. Pour ma part, je serait d’avis de lui demander de choisir dans une liste. Ce qui est une bonne option si vous n’aimez pas certains jeux: il vaut mieux que vous lui proposiez dans une liste de jeux que vous appréciez. En effet, l’enfant saura si vous éprouver du plaisir ou pas à jouer et l’associera « à jouer avec lui ».
Dans le cas d’un jeux d’imagination, il est intéressant de suivre l’enfant, de l’imiter, de lui demander conseil. Dans certains cas vous les regarderez jouer ou dessiner. Vous pouvez alors commenter ce qu’ils font, valoriser, remarquer les progrès, l’intérêt pour un sujet, leur poser des questions… Vous pouvez aussi faire des dessins communs.
Les jeux de société à deux sont plus rares (il y a les cartes!). Petit aparté: En famille, il convient, en plus des jeux classiques, de faire des jeux coopératifs qui favorisent l’entraide. Il y a aussi des nouveaux jeux qui développent la communication inter-générationnelle comme un brin de jasette.
Et pour l’adolescent?

Il joue aussi ! L’adolescent a besoin de partager du temps avec vous. L’intérêt que vous lui porter est aussi important que pour l’enfant. S’intéresser à ses engouements du moment. Il peut vous initier à un jeux vidéo, vous faire découvrir des musiques, des clips, des séries, des films…Ce qui peut amener à une discussion sur les contenus, développer son esprit critique. L’horloge est alors remplacée par la montre….

CONSEILS POUR SUPERVISER L’UTILISATION DES ECRANS (TV, NET, GSM…)



C’est un vrai casse-tête ! Dès cinq – six ans nous sommes confrontés à ce lobby machinchouette-higt-tech et avec les années cela se complexifie… Le problème principale est que nous ne savons pas nous même nous en servir! Si nous étions « pro », nous pourrions plus facilement mettre en place un modus utilitaire mais nous sommes nous même assaillis pour ne pas dire ensevelis dans ce marasme commerciale et technologique!

Dans cette jungle, rappelez vous déjà votre rôle de parent.  Et cela, quand bien même vous faites l’objet d’un harcèlement sociale-publicitaire avec le rejeton en prime! N’oubliez pas non plus que l’ennui ne tue pas et que votre jeune peut même trouver des solutions à cet ennui!

Puis, voici quelques conseils d’un pédopsy confronté aux écrans, dans son quotidien de professionnel et de parent :

La télévision:

Je vous conseille de regarder toujours avec lui la première fois et plutôt un DVD que la télévision. Vous pouvez ainsi contrôler ce qu’il voit et partager avec lui cette expérience en parlant avec lui de l’histoire, de ce que ressent le protagoniste (il apprend ainsi à nommer des émotions), de ce qu’il comprend, de ce que lui -même aurait ressenti ou fait à la place de… (de développer son esprit critique!).
Et surtout ne jamais lui mettre une télé dans sa chambre!!! Pourquoi pas un frigo et un micro-onde? Ne vous étonnez pas alors qu’il ne sorte plus de sa chambre…

A partir de trois ans: une émission adaptée comme les « Teletubbies ». Puis des histoires d’enfants ou d’animaux (« Franklin »,…) en dessin animée… Mais sachez qu’on les trouve en livres …

Pour les primaires: Les fin d’après-midi où il n’y a pas d’école le lendemain par exemple. Un feuilleton. En effet, préférez des séries qui sont courtes et racontent une histoire avec des valeurs : « Les Mystérieuses cités d’Or », Il était une fois le corps humain. « La petite maison dans la prairie » est gorgée de bons sentiment et mélo mais les enfants (les garçons peuvent aussi se passionner à partir de sept/huit ans) apprennent dans les quatre premières saisons la vie difficile, la pauvreté, l’amitié, la maladie, la morale… Le livre existe aussi et peut être addictif pour les huit neuf ans, et pas que pour les filles !

C’est aussi un moyen de leur faire découvrir ( et de faire partager avec eux) nos séries ou nos films préférés (même en noir et blanc!) : « La guerre des boutons », « Bébère et l’omnibus », « Le ballon rouge », « Le distrait », « Le jouet », etc… (voir page)
Pour les collégiens et les lycéens: profiter de films ou de séries à leur faire découvrir, dans un but de partager des plaisirs ensemble et aussi de leur faire développer un esprit critique (« Va, Vis, deviens » par ex…, )


Les jeux vidéos :

Mon conseil princeps : le plus tard sera le mieux!

Second conseil : Munissez-vous d’une grosse horloge et restez vigilant le temps imparti!

Troisième conseil: Regardez vraiment le jeu pour vous en faire une idée: est-ce violent, Est colporteur de valeurs antisociales ???? 

A partir de 8 ans (compatible aussi à douze/treize ans !): 2 séances de 15 min ou une séance de 30 min le samedi et le dimanche. 


Le mercredi en plus? à partir de onze ans.


A partir de quatorze ans, on peut négocier une à deux séances de trente min samedi-dimanche si la vie « est très ennuyeuse »….

Attention le temps passé à la Doxx-truc ne se dissocie pas de celui passé à la Game-bidule !

Le téléphone portable :

Dur-dur ! Beaucoup le reçoivent à l’entrée en 6ème; Il semble que cela devienne une sorte de passage, de rite, comme l’appareil dentaire…. Pour ma part, ce n’est pas claire concernant l’âge de début… Cela dépend aussi de la situation familiale. Les enfants de parents divorcés profitent de l’usage du portable quand cela reste parcimonieux et contrôlé.  

Il faut en tout cas être intransigeant sur certaines règles et cela jusqu’à 18 ans et plus! Mais normalement ils l’auront intégré si vous vous conformez aussi !!!  (cela concerne donc aussi les parents) :
  • Le téléphone n’existe pas pendant les cours et le temps des devoirs. « Il n’a pas été inventé! »
  • Au cours des repas, on ne répond pas au téléphone (portable ou fixe)
  • Le soir, le téléphone « se couche aussi » et reste à sa place, assigné, éloigné de la chambre de son possesseur qui peut lire ainsi puis dormir sans être perturbé…
  • Pas de photos érotiques ou plus!!!!!! à son chérie ou ses copines et encore moins à ses ennemis: donc à personne/

INTERNET
Internet, comme la télévision, est le réservoir d’images d’une violence inouïe dans tous les domaines, voire plus! Alors comment leur laisser la commande de ce paquebot?

Le filtre parental est une chose indispensable: 
oui pour le « filtre » sur l’ordinateur mais aussi soyez le filtre physique jusqu’à treize ans- quatorze ans. Il vaut mieux rester à côté (jusqu’à douze ans) puis dans les parages….

L’usage d’internet doit rester codifié : 

  • D’aide scolaire : pour profiter des supports d’apprentissage interactif dans certaines matières, par exemple d’exercices de grammaires interactifs qui peuvent permettre à l’enfant de faire son travail de manière ludique mais il faut alors rester près de lui.
  • De recherche culturelle ludiques/fantaisistes: d’images ( le japon, les fêtes scandinaves…), des musiques que l’enfant écoute…En regardant avec lui et en partageant avec lui notre goût et le sien, en le faisant réfléchir, en lui donnant notre sentiment… 
  • Concernant les jeux. Les conseils sont les mêmes que pour les jeux vidéos. Toutefois, je vous mets en garde contre les jeux en lignes MORPG. Ceux-ci sont potentiellement plus addictifs et peuvent entraîner des troubles du comportements (vols de carte bleues, isolement…). 
  • Concernant les adresses mails/ chats: l’adresse mail ne devrait pas être créer avant douze ans. Avec celle-ci, ils peuvent envoyer des messages à leurs amis et chater. Il vaut mieux leur donner de très très courtes plages horaires: quinze à trente minutes les jours où il n’y a pas école. Ils ne s’habitueront pas à passer des heures et des heures pour se dire au final pas grand chose.
  • Pour facebook:  A quatorze -quinze ans, facebook est incontournable pour l’instant (mais bientôt ce sera google plus ou Tartampion) et n’est qu’une projection de leur profil mail « après tout » … Alors pourquoi pas? Mais à certaines conditions…Il faut leur apprendre à se préserver en les aidant à bloquer leur profil, leur expliquer pourquoi ils doivent prendre pour ami QUE de VRAIS amis, qu’ils connaissent dans la VRAIE VIE et qui sont bien des amis (les messages sur le mur sont indélébiles et le harcèlement sur Facebook existe). Le temps passé se superpose au temps passé avec le mail : on choisit mail ou facebook mais pas les deux!
  • Les sites d’adolescents ou autres fans: dangers+++ Beaucoup de prédateurs (comme dans les jeux en lignes avec rencontres virtuelles des participants). Quinze ans semble donc un âge correcte en restant très vigilant et en le mettant en garde (pourquoi pas avec un article de magasine, un documentaire, film…) sur les dangers des chats avec inconnus, les rencontres… Je vous engage à lui demander de vous tenir au courant s’il veut rencontrer « un ami » fait sur un site (donc tenez vous au courant en parlant ensemble…) et de décider ensemble si c’est possible ou non et comment…    

L’ordinateur portable:

Sept ans n’est pas un âge raisonnable mais douze ans non plus. Et pourtant force est de constater qu’ils poussent bien tôt dans les chambres des enfants « pour les aider à faire leur recherche scolaire ». Ne doivent-ils pas apprendre déjà dans une bibliothèque avec des livres? L’information sur internet est à recouper avec d’autres infos! Mais comment faire si un prof leur demande un travail détaillé, une bio pour le lendemain? Faut-il le faire avec eux sur l’ordi ou s’indigner devant le prof qui ne tiendra du reste pas compte de votre indignation…

Internet est une jungle avec des bêtes féroces, pourquoi les y envoyer si jeunes? Et puis doivent-ils regarder tous les feuilletons, clips sexuels-vulgaires-violents? Connaître les dernières horreurs en images?

S’il faut donner un âge « raisonnable », peut être que quinze ans est un âge correct… Mais surtout il faut mettre en place les mêmes conseils que ceux donnés pour l’utilisation du téléphone portable à la maison… Comme ceux des jeux et des films et bien sûr pour le Net, ci-dessus.


DERNIER CONSEIL GLOBAL: N’oubliez pas que le PLAISIR SE GAGNE. Et… 
Que les nouvelles technologies servent aussi l’APPRENTISSAGE!

SAVOIR DISTINGUER BESOIN DE DÉSIR … Et savoir répondre aux demandes de son enfant/adolescent.


En tant que parent, nous devons subvenir aux besoins de notre enfant, que l’on pourrait résumer par l’amour, le respect, l’écoute et la guidance éducative ( développer son esprit critique en fait partie).

L’enfant ou l’adolescent, a-t-il besoin (pour « souffler » après l’école) du dessin animé du midi en semaine ? De la console de jeux ? De chamallows crocos chocopouettes et autres friandises ?… La liste est longue de ces désirs déguisés en besoin.
Car la myriade de sollicitations et d’offres dans notre monde de surabondance entraîne une confusion entre la notion de besoins et de désirs. Le besoin est indispensable au développement de l’enfant alors que le désir ne l’est pas. Le désir n’est donc pas un dû mais le plaisir que l’on en tire adoucit notre vie. Les paroles de la petite chanson de Mozart en témoigne : « Je préfère les bonbons à la raison ».
L’enfant ou l’adolescent a le droit de désirer et de chercher à satisfaire son désir à condition que celui-ci soit adaptéEn cherchant à se satisfaire, il apprend seul et acquiert des nouvelles compétences. Il s’autonomise.
Quand ses désirs sont inadaptés, notre rôle de parent est encore moins une partie de plaisir pour lui ou pour nous mais est indispensable. Nous devons l’aider à y réfléchir voire nous devons nous y opposer. Un bon parent ne satisfait pas tout.

Et c’est la question qui taraude bon nombre de parents: dois-je refuser la dernière console? Le sac-le-plus-cher-du-collège? Car SERAIS-JE UN BON PARENT?
Reprenons le début : les parents se doivent d’apporter amour, respect, écoute. Pour savoir si vous êtes un bon parent, « un parent qui fait au mieux », posez-vous les bonnes questions :
Votre enfant a-t-il une chambre? Mange-t-il à sa faim ? Est-il en bonne santé? Va-t-il à l’école? a-t-il des amis? A-t-il des jeux? A-t-il droit de jouer? Exprimez-vous verbalement et par des gestes tendres votre amour pour lui? Respectez-vous son intégrité physique et psychique? Jouez-vous avec lui de temps en temps? Prenez-vous du temps pour parler avec lui? L’écoutez-vous quand il se plaint et vous demande de l’aide? Lui offrez-vous des cadeaux dans les occasions importantes?…

Comment alors répondre à la demande de l’enfant/ado? Déjà en prenant notre temps ! Il faut s’interroger et l’interroger dans un second temps sur l’activité ou l’objet qu’il désire :

est-ce bon pour lui ? À savoir : Est-ce de son âge?

La télévision avant trois ans n’est pas indiquée. Les films violents provoquent des peurs, des angoisses en fonction de l’âge et du type d’enfant (très imaginatif, l’enfant aura plus de peurs, de troubles du sommeil).
Des temps de jeux vidéo trop longs favorisent la survenue de crises d’épilepsie. Après un temps de jeu vidéo chez l’enfant hyperactif, les parents remarquent en consultation l’exacerbation d’une agressivité.
Le contenu de ces jeux peut être violent, voir extrêmement violent, et malgré les interdictions en fonction de l’âge, les magasins de jeux n’hésitent pas à vendre à des enfants de dix ans des jeux interdits au moins de dix huit ans !!!!

Est-ce compatible avec sa santé?

Savez-vous que la luminosité des écrans diminue la sécrétion de mélatonine, un neuromédiateur qui informe le cerveau qu’il est l’heure de dormir. Une sorte de marchand de sable intégré! Le problème est que chez certains enfants le pic en mélatonine de base est déficient. Ce qui entraîne plus de difficultés à s’endormir…
Le temps passé devant un écran est corrélé au poids et au manque d’exercice physique: la sédentarité est favorisée par la pratique de jeux vidéo, internet… On peut donc se demander si cette pratique est adaptée aux enfants diabétiques, en sur poids ?….

Est-ce compatible avec la vie de famille, la vie amicale, la vie sociale (voire les apprentissages)?


Certaines activités isolent grandement de la vie familiale et sociale : l’enfant refuse les sorties pour passer du temps sur sa console le week-end…Ne pas avoir certaines affaires, signes de reconnaissance du groupe, peut être mal vécu dans des établissements scolaires très sélectifs….Cette pratique habituelle au collège est malheureusement entrain d’envahir la cours de récréation des primaires!





Est-ce compatible avec la vie d’écolier/collégiens/lycéens ? Avec le temps consacré aux devoirs, à la lectures, à la rêverie, à la musique, au sommeil…? 





Est-ce compatible avec le budget économique familial? Pouvez-vous vous permettre un tel achat? Ne doit-il pas participer à celui-ci? Est-ce tout simplement irréalisable pour vous?





Est-ce respectueux de lui? De vous? Des autres?

Si la réponse est favorable, l’enfant ou l’ado doit se plier à des règles dépendantes de son âge et qui l’aident à apprendre à réguler l’activité comme le temps passé sur un jeu d’écran, sur msn, sur le téléphone portable… Savez-vous que le soir (et oui les textos illimités!) les ados peuvent recevoir 500 sms voire plus ? Savez-vous que bon nombre regardent la TV dans leur lit grâce à leurs bidules performants miniaturisés que vous lui avez offert pour téléphoner ?

Enfin, il doit fournir des efforts pour obtenir ce qu’il veut ! L’obtention d’un objet/activité est bien plus gratifiant quand on l’achète avec l’argent gagné ! Ces efforts peuvent être :

De devoir contribuer financièrement en faisant « des travaux d’intérêts familiaux », en faisant un petit job (baby sitting, …).





De fournir un nombre spécifique de bons points ou tickets ou jetons. Ces bons points sont gagnés en fournissant des efforts pour lui et pour la famille : devoirs, des tâches ménagères ou familiales; comme aller chercher son petit frère les soirs où vous avez besoin qu’il le fasse, ranger ses vêtements, sa chambre, mettre une machine, le couvert, faire le repas, sortir le chien, faire la litière du chat, nettoyer la baignoire, les WC, passer l’aspirateur, etc…

Et s’il vous dit que vous êtes ringard? Souriez tous les parents passent par là! 

La prochaine semaine, je donnerai quelques conseils en fonction de l’âge… sur la télévision, les jeux vidéos, le téléphone portable…

LE PERMIS POUR LA VOITURE ET POUR LE TELEPHONE, LES CONSOLES, L’ORDI, LES FEUILLETONS TV… ?


A une époque, nous pouvions conduire une voiture sans permis… C’était une autre époque!

Mais après bien des accidents (et oui même avec une vitesse digne de celle d’un escargot ça arrive !), une idée a jailli : il faut apprendre à conduire. A savoir: Apprendre à s’en servir. Alors quand les enfants, les adolescents me disent qu’il « faut vivre avec son temps », je leur réponds « Oui bien sûr mais il faut avant « apprendre à vivre avec son temps ».

Adultes, apprenons déjà à nous servir de ces engins puis enseignons le à nos descendants…
Mais attention la voiture s’apprend à partir de 16 ans (accompagnée), et sinon à 18 ans. Il faut donc bien un âge pour le téléphone portable, le portable ordi, les consoles à disposition, les jeux pour consoles ou ordi interdits au moins de 18 ans achetés à huit ans, et d’autres bidules ….

UN BRIN DE JASETTE !

Rien de tel pour communiquer avec ses enfants, connaître ses peurs, ses aspirations… que de passer par des moments de complicité, d’échanges et de jeux. Ce jeu « un brin de jasette » condense tout cela ! En plus de faire lire un tout petit peu. Tous les participants doivent répondre à une question en développant leurs réponse à l’aide d’exemples précis. Les parents répondent aussi aux questions, en se rappelant « à leur époque » « quand ils avaient l’âge de leurs enfants ». Ces derniers sont friands d’anecdotes concernant leurs parents!

Il existe des « brins de jasette » pour divers âges. Je dirais que l’on peut commencer dès cinq ans si on lit pour l’enfant la ou les questions…

CE MONDE D’ECRANS : EST CE BIEN RAISONNABLE ? et petit bémol…


Les écrans nous captivent. En entretien, bon nombre de parents (souvent les pères) jouent avec leur clavier, voire envoient des textos. Au spectacle (je vous assure !), un petit gars de cinq/ six ans a sorti sa console sous les regards de ses grands parents qui n’ont pas moufté !

Sous prétexte de vivre avec notre temps, nous offrons des jeux didactiques sur ordinateurs, des jeux pour consoles (nomades ou pas), des jeux pour le téléphone portable qui est parfois un petit ordinateur à lui seul… L’écran nomade mini ordinateur vient aussi proposer son lot de jeux téléchargeables. Et n’oublions pas les dessins animés pour rendre intelligents sans parler des chaînes dédiées jour et nuit à ce noble objectif d’instruire….

Et comme les adolescents sont « frustrés », on nous invente le téléphone-ordinateur qui fait tout même internet sauf téléphone ! Ce génial engin est adressé aux plus de treize ans. Il est interdit avant. Merci monsieur le constructeur de l’avoir noté mais si on vous l’achète pour un plus petit, vous nous en empêchez ?
Mon fils de neuf ans m’en a demandé un. Il faut dire qu’un de ses camarades en possède un (oui ?!) et que les enfants sont très bien informés. Les informations publicitaires de RADIO-ECOLE se propagent du collège à la primaire voire la grande section de maternelle avec une rapidité surprenante !

Du reste, grâce à RADIO ECOLE, j’apprends une foule de choses !! Ex : les feuilletons où exercent médecins légistes et criminels en série sont vus par des huit neuf ans… Au cours d’un quizz organisé en classe verte, ma fille s’est plainte de ne pas connaître les musiques proposées. Elle a compris que c’était  » à cause de sa mère »! En effet, les génériques passés étaient en partie inspirés de ces feuilletons. pour en citer un : N.C.I.S. Ma fille avait dix ans. Elle a râlé en rappelant cette humiliation mais en même temps j’ai senti qu’elle savait bien que c’était « pour son bien » si maman « qui est pédopsy vous comprenez » ne veut pas… Et quel est un de nos rôles si ce n’est de les protéger? Raisonnablement mais quand même de les protéger. Et les écrans font des ravages!
Et si vous pensez « mais on n’y peut rien », vous vous trompez. Vous êtes l’adulte.

Connaître l’univers parallèle où vit notre enfant nous aide à rester vigilant….

Je vous invite à NE PAS VIVRE AVEC VOTRE TEMPS… un peu mais pas trop. Et pour les enfants?

Cependant je tiens à temporiser mes propos car ces mini ordinateurs peuvent aussi être des collaborateurs pour l’éducation , l’apprentissage et ce serait bête de s’en priver!!!!

L’IMITATION: MOTEUR D’APPRENTISSAGE ET D’INTEGRATION SOCIALE

L’imitation permet de rentrer en contact avec l’autre et d’être intégré au groupe. Il n’y a qu’à voir les sorties d’écoles, collèges et lycées pour voir que les enfants portent le même sac, cartable, le même sweet-shirt. Les enseignes coûteuses sont bien placées sur ce marché!

Dans le monde animal, l’orque, selon le groupe où il naît, sera carnivore ou piscivore!

L’imitation permet de rentrer en contact avec l’autre. Imiter l’autre donne un langage commun. Alors que le contact à l’autre est un problème pour l’enfant autiste, Jacqueline Nadèle, psychologue française, a utilisé l’imitation pour rentrer en contact avec des enfants souffrant de ce trouble.

L’imitation permet donc de rentrer en contact, de nous intégrer au groupe. Elle nous apprend aussi à « être » avec l’autre mais aussi à faire. Une partie de la formation en dessin ou en peinture est d’apprendre à imiter des oeuvres des maîtres.

Dans son développement, l’enfant apprend en imitant. Et qui imite-t-il? Celui qui sait: ses parents, sa maîtresse, et aussi son héros préféré…. Alors si nous nous plaignons de son agressivité, observons-nous d’abord : savons-nous gérer notre agacement? Laissons-le nous devant des films ou des émissions où la violence est banalisée ?
Si nous nous plaignons qu’il ne lise pas des livres : lisons nous? etc…
Une astuce : Quand nous jouons avec un enfant , il est intéressant de suivre ses gestes et de l’imiter. Nous rentrons ainsi plus facilement en contact. Un exemple: Quand je joue à la dinette avec une petite fille de deux ans, je « bois » en même temps qu’elle, je fais les petits bruits qui accompagnent les gestes comme elle…. Si j’introduis un bruit, elle se l’approprie et fait de même. Si elle a du mal à parler ou si elle ne parle pas, elle peut apprendre de notre jeu. Pour cela, je vais commenter ce qu’elle fait et nommer les objets qu’elle utilise. Elle va entendre et mieux associer les mots/ les phrases à ses gestes.


(Illustration Sarah KAY)