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Il S’ENNUIE…


Et puis? Ce n’est pas grave de s’ennuyer! Il se repose, ou développe des nouvelles compétences, découvre des nouveaux jeux ou des histoires ou il apprend à contempler ou encore il s’ennuie. Et Alors ? Laissons le s’ennuyer. La vie ne peut pas nous rassasier chaque seconde. La boulimie de faire ne permet pas de développer nos capacités de réflexion, de contemplation… Et surtout ne cherchons pas toujours à le satisfaire! attention aussi à céder à la facilité: en acceptant l’utilisation des écrans « à tout va »!

Et s’il s’ennuie souvent???? Et bien je vous propose, surtout en période de « non ennui », de lui faire lister toutes les activités qu’il aime. Les jours de Grand Ennui, il pourra ainsi consulter cette liste qui lui donnera sûrement des idées !

(Illustration: L’ennui. feutre. de Salomé)

LA FAMEUSE MECHE DE CHEVEUX ET LES CISEAUX !


A la rentrée, les cheveux sont souvent longs et gênent pour voir le tableau. Ne vous étonnez donc pas si votre enfant coupe sa frange. C’est que ça le gênait voilà tout!

Cela ne sert alors à rien de le punir (surtout si ce n’est pas joli, il est déjà puni!) mais il est important de lui dire que s’il a un souci il peut vous en parler. Vous trouverez ensemble une solution adéquate.
Dans ce cas précis, il fallait couper la mèche. Mais le faire soi-même, ce n’est pas facile. Le coiffeur ou un parent qui a toujours rêvé de faire ce métier, s’en chargera… Votre enfant apprend alors que les actes ont des conséquences et qu’il faut différer.
Autre chose, il y a pensé et l’a fait impulsivement. S’il a six ans ou plus, je vous encourage à vous demander: s’il n’est pas un peu trop impulsif? S’il est impatient? Se concentre-t-il bien en classe? Râle-t-il pour les devoirs?… Sûrement pas ! Mais si oui…lisez un article sur l’hyperactivité (ADHD, TDAH).
( Illustration: couverture du livre  » Les malheurs de Sophie » écrit par la comtesse de Ségur. Dessins par Marie-Madeleine. Ed Nohain Maison Alfred Mame et fils 1931)

ESPOIR


Lors de dépression, il est important de dire aux adolescents (comme aux adultes du reste, mais encore plus aux ado qui débutent leur vie) qu’il y a toujours des solutions, toujours des portes à ouvrir dont on n’a pas souvent idée. Surtout quand on est dans la dépression, car tout se déforme. La vie se voit à travers un filtre noir, un miroir déformant mélancolique. Les souvenirs tristes reviennent en mémoire en plus grand nombre que les joyeux (c’est un fait statistique!). LE SUICIDE N’EST PAS LA SOLUTION. Parler de suicide n’est pas non plus dangereux. Cela ne va pas les « inciter » à se suicider. Ils peuvent se sentir soulagés que quelqu’un comprenne la souffrance impalpable mais destructrice de la dépression. Ils peuvent parler et être écouté: UN PAS POUR ETRE AIDE et trouver une vraie solution.

COMMENT PARLER A UN ENFANT?

Drôle de question! Cela semble pourtant facile alors pourquoi la poser? Tout simplement car la communication n’est pas si simple entre adultes alors avec un petit d’homme! Comment faire pour qu’il nous écoute?

La première chose c’est de prendre le temps de se mettre à son niveau physiquement. Il est important que l’on puisse se regarder en face. Nous devons donc nous accroupir par exemple.

Puis nous lui faisons notre demande (sans parler bébé!) .

La formulation est aussi intéressante car l’enfant a besoin de clarté. Il vaut mieux dire ce que l’on veut qu’il fasse, plutôt que de lui demander de cesser l’activité qu’on ne veut pas qu’il fasse ! Le message passera beaucoup mieux. Aucun reproche par ailleurs ne viendra parasiter en plus notre demande. Ce qui n’est pas plus mal!

Une demande claire et simple implique que l’on sache exactement ce que l’on veut (pas de flou) et que l’on formule une seule demande et non trois en même temps (surtout si le jeune est dans la lune! ).

EX: « Range ton cartable dans l’entrée ». Quand l’enfant l’a fait, nous nous devons de remarquer le bon comportement : « Tu as bien rangé ». Puis: « Tu vas te laver les mains maintenant (avant de te mettre à table) ».
Dans le cas d’un enfant « allergique » à l’effort, il est nécessaire de renforcer positivement le bon comportement. Il ne suffit alors pas de le remarquer verbalement mais aussi de le gratifier d’un bon point ou d’une image.

Après avoir fait la demande , il est important de suivre son bon déroulement. Il faut donc s’assurer de l’exécution !

L’IMITATION: MOTEUR D’APPRENTISSAGE ET D’INTEGRATION SOCIALE

L’imitation permet de rentrer en contact avec l’autre et d’être intégré au groupe. Il n’y a qu’à voir les sorties d’écoles, collèges et lycées pour voir que les enfants portent le même sac, cartable, le même sweet-shirt. Les enseignes coûteuses sont bien placées sur ce marché!

Dans le monde animal, l’orque, selon le groupe où il naît, sera carnivore ou piscivore!

L’imitation permet de rentrer en contact avec l’autre. Imiter l’autre donne un langage commun. Alors que le contact à l’autre est un problème pour l’enfant autiste, Jacqueline Nadèle, psychologue française, a utilisé l’imitation pour rentrer en contact avec des enfants souffrant de ce trouble.

L’imitation permet donc de rentrer en contact, de nous intégrer au groupe. Elle nous apprend aussi à « être » avec l’autre mais aussi à faire. Une partie de la formation en dessin ou en peinture est d’apprendre à imiter des oeuvres des maîtres.

Dans son développement, l’enfant apprend en imitant. Et qui imite-t-il? Celui qui sait: ses parents, sa maîtresse, et aussi son héros préféré…. Alors si nous nous plaignons de son agressivité, observons-nous d’abord : savons-nous gérer notre agacement? Laissons-le nous devant des films ou des émissions où la violence est banalisée ?
Si nous nous plaignons qu’il ne lise pas des livres : lisons nous? etc…
Une astuce : Quand nous jouons avec un enfant , il est intéressant de suivre ses gestes et de l’imiter. Nous rentrons ainsi plus facilement en contact. Un exemple: Quand je joue à la dinette avec une petite fille de deux ans, je « bois » en même temps qu’elle, je fais les petits bruits qui accompagnent les gestes comme elle…. Si j’introduis un bruit, elle se l’approprie et fait de même. Si elle a du mal à parler ou si elle ne parle pas, elle peut apprendre de notre jeu. Pour cela, je vais commenter ce qu’elle fait et nommer les objets qu’elle utilise. Elle va entendre et mieux associer les mots/ les phrases à ses gestes.


(Illustration Sarah KAY)

Devons-nous TOUT satisfaire ?

Voici deux exemples:
. Le jeune buddha était un enfant choyé. Ses parents étaient si soucieux de son confort, qu’ils avaient même exclus l’existence de la laideur, de la souffrance et de la vieillesse aux yeux de leur bien aimé. Buddha vivait enfermé dans un monde fantasmé, un monde parfait. Etait il heureux? Il s’en est enfui!
. Dernier exemple (pour les fans de Harry Potter) : Le cousin de Harry Potter est malheureux malgré le nombre effarant de cadeaux. Il lui faut toujours plus car il ne sait pas se contenter et se satisfaire de ce qu’il a. « Pauvre garçon! »
Les enfants « gâtés » sont rarement heureux. Ils sont même plus souvent insatisfaits et plus frustrés! Si habitués à recevoir, Il éprouvent moins de plaisir et deviennent plus exigents. Ils râlent souvent. Ce n’est jamais assez bien. Ils en veulent toujours plus!
L’enfant gâté devient dépendant. Et cette dépendance est un puit sans fond. Etrangement à vouloir que l’enfant ne manque de rien, on crée un manque plus profond…pernicieux pour sa vie sociale, son développement psychomoteur et sa vie future. En effet, l’enfant gâté croit qu’il ne peut être heureux par lui même. Son bonheur dépend de l’autre et surtout des soins apportés par ses parents (cadeaux, mets exquis cuisinés des heures et des heures etc…). « Il n’est donc pas capable ». Ce qui rogne sur sa confiance en lui.
Par ailleurs, le message donné à l’enfant est que « seul son bien être est important et que les autres sont là pour le lui apporter ». Ce qui ne contribue pas à l’empathie envers les autres et au partage…
Je me rappelle ainsi d’un petit garçon, si malheureux le jour de son anniversaire car ses grands parents ne lui avaient pas offert autant de cadeaux que l’année dernière, qu’il en jeta une petite vache (mais costaud) sur la tête de son grand père…
(Illustration LE VOYAGE DE CHIHIRO. Scénar et Réal H. Miyazaki)

NE PAS REPONDRE DU  » TAC AU TAC  » !

De plus en plus, notre quotidien est régi par l’instantanéité. Or l’instantanéité refuse l’attente, la frustration, la réflexion, le recul et la remise en question. Nous sommes assaillis par des demandes qui fusent au gré des pensées de nos interlocuteurs. Nous tapotons sur nos téléphones, nos ordinateurs portables et écrans nomades sans même y penser. Paradoxal non?
Comment donc ne pas être influencé dans notre vie familiale par cette exigence de réponse immédiate ? Très souvent les parents se sentent obligés de répondre d’emblée à la demande de leurs enfants. Ils se doivent aussi de faire cesser dans la seconde leurs débordements. Mais cette vitesse nous amène à faire plus souvent des erreurs.
Face à un problème, il est normal de réfléchir aux solutions et donc de prendre du temps pour le résoudre. J’engage les parents à « réfléchir » et à le signifier aux enfants. Ces derniers apprendront ainsi que l’on ne peut répondre dans l’instantanéité à tous les problèmes qui nous sont posés. Ils apprendront à attendre, à différer.

(Illustration: M Naudier)