Archives pour la catégorie GESTION DE PROBLEME

Halte aux mots « peau de banane »

Non à la critique négative

Bien que l’on parle de plus en plus de la communication positive/pédagogie positive/éducation positive, en France la critique reste une activité prisée chez les adultes entre eux et envers les jeunes, surtout où je vis à Paris.

En ce qui concerne les parents et les enseignants qui la pratiquent encore en 2015, la raison est d’après eux : mettre la pression au jeune, le « booster » . Certains adultes affirmeront même  « qui aime, bien châtie bien ». Je leur répondrai une chose : commençons par nous respecter. Car est-ce du respect quand on assène sans rougir:

« Tu poses des questions idiotes » « Tu es vraiment débile » « Tu es nul » « Même un enfant de trois ans saurait le faire »

« Tu peux pas faire attention?! » « T’es pas dégourdi! »

« Tu ne veux jamais m’aider à ranger » « Tu ne penses qu’à toi » « tu es égoïste » « Tu ne fous rien »

« Ma parole, t’as un poil dans la main! »

« Qu’est ce que j’ai fait pour méritez ça? » (celle-là c’est le titre d’un film d’Almodovar)

« Vous n’aurez jamais votre Bac » (très souvent entendues en filière scientifique) « Vous êtes une classe de branquignoles » (bon là, pas sûre que les gamins comprennent et le prennent négativement :p)

« Tu n’as aucune culture » (et les jeux vidéos? c’en est pas de la culture, révisez votre définition » « tu ne t’intéresses à rien » (et la programmation c’est rien? La sécurité des sites web aussi?)

Bon Stop, je m’arrête là mais je pourrai continuer une journée entière sans panne d’inspiration ! En bref, la critique non constructive est très appréciée en France, Or doit-on la maintenir sous prétexte « d’exception française »? à quoi sert-elle ? Sûrement pas à trouver des solutions. Car ce qu’on dit à l’autre c’est :  « tu ne vaux pas grands chose, donc tu ne peux pas faire grand chose ». Pour le décourager y a pas mieux. (la motivation un article ici)

En plus d’être injuste (et de provoquer donc), elle entame la confiance en soi de celle ou celui qui les reçoit. D’autant que la parole de l’adulte est  « d’or » . Les paroles, les phrases maladroites sont ainsi de véritables peaux de bananes qui font chuter jusqu’à casser notre « confiance en soi ». Et les jeunes de reprendre à leur compte la critique. Ils s’auto-flagellent et flagellent leurs pairs, les plus petits plus vulnérables… Mauvaise façon de s’affirmer à savoir « dominant/dominé ».

Et quand on croit ne pas valoir grand chose que se passe-t-il? Tristesse, anxiété, voire dépression, opposition avec ou sans provocation, crises de colères etc…

J’ai ainsi rencontré, il y a peu, un garçon de huit ans qui voulait passer sous un train. Il le disait très sérieusement. Cela semblait pour lui la seule solution à son problème. Et quel était son problème? Il était nul à l’école et son enseignant le lui répétait souvent. Au cas où il oublierait.

Les  « peaux de bananes » font mal ! Combien d’enfants en France se sentent à l’aise à l’école ? Combien n’ont pas peur de poser une question « car ils n’ont pas compris »? Combien interviennent en classe quand ils sont sûrs de la réponse ? Combien ont mal au ventre le dimanche soir ?

Pour apprendre, il faut créer un climat favorable de motivation mais aussi de sécurité. Car apprendre demande de se dépasser, d’aller plus loin, d’aller en terrain inconnu. Il est indispensable de se sentir aussi protégé et le « respect » y contribue fortement.

J’irai même plus loin. Combien oserons jeunes adultes se lancer dans une carrière « à risque »? Comme par exemple « entreprendre »? Combien choisiront leur métiers, leurs activité professionnelle par « amour »? Combien sauront « aimé » ce qu’il font? Combien seront heureux?

Les peaux de bananes sont un véritable fléau pour le bien être de chacun mais aussi d’une société et de l’avenir de celle-ci. La peau de banane fait mal non seulement à celui qui la reçoit mais aussi à celui qui la balance. Car dire du mal nous barbouille aussi l’âme en nous confinant aussi dans un quotidien morose « tout le monde est nul » (cf article Stop aux croix intempestives).

Il faut donc apprendre à communiquer : l’écoute, le respect de l’autre et de soi sont au premier plan. Accepter l’autre tel qu’il est avec ses défauts et ses talents, comme nous-même. L’affirmation de soi respectueuse devrait s’apprendre à l’école mais pour cela, il faut aussi l’enseigner aux adultes et notamment aux (futurs) enseignants.

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage : cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici

Comment motiver en classe ? : cliquer ici

S’OCCUPER DES DEVOIRS SANS S’EN OCCUPER: AUTONOMISER.


Au delà du fait que je ne suis pas favorable aux devoirs après l’école, si elle finit à 16H30, en tant que pédopsychiatre, mère et « vieille » enfant TDAH, il faut bien trouver des solutions pour améliorer la gestion des devoirs. Car dans un nombre important de cas, les devoirs sont la bête noire des enfants ayant un trouble de l’apprentissage comme des parents… Ma réponse est la suivante et attention c’est un petit casse-tête: il faut s’occuper des devoirs sans s’en occuper…. Bon j’essaye de vous décortiquer l’idée…
Il vaut mieux éviter, autant que faire se peut, de vous occuper des devoirs. Si des conflits surviennent autour de ce pensum, rien ne sert de s’obstiner. Vous risquez, sans vous en rendre compte, de mettre en place une communication pernicieuse avec votre enfant/adolescent. D’une part, vous vous occupez surtout de lui quand son comportement  n’est pas adapté, ce qui peut favoriser la poursuite de celui-ci. D’autre part, vos relations affectueuses s’entachent de ce « passif » au quotidien entraînant déjà une anticipation négative de vous deux sur le déroulé des devoirs qui deviennent synonyme de « cauchemar », puis sur les autres interactions non scolaires, lesquelles peuvent fondre comme neige au soleil. Votre relation peut ne plus tourner qu’autour des devoirs et la sphère familiale peut aussi s’en trouver polluée: le frère ne peut plus rentrer dans le salon car sa petite soeur doit faire son travail (il ne se sent plus chez lui), les week-ends sont pris en otage par « faire faire les devoirs » empêchant tout programme de loisir familial, de moments de partage. Le couple parental peut aussi s’en trouver affecté…
Les devoirs sont la responsabilité de l’enfantet non la votre. Mais en même temps, il est normal de veiller à ce que son enfant se mette aux devoirs et de l’aider s’il en a besoin (oublis de cours, apprendre à s’organiser, incompréhensions, le faire répéter, lui apprendre à apprendre etc…).
Le parent qui « envoie » le jeune faire ses devoirs sans se préoccuper un minimum qu’ils soient faits et correctement, si l’enfant a des soucis pour apprendre sa poésie ou autre, pour comprendre la leçon ou l’exercice, ce parent n’accompagne pas son enfant dans son autonomisation.
Je vois ainsi arriver des parents me disant qu’ils ne s’en occupent plus comme « lepsy »leur a dit. Mais dans certains cas, le « gamin » n’est pas encore autonome. « Lepsy »débarrasse les parents du problème qui persiste.
Si en plus, « lepsy »vous dit que deux séances de psychothérapie par semaine aideront l’enfant, je suis en total désaccord avec celui-ci qui évacue aussi ce problème trop « terre à terre » ou le « dénie » pour employer le jargon. Il oublie ainsi les règles fondamentales d’apprentissage, d’imitation, de compagnonnage, d’éducation quoi!
Or l’éducation est mise à mal en cas de troubles, notamment d’apprentissages. Il reste que le problème ne se résout pas quand on le range dans un placard. Et peut être ne le sera-t-il jamais, comme j’entends certains psy me rétorquer, mais ne doit-on pas essayer? C’est que ça peut marcher voyez-vouspartiellement ou totalement. Car autonomiser ce n’est pas « tiens, vas-y ». On ne met pas une fourchette dans la main d’un nourrisson et on ne lui dit pas « tiens, mange maintenant ». Il faut qu’il ait acquis des dents, une coordination visio-praxique adaptée ou doit-on lui proposer une psychanalyse ?
L’autonomie scolaire est du même acabit : elle dépend de l’autonomie de l’enfant qui ne consiste pas non plus à « faire pour lui ». De même, il faut également faire attention à ne pas oublier l’enfant « trop autonome » (comme le frère ou la soeur qui n’a pas de difficulté), car il en souffre aussi et peut avoir le sentiment de ne pas avoir le droit d’avoir de l’aide, car il n’a pas le droit à l’erreur, ni de se plaindre, les parents ayant déjà assez de soucis avec l’autre enfant …
Donc, si je résume, il faut aider son enfant à apprendre à se responsabiliser et à s’autonomiser, à s’organiser. Quand c’est possible, il faut se faire aider:
– Par des pédagogues qui sont des spécialistes et non des vampires commerciaux, des « vrais gens » qui aiment enseigner et se remettent en question.
-Par les intervenants « psy » et paramédicaux qui prodiguent des conseils judicieux : ergothérapeute, psychomotricien, orthophonistes, par les psychiatres et psychologues qui se penchent sur cette question;
-Par un thérapeute familiale, au besoin, qui peuvent désamorcer une situation « bouchée » et accompagner les parents dans la gestion des devoirs et du quotidien.
-Par des parents, des amis, qui peuvent aussi soulager, s’ils connaissent et s’intéressent à la pédagogie.

Alors, comment fait-on devant avec un enfant qui refuse de faire ses devoirs? eh!eh! vous le saurez lundi….

EDUCATION: LA PUNITION, QUAND ET COMMENT ?


Les punitions, comme les règles que nous posons, sont censées être déterminées par l’âgede l’enfant, son degré d’autonomie et de responsabilité. Elles se doivent d’être justeset d’être clairementdéfinies. Or, ce n’est pas toujours le cas. En effet, il faut avoir conscience qu’elles sont aussi influencées par notre histoirepersonnelle (notre vécu concernant l’autorité exercée par nos parents), nos valeursainsi que nos peurset le degré de tolérance/fatigue/découragement/  « coups durs » que nous vivons.
Voyons quelques cas analysés succintement de sanctions/réactions « non efficientes » :
Un parent s’amuse avec ses deux enfants, respectivement âgés de trois et quatre ans , lesquels sautent sur le canapé pendant une demi heure. Soudain, le parent s’énerve et leur crie « d’arrêter ! » mais les enfants rient et poursuivent leurs jeux. Le parent, agacé et fatigué, se précipite sur eux et les tire avec une certaine brusquerie puis les prive du bisou et de l’histoire du soir.Les deux petites filles éclatent en sanglots.

Dans ce cas, Les règles sont floues (qu’ont ils droit de faire? Dix minutes de canapé? Pas de canapé?…). Elles varient en fonction de la tolérance du parent (ou de « son bon vouloir ») lequel s’est fatigué au bout d’une demi heure mais qu’en est il un autre jour? Sa tolérance sera plus ou moins endurante. Comment les enfants peuvent le savoir? Le parent ne prend pas en considération l’excitation générée par le jeu, et le fait qu’il faut une durée psychiologique pour que l’excitation retombe. On ne peut pas juste s’arrêter de rire ou de s’enervé par « un claquement de doigt ». La définition d’un comportement « acceptabl » (« bon ») et d’un « mauvais/inacceptable comportement » est ici ardue pour l’enfant de trois quatre ans! En effet, le parent s’amuse du (bon?) comportement de sauter sur le canapé. Et soudain le bon comportement devient mauvais sans que les enfants n’aient le temps de comprendre, sans avoir eu d’information en ce sens (au contraire le parent s’amusait!). Ils se retrouvent tirés physiquement et privés d’un moment important de la fin de journée (le rituel du soir)… Aucun message n’est clairement donné. Le parent perd patience brusquement car lui-même a dépassé son seuil de tolérance. Sa demande est alors faite dans l’impulsion. Il ne prend pas le temps de parler clairement à l’enfant. Ce qui ne permet pas d’obéir ni d’apprendre le bon comportement à avoir. Ce comportement erratique alimente le sentiment de l’enfant d’un climat d’insécurité. Dans ce cas précis il faudrait établir ce que les enfants ont droit de faire: s’ils ont droit de sauter dix minutes et bien informons- les et mettons un timersur dix minutes. Si cela vous paraît coercitif alors vous confondez limites et autoritarisme. Cela étant, sauter sur le canapé c’est rigolo mais pour le parent assis et le susdit canapé peut-être pas… Alors quelle est la limite à mettre en place, « la règle »? Doit on vraiment laisser le canapé comme terrain de jeux?
Dans le même registre la fessée que je nommerai « sanction réactive » est un acte impulsif qui traduit un « trop plein » du parent. Sa tolérance est dépassée et il réagit sous le coup de la colère en sanctionnant physiquement, plus ou moins brutalement. Le parent montre à l’enfant qu’il résout un problème par la colère, le passage à l’acte sous le coup de la colère. Or l’enfant apprend en premier de ses parents. Si vous le frappez (même légèrement), pourquoi ne peut il pas le faire en cours de récré? Et pourquoi lui dites vous le contraire?
A-t-on le droit de frapper un individu qui nous agace? A-t-on le droit car c’est un ou/et notre enfant? C’est un acte humiliant et l’humiliation n’est pas éducative. Nous demandons à notre enfant de nous respecter et de respecter les autres, nous devons donc être un exemple pour eux et nous devons les respecter tout en les éduquant.
Des parents inquiétés par leur histoire personnelle ou encore l’enseignant (à Paris cela arrive parfois dès la maternelle…) se plaignent que leur enfant Robin ne soit pas motivé pour faire ses devoirs de CE1. Il rechigne « car il pense trop à jouer ».
Pour le motiver, Ils décident de lui supprimer le court dessin animé qu’il aime regarder au retour de l’école. Un des parents s’exclame que Robin n’est pas courageux.

Dans ce cas présent, la sanction est injuste car elle n’est pas raisonnable. Nous ne pouvons pas tenir rigueur à un enfant de vouloir s’amuser! Bien sûr, il doit faire ses devoirs (ça se discute après autant d’heures passées en classe…). Du moins « il le faut », comment l’aider à se motiver? Par la sanction? Et par le dénigrement de ce qu’il serait (couard) ? Ceux sont deux outils fort prisés en milieu familial et scolaire mais qui ont leur limites…Ainsi que des conséquences pernicieuses telles que la démotivation et le manque de confiance en soi ! Mieux vaut motiver par l’économie des jetons ou les bons points! Et puis aussi réfléchir: n’a-t-il pas trop de devoirs? N’a-t-il pas des problèmes à se concentrer, à écrire, à calculer…? Les enfants sont très volontaires mais ils se démotivent…
Une petite fille (moi) bavarde ou dessine sur son cahier de leçon. La maîtresse la sanctionne en lui demandant de copier cent fois « En classe, je ne dois pas bavarder ni dessiner ». A d’autres moment, mais en guise d’apprentissage et non de sanction (mais c’était vécu comme une sanction vue qu’on me donnait des lignes à faire en punition!) : je devais écrire et réécrire des mots que j’avais mal orthographiés un grand nombre de fois… Damned…

Dans ce cas précis, j’ai arrêté transitoirement les « mauvais » comportements mais du coup, je n’écoutai plus le cours (les gribouillages m’aidaient en fait)! Concernant les fautes d’orthographes, elles ne m’ont malheureusement jamais abandonnées !!!! Mon problème de concentration n’allait pas se régler par des lignes et des lignes copiées ! Il vaut mieux se demander comment aider en classe l’enfant ADHD? (suite au prochain numéro). Enfin, copier des lignes n’est pas efficace mais rébarbatif, c’est le but recherché (et pas d’inciter). Mais on oublie que certains enfants (dyslexie, dyspraxie, ADHD…) n’aiment pas écrire car ils éprouvent de la difficulté. Les lignes contribuent alors à le dégoûter. D’après moi (mais certains dirons que je suis juge et partie !), les lignes de copie méritent donc d’être oubliées pour toujours! En classe comme à la maison.
Roseanna reçoit deux heures de « colle » pour avoir répondu sèchement à son professeur. Pour montrer leur solidarité avec le collège, les parents la punissent : elle n’ira pas au ciné comme prévu le week end suivant.

La double sanction est INJUSTE. Roseanna ne peut pas se sentir respectée par ses parents. Elle a été punie par l’école pourquoi devrait-elle l’être doublement? Ce qui peut la pousser à poursuivre par provocation…ou à se replier sur elle-même ou à fuir la maison (en passant du temps dehors..).
Si un enfant ou un adolescent est puni à l’école, je vous suggère de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé plutôt qu’à le punir une seconde fois. Du reste, vous apprendrez peut être des choses fort instructives sur son fonctionnement (« je ne peux pas m’en empêcher » « c’est plus fort que moi » etc …) ou sur celui de l’enseignant ou de l’établissement où il passe huit heures par jour. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il y a systématiquement un problème psychologique à une insolence!
Alors quand punir et comment ?
Il est indispensable de penser à punir avec parcimonie ! Il vaut mieux inciter, valoriser et motiver le bon comportement. La punition doit responsabiliser et donner à réparer.
En général, il est plus juste d’informer de la punition qu’encourt l’enfant ou l’adolescent avant de punir. Une punition doit être raisonnable et pour cela être limitée dans le temps (un jour, une semaine, deux…), réalisable (pourrez-vous « tenir » si vous privez de week-end festif alors que les billets sont reservés ?) et « proportionnelle » à la faute.
Voici quelques situations fréquentes où il y a « conflit » et sanction :
La console de jeu :
Maxime, onze ans, joue trente minutes tous les samedis et dimanches à la console. Il refuse ou tarde à arrêter son jeu vidéo. Parfois il se bat avec son frère.

Dans ce cas, Il vaut mieux en amont cadrer la règle des trente minutes par la mise en place d’un chronomètre ou timer. Lorsque celui-ci sonne, le jeune sait qu’il doit arrêter de jouer sans se disputer. Cette opération doit se faire rapidement. Si elle dure ou/et il se dispute, il sait que le prochain jour de console, il n’aura pas le droit d’y jouer car il doit apprendre à être responsable du temps qui lui est imparti: pour cela il doit pouvoir gérer son temps avec le timer(et non les parents). La fois d’après, il réessaiera. Si cette fois, il éteint et ne se dispute pas alors les séances reprendront comme d’habitude.
La sortie avec retour tardif :
Systématiquement Marianne rentre avec une heure ou deux de retard.
Elle appelle ou envoie un texto selon …

Un retard ça se comprend mais quand il est systématique (toujours avec des bonnes raisons), on conclut à une grande capacité d’imagination mais aussi à un besoin d’apprendre à gérer son temps. La règle appliquée à la console peut être utilisée dans ce cas avec l’idée, encore une fois, de la responsabiliser.
La dégradation:
Garance, quatorze ans, claque la porte de sa chambre à chaque fois qu’ il est frustré, déçu ou encore contrarié. « Il est vénere ». Le problème est
que la dernière fois il a cassé la porte…
Une dégradation dans un lieu public est grave. On ne peut pas excuser et banaliser en mettant sur le compte d’un problème transitoire. D’une part, Il est indiqué de consulter un spécialiste afin de comprendre l’impulsivité et l’intolérance à la frustration excessives que Guarance présente (problème strictement éducatif ou associé à ADHD, autres?…). Cet avis permettra de trouver les meilleurs outils pour l’aider à développer une gestion adéquate de la frustration. D’autre part, Guarance doit réparer même s’il n’a pas fait exprès. Dans ce cas, les travaux que je nomme « d’intérêts familiaux » sont pertinents. Ils vont permettre de dédommager financièrement la réparation de la porte dont il faut estimer le coût financier (et cela même s’il la bricole: la partie dégradée aura un coût moindre). Puis il faut évaluer « le coût » d’un travail d’intérêt familial et donc du nombre que Garance va effectuer pour se dédouaner.
Le vol:
Alaïs est fou d’un jeu en ligne. Il y joue beaucoup et gagne pas mal de vies et d’objets en tout genre. Ce qui le rend fier. Malheureusement, ses parents refusent qu’il s’achète des objets (virtuels) avec son argent (véritable « en vrai »). Mais voilà, il a craqué, et à deux reprises, il a utilisé la carte bancaire de son père…
Comme pour Garance, Alaïs doit dédommager par des travaux d’intérêts familiaux. Il est important que cela se fasse par une ou plusieures tâches et non par « un virement  bancaire» comme je l’ai déjà vu ou juste une privation d’argent de poche… Les tâches permettent au jeune d’appréhender un peu plus les conséquences de son geste.
Quand on décide d’une punition il est nécessaire d’expliquer notre motivation pour responsabiliser et donner à réparer.

COMMENT ECOUTER UN ENFANT/UN ADOLESCENT ?

Il y a quelques temps, j’avais abordé la question de « comment parler à un enfant? ». Le pendant à cette question est « comment écouter un enfant » mais aussi un adolescent et au fond: l’Autre.
Très souvent, les parents apprennent une foule de choses au cabinet. Ils disent alors : « Tu ne m’avais pas dit !».
Ainsi Victor, 9 ans, avait dit à ses parents qu’un camarade l’embêtait. Mais ce que les parents ne savaient pas, c’est que « le camarade » en question serrait Victor au cou. 

Parfois les enfants ne le disent pas car ils ont peur d’être grondés, de décevoir, d’embêter les parents, de leur causer un problème, de les attrister, d’être agressé (ou que leur proches puissent l’être) s’ils ont été menacés…
Parfois ils répondent « Je te l’ai dit ! ». Mais les parents n’étaient pas vraiment là (préoccupés par leur quotidien…) ou ils n’ont pas compris car ils ont interprété..
Au cabinet, Il n’y a rien de miraculeux. Nous sommes réunis pour l’enfant.
Pour écouter un enfant, il est donc nécessaire de prendre le temps, se mettre au même niveau que lui physiquement et de façon empathique. L’écoute est simple: il parle on écoute. On n’émet pas de jugement, on ne donne pas de conseil s’il ne nous en demande pas. On ne réfute pas sa souffrance avec des expressions comme « T’exagères » « C’est de la comédie! » « Tu devrais avoir honte de te plaindre! » « il y a bien plus malheureux que toi! » etc…. 

Si l’enfant parle d’une situation qui lui pose problème, notamment à l’école, il est indispensable de faire préciser celle-ci dans un second temps (après qu’il ait vidé « son sac ») par des questions qui permettent d’obtenir un scénario le plus proche de sa réalité, et en plus lui montrent qu’on s’interesse à lui. 

Revenons à Victor quand se faisait-il attaquer? C’était pendant la récréation de la cantine, là où il n’y a pas d’adulte pour surveiller la cour. L’autre petit garçon se jetait sur lui quand Victor passait en faisant mine de jouer au football. Victor avait envie de jouer au football avec ce petit garçon mais n’osait pas le lui demander. 

Il est aussi important de ne pas banaliser ou dramatiser ce que l’enfant dit… Il faut donc prendre en compte notre fatigue, mettre de côté nos préocupations, mais aussi avoir conscience de nos  « préjugés » pour qu’ils ne contaminent pas notre écoute (peur excessive pour notre enfant «si  fragile », propre expérience scolaire désastreuse…).
Et puis après ? En plus de considérer et de soutenir l’enfant/l’adolescent, l’écoute active va lui permettre d’analyser la situation: exprimer ses émotions, définir le problème le plus « objectivement » possible dans le but de trouver des solutions par lui-même. Ceci, en fonction de son âge.
Et si l’enfant ne parle pas? Un changement brutal de comportement est un thermomètre qui signe une souffrance… Une écoute s’impose, comme une enquête…
Et s’il ment ? Que cherche-t-il? Que veut-il éviter?…
J’aborderai ces thèmes aux prochains numéros…

LA SEPARATION : C’EST GRAVE DOCTEUR ?

Le divorce est un triste événement. Mais quand le couple ne supporte plus la vie à deux, ne pas se séparer n’épargnera pas les membres de la famille. Les films « La guerre des Roses » et « Le chat » en parlent chacun à leur manière… Rester ensemble « coûte que coûte » c’est une sorte d’épée de Damoclès que les parents font peser sur toute la famille, une « chronique d’une mort annoncée » qui ne vient pas… Un moribond que l’on maintient en coma artificiel.
De nombreux enfant et adolescents en souffrent silencieusement au point de développer des angoisses s’exprimant par des troubles divers (colères, troubles du sommeil, troubles du comportements alimentaires, co-sleeping…).
Au-delà de l’image discordante que les enfants ont du couple-amoureux, vivre avec deux-adultes-qui-ne-s’aiment-plus ne peut pas les laisser indifférents ! Et cela, quoiqu’ils en disent (consciemment) ! Et même si le couple pense s’en cacher…
Babette Cole aborde ce sujet dans son livre adressé aux enfants : « Le démariage ». Le frère et la soeur ne supportent plus la gué-guerre qu’entretiennent leurs parents (à coup de saucisses pétards et de petites culottes rétrécies !). Ils leurs proposent de se démarier en faisant une fête ! La séparation n’est pas tragique. Elle permet à chaque individu de vivre comme bon lui semble, en accord avec soi.
Face à tout événement difficile et douloureux de notre vie, c’est notre manière de le vivre qui sera déterminante pour nous et nos enfants. En psychologie cela s’appelle le « coping » ou résolution de problème. Je pense toujours à la phrase de Nietzsche « ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort », elle résume, pour moi, la réussite de la gestion d’un problème.
Alors, si le parent justifie la non-séparation par son obligation de « Rester pour les enfants », il se trompe et fait endosser à l’enfant une responsabilité/culpabilité qui n’a pas lieu d’être !
Refuser la séparation signe l’existence de difficultés psycho-affectives telles que la dépendance, l’anxiété de séparation extrême, l’incapacité à s’autonomiser… Le refus équivaut à un deuil qui ne se fait pas, un « deuil pathologique ». Je me rappelle d’une adolescente de 15 ans qui souffrait de boulimies gravissimes associées à des conduites auto-mutilatoires. Sa mère s’opposait activement au départ du père qui avait pourtant eu lieu trois ans auparavant. Elle s’y opposait par les moyens juridiques et le harcelait via mails et coups de fil. Rien ne faisait entendre raison à madame . Ce qui mettait en danger le pronostic vital de sa fille…
Lors de la séparation, ce qui peut être grave, c’est la gestion de celle-ci par les parents. Laquelle, si elle est inadaptée, accentuera la souffrance et les peurs de l’enfant réactivées lors de cette séparation … 
suite les deux prochaines semaines : Les peurs de l’enfant, La gestion des parents…

LA FAMEUSE MECHE DE CHEVEUX ET LES CISEAUX !


A la rentrée, les cheveux sont souvent longs et gênent pour voir le tableau. Ne vous étonnez donc pas si votre enfant coupe sa frange. C’est que ça le gênait voilà tout!

Cela ne sert alors à rien de le punir (surtout si ce n’est pas joli, il est déjà puni!) mais il est important de lui dire que s’il a un souci il peut vous en parler. Vous trouverez ensemble une solution adéquate.
Dans ce cas précis, il fallait couper la mèche. Mais le faire soi-même, ce n’est pas facile. Le coiffeur ou un parent qui a toujours rêvé de faire ce métier, s’en chargera… Votre enfant apprend alors que les actes ont des conséquences et qu’il faut différer.
Autre chose, il y a pensé et l’a fait impulsivement. S’il a six ans ou plus, je vous encourage à vous demander: s’il n’est pas un peu trop impulsif? S’il est impatient? Se concentre-t-il bien en classe? Râle-t-il pour les devoirs?… Sûrement pas ! Mais si oui…lisez un article sur l’hyperactivité (ADHD, TDAH).
( Illustration: couverture du livre  » Les malheurs de Sophie » écrit par la comtesse de Ségur. Dessins par Marie-Madeleine. Ed Nohain Maison Alfred Mame et fils 1931)

NE PAS REPONDRE DU  » TAC AU TAC  » !

De plus en plus, notre quotidien est régi par l’instantanéité. Or l’instantanéité refuse l’attente, la frustration, la réflexion, le recul et la remise en question. Nous sommes assaillis par des demandes qui fusent au gré des pensées de nos interlocuteurs. Nous tapotons sur nos téléphones, nos ordinateurs portables et écrans nomades sans même y penser. Paradoxal non?
Comment donc ne pas être influencé dans notre vie familiale par cette exigence de réponse immédiate ? Très souvent les parents se sentent obligés de répondre d’emblée à la demande de leurs enfants. Ils se doivent aussi de faire cesser dans la seconde leurs débordements. Mais cette vitesse nous amène à faire plus souvent des erreurs.
Face à un problème, il est normal de réfléchir aux solutions et donc de prendre du temps pour le résoudre. J’engage les parents à « réfléchir » et à le signifier aux enfants. Ces derniers apprendront ainsi que l’on ne peut répondre dans l’instantanéité à tous les problèmes qui nous sont posés. Ils apprendront à attendre, à différer.

(Illustration: M Naudier)