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Les devoirs : Organisation et Motivation

Comment faire faire les devoirs à ses enfants ou ses ado ? est une préoccupation importante de nombreux parents. Dans un article sur ce sujet ( le lire) je prônais que les parents devaient « s’en occuper sans s’en occuper » sans pour autant développer en laissant planer un suspens sur ce sujet (et en en parlant dans mon article sur les routines de vie).  Je mettais aussi en garde au danger que ce problème prenne une place dans la vie de famille à en annuler les moments de plaisirs communs, d’échanges, de célébrations… et aussi à en oublier le frère et/ou la soeur qui se débrouille « tout seul » et devient presque transparent (du moins c’est son ressenti fréquent). Enfin je disais (mais cela dès le début) que je n’étais pas pour les devoirs, et je rajouterai maintenant pour l’école. Mais bon c’est une autre histoire. J’écrirai sur ce sujet un autre jour… Donc cette introduction pour vous dire que mon point de vue n’a pas changé. Par contre je vous dois des explications sur « s’en occuper sans s’en occuper ».

L’idée principale s’est d’apprendre au jeune à s’autonomiser et se responsabiliser. Maintenant il est clair que chaque jeune est différent. Ce que je préconise peut très bien marcher comme ne pas aboutir. Dans le cas où ça n’aboutit pas, il faut quand même ne pas croire que ça ne marche pas, mais surtout chercher pourquoi ?

Bon, je passe à la phase d’explication. Les devoirs demandent : Du Temps donc aussi de l’Organisation, et de la Motivation.

Concernant le temps, il est important déjà de voir si la demande de l’enseignant n’est pas extravagante. Le fait est que certains enseignants ont une ambition démesurée qui n’est pas compatible avec le jeune (troubles des apprentissages, fatigue) et la vie de famille. Je vous conseille alors de ne pas obéir aux demandes et de proposer (voire d’imposer) de diminuer le travail exigé. Bien sûr vous en parlerez avec l’enseignant.

Concernant l’organisation : elle demande une planification à savoir anticiper le temps imparti à telle ou telle tache, soit une routine (j’en parle ici) (et de façon plus large ici). La tache des devoirs, de la douche/bain n’est pas celle préférée de nombreux jeunes. Ils plébiscitent nettement jouer et ils ont raison. Il faut donc voir avec eux, à quels jeux ils aiment jouer et mettre en avant sur le planning de la journée et de la semaine les temps de jeux qu’ils souhaitent avoir puis , seulement après, voir le temps nécessaires aux devoirs. Je fais ici un aparté important à mes yeux. Si jouer est primordial pour l’enfant, l’ado et aussi pour nous (on l’oublie trop souvent), il faut faire le point sur ce à quoi il joue.  Jouer revêt plusieurs possibilités qu’il faut passer en revue avec le jeune (car peut être ne joue-t-il plus à tel jeu car il a été rangé ou les crayons sont cassées etc…) : la lecture pour un tout petit nombre (mais ils peuvent être des stackhanovistes de la lecture !), jeux de sociétés (mais beaucoup plus rares car même si bon nombre de jeunes aiment ces jeux, ils trouvent peu de partenaires au sein de la famille), constructions/poupées/miniatures, bricolages et enfin les jeux vidéo, youtube/vimeo (vidéos) voire les réseaux sociaux. Jeux vidéo, youtube et réseaux sociaux remportent la palme chez les jeunes et cela commence bien trop tôt ! Pour le coup, il faut aussi planifier le temps imparti aux écrans (dont le téléphone portable) et internet et privilégier d’autres formes de jeux. J’en parle dans mon livre et je propose des temps imparti. je vous encourage à le lire (bien sûr je fais de la pub mais je l’ai écris surtout pour le devenir des jeunes et de notre société. Il faut absolument y réfléchir maintenant et agir. le lien pour le trouver: ici)

Revenons sur l’organisation, c’est vraiment elle qui va permettre au jeune de s’autonomiser. Il va se référer à son planning, celui qu’il a concocté avec vous pour pouvoir jouer tout en avançant sur ses devoirs. C’est ça s’en occuper sans s’en occuper. Maintenant l’autonomisation dépend de son âge, de sa personnalité, de ses difficultés.

Concernant la motivation, elle est de plusieurs ordres. Un livre entier ne suffirait pas ! Voici les grandes idées : Si on peut transformer le pensum-devoir  en quelque chose de ludique ou en suscitant l’intérêt, la curiosité, le jeune aura plus envie de s’y mettre. Pour cela vous pouvez vous aider pour le jeu : de jeux de société, d’activité (cuisine ou jeu de la marchande et mathématique par ex.), de livres, de jeux éducatif sur tablette (quelques propositions).  Pour suscité l’intérêt ou/et la curiosité , il est indispensable d’expliquer à quoi sert le devoir : pour s’améliorer dans tel domaine, pour réfléchir sur un sujet de société/ de valeurs, pour pouvoir acheter des bonbons, pour découvrir une autre façon de vivre et donc une autre vision de la vie,  etc… On peut s’aider de sorties (visites, promenades…) , aussi de livres illustrés, de documentaires (sur youtube tiens donc, mais aussi sur des sites dédiés à l’enseignement, les DVD « C’est pas sorcier », etc…). L’envie vient aussi si on se sent « bon » dans un domaine, ou si on sent qu’on maîtrise, qu’on a le « flow » ce qui donne aussi du plaisir. Ce qui pose un problème  si le devoir confronte le jeune à ses difficultés (s’il a un trouble des apprentissages notamment), voire à un discrédit vécu au quotidien, ou s’il  ne lui apporte qu’ennui.

En effet, si cela lui demande de gros efforts et qu’il n’est pas récompensé, qu’il a de mauvaises notes alors qu’il travaille, des critiques non constructives par un adulte du type « travaille ! » « C’est nul ! » « tu ne feras rien de ta vie », etc… Je ne vois pas pourquoi il aurait envie de fournir un effort. Dans ce cas, le plus important c’est d’encourager ses efforts et non pas les résultats. Il faut diminuer l’effort (si trop de devoir) et au besoin, annuler l’effort si celui-ci empêche son apprentissage. Par exemple : l’enfant dysgraphique n’a pas besoin d’écrire, il peut faire à l’oral ses devoirs; adolescent il pourra taper au clavier de l’ordinateur, s’il en est capable. La récompense est dans la valorisation, l’encouragement. Elle se fait par les mots, les regards, un geste (sur l’épaule par ex) mais aussi elle peut se faire par un objet type « bon point » « image » (voir mon article sur ce sujet: ici). Il faudra être en lien avec l’enseignant bien entendu !

S’il ne voit pas l’intérêt, si ça l’ennuie. Il y a plusieurs raisons la première est probablement liée à son quotidien et demande de revoir celui-ci. Fournit-il des efforts ? Arrive-t-il à se frustrer , en laissant un jeu (quelconque) pour mettre la table par exemple ? passe-t-il beaucoup de temps sur un écran ?  Le fait est que l’écran entre en concurrence avec tout autre activité et gagne (avant c’était la télévision maintenant c’est le jeu vidéo) et pourquoi? Car il ne demande aucun effort. Le jeu vidéo en plus gratifie dès les premières minutes, voire secondes où on s’y met !

S’il s’ennuie cela peut aussi venir de compétences intellectuelles souvent au dessus de la moyenne.  Le jeune trouve ennuyant les devoirs car il ne peut pas aller plus loin sur le sujet. Il faut voir avec l’enseignant pour lui permettre de « déborder » alors sur un sujet qui lui plaît, de faire un exposé etc… Mais attention, cela n’enlève pas l’influence des jeux vidéos, ni des écrans en général. Nombreux sont les jeunes performants qui , à cause des devoirs et de l’enseignement scolaire à mon avis, et grâce aux écrans en plus, ne font plus rien. Ils se nourrissent d’écrans, de séries, de jeux… Au niveau intellectuel ils ne sont plus stimulés, ils ne créent plus non plus. Un désert qui aura de fâcheuses conséquences… mais bon, cela vaut aussi pour des jeunes tout à fait dans la norme.

Pour parler des devoirs et de comment on va s’organiser, il faut donc s’asseoir tranquillement avec le jeune et discuter de ce qu’il aime faire et puis du problème que cela pose sur les devoirs. Comment peut-on trouver un équilibre entre « plaisir » et devoirs? Comment peut on rendre les devoirs fun et intéressants, voir ludiques ? cela amène à parler aussi des problèmes liés aux écrans, aux valeurs véhiculées (ne pas fournir d’efforts, obtenir facilement, les autres deviennent aussi des objets…)

Une dernière question qui taraudent de nombreux parents: Doit-on punir s’il ne fait pas ses devoirs? Je ne suis pas dutout pour punir. Il le sera par l’enseignant… Par contre il est bon de s’installer pour réfléchir pourquoi il ne l’a pas fait… Et donc de reprendre point par point ce que j’ai abordé dans cet article. (si vous voulez plus de détail sur le sujet de la punition: ici)

 

 

 

MESURES COMPORTEMENTALES EDUCATIVES: L’ÉCONOMIE DES JETONS OU DES BONS POINTS

L’enfant souffrant de TDAH est plus impulsif, intolérant à la frustration et attaché au plaisir que la moyenne. Ce qui entraîne des conflits plus fréquents entre les parents qui tentent d’imposer des limites et les enfants/adolescents qui les supportent encore moins ou qui demandent encore plus que la moyenne. Or les limites sont indispensables pour l’équilibre psychoaffectif de l’enfant et pour son insertion sociale. (attention, je ne parle pas de limites rigides…)

Pour aider l’enfant TDAH à respecter les limites et donc à faire des efforts, il est judicieux d’utiliser « son moteur » (sa motivation) qui est l’attachement au plaisir. Pour cela, les jetons, les bons points ou les images sont des formidables alliés. Dans le cas des adolescents, cela peut être de l’argent familial (monnaie inventée) ou encore « des crédits ». Pour connaître « l’esprit » de cette méthode, je vous engage à lire l’article Plaisir d’apprendre: Inné?…


Revenons donc à nos jetons… Comment les utilise-t-on?
  1. Il faut déjà définir « la limite », à savoir ce qu’on demande à l’enfant. En effet, la demande claire est indispensable pour que l’enfant puisse la suivre. Elle doit être concise et limitée, à savoir « absolument pas ambitieuse ». Et lui demander ce que l’on souhaite
  2. Quand celle-ci est définie (une à trois demandes maximum), on met en place le nombre de fois dans la journée où on va noter le bon respect de la règle établie, en d’autre terme l’effort accompli. En effet, à chaque fois que l’on note le respect de cette règle, l’enfant reçoit un bon point/image (etc…).
  3. on détermine ce que les bons points font gagner (et le nombre) : jouer à un jeu de société, quinze minutes de jeux vidéo, un repas préféré, dix minutes de plus pour le coucher etc…
  4. Enfin, on applique les vérifications (2.) et on donne les bons points/jetons en temps et en heure. Ce qui demande au parent de la persévérance. Mais elle est « payante » alors !…

Voici un exemple:

Camille peste à chaque fois qu’elle se met à ses devoirs. Sa mère lui a montré pourtant que pester fait perdre cinq bonnes minutes (avec une montre). Camille continue pourtant à grogner , à crier que sa mère « est méchante ». Et quand elle commence ses devoirs, elle continue à se plaindre. Après son temps de repos (elle travaille deux fois vingt minutes avec une pause de quinze minutes: temps de pause établi avec elle), elle a à nouveau du mal à s’y remettre et à nouveau, sa mère subit son comportement. Camille perd ainsi beaucoup de temps alors qu’elle pourrait s’amuser et elle entretient un ressenti négatif des contraintes… qui alimente une cognition « du verre à moitié vide ». L’économie de jetons a alors été établi ainsi :

1 Commencer à l’heure (définie à chaque fois en fonction de l’heure de retour à la maison)
2 Etre respectueux
3 Faire des efforts
4 Reprendre à l’heure après la pause de quinze minutes
5 Etre respectueux
6 Faire des efforts

Les demandes ont été faites en divisant les tâches. 1.2.3 sont identiques à 4.5.6 mais ce tableau permet à Camille de suivre le déroulé de ce qui lui est demandé. Elle gagne ainsi à chaque fois six bons points.
Elle peut choisir ainsi diverses activités:
Un bon point : Elle peut écouter trois musiques sur le mp3 de ses parents, jouer au jeu de cartes « la bataille » avec son père ou sa mère.
Deux bons points: quinze minutes de jeux video le samedi ou le dimanche (en sachant que maximum trente minutes autorisées ces jours-là) ou un feuilleton le mardi soir/le mercredi matin ou le samedi (en ce moment elle regarde Familly Adams, 20′)
Trois bons points : elle peut choisir un repas préféré à condition de le prévoir trois jours à l’avance pour pouvoir faire les courses! (ce qui aide l’enfant à planifier)
Autant vous dire que Camille a de suite mis en application, son réveil sur le bureau, et a gagné à chaque fois les six bons points…
Et si elle n’avait pas respecté? Et bien l’étape non respectée ne donne pas droit au bon point dévolu à cette étape (sans cris…). Mais il ne faut pas se décourager!!!!
En effet, la persistance des parents est un gage de réussite ainsi que recevoir rapidement une gratification pour l’enfant qui fournit un effort.


SAVOIR DISTINGUER BESOIN DE DÉSIR … Et savoir répondre aux demandes de son enfant/adolescent.


En tant que parent, nous devons subvenir aux besoins de notre enfant, que l’on pourrait résumer par l’amour, le respect, l’écoute et la guidance éducative ( développer son esprit critique en fait partie).

L’enfant ou l’adolescent, a-t-il besoin (pour « souffler » après l’école) du dessin animé du midi en semaine ? De la console de jeux ? De chamallows crocos chocopouettes et autres friandises ?… La liste est longue de ces désirs déguisés en besoin.
Car la myriade de sollicitations et d’offres dans notre monde de surabondance entraîne une confusion entre la notion de besoins et de désirs. Le besoin est indispensable au développement de l’enfant alors que le désir ne l’est pas. Le désir n’est donc pas un dû mais le plaisir que l’on en tire adoucit notre vie. Les paroles de la petite chanson de Mozart en témoigne : « Je préfère les bonbons à la raison ».
L’enfant ou l’adolescent a le droit de désirer et de chercher à satisfaire son désir à condition que celui-ci soit adaptéEn cherchant à se satisfaire, il apprend seul et acquiert des nouvelles compétences. Il s’autonomise.
Quand ses désirs sont inadaptés, notre rôle de parent est encore moins une partie de plaisir pour lui ou pour nous mais est indispensable. Nous devons l’aider à y réfléchir voire nous devons nous y opposer. Un bon parent ne satisfait pas tout.

Et c’est la question qui taraude bon nombre de parents: dois-je refuser la dernière console? Le sac-le-plus-cher-du-collège? Car SERAIS-JE UN BON PARENT?
Reprenons le début : les parents se doivent d’apporter amour, respect, écoute. Pour savoir si vous êtes un bon parent, « un parent qui fait au mieux », posez-vous les bonnes questions :
Votre enfant a-t-il une chambre? Mange-t-il à sa faim ? Est-il en bonne santé? Va-t-il à l’école? a-t-il des amis? A-t-il des jeux? A-t-il droit de jouer? Exprimez-vous verbalement et par des gestes tendres votre amour pour lui? Respectez-vous son intégrité physique et psychique? Jouez-vous avec lui de temps en temps? Prenez-vous du temps pour parler avec lui? L’écoutez-vous quand il se plaint et vous demande de l’aide? Lui offrez-vous des cadeaux dans les occasions importantes?…

Comment alors répondre à la demande de l’enfant/ado? Déjà en prenant notre temps ! Il faut s’interroger et l’interroger dans un second temps sur l’activité ou l’objet qu’il désire :

est-ce bon pour lui ? À savoir : Est-ce de son âge?

La télévision avant trois ans n’est pas indiquée. Les films violents provoquent des peurs, des angoisses en fonction de l’âge et du type d’enfant (très imaginatif, l’enfant aura plus de peurs, de troubles du sommeil).
Des temps de jeux vidéo trop longs favorisent la survenue de crises d’épilepsie. Après un temps de jeu vidéo chez l’enfant hyperactif, les parents remarquent en consultation l’exacerbation d’une agressivité.
Le contenu de ces jeux peut être violent, voir extrêmement violent, et malgré les interdictions en fonction de l’âge, les magasins de jeux n’hésitent pas à vendre à des enfants de dix ans des jeux interdits au moins de dix huit ans !!!!

Est-ce compatible avec sa santé?

Savez-vous que la luminosité des écrans diminue la sécrétion de mélatonine, un neuromédiateur qui informe le cerveau qu’il est l’heure de dormir. Une sorte de marchand de sable intégré! Le problème est que chez certains enfants le pic en mélatonine de base est déficient. Ce qui entraîne plus de difficultés à s’endormir…
Le temps passé devant un écran est corrélé au poids et au manque d’exercice physique: la sédentarité est favorisée par la pratique de jeux vidéo, internet… On peut donc se demander si cette pratique est adaptée aux enfants diabétiques, en sur poids ?….

Est-ce compatible avec la vie de famille, la vie amicale, la vie sociale (voire les apprentissages)?


Certaines activités isolent grandement de la vie familiale et sociale : l’enfant refuse les sorties pour passer du temps sur sa console le week-end…Ne pas avoir certaines affaires, signes de reconnaissance du groupe, peut être mal vécu dans des établissements scolaires très sélectifs….Cette pratique habituelle au collège est malheureusement entrain d’envahir la cours de récréation des primaires!





Est-ce compatible avec la vie d’écolier/collégiens/lycéens ? Avec le temps consacré aux devoirs, à la lectures, à la rêverie, à la musique, au sommeil…? 





Est-ce compatible avec le budget économique familial? Pouvez-vous vous permettre un tel achat? Ne doit-il pas participer à celui-ci? Est-ce tout simplement irréalisable pour vous?





Est-ce respectueux de lui? De vous? Des autres?

Si la réponse est favorable, l’enfant ou l’ado doit se plier à des règles dépendantes de son âge et qui l’aident à apprendre à réguler l’activité comme le temps passé sur un jeu d’écran, sur msn, sur le téléphone portable… Savez-vous que le soir (et oui les textos illimités!) les ados peuvent recevoir 500 sms voire plus ? Savez-vous que bon nombre regardent la TV dans leur lit grâce à leurs bidules performants miniaturisés que vous lui avez offert pour téléphoner ?

Enfin, il doit fournir des efforts pour obtenir ce qu’il veut ! L’obtention d’un objet/activité est bien plus gratifiant quand on l’achète avec l’argent gagné ! Ces efforts peuvent être :

De devoir contribuer financièrement en faisant « des travaux d’intérêts familiaux », en faisant un petit job (baby sitting, …).





De fournir un nombre spécifique de bons points ou tickets ou jetons. Ces bons points sont gagnés en fournissant des efforts pour lui et pour la famille : devoirs, des tâches ménagères ou familiales; comme aller chercher son petit frère les soirs où vous avez besoin qu’il le fasse, ranger ses vêtements, sa chambre, mettre une machine, le couvert, faire le repas, sortir le chien, faire la litière du chat, nettoyer la baignoire, les WC, passer l’aspirateur, etc…

Et s’il vous dit que vous êtes ringard? Souriez tous les parents passent par là! 

La prochaine semaine, je donnerai quelques conseils en fonction de l’âge… sur la télévision, les jeux vidéos, le téléphone portable…

FOURNITURES SCOLAIRES

La recherche des fournitures scolaires est un moment de pur plaisir pour les enfants et les ados quand cela consiste à l’achat du nouveau materiel. J’avoue que je suis moi-même une passionnée des carnets, des cahiers en papier 100% coton… Vous pouvez me laisser une demi journée dans une papeterie ( bien fournie!) et bien plus si elle est collée à une bonne librairie….

Mais bon revenons à nos fournitures. C’est l’occasion de responsabiliser un peu notre enfant et lui insuffler un peu de créativité. L’argent ne coule pas à flot. L’enfant doit donc apprendre à gérer une situation qui lui pose problème. A savoir « ne pas avoir tout ce qu’on veut ». Cette situation est pourvoyeuse de frustration… Il doit alors trouver un aménagement à la situation frustrante « on ne m’achète pas tout ce que je veux ». Ce qui l’amène à apprendre à gérer un problème-insoluble. Comment tirer partie de cette situation problématique? Comment s’en accommoder?
Quelles sont les anciennes fournitures réutilisables?
Quelle somme allouée pour les fournitures « fantaisies » en plus de la somme « obligée » ?
S’il a eu la trousse-que-tout le-monde-a, et si en plus il veut un super-agenda? Il faudra qu’il choisisse… Et pourquoi pas décorer l’agenda ? Pourquoi pas bricoler/ « customiser »? Coller des photos etc… Au fond, trouver des nouvelles stratégies, découvrir des nouvelles compétences… Ce qui est plus valorisant que la satisfaction immédiate d’un désir.

PLAISIR D’APPRENDRE INNE ?


Il est communément établi qu’un enfant « doit prendre conscience par lui-même de l’intérêt qu’il a d’apprendre », voire du plaisir qu’il peut y prendre. En science pédagogique, certains « penseurs » ne démordent pas de cette idée fondatrice de ce système d’apprentissage. D’après eux, les enfants puis les adolescents doivent prendre conscience de l’intérêt qu’ils ont à apprendre « car c’est de cette façon qu’ils apprennent mieux ».

Or en fonction des personnalités, mais aussi du  » bain familial  » (La vie est un long fleuve tranquille est un exemple caricatural certes mais révélateur), certains enfants sont conscients très tôt de l’intérêt et du plaisir qu’ils peuvent éprouver à étudier, mais d’autres pas du tout ! Ils préfèrent jouer. Activité bien didactique du reste…

Alors que faisons-nous en tant qu’éducateur? Attendons-nous qu’il ait une étincelle, une « mâturité » qui lui tombe sur la tête? Attendons-nous qu’il en prenne conscience seul?
Lui rabâchons-nous « la chance qu’il a d’aller à l’école » « l’intérêt d’apprendre pour avoir un bon métier »? Faisons-nous planer le danger du chômage?
Le congratulons-nous quand il a une bonne note ? Ou lui montrons nous que cela nous fait plaisir?

Le punissons-nous s’il ne travaille pas ou s’il n’obtient pas des résultats qui nous satisfont?

Il y a fort à parier que cela ne marchera qu’un temps.

Apprendre, demande de l’effort. Si l’enfant ne tire pas du plaisir au bout de cet effort, il n’a aucun intérêt à répéter. Souvent les enfant le répètent pourtant, non pour leur propre plaisir mais pour celui de leurs parents « pour qu’ils soient contents ». Souvent ils font l’effort désagréable pour ne pas recevoir une punition désagréable. A terme, les enfants se rendent compte que la punition est moins embêtante que l’effort de travailler (il s’amuse en attendant la punition), ou que de contenter ses parents n’a qu’un temps. Enfin, d’autres en manque de leurs parents, découvrent que ceux -ci sont plus attentifs à eux quand il a un mauvais comportement: ils tirent alors paradoxalement un bénéfice à se faire punir.

Décidemment, les enfants pour une partie, ne veulent pas comprendre que travailler à l’école « c’est pour leur bien » ! Alors pourquoi ne pas les aider en « matérialisant » ce concept de « prendre du plaisir à apprendre »? Pourquoi ne pas passer par des étapes « matérielles » avant d’atteindre conceptuellement cette pensée?

Imaginez que cette idée « apprendre=effort=plaisir » est cachée dans une boite. Pour que l’enfant puisse l’ouvrir, il doit connaître une formule magique « c’est pour moi ». Mais cet enfant préfère jouer et ne connait donc pas cette phrase. Que fait-on? Lui laisse -t-on la boite et advienne que pourra ? Ou lui donnons-nous à rechercher des indices qui vont l’aider à trouver la formule? Cela me rappelle le dessin animé d’Azur et Azmar , et de façon plus générale les histoires de quêtes. Ainsi, Azur pourra délivrer la fée des djinn, grâce à l’aide d’indices…
Alors comment aider l’enfant qui tient cette boite noire en louchant sans trouver la solution ? Et bien, il y a l’apprentissage ludique et aussi le renforcement positif qui apprend à faire des efforts.
Mais attention ce n’est pas « le bâton ou la carotte » ! Quand l’enfant fournit un effort, il reçoit un renforcement positif (exemple: une carte). Quand il ne fournit pas d’effort, il ne reçoit rien. Ce qui permet de dédramatiser les conséquences du non comportement et de diminuer les interactions négatives qui surviennent quand « il n’a pas fait ». Les cris et les punitions n’aident pas à l’arrêt du mauvais comportement car pouvant eux-même représenter un petit plus (pour certains enfants le bâton c’est mieux que rien).
Le renforcement positif permet de matérialiser le plaisir final après un effort et même de valoriser celui qui a fourni cet effort.
Une carte ou un bon point aide l’enfant à concevoir matériellement cette vue d’esprit qui est « effort=plaisir ». Certains thérapeutes proposent aussi la gommette ou de dessiner un soleil.
La carte, pour ma part, me semble encore plus « matérielle » et consiste déjà à un petit plus (quand L’enfant de 3 à 9/10 ans gagne par exemple une carte représentant son héros préféré…. Youpi!)
Il peut même ensuite les utiliser comme un moyen de paiement. Grâce à une, deux ou trois cartes rendues à un parent, il peut faire un jeu de société, visionner un épisode de son dessin animé, se coucher quinze min plus tard, lire une histoire en plus le soir etc…
« Nos efforts sont payants »: Ne le disons-nous pas? Et bien, dans le cas de l’enfant bénéficiant de ce système, ce sont ses efforts et non le bon plaisir de ses parents qui lui offrent « des petits plus » dans sa vie d’enfant .
Il apprend ainsi qu’il a plus d’intérêt à avoir un bon comportement et qu’il est capable de fournir des efforts pour celui-ci.
Souvent, les enfants et les adolescents (je parle alors de crédits avec eux) accrochent vite à cette méthode. Et même s’ils peuvent devenir avides de récompenses, cela ne les rend pas « cupides »! Ils ont envie de bien faire et sont fièrs d’y arriver. N’est ce pas mieux un enfant qui ne frappe pas sa soeur sans arrêt car respecter sa soeur est un bon comportement ? Qui aide à mettre la table, à ranger ses affaires ? Etc…
Du reste, l’enfant qui gagne des bons points, intègre dans un second temps le bénéfice de faire cet effort. Le bon comportement devient une habitude. L’enfant n’a plus besoin d’être motivé. Il a intégré le bon comportement. L’effort devient naturel.
Certains parents ne se retrouveront pas dans ce mode éducatif. Surtout quand leur enfant ne pose pas de problème… Mais pour ceux qui ont des enfants ou des ados qui supportent difficilement la frustration, les efforts, les contraintes: le renforcement positif est la formule magique provisoire, à condition
– elle soit bien comprise : ce n’est pas une carotte.
– elle ne soit pas d’un flou spectral : un petit garçon a gagné cinq bon-points, il est fier car il a gagné la possibilité de faire cinq parties de cache-cache avec ses parents. Mais voilà, il faut trouver le temps et cela fait déjà quatre jours…Pourquoi en gagner plus????.
– elle ne demande pas une patience de moine zen : La gratification doit être rapide : un bon point par bon comportement par ex. L’enfant peut en gagner cinq ou plus dans la journée. Mais seuls deux suffisent pour avoir un « petit plus ». Et non pas les « 50 POINTS BLEUS qui permettent l’obtention d’un stylo- plume » comme parfois les maîtresses bien intentionnées proposent à leurs élèves de primaire… seuls les « bons élèves » les obtiennent en fin ou milieu d’année. Démotivant n’est ce pas? A quoi bon fournir des efforts !
(Illustration: Azur et Asmar. scénario-réal M Ocelot)