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Les problèmes relationnels chez les enfants ayant un syndrome d’Asperger


Avant tout merci à une maman qui se reconnaître je pense. C’est grâce à elle que je me relance dans la vidéo. Ce n’est pas un exercice facile, et pour moi c’est même presque douloureux « mais je me soigne  » donc en en refaisant.

Je parle d’un sujet qui est primoridal et au centre du fonctionnement Asperger et qui amène beaucoup de problèmes et de conséquences néfastes. Je pourrai en écrire un livre ! Et c’est peut être ce que je vais faire. Mais bon, je reviens au sujet. On pense que les enfants ayant un syndrome d’Asperger ou Autisme de haut niveau (intellectuel) s’isolent mais ce n’est pas toujours le cas. Du reste s’ils le font c’est qu’ils en ont besoin (au niveau sensoriel) mais aussi pour ne pas avoir à interagir avec l’autre car ils ne savent pas comment faire et ça leur coûte.

Dans ma petite vidéo je parle des autres mode de communications possibles chez un enfant asperger:
ou il imite
ou il est dominé
ou il domine.
Tout ça permet de ne pas se poser de questions. Il reste que cela entraîne bien des problèmes.

L’adulte qui a « toujours fait comme les autres » ne sait pas au fond qui il est, l’enfant qui tyrannise (ou qui est tyrannisé) peut se faire éjecter/devenir à son tour esclave (tyran)/ intégrer que les relations sont toujours Dominant-Dominé.D’autant que la notion « ami » n’est pas clair pour un enfant au fonctionnement Asperger. En effet, si l’enfant le tyrannise/le harcèle/le maltraite Mais dit qu’il est son ami alors l’enfant Asperger « souffre douleur » pensera quand même « oui il est mon ami »… Le problème qui se rajoute est l’attentisme des institutions, qui du coup sont maltraitantes.

Lettre aux parents, pourquoi j’ai écris ce livre sur les écrans

Voici la lettre insérée au tout début, j’explique mes intentions et pourquoi ce livre. Le fait est que je ne suis pas d’accord avec plusieurs experts médiatiques, notamment que la règle des 3/6/9/12 ans est racoleuse médiatiquement mais laxiste…

Être « pour » ou « contre » les nouvelles technologies n’est pas mon propos. Comment le pourrais-je ?! Les innovations techniques nous rendent des services au quotidien comme à l’école :

  • Ainsi, les logiciels ou applications sur tablette prêtent une voix à l’enfant mutique.
  • Le jeune et moins jeune en difficulté d’écriture pour tout un tas de raisons (dyspraxie, dysorthographie, autisme, trouble visuo-attentionnel), peut bénéficier de l’apport des nouvelles technologies. Il peut ainsi photographier avec son téléphone portable un cours écrit par un camarade, ou le scanné avec une souris-scanner ou un scanner de poche. L’enseignant peut enregistrer son cours sur la mémoire d’une clé USB, lui envoyer par mail. Il peut, s’il apprend, taper le cours sur un ordinateur. S’il a une dysorthographie, utiliser un logiciel correcteur d’orthographe. Si l’ordinateur n’est pas possible, il peut même dicter ses réponses avec un logiciel, type Dragon, etc.
  • De fait, la première fois que Rémy, 13 ans, a saisi une rédaction sur son ordinateur, il s’est senti profondément « soulagé » et s’est écrié : « Enfin je peux dire tout ce que je veux ! »

Je ne suis donc pas « contre » les nouvelles technologies. Ma préoccupation en tant que parent et psychiatre, consiste à établir « un modus vivendi » avec des règles claires pour guider au mieux nos enfants. Toutefois, pour se faire sa propre opinion, on se doit de s’informer et de connaître les bénéfices comme les dangers des écrans. C’est ce que je me propose de faire…

Et pourquoi moi ? Après tout, d’éminents experts, universitaires, chercheurs ou encore directeurs d’organismes numériques écrivent des livres sur le sujet et moi, je ne suis qu’une psychiatre exerçant en cabinet et plutôt spécialisée dans l’autisme.

Tout simplement parce que je ne suis pas convaincue par la majorité des livres édités en France. Mis à part un tout petit nombre de titres (voir bibliographie en fin d’ouvrage) qui ne sont pas, par surcroît, les plus médiatisés, une partie des experts tiennent un discours bien trop nuancé, parfois jargonnant, et surtout permissif sur les écrans, alors que leurs ravages se font déjà sentir ! Je souhaite apporter une information simple à des parents qui, comme moi, se soucient de l’omniprésence des écrans dans le quotidien des jeunes.

Soyons clairs, nous assistons à une révolution technologique d’une ampleur sans précédent. En comparaison, la révolution de l’imprimerie de Gutenberg fait pâle figure, alors qu’à l’époque elle avait produit un cataclysme. En cinquante ans, les premières imprimeries avaient produit autant de livres que les scribes n’en avaient retranscrit en l’espace de mille ans ! Ce qui n’est rien comparé à la productivité intellectuelle d’Internet, à la production du livre à la demande, à la PAO, et à l’émergence de l’imprimante 3D ! Mais je m’égare avec ce dernier exemple… Je suis « hors sujet ».

Nous n’avons donc pas eu assez de temps pour nous habituer et nous adapter aux nouvelles technologies qui déferlent sur les petits et les grands. Or les enfants, comme les adolescents, sont en devenir. Leur cerveau, qui n’est pas « mature », est soumis à l’influence des écrans. On le sait fort bien, et pourtant on vend de plus en plus de tablettes pour les 0-6 ans avec publicités mensongères à la clé. Il est urgent de mettre en place un « modus vivendi » pour que nos jeunes n’y soient pas asservis. Je pousse le bouchon trop loin ? Regardez autour de vous, ne trouvez-vous pas que le smartphone est un objet qui se répand comme une épidémie chez les ados ?

Si vous en doutez, reportez-vous à l’étude IPSOS réalisée en 2015 (*) : Le temps de connexion moyen à Internet est de 13h30 par semaine pour les 13-19 ans. Ben oui, qu’on ne s’étonne pas qu’ils passent une journée de vie par semaine dévolue surtout à chatter, à regarder les vidéo-clips qui peuvent être salaces voire obscènes, et autres… Bien sûr, « il faut que jeunesse se passe », mais, lorsqu’on sait que le cerveau des enfants est en devenir, cela ne vous choque-t-il pas de savoir que chez les 13-19 ans : 68 % possèdent un smartphone, 29 % une tablette (ok c’est peu, mais continuez la lecture…), 73 % un ordinateur, sans oublier : 73 % une console de jeux et 41 % la télévision ? Et tout cela, dans leur chambre ?!!! Quant aux 7-12 ans, ils n’ont rien à envier à leurs aînés…

Si l’on ne prend pas conscience des dangers des écrans, si l’on n’agit pas maintenant, alors je ne m’étonnerai pas que, dans une dizaine d’années, on propose de greffer à nos jeunes la puce de leur smartphone. Et ce, pourquoi pas, au cours d’Implant Parties** qui existent déjà.

Dans cet ouvrage, je ne vous abreuverai pas d’études statistiques à rallonge, ni d’un discours hermétique. Je ne serai pas politiquement correcte car ce n’est pas ma manière d’être. Je ferai parfois référence à des patients en changeant leur prénom, il va sans dire !

En tant que mère et psychiatre, je souhaite être la plus claire possible afin que vous ayez en main des informations et des outils pour décider par vous-même de votre conduite envers votre enfant.

Linnea Hjalmarsson, Paris, le 6 septembre 2017
pourlesparentspourleursenfants.com

P.-S. : Un point important pour lire ce « bouquin » : quand je parle des écrans, si je ne précise pas lequel, comprenez « tous », à savoir : smartphone, tablette, ordinateur et télévision.

* Étude Junior Connect’ 2015 réalisée par IPSOS sur 4000 jeunes en déc. 2014 : sources Ipsos

** Des Implants Parties existent : il s’agit d’une fête où l’on peut s’implanter une puce électronique. Pour info : http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/16/les-implants-parties-vivre-puce-electronique-sous-peau-259217

 

Comment gérer les écrans et internet: pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents

Deux ans et demi, tout un tas de versions et une photo avec des figurines que j’adore ( comme mes petits patients: j’ai la maison et l’école des Sylvanian. Je sais c’est hors propos…). Et voici mon bouquin « Comment gérer les écrans et internet: pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents » ! N’attendez plus il est disponible ! Le titre est long. Je sais. Mais je n’arrivais pas à faire plus court. Je n’avais pas non plus envie de faire du sensationnel ou de plagier le titre d’un livre que j’ai beaucoup apprécié : Internet nous rend-il bête ? (N. Carr : lien) Ce qui aurai pu donner « Internet et les écrans rendent-ils bêtes nos enfants et nos adolescents? « . Pas mal, non ? Bien provocateur et donc racoleur… Pour la photo de la couverture, ça a été la même chose, je ne voulais pas utiliser un enfant, un ado, un bébé devant un écran. J’avais fait un dessin rigolo mais j’ai trouvé les ordinateurs playmobiles et ça a fait « tilt ».

Ceci dit je vous dois deux explications sur :

1. Pourquoi je l’appelle « bouquin » et non pas livre ou manuel ? Ce qui ne fait pas sérieux et peut choquer des personnes « bien pensantes » qui croient que la vérité est sérieuse (comme le comptable dans le Petit Prince de St Exupéry)

2. Pourquoi ai-je choisi Amazon ?

Commençons par répondre à la première question : pourquoi  j’appelle « bouquin » « Comment gérer les écrans et internet pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents »?

. Le fait est que je n’aime pas me prendre au sérieux et là je me suis dit « sois toi-même ». Du coup j’ai écrit en utilisant un ton léger. D’autant que ce sujet « les écrans, internet et les jeunes » est bien trop important pour qu’on en parle sérieusement.(ça vous rappelle une citation de quelqu’un?)

. « Bouquin » c’est donc pour ne pas me prendre au sérieux mais aussi pour ne pas prendre au pied de la lettre ce que je dis. J’ai fini début 2018 « Comment gérer les écrans et internet : pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents » . Il sera bientôt remis en question. Car c’est une réflexion, la mienne. Or rien n’est acquis. Je me méfie des spécialistes qui tiennent un discours  « en connaissance de cause » . Pourquoi? Car tout spécialiste (et surtout en neurosciences et psychiatrie) sait qu’il ne sait pas grand chose… Ce que j’écris est donc porté à caution, et en plus est le produit d’une époque donnée, un Présent qui sera Passé.

. « Bouquin » enfin car je ne sais comment le nommer. En effet, « Comment gérer les écrans et internet : pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents » est hybride. Manuel car Je donne des conseils en fonction du média et de l’âge (attention, j’utilise le mot « interdire » qui fait frémir plus d’un spécialiste psy ou autre. Âme sensible s’abstenir). C’est aussi un « que sais-je? » car Je fais un état des lieux sur nos connaissances actuelles mais aussi un essai sur ce que c’est d’être parent, sur l’avenir… Vue que je me « mouille » et je livre mes réflexions avec l’objectif d’engager la lectrice ou lecteur à faire de même.

. Bref appelez-le comme vous voulez!

La réponse à la seconde question « Pourquoi l’ai-je publier sur Amazon?  » est terriblement simple.

J’ai longtemps proposé des livres en consultation en demandant « à ce qu’on les achète chez un libraire » mais le plus souvent les parents utilisaient cette plateforme d’achat. Et ceux ne sont pas les euls! Or je ne voulais pas passer par un éditeur qui me ferait couper tel ou tel phrase… Et publier dessus est facile (même pour moi qui ne suis pas dégourdie !) et je peux toucher (j’espère) beaucoup de monde. Je souhaite que ce livre « manuel/que sais-je?essai et témoignages » donne le courage de changer notre monde pour un monde meilleur. Commencez par les écrans, jeux vidéo et internet me semblait important. Je me suis donc dit : « utilise Amazon , ce sera une sorte de cheval de Troie. »

Voilà. Maintenant j’attends vos commentaires sur cette susdite plateforme ! C’est l’adage de toute personne qui écrit : on veut des retours après avoir passé des centaines (ou plus je n’ai pas compté !) d’heures assis en solitaire à rédiger en se mordant les lèvres, plissant le front…

 

Le syndrome des pâtes au micro-onde et le syndrome NCIS et mon bouquin

sd ncis et patesCes deux syndromes ne sont pas inventoriés dans les livres de médecine et de psy. Par contre, ils sont symptomatiques de notre époque et mettent en garde sur la place données aux écrans dans le quotidien des enfants. Cette place est bien trop importante pour moi au delà des bénéfices des nouvelles technologies que je ne nie pas et même prône! Du coup, en tant que mère, individu et psy, j’ai passé un peu plus d’un an à me documenter et écrire, puis ré-écrire un manuel à l’usage des parents. Il sortira à la rentrée. Cela pourrait se faire même avant les vacances mais bon, je verrai. Je dois faire la couverture ! M’assurer qu’il n’y a pas trop de fautes :p… Bon, j’arrête la promo mais qui va la faire si ce n’est moi?

Alors c’est quoi ces syndromes? Je vous les illustre, vous allez comprendre:

  1. Voici un ado, âgé de douze ans, qui pense que les pâtes se font au micro-onde. Oui pas à la casserole. Il ouvre de grands yeux quand je lui explique comment on fait et demande tout de go à maman si « ils pourront essayer ce soir ». En tout cas, s’il ne sait pas encore utiliserla plaque de la cuisine mais par contre il est très fort sur son jeu de clash of clan. C’est ça « le syndrome des pâtes au micro-onde ».
  2. 2. Voici une gamine, âgée de neuf ans, qui refuse de dormir chez les copines le vendredi (c’était il y a quelques années je ne sais pas quand ça passe maintenant…). Et pourquoi? Car son feuilleton préféré passe à la TV. Le feuilleton en question c’est NCIS, une série qui n’est pas du tout de son âge… Non mademoiselle, les autopsies c’est « cracra ». Mais elle, elle peut quand-même voir NCIS car son grand frère de quinze ans la garde les vendredis. Certains vont me dirent « Ohlala, il faut vivre avec son temps! En plus, ça développe  la relation frère-soeur! » Mouais, je ne suis pas convaincue. Pour moi c’est le syndrome NCIS et j’en ai la preuve. Si si. Quand ma gamine (la mienne) âgée aussi de dix ans est revenue de sa super classe verte en râlant. Eh pourquoi râlait-elle? Au cours d’un quizz musical , mademoiselle a séché sur les musiques car c’étaient des génériques pour la plupart… Voilà ce que j’ai entendu ce jour là: «  A cause de toi (je sens que je vais être un sujet de discussion chez son futur psy 🙂 ) je n’en connaissais aucunes (des chansons) et notamment il y avait celle de… (Je vous le donne en mille) .. de NCIS.  » Bingo: C’est ça le « syndrome NCIS. »

 

Halte aux mots « peau de banane »

Non à la critique négative

Bien que l’on parle de plus en plus de la communication positive/pédagogie positive/éducation positive, en France la critique reste une activité prisée chez les adultes entre eux et envers les jeunes, surtout où je vis à Paris.

En ce qui concerne les parents et les enseignants qui la pratiquent encore en 2015, la raison est d’après eux : mettre la pression au jeune, le « booster » . Certains adultes affirmeront même  « qui aime, bien châtie bien ». Je leur répondrai une chose : commençons par nous respecter. Car est-ce du respect quand on assène sans rougir:

« Tu poses des questions idiotes » « Tu es vraiment débile » « Tu es nul » « Même un enfant de trois ans saurait le faire »

« Tu peux pas faire attention?! » « T’es pas dégourdi! »

« Tu ne veux jamais m’aider à ranger » « Tu ne penses qu’à toi » « tu es égoïste » « Tu ne fous rien »

« Ma parole, t’as un poil dans la main! »

« Qu’est ce que j’ai fait pour méritez ça? » (celle-là c’est le titre d’un film d’Almodovar)

« Vous n’aurez jamais votre Bac » (très souvent entendues en filière scientifique) « Vous êtes une classe de branquignoles » (bon là, pas sûre que les gamins comprennent et le prennent négativement :p)

« Tu n’as aucune culture » (et les jeux vidéos? c’en est pas de la culture, révisez votre définition » « tu ne t’intéresses à rien » (et la programmation c’est rien? La sécurité des sites web aussi?)

Bon Stop, je m’arrête là mais je pourrai continuer une journée entière sans panne d’inspiration ! En bref, la critique non constructive est très appréciée en France, Or doit-on la maintenir sous prétexte « d’exception française »? à quoi sert-elle ? Sûrement pas à trouver des solutions. Car ce qu’on dit à l’autre c’est :  « tu ne vaux pas grands chose, donc tu ne peux pas faire grand chose ». Pour le décourager y a pas mieux. (la motivation un article ici)

En plus d’être injuste (et de provoquer donc), elle entame la confiance en soi de celle ou celui qui les reçoit. D’autant que la parole de l’adulte est  « d’or » . Les paroles, les phrases maladroites sont ainsi de véritables peaux de bananes qui font chuter jusqu’à casser notre « confiance en soi ». Et les jeunes de reprendre à leur compte la critique. Ils s’auto-flagellent et flagellent leurs pairs, les plus petits plus vulnérables… Mauvaise façon de s’affirmer à savoir « dominant/dominé ».

Et quand on croit ne pas valoir grand chose que se passe-t-il? Tristesse, anxiété, voire dépression, opposition avec ou sans provocation, crises de colères etc…

J’ai ainsi rencontré, il y a peu, un garçon de huit ans qui voulait passer sous un train. Il le disait très sérieusement. Cela semblait pour lui la seule solution à son problème. Et quel était son problème? Il était nul à l’école et son enseignant le lui répétait souvent. Au cas où il oublierait.

Les  « peaux de bananes » font mal ! Combien d’enfants en France se sentent à l’aise à l’école ? Combien n’ont pas peur de poser une question « car ils n’ont pas compris »? Combien interviennent en classe quand ils sont sûrs de la réponse ? Combien ont mal au ventre le dimanche soir ?

Pour apprendre, il faut créer un climat favorable de motivation mais aussi de sécurité. Car apprendre demande de se dépasser, d’aller plus loin, d’aller en terrain inconnu. Il est indispensable de se sentir aussi protégé et le « respect » y contribue fortement.

J’irai même plus loin. Combien oserons jeunes adultes se lancer dans une carrière « à risque »? Comme par exemple « entreprendre »? Combien choisiront leur métiers, leurs activité professionnelle par « amour »? Combien sauront « aimé » ce qu’il font? Combien seront heureux?

Les peaux de bananes sont un véritable fléau pour le bien être de chacun mais aussi d’une société et de l’avenir de celle-ci. La peau de banane fait mal non seulement à celui qui la reçoit mais aussi à celui qui la balance. Car dire du mal nous barbouille aussi l’âme en nous confinant aussi dans un quotidien morose « tout le monde est nul » (cf article Stop aux croix intempestives).

Il faut donc apprendre à communiquer : l’écoute, le respect de l’autre et de soi sont au premier plan. Accepter l’autre tel qu’il est avec ses défauts et ses talents, comme nous-même. L’affirmation de soi respectueuse devrait s’apprendre à l’école mais pour cela, il faut aussi l’enseigner aux adultes et notamment aux (futurs) enseignants.

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage : cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici

Comment motiver en classe ? : cliquer ici

Coder dès la primaire ?

J’ai été fort intéressée par les propos de l’informaticien, Leslie Lamport super-programmeur. Pourtant, il prône l’écriture comme pré-requis avant de programmer. L’écriture sur papier (mathématique j’entends) lui permet de mettre en ordre ses pensées et de les simplifier au maximum. Il compare cette activité comme une activité d’effort comme la course mais elle aussi indispensable à la pensée. D’après lui, si « les programmes d’informatiques ne fonctionnent pas aussi bien qu’ils le devraient. C’est principalement par ce que les programmeurs ne mettent pas toujours leur pensée par écrit avant de coder ». (référence:cliquer ici)

Ce qui pose question de la pertinence du projet d’apprendre à coder dès la primaire pour un soucis de « performance » car « la France n’a pas assez de gens formés ». Mais l’urgence se place-telle à ce niveau? Les enfants ne doivent ils pas acquérir les bases de ce qu’est un problème?

Ne doivent-il pas apprendre à déchiffrer l’énoncé, savoir quels sont les informations pertinentes et trouver la séquence pour trouver la solution? En fin de cm2 quel est le pourcentage d’enfant ayant acquis celles-ci?

Ne commence-t-on pas trop tôt l’abstraction? Dès le CP les enfants ne manipulent plus ou rarement en mathématique!

Combien d’enfant à partir du primaire (ou avant parfois) aime apprendre? Combien osent essayer et donc se tromper? Combien osent faire preuve d’originalité ? N’est-ce pas le goût d’apprendre, la créativité, l’enthousiasme, l’acceptation de prendre des risques, la confiance en soi qui sont des gages de « performance »? Ne sont-ce pas des valeurs indispensables pour entreprendre? (référence ici)

Ma conclusion à cette nouvelle « trop mortelle » en langage ado ou « populaire » en langage « pas de langue de bois du doc »: En France, nous mettons la charrue avant les boeufs.

et si ça vous intéresse:

Le bénéfice du renforcement positif

Les Tablettes au collège

 

Tablettes au collège: Fantasme ou coup de pub pour l’education nationale?

Affligeant! En 2014 le gouvernement promeut les tablettes au lieu de réfléchir à de vrais changements dans l’instruction des enfants, ados et surtout « futur citoyens du monde ». Non les nouvelles technologies ne résoudront pas les problèmes des enseignants à enseigner et des jeunes à apprendre! C’est un fantasme ou pire un coup de pub, de la poudre aux yeux pour les parents.

A l’heure actuelle, aucune étude démontre le bénéfice des écrans à l’école. D’après Ron Canuel « selon les chercheurs crédibles, isoler l’incidence de la technologie sur le facteur humain d’une classe constitue un défi de taille » (article ici). En gros : l’apprentissage en classe dépend de l’enthousiasme et des qualités humaines de l’enseignant et aussi du niveau socio-culturel des élèves comme de l’implication de leurs parents. En France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance scolaire est marquée (rapport PISA)

Je rajouterai que l’apprentissage dépend aussi :

1 Des objectifs raisonnables définis (on va leur apprendre à coder en primaire?! cliquer ici),

2 Du nombre d’enfants en classe,

3 Du temps passé à apprendre (moins de journée scolaire à rallonge et moins de vacance seraient profitables)

4 De la formation et de l’accompagnement des enseignants.

Ce n’est donc pas l’écran qui, par magie, va régler les problèmes! Quelques questions me viennent en vrac : Ces problèmes, grâce aux tablettes, vont-il empirer? On va les utiliser dans des classes de combien d’élèves? Qu’en pensent les enseignants? etc…

Un fait à méditer: aux Etats-Unis, les travailleurs de l’industrie internet-tablettes et tutti quanti, parqués à Silicon Valley, inscrivent leurs rejetons dans des écoles privées « sans écran ». Tenez un article du Monde de 2012 (un bail non?) : cliquer ici . Pourquoi à votre avis?

Je ne suis aucunement contre les apports des nouvelles technologies. J’écris à l’heure actuel un livre sur ce sujet car les parents doivent absolument se faire leur propre opinion. J’admire le travail d’une amie maîtresse en petite section de maternelle qui utilise une tablette dans sa classe. Mais cet écran s’inscrit dans sa démarche créative d’instruire et elle ne se limite aucunement à cet outil: les livres, les graines, les assiettes, les cailloux, les ficelles et plus encore font partie du quotidien de ses élèves !

Je répète: l’apprentissage en classe dépend de l’enthousiasme et des qualités humaines de l’enseignant en tenant compte de sa formation, de son accompagnement, du temps imparti, des objectifs, du nombre d’enfants en classe.  Mais aussi du niveau socio-culturel des élèves comme de l’implication de leurs parents. Silicon Valley en témoigne…

J’en profite, si vous souhaitez être averti de la sortie de mon e-book merci de laisser vos coordonnées:cliquer ici

Voici l’Interview canal + qui nous apprend la nouvelle : cliquer ici

EDUCATION: LA PUNITION, QUAND ET COMMENT ?


Les punitions, comme les règles que nous posons, sont censées être déterminées par l’âgede l’enfant, son degré d’autonomie et de responsabilité. Elles se doivent d’être justeset d’être clairementdéfinies. Or, ce n’est pas toujours le cas. En effet, il faut avoir conscience qu’elles sont aussi influencées par notre histoirepersonnelle (notre vécu concernant l’autorité exercée par nos parents), nos valeursainsi que nos peurset le degré de tolérance/fatigue/découragement/  « coups durs » que nous vivons.
Voyons quelques cas analysés succintement de sanctions/réactions « non efficientes » :
Un parent s’amuse avec ses deux enfants, respectivement âgés de trois et quatre ans , lesquels sautent sur le canapé pendant une demi heure. Soudain, le parent s’énerve et leur crie « d’arrêter ! » mais les enfants rient et poursuivent leurs jeux. Le parent, agacé et fatigué, se précipite sur eux et les tire avec une certaine brusquerie puis les prive du bisou et de l’histoire du soir.Les deux petites filles éclatent en sanglots.

Dans ce cas, Les règles sont floues (qu’ont ils droit de faire? Dix minutes de canapé? Pas de canapé?…). Elles varient en fonction de la tolérance du parent (ou de « son bon vouloir ») lequel s’est fatigué au bout d’une demi heure mais qu’en est il un autre jour? Sa tolérance sera plus ou moins endurante. Comment les enfants peuvent le savoir? Le parent ne prend pas en considération l’excitation générée par le jeu, et le fait qu’il faut une durée psychiologique pour que l’excitation retombe. On ne peut pas juste s’arrêter de rire ou de s’enervé par « un claquement de doigt ». La définition d’un comportement « acceptabl » (« bon ») et d’un « mauvais/inacceptable comportement » est ici ardue pour l’enfant de trois quatre ans! En effet, le parent s’amuse du (bon?) comportement de sauter sur le canapé. Et soudain le bon comportement devient mauvais sans que les enfants n’aient le temps de comprendre, sans avoir eu d’information en ce sens (au contraire le parent s’amusait!). Ils se retrouvent tirés physiquement et privés d’un moment important de la fin de journée (le rituel du soir)… Aucun message n’est clairement donné. Le parent perd patience brusquement car lui-même a dépassé son seuil de tolérance. Sa demande est alors faite dans l’impulsion. Il ne prend pas le temps de parler clairement à l’enfant. Ce qui ne permet pas d’obéir ni d’apprendre le bon comportement à avoir. Ce comportement erratique alimente le sentiment de l’enfant d’un climat d’insécurité. Dans ce cas précis il faudrait établir ce que les enfants ont droit de faire: s’ils ont droit de sauter dix minutes et bien informons- les et mettons un timersur dix minutes. Si cela vous paraît coercitif alors vous confondez limites et autoritarisme. Cela étant, sauter sur le canapé c’est rigolo mais pour le parent assis et le susdit canapé peut-être pas… Alors quelle est la limite à mettre en place, « la règle »? Doit on vraiment laisser le canapé comme terrain de jeux?
Dans le même registre la fessée que je nommerai « sanction réactive » est un acte impulsif qui traduit un « trop plein » du parent. Sa tolérance est dépassée et il réagit sous le coup de la colère en sanctionnant physiquement, plus ou moins brutalement. Le parent montre à l’enfant qu’il résout un problème par la colère, le passage à l’acte sous le coup de la colère. Or l’enfant apprend en premier de ses parents. Si vous le frappez (même légèrement), pourquoi ne peut il pas le faire en cours de récré? Et pourquoi lui dites vous le contraire?
A-t-on le droit de frapper un individu qui nous agace? A-t-on le droit car c’est un ou/et notre enfant? C’est un acte humiliant et l’humiliation n’est pas éducative. Nous demandons à notre enfant de nous respecter et de respecter les autres, nous devons donc être un exemple pour eux et nous devons les respecter tout en les éduquant.
Des parents inquiétés par leur histoire personnelle ou encore l’enseignant (à Paris cela arrive parfois dès la maternelle…) se plaignent que leur enfant Robin ne soit pas motivé pour faire ses devoirs de CE1. Il rechigne « car il pense trop à jouer ».
Pour le motiver, Ils décident de lui supprimer le court dessin animé qu’il aime regarder au retour de l’école. Un des parents s’exclame que Robin n’est pas courageux.

Dans ce cas présent, la sanction est injuste car elle n’est pas raisonnable. Nous ne pouvons pas tenir rigueur à un enfant de vouloir s’amuser! Bien sûr, il doit faire ses devoirs (ça se discute après autant d’heures passées en classe…). Du moins « il le faut », comment l’aider à se motiver? Par la sanction? Et par le dénigrement de ce qu’il serait (couard) ? Ceux sont deux outils fort prisés en milieu familial et scolaire mais qui ont leur limites…Ainsi que des conséquences pernicieuses telles que la démotivation et le manque de confiance en soi ! Mieux vaut motiver par l’économie des jetons ou les bons points! Et puis aussi réfléchir: n’a-t-il pas trop de devoirs? N’a-t-il pas des problèmes à se concentrer, à écrire, à calculer…? Les enfants sont très volontaires mais ils se démotivent…
Une petite fille (moi) bavarde ou dessine sur son cahier de leçon. La maîtresse la sanctionne en lui demandant de copier cent fois « En classe, je ne dois pas bavarder ni dessiner ». A d’autres moment, mais en guise d’apprentissage et non de sanction (mais c’était vécu comme une sanction vue qu’on me donnait des lignes à faire en punition!) : je devais écrire et réécrire des mots que j’avais mal orthographiés un grand nombre de fois… Damned…

Dans ce cas précis, j’ai arrêté transitoirement les « mauvais » comportements mais du coup, je n’écoutai plus le cours (les gribouillages m’aidaient en fait)! Concernant les fautes d’orthographes, elles ne m’ont malheureusement jamais abandonnées !!!! Mon problème de concentration n’allait pas se régler par des lignes et des lignes copiées ! Il vaut mieux se demander comment aider en classe l’enfant ADHD? (suite au prochain numéro). Enfin, copier des lignes n’est pas efficace mais rébarbatif, c’est le but recherché (et pas d’inciter). Mais on oublie que certains enfants (dyslexie, dyspraxie, ADHD…) n’aiment pas écrire car ils éprouvent de la difficulté. Les lignes contribuent alors à le dégoûter. D’après moi (mais certains dirons que je suis juge et partie !), les lignes de copie méritent donc d’être oubliées pour toujours! En classe comme à la maison.
Roseanna reçoit deux heures de « colle » pour avoir répondu sèchement à son professeur. Pour montrer leur solidarité avec le collège, les parents la punissent : elle n’ira pas au ciné comme prévu le week end suivant.

La double sanction est INJUSTE. Roseanna ne peut pas se sentir respectée par ses parents. Elle a été punie par l’école pourquoi devrait-elle l’être doublement? Ce qui peut la pousser à poursuivre par provocation…ou à se replier sur elle-même ou à fuir la maison (en passant du temps dehors..).
Si un enfant ou un adolescent est puni à l’école, je vous suggère de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé plutôt qu’à le punir une seconde fois. Du reste, vous apprendrez peut être des choses fort instructives sur son fonctionnement (« je ne peux pas m’en empêcher » « c’est plus fort que moi » etc …) ou sur celui de l’enseignant ou de l’établissement où il passe huit heures par jour. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il y a systématiquement un problème psychologique à une insolence!
Alors quand punir et comment ?
Il est indispensable de penser à punir avec parcimonie ! Il vaut mieux inciter, valoriser et motiver le bon comportement. La punition doit responsabiliser et donner à réparer.
En général, il est plus juste d’informer de la punition qu’encourt l’enfant ou l’adolescent avant de punir. Une punition doit être raisonnable et pour cela être limitée dans le temps (un jour, une semaine, deux…), réalisable (pourrez-vous « tenir » si vous privez de week-end festif alors que les billets sont reservés ?) et « proportionnelle » à la faute.
Voici quelques situations fréquentes où il y a « conflit » et sanction :
La console de jeu :
Maxime, onze ans, joue trente minutes tous les samedis et dimanches à la console. Il refuse ou tarde à arrêter son jeu vidéo. Parfois il se bat avec son frère.

Dans ce cas, Il vaut mieux en amont cadrer la règle des trente minutes par la mise en place d’un chronomètre ou timer. Lorsque celui-ci sonne, le jeune sait qu’il doit arrêter de jouer sans se disputer. Cette opération doit se faire rapidement. Si elle dure ou/et il se dispute, il sait que le prochain jour de console, il n’aura pas le droit d’y jouer car il doit apprendre à être responsable du temps qui lui est imparti: pour cela il doit pouvoir gérer son temps avec le timer(et non les parents). La fois d’après, il réessaiera. Si cette fois, il éteint et ne se dispute pas alors les séances reprendront comme d’habitude.
La sortie avec retour tardif :
Systématiquement Marianne rentre avec une heure ou deux de retard.
Elle appelle ou envoie un texto selon …

Un retard ça se comprend mais quand il est systématique (toujours avec des bonnes raisons), on conclut à une grande capacité d’imagination mais aussi à un besoin d’apprendre à gérer son temps. La règle appliquée à la console peut être utilisée dans ce cas avec l’idée, encore une fois, de la responsabiliser.
La dégradation:
Garance, quatorze ans, claque la porte de sa chambre à chaque fois qu’ il est frustré, déçu ou encore contrarié. « Il est vénere ». Le problème est
que la dernière fois il a cassé la porte…
Une dégradation dans un lieu public est grave. On ne peut pas excuser et banaliser en mettant sur le compte d’un problème transitoire. D’une part, Il est indiqué de consulter un spécialiste afin de comprendre l’impulsivité et l’intolérance à la frustration excessives que Guarance présente (problème strictement éducatif ou associé à ADHD, autres?…). Cet avis permettra de trouver les meilleurs outils pour l’aider à développer une gestion adéquate de la frustration. D’autre part, Guarance doit réparer même s’il n’a pas fait exprès. Dans ce cas, les travaux que je nomme « d’intérêts familiaux » sont pertinents. Ils vont permettre de dédommager financièrement la réparation de la porte dont il faut estimer le coût financier (et cela même s’il la bricole: la partie dégradée aura un coût moindre). Puis il faut évaluer « le coût » d’un travail d’intérêt familial et donc du nombre que Garance va effectuer pour se dédouaner.
Le vol:
Alaïs est fou d’un jeu en ligne. Il y joue beaucoup et gagne pas mal de vies et d’objets en tout genre. Ce qui le rend fier. Malheureusement, ses parents refusent qu’il s’achète des objets (virtuels) avec son argent (véritable « en vrai »). Mais voilà, il a craqué, et à deux reprises, il a utilisé la carte bancaire de son père…
Comme pour Garance, Alaïs doit dédommager par des travaux d’intérêts familiaux. Il est important que cela se fasse par une ou plusieures tâches et non par « un virement  bancaire» comme je l’ai déjà vu ou juste une privation d’argent de poche… Les tâches permettent au jeune d’appréhender un peu plus les conséquences de son geste.
Quand on décide d’une punition il est nécessaire d’expliquer notre motivation pour responsabiliser et donner à réparer.

PUNITION: CENTRALE DANS L’EDUCATION ? DOIT ON PUNIR ?


La punition est une pratique courante qui marche plus ou moins voire à la longue « pas du tout ».
Il est habituel de punir l’enfant :
– en lui retirant quelque chose qu’il aime (un jouet) ou une activité qu’il apprécie (jeux vidéo, téléphone portable, MP3) ou encore une sortie ou une rencontre amicale.
– par des cris et des interactions verbales négatives et discréditantes ou comportementales comme la fessée impulsive. Ce type de comportement est dû à « un trop plein » du parent « à bout ».
– en le contraignant à aller au coin, au piquet, dans sa chambre…
– en le contraignant à faire des lignes « je ne ferai plus..; » etc…
Moins fréquemment, certains parents gardent la méthode « qui a fait ses preuves »: la ceinture, la fessée ou gifle « non impulsives ».
Dans de rares cas, d’autres emploieront des châtiments qui relèvent de conduites perverses purement psychologiques (et/ou corporelles) et dont je ne parlerai pas ici mais qui met en danger l’intégrité non seulement physique mais aussi (et plus souvent et de façon exclusive) psychoaffective de l’enfant. Ce qui pose un vrai problème pour les intervenants éducateurs, médecins, psychiatres (…) pour protéger l’enfant si ces intervenants suspectent ces maltraitances. Car la perversion envers l’enfant n’est pas envisageable moralement et de ce fait est rarement identifiée par la justice qui préserve coûte que coûte le parent (même pervers et surtout pervers psychologique) au détriment de l’enfant. Un enfant entre quatre murs avec un (ou deux) parent pervers, que peut il faire? Mais c’est une autre histoire…
A quoi sert la punition ?
Dans notre société, en tant qu’adulte nous devons connaître la loi et c’est parce que nous la connaissons que nous sommes punis si nous avons commis une infraction après avoir été pris sur le fait ou après être jugé.
En tant qu’adulte, on peut donc se tromper sans être sanctionné. On va réparer en s’excusant, en faisant un acte de conciliation, en changeant de comportement mais nous ne seront pas sanctionnés.
Si nous avons commis une infraction à la loi, le jugement se devra d’être le plus juste. La sanction dépendra de la gravité de l’acte commis et aura valeur d’amendement auprès de la société ou pas (une amende sera demandée en plus par ex.).
Ainsi, nous avons une amende, des points en moins sur notre permis de voiture, des travaux d’intérêt public à réaliser, un emprisonnement pour protéger la société et sanctionner etc…
La punition est donc un acte qui sanctionne un comportement jugé grave et demande aussi réparation (s’amender). En tant que parent, il est donc indispensable de se demander si nous sanctionnons pour un comportement grave, « inacceptable » pour lequel l’enfant ou l’adolescent sait qu’il est répréhensible et connait la sanction? Et si oui sommes-nous justes ?
La punition ne peut donc être au centre de l’éducation de l’enfant, lequel apprend à vivre selon des règles qui  changent  en fonction de son âge… L’enfant apprend et donc mérite d’être incité, motivé et récompensé pour son apprentissage et l’effort fourni (utilisation des bons points ou « économie des jetons« ). Il doit aussi être guidé (les routines sont une bonnes alternatives). Quand doit-on punir? Quand une règle grave est enfreinte mais toujours punir avec parcimonie et avec justesse. Quand et comment? j’en parle au « numéro » suivant…

MESURES COMPORTEMENTALES EDUCATIVES : LES ROUTINES pour les enfants « rêveurs »

 
 
Au cours d’une journée (au lever, au coucher…), nombreux sont les parents (d’enfants ADHD) qui se plaignent de répéter des dizaines de fois une consigne et de se dire, de guerre lasse, que l’enfant « le fait exprès! ».  A l’école, certains enseignants sont confrontés aux mêmes problèmes : « A chaque nouvelle activité, je dois lui redire, de prendre le cahier, de l’ouvrir etc… Il se moque de moi ! « .
Cette situation déroutante entraîne des interactions négatives par les reproches inévitables que l’adulte fait à l’enfant. Or, même s’il ne le montre pas ou ne l’exprime pas (il peut même rester souriant), celui-ci les entend et se rend compte qu’il a un problème. Ce qui nourrît une mauvaise image de lui. Alors que doit-on faire ? Poursuivre les reproches ? Punir même si cela ne sert à rien à la longue ? Accepter la différence et arriver systématiquement avec trente minutes de retard à l’école? En classe : laisser l’enfant vaquer à ses rêves en continu?
Pour combattre ces difficultés, il est indispensable de créer des routines. Les routines ne sont pas des conditionnements « bêtes et méchants » « aliénants » comme certains le croient. Les routines vont devenir des habitudes sur lesquelles l’enfant va pouvoir bâtir et progresser, autant dans son quotidien que dans sa pensée : exit les crises, la procrastination et d’autres maux qui se greffent au trouble attentionnel avec ou sans hyperactivité, lequel n’est pas une maladie mais est pourvoyeur de bien des soucis !
 
Comment créer ces routines? 
Il faut réfléchir aux moments de la journée qui posent un problème organisationnel.  Puis il va falloir avec l’enfant (ou sans, selon son âge) déterminer chronologiquement toutes les étapes qui vont constituer cette routine. Chaque étape est représentée par un pictogramme auquel on associe un horaire. Pour ma part, je dessine chaque étape avec l’enfant (ou je les lui fais dessiner). Vous pouvez bien sûr trouver des pictogrammes ou faire des photos.
Puis il faut chercher l’ endroit « stratégique » de la maison où sera exposée la routine : chambre, salle de bain, cuisine… Certains parents s’inquiètent de voir leur maison devenir le lieu de telles expositions ! Quand la routine est acquise et devient une habitude, il n’y a qu’à enlever ces oeuvres éphémères ! Et si ce n’est pas possible, ne vaut-il mieux pas quelques feuilles/picto/photos qui colorent les murs plutôt que des sempiternelles répétitions négatives ?
L’enfant ADHD a (plus ou moins) un  souci de planification et d’organisation temporo-spatiale (les jours et les mois peuvent être acquis plus tardivement d’où: picto!).  Ils ont aussi parfois du mal avec les transitions : changement de lieux (certains parents disent: « on va sortir, on va rentrer et hop,  Une colère! »)
Les routines permettent ainsi de commencer à conceptualiser ce que c’est de planifier. La routine permet à l’enfant de mieux maîtriser son temps et l’aide aussi dans sa confiance en lui. Parfois certains enfants sont récalcitrants et résistent pour des raisons diverses mais souvent car ils sont tristes, pensent ne pas pouvoir, ne comprennent pas les conséquences… Il faut alors associer à la routine le système d’économie des jetons/bons-points.
À la maison, les moments de la journée qui posent souvent des problèmes sont:
  • Le matin entre le lever et le départ à l’école.
  • Le retour de l’école entre les devoirs et le dîner.
  • Le coucher entre le dîner et le coucher.
Bien sûr, en plus des routines, il faut s’assurer que les difficultés ne relèvent pas d’autres soucis (ou n’interagissent pas), comme :
  • Un trouble du sommeil: un enfant ADHD sur deux a des problèmes à s’endormir, et peut s’endormir très tard sans que le parent le sache. Le sommeil est agité, des réveils nocturnes sont fréquents. Le somnambulisme, le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil sont plus souvent associés.
  • Un parent qui travaille beaucoup et que l’enfant peut voir le soir tard : ce dernier retardera l’heure du coucher…
  • L’existence d’idées automatiques négatives qui surgissent au moment des devoirs ou des contraintes : « j’y arriverai pas » « ça prend toute ma journée » « je ne fais que ça » « ça m’empêche de jouer ». Un exemple: Carmela joue avec ses copines au jardin toutes les après-midi après l’école alors que sa soeur Viviane fait ses devoirs avec ses amies au parc. Quand Carmela rentre et doit se mettre au travail elle peste de voir Viviane jouer avec ses poupées…. « Elle s’amuse elle ! »
Les « oublis » gagnent à être intégrés dans des courtes routines :
La carte du patronage, les affaires de classe, de sport, les clés… seront toujours rangées au même endroit dès que l’on rentre /dès que l’on a fini …
Et à l’école ? Si l’enseignant rencontre les mêmes problèmes : il faut faire… Des routines ! Elles pourront être écrites sur le mur ou dans un coin du tableau et bénéficieront ainsi à d’autres élèves. Pour des soucis concernant plus précisément l’enfant, l’enchaînement chronologique sera noté/dessiné sur des étiquettes plastifiées collées (ou non) sur sa table. Des pictogrammes peuvent aussi être utilisés comme: Ecouter, Se taire, Commencer à lire.
Et si votre enfant n’est pas ADHD ? Pourquoi pas une/des routines s’il en a besoin?!
Enfin, tout comme le système des bons points, il faut s’inscrire dans la durée et persévérer.


(Illustration: Victoire 2011)