Archives pour la catégorie EDUCATION; gestion d’un problème

Halte aux mots « peau de banane »

Non à la critique négative

Bien que l’on parle de plus en plus de la communication positive/pédagogie positive/éducation positive, en France la critique reste une activité prisée chez les adultes entre eux et envers les jeunes, surtout où je vis à Paris.

En ce qui concerne les parents et les enseignants qui la pratiquent encore en 2015, la raison est d’après eux : mettre la pression au jeune, le « booster » . Certains adultes affirmeront même  « qui aime, bien châtie bien ». Je leur répondrai une chose : commençons par nous respecter. Car est-ce du respect quand on assène sans rougir:

« Tu poses des questions idiotes » « Tu es vraiment débile » « Tu es nul » « Même un enfant de trois ans saurait le faire »

« Tu peux pas faire attention?! » « T’es pas dégourdi! »

« Tu ne veux jamais m’aider à ranger » « Tu ne penses qu’à toi » « tu es égoïste » « Tu ne fous rien »

« Ma parole, t’as un poil dans la main! »

« Qu’est ce que j’ai fait pour méritez ça? » (celle-là c’est le titre d’un film d’Almodovar)

« Vous n’aurez jamais votre Bac » (très souvent entendues en filière scientifique) « Vous êtes une classe de branquignoles » (bon là, pas sûre que les gamins comprennent et le prennent négativement :p)

« Tu n’as aucune culture » (et les jeux vidéos? c’en est pas de la culture, révisez votre définition » « tu ne t’intéresses à rien » (et la programmation c’est rien? La sécurité des sites web aussi?)

Bon Stop, je m’arrête là mais je pourrai continuer une journée entière sans panne d’inspiration ! En bref, la critique non constructive est très appréciée en France, Or doit-on la maintenir sous prétexte « d’exception française »? à quoi sert-elle ? Sûrement pas à trouver des solutions. Car ce qu’on dit à l’autre c’est :  « tu ne vaux pas grands chose, donc tu ne peux pas faire grand chose ». Pour le décourager y a pas mieux. (la motivation un article ici)

En plus d’être injuste (et de provoquer donc), elle entame la confiance en soi de celle ou celui qui les reçoit. D’autant que la parole de l’adulte est  « d’or » . Les paroles, les phrases maladroites sont ainsi de véritables peaux de bananes qui font chuter jusqu’à casser notre « confiance en soi ». Et les jeunes de reprendre à leur compte la critique. Ils s’auto-flagellent et flagellent leurs pairs, les plus petits plus vulnérables… Mauvaise façon de s’affirmer à savoir « dominant/dominé ».

Et quand on croit ne pas valoir grand chose que se passe-t-il? Tristesse, anxiété, voire dépression, opposition avec ou sans provocation, crises de colères etc…

J’ai ainsi rencontré, il y a peu, un garçon de huit ans qui voulait passer sous un train. Il le disait très sérieusement. Cela semblait pour lui la seule solution à son problème. Et quel était son problème? Il était nul à l’école et son enseignant le lui répétait souvent. Au cas où il oublierait.

Les  « peaux de bananes » font mal ! Combien d’enfants en France se sentent à l’aise à l’école ? Combien n’ont pas peur de poser une question « car ils n’ont pas compris »? Combien interviennent en classe quand ils sont sûrs de la réponse ? Combien ont mal au ventre le dimanche soir ?

Pour apprendre, il faut créer un climat favorable de motivation mais aussi de sécurité. Car apprendre demande de se dépasser, d’aller plus loin, d’aller en terrain inconnu. Il est indispensable de se sentir aussi protégé et le « respect » y contribue fortement.

J’irai même plus loin. Combien oserons jeunes adultes se lancer dans une carrière « à risque »? Comme par exemple « entreprendre »? Combien choisiront leur métiers, leurs activité professionnelle par « amour »? Combien sauront « aimé » ce qu’il font? Combien seront heureux?

Les peaux de bananes sont un véritable fléau pour le bien être de chacun mais aussi d’une société et de l’avenir de celle-ci. La peau de banane fait mal non seulement à celui qui la reçoit mais aussi à celui qui la balance. Car dire du mal nous barbouille aussi l’âme en nous confinant aussi dans un quotidien morose « tout le monde est nul » (cf article Stop aux croix intempestives).

Il faut donc apprendre à communiquer : l’écoute, le respect de l’autre et de soi sont au premier plan. Accepter l’autre tel qu’il est avec ses défauts et ses talents, comme nous-même. L’affirmation de soi respectueuse devrait s’apprendre à l’école mais pour cela, il faut aussi l’enseigner aux adultes et notamment aux (futurs) enseignants.

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage : cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici

Comment motiver en classe ? : cliquer ici

EDUCATION: LA PUNITION, QUAND ET COMMENT ?


Les punitions, comme les règles que nous posons, sont censées être déterminées par l’âgede l’enfant, son degré d’autonomie et de responsabilité. Elles se doivent d’être justeset d’être clairementdéfinies. Or, ce n’est pas toujours le cas. En effet, il faut avoir conscience qu’elles sont aussi influencées par notre histoirepersonnelle (notre vécu concernant l’autorité exercée par nos parents), nos valeursainsi que nos peurset le degré de tolérance/fatigue/découragement/  « coups durs » que nous vivons.
Voyons quelques cas analysés succintement de sanctions/réactions « non efficientes » :
Un parent s’amuse avec ses deux enfants, respectivement âgés de trois et quatre ans , lesquels sautent sur le canapé pendant une demi heure. Soudain, le parent s’énerve et leur crie « d’arrêter ! » mais les enfants rient et poursuivent leurs jeux. Le parent, agacé et fatigué, se précipite sur eux et les tire avec une certaine brusquerie puis les prive du bisou et de l’histoire du soir.Les deux petites filles éclatent en sanglots.

Dans ce cas, Les règles sont floues (qu’ont ils droit de faire? Dix minutes de canapé? Pas de canapé?…). Elles varient en fonction de la tolérance du parent (ou de « son bon vouloir ») lequel s’est fatigué au bout d’une demi heure mais qu’en est il un autre jour? Sa tolérance sera plus ou moins endurante. Comment les enfants peuvent le savoir? Le parent ne prend pas en considération l’excitation générée par le jeu, et le fait qu’il faut une durée psychiologique pour que l’excitation retombe. On ne peut pas juste s’arrêter de rire ou de s’enervé par « un claquement de doigt ». La définition d’un comportement « acceptabl » (« bon ») et d’un « mauvais/inacceptable comportement » est ici ardue pour l’enfant de trois quatre ans! En effet, le parent s’amuse du (bon?) comportement de sauter sur le canapé. Et soudain le bon comportement devient mauvais sans que les enfants n’aient le temps de comprendre, sans avoir eu d’information en ce sens (au contraire le parent s’amusait!). Ils se retrouvent tirés physiquement et privés d’un moment important de la fin de journée (le rituel du soir)… Aucun message n’est clairement donné. Le parent perd patience brusquement car lui-même a dépassé son seuil de tolérance. Sa demande est alors faite dans l’impulsion. Il ne prend pas le temps de parler clairement à l’enfant. Ce qui ne permet pas d’obéir ni d’apprendre le bon comportement à avoir. Ce comportement erratique alimente le sentiment de l’enfant d’un climat d’insécurité. Dans ce cas précis il faudrait établir ce que les enfants ont droit de faire: s’ils ont droit de sauter dix minutes et bien informons- les et mettons un timersur dix minutes. Si cela vous paraît coercitif alors vous confondez limites et autoritarisme. Cela étant, sauter sur le canapé c’est rigolo mais pour le parent assis et le susdit canapé peut-être pas… Alors quelle est la limite à mettre en place, « la règle »? Doit on vraiment laisser le canapé comme terrain de jeux?
Dans le même registre la fessée que je nommerai « sanction réactive » est un acte impulsif qui traduit un « trop plein » du parent. Sa tolérance est dépassée et il réagit sous le coup de la colère en sanctionnant physiquement, plus ou moins brutalement. Le parent montre à l’enfant qu’il résout un problème par la colère, le passage à l’acte sous le coup de la colère. Or l’enfant apprend en premier de ses parents. Si vous le frappez (même légèrement), pourquoi ne peut il pas le faire en cours de récré? Et pourquoi lui dites vous le contraire?
A-t-on le droit de frapper un individu qui nous agace? A-t-on le droit car c’est un ou/et notre enfant? C’est un acte humiliant et l’humiliation n’est pas éducative. Nous demandons à notre enfant de nous respecter et de respecter les autres, nous devons donc être un exemple pour eux et nous devons les respecter tout en les éduquant.
Des parents inquiétés par leur histoire personnelle ou encore l’enseignant (à Paris cela arrive parfois dès la maternelle…) se plaignent que leur enfant Robin ne soit pas motivé pour faire ses devoirs de CE1. Il rechigne « car il pense trop à jouer ».
Pour le motiver, Ils décident de lui supprimer le court dessin animé qu’il aime regarder au retour de l’école. Un des parents s’exclame que Robin n’est pas courageux.

Dans ce cas présent, la sanction est injuste car elle n’est pas raisonnable. Nous ne pouvons pas tenir rigueur à un enfant de vouloir s’amuser! Bien sûr, il doit faire ses devoirs (ça se discute après autant d’heures passées en classe…). Du moins « il le faut », comment l’aider à se motiver? Par la sanction? Et par le dénigrement de ce qu’il serait (couard) ? Ceux sont deux outils fort prisés en milieu familial et scolaire mais qui ont leur limites…Ainsi que des conséquences pernicieuses telles que la démotivation et le manque de confiance en soi ! Mieux vaut motiver par l’économie des jetons ou les bons points! Et puis aussi réfléchir: n’a-t-il pas trop de devoirs? N’a-t-il pas des problèmes à se concentrer, à écrire, à calculer…? Les enfants sont très volontaires mais ils se démotivent…
Une petite fille (moi) bavarde ou dessine sur son cahier de leçon. La maîtresse la sanctionne en lui demandant de copier cent fois « En classe, je ne dois pas bavarder ni dessiner ». A d’autres moment, mais en guise d’apprentissage et non de sanction (mais c’était vécu comme une sanction vue qu’on me donnait des lignes à faire en punition!) : je devais écrire et réécrire des mots que j’avais mal orthographiés un grand nombre de fois… Damned…

Dans ce cas précis, j’ai arrêté transitoirement les « mauvais » comportements mais du coup, je n’écoutai plus le cours (les gribouillages m’aidaient en fait)! Concernant les fautes d’orthographes, elles ne m’ont malheureusement jamais abandonnées !!!! Mon problème de concentration n’allait pas se régler par des lignes et des lignes copiées ! Il vaut mieux se demander comment aider en classe l’enfant ADHD? (suite au prochain numéro). Enfin, copier des lignes n’est pas efficace mais rébarbatif, c’est le but recherché (et pas d’inciter). Mais on oublie que certains enfants (dyslexie, dyspraxie, ADHD…) n’aiment pas écrire car ils éprouvent de la difficulté. Les lignes contribuent alors à le dégoûter. D’après moi (mais certains dirons que je suis juge et partie !), les lignes de copie méritent donc d’être oubliées pour toujours! En classe comme à la maison.
Roseanna reçoit deux heures de « colle » pour avoir répondu sèchement à son professeur. Pour montrer leur solidarité avec le collège, les parents la punissent : elle n’ira pas au ciné comme prévu le week end suivant.

La double sanction est INJUSTE. Roseanna ne peut pas se sentir respectée par ses parents. Elle a été punie par l’école pourquoi devrait-elle l’être doublement? Ce qui peut la pousser à poursuivre par provocation…ou à se replier sur elle-même ou à fuir la maison (en passant du temps dehors..).
Si un enfant ou un adolescent est puni à l’école, je vous suggère de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé plutôt qu’à le punir une seconde fois. Du reste, vous apprendrez peut être des choses fort instructives sur son fonctionnement (« je ne peux pas m’en empêcher » « c’est plus fort que moi » etc …) ou sur celui de l’enseignant ou de l’établissement où il passe huit heures par jour. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il y a systématiquement un problème psychologique à une insolence!
Alors quand punir et comment ?
Il est indispensable de penser à punir avec parcimonie ! Il vaut mieux inciter, valoriser et motiver le bon comportement. La punition doit responsabiliser et donner à réparer.
En général, il est plus juste d’informer de la punition qu’encourt l’enfant ou l’adolescent avant de punir. Une punition doit être raisonnable et pour cela être limitée dans le temps (un jour, une semaine, deux…), réalisable (pourrez-vous « tenir » si vous privez de week-end festif alors que les billets sont reservés ?) et « proportionnelle » à la faute.
Voici quelques situations fréquentes où il y a « conflit » et sanction :
La console de jeu :
Maxime, onze ans, joue trente minutes tous les samedis et dimanches à la console. Il refuse ou tarde à arrêter son jeu vidéo. Parfois il se bat avec son frère.

Dans ce cas, Il vaut mieux en amont cadrer la règle des trente minutes par la mise en place d’un chronomètre ou timer. Lorsque celui-ci sonne, le jeune sait qu’il doit arrêter de jouer sans se disputer. Cette opération doit se faire rapidement. Si elle dure ou/et il se dispute, il sait que le prochain jour de console, il n’aura pas le droit d’y jouer car il doit apprendre à être responsable du temps qui lui est imparti: pour cela il doit pouvoir gérer son temps avec le timer(et non les parents). La fois d’après, il réessaiera. Si cette fois, il éteint et ne se dispute pas alors les séances reprendront comme d’habitude.
La sortie avec retour tardif :
Systématiquement Marianne rentre avec une heure ou deux de retard.
Elle appelle ou envoie un texto selon …

Un retard ça se comprend mais quand il est systématique (toujours avec des bonnes raisons), on conclut à une grande capacité d’imagination mais aussi à un besoin d’apprendre à gérer son temps. La règle appliquée à la console peut être utilisée dans ce cas avec l’idée, encore une fois, de la responsabiliser.
La dégradation:
Garance, quatorze ans, claque la porte de sa chambre à chaque fois qu’ il est frustré, déçu ou encore contrarié. « Il est vénere ». Le problème est
que la dernière fois il a cassé la porte…
Une dégradation dans un lieu public est grave. On ne peut pas excuser et banaliser en mettant sur le compte d’un problème transitoire. D’une part, Il est indiqué de consulter un spécialiste afin de comprendre l’impulsivité et l’intolérance à la frustration excessives que Guarance présente (problème strictement éducatif ou associé à ADHD, autres?…). Cet avis permettra de trouver les meilleurs outils pour l’aider à développer une gestion adéquate de la frustration. D’autre part, Guarance doit réparer même s’il n’a pas fait exprès. Dans ce cas, les travaux que je nomme « d’intérêts familiaux » sont pertinents. Ils vont permettre de dédommager financièrement la réparation de la porte dont il faut estimer le coût financier (et cela même s’il la bricole: la partie dégradée aura un coût moindre). Puis il faut évaluer « le coût » d’un travail d’intérêt familial et donc du nombre que Garance va effectuer pour se dédouaner.
Le vol:
Alaïs est fou d’un jeu en ligne. Il y joue beaucoup et gagne pas mal de vies et d’objets en tout genre. Ce qui le rend fier. Malheureusement, ses parents refusent qu’il s’achète des objets (virtuels) avec son argent (véritable « en vrai »). Mais voilà, il a craqué, et à deux reprises, il a utilisé la carte bancaire de son père…
Comme pour Garance, Alaïs doit dédommager par des travaux d’intérêts familiaux. Il est important que cela se fasse par une ou plusieures tâches et non par « un virement  bancaire» comme je l’ai déjà vu ou juste une privation d’argent de poche… Les tâches permettent au jeune d’appréhender un peu plus les conséquences de son geste.
Quand on décide d’une punition il est nécessaire d’expliquer notre motivation pour responsabiliser et donner à réparer.

PUNITION: CENTRALE DANS L’EDUCATION ? DOIT ON PUNIR ?


La punition est une pratique courante qui marche plus ou moins voire à la longue « pas du tout ».
Il est habituel de punir l’enfant :
– en lui retirant quelque chose qu’il aime (un jouet) ou une activité qu’il apprécie (jeux vidéo, téléphone portable, MP3) ou encore une sortie ou une rencontre amicale.
– par des cris et des interactions verbales négatives et discréditantes ou comportementales comme la fessée impulsive. Ce type de comportement est dû à « un trop plein » du parent « à bout ».
– en le contraignant à aller au coin, au piquet, dans sa chambre…
– en le contraignant à faire des lignes « je ne ferai plus..; » etc…
Moins fréquemment, certains parents gardent la méthode « qui a fait ses preuves »: la ceinture, la fessée ou gifle « non impulsives ».
Dans de rares cas, d’autres emploieront des châtiments qui relèvent de conduites perverses purement psychologiques (et/ou corporelles) et dont je ne parlerai pas ici mais qui met en danger l’intégrité non seulement physique mais aussi (et plus souvent et de façon exclusive) psychoaffective de l’enfant. Ce qui pose un vrai problème pour les intervenants éducateurs, médecins, psychiatres (…) pour protéger l’enfant si ces intervenants suspectent ces maltraitances. Car la perversion envers l’enfant n’est pas envisageable moralement et de ce fait est rarement identifiée par la justice qui préserve coûte que coûte le parent (même pervers et surtout pervers psychologique) au détriment de l’enfant. Un enfant entre quatre murs avec un (ou deux) parent pervers, que peut il faire? Mais c’est une autre histoire…
A quoi sert la punition ?
Dans notre société, en tant qu’adulte nous devons connaître la loi et c’est parce que nous la connaissons que nous sommes punis si nous avons commis une infraction après avoir été pris sur le fait ou après être jugé.
En tant qu’adulte, on peut donc se tromper sans être sanctionné. On va réparer en s’excusant, en faisant un acte de conciliation, en changeant de comportement mais nous ne seront pas sanctionnés.
Si nous avons commis une infraction à la loi, le jugement se devra d’être le plus juste. La sanction dépendra de la gravité de l’acte commis et aura valeur d’amendement auprès de la société ou pas (une amende sera demandée en plus par ex.).
Ainsi, nous avons une amende, des points en moins sur notre permis de voiture, des travaux d’intérêt public à réaliser, un emprisonnement pour protéger la société et sanctionner etc…
La punition est donc un acte qui sanctionne un comportement jugé grave et demande aussi réparation (s’amender). En tant que parent, il est donc indispensable de se demander si nous sanctionnons pour un comportement grave, « inacceptable » pour lequel l’enfant ou l’adolescent sait qu’il est répréhensible et connait la sanction? Et si oui sommes-nous justes ?
La punition ne peut donc être au centre de l’éducation de l’enfant, lequel apprend à vivre selon des règles qui  changent  en fonction de son âge… L’enfant apprend et donc mérite d’être incité, motivé et récompensé pour son apprentissage et l’effort fourni (utilisation des bons points ou « économie des jetons« ). Il doit aussi être guidé (les routines sont une bonnes alternatives). Quand doit-on punir? Quand une règle grave est enfreinte mais toujours punir avec parcimonie et avec justesse. Quand et comment? j’en parle au « numéro » suivant…

MESURES COMPORTEMENTALES EDUCATIVES : LES ROUTINES pour les enfants « rêveurs »

 
 
Au cours d’une journée (au lever, au coucher…), nombreux sont les parents (d’enfants ADHD) qui se plaignent de répéter des dizaines de fois une consigne et de se dire, de guerre lasse, que l’enfant « le fait exprès! ».  A l’école, certains enseignants sont confrontés aux mêmes problèmes : « A chaque nouvelle activité, je dois lui redire, de prendre le cahier, de l’ouvrir etc… Il se moque de moi ! « .
Cette situation déroutante entraîne des interactions négatives par les reproches inévitables que l’adulte fait à l’enfant. Or, même s’il ne le montre pas ou ne l’exprime pas (il peut même rester souriant), celui-ci les entend et se rend compte qu’il a un problème. Ce qui nourrît une mauvaise image de lui. Alors que doit-on faire ? Poursuivre les reproches ? Punir même si cela ne sert à rien à la longue ? Accepter la différence et arriver systématiquement avec trente minutes de retard à l’école? En classe : laisser l’enfant vaquer à ses rêves en continu?
Pour combattre ces difficultés, il est indispensable de créer des routines. Les routines ne sont pas des conditionnements « bêtes et méchants » « aliénants » comme certains le croient. Les routines vont devenir des habitudes sur lesquelles l’enfant va pouvoir bâtir et progresser, autant dans son quotidien que dans sa pensée : exit les crises, la procrastination et d’autres maux qui se greffent au trouble attentionnel avec ou sans hyperactivité, lequel n’est pas une maladie mais est pourvoyeur de bien des soucis !
 
Comment créer ces routines? 
Il faut réfléchir aux moments de la journée qui posent un problème organisationnel.  Puis il va falloir avec l’enfant (ou sans, selon son âge) déterminer chronologiquement toutes les étapes qui vont constituer cette routine. Chaque étape est représentée par un pictogramme auquel on associe un horaire. Pour ma part, je dessine chaque étape avec l’enfant (ou je les lui fais dessiner). Vous pouvez bien sûr trouver des pictogrammes ou faire des photos.
Puis il faut chercher l’ endroit « stratégique » de la maison où sera exposée la routine : chambre, salle de bain, cuisine… Certains parents s’inquiètent de voir leur maison devenir le lieu de telles expositions ! Quand la routine est acquise et devient une habitude, il n’y a qu’à enlever ces oeuvres éphémères ! Et si ce n’est pas possible, ne vaut-il mieux pas quelques feuilles/picto/photos qui colorent les murs plutôt que des sempiternelles répétitions négatives ?
L’enfant ADHD a (plus ou moins) un  souci de planification et d’organisation temporo-spatiale (les jours et les mois peuvent être acquis plus tardivement d’où: picto!).  Ils ont aussi parfois du mal avec les transitions : changement de lieux (certains parents disent: « on va sortir, on va rentrer et hop,  Une colère! »)
Les routines permettent ainsi de commencer à conceptualiser ce que c’est de planifier. La routine permet à l’enfant de mieux maîtriser son temps et l’aide aussi dans sa confiance en lui. Parfois certains enfants sont récalcitrants et résistent pour des raisons diverses mais souvent car ils sont tristes, pensent ne pas pouvoir, ne comprennent pas les conséquences… Il faut alors associer à la routine le système d’économie des jetons/bons-points.
À la maison, les moments de la journée qui posent souvent des problèmes sont:
  • Le matin entre le lever et le départ à l’école.
  • Le retour de l’école entre les devoirs et le dîner.
  • Le coucher entre le dîner et le coucher.
Bien sûr, en plus des routines, il faut s’assurer que les difficultés ne relèvent pas d’autres soucis (ou n’interagissent pas), comme :
  • Un trouble du sommeil: un enfant ADHD sur deux a des problèmes à s’endormir, et peut s’endormir très tard sans que le parent le sache. Le sommeil est agité, des réveils nocturnes sont fréquents. Le somnambulisme, le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil sont plus souvent associés.
  • Un parent qui travaille beaucoup et que l’enfant peut voir le soir tard : ce dernier retardera l’heure du coucher…
  • L’existence d’idées automatiques négatives qui surgissent au moment des devoirs ou des contraintes : « j’y arriverai pas » « ça prend toute ma journée » « je ne fais que ça » « ça m’empêche de jouer ». Un exemple: Carmela joue avec ses copines au jardin toutes les après-midi après l’école alors que sa soeur Viviane fait ses devoirs avec ses amies au parc. Quand Carmela rentre et doit se mettre au travail elle peste de voir Viviane jouer avec ses poupées…. « Elle s’amuse elle ! »
Les « oublis » gagnent à être intégrés dans des courtes routines :
La carte du patronage, les affaires de classe, de sport, les clés… seront toujours rangées au même endroit dès que l’on rentre /dès que l’on a fini …
Et à l’école ? Si l’enseignant rencontre les mêmes problèmes : il faut faire… Des routines ! Elles pourront être écrites sur le mur ou dans un coin du tableau et bénéficieront ainsi à d’autres élèves. Pour des soucis concernant plus précisément l’enfant, l’enchaînement chronologique sera noté/dessiné sur des étiquettes plastifiées collées (ou non) sur sa table. Des pictogrammes peuvent aussi être utilisés comme: Ecouter, Se taire, Commencer à lire.
Et si votre enfant n’est pas ADHD ? Pourquoi pas une/des routines s’il en a besoin?!
Enfin, tout comme le système des bons points, il faut s’inscrire dans la durée et persévérer.


(Illustration: Victoire 2011)

COMMENT ECOUTER UN ENFANT/UN ADOLESCENT ?

Il y a quelques temps, j’avais abordé la question de « comment parler à un enfant? ». Le pendant à cette question est « comment écouter un enfant » mais aussi un adolescent et au fond: l’Autre.
Très souvent, les parents apprennent une foule de choses au cabinet. Ils disent alors : « Tu ne m’avais pas dit !».
Ainsi Victor, 9 ans, avait dit à ses parents qu’un camarade l’embêtait. Mais ce que les parents ne savaient pas, c’est que « le camarade » en question serrait Victor au cou. 

Parfois les enfants ne le disent pas car ils ont peur d’être grondés, de décevoir, d’embêter les parents, de leur causer un problème, de les attrister, d’être agressé (ou que leur proches puissent l’être) s’ils ont été menacés…
Parfois ils répondent « Je te l’ai dit ! ». Mais les parents n’étaient pas vraiment là (préoccupés par leur quotidien…) ou ils n’ont pas compris car ils ont interprété..
Au cabinet, Il n’y a rien de miraculeux. Nous sommes réunis pour l’enfant.
Pour écouter un enfant, il est donc nécessaire de prendre le temps, se mettre au même niveau que lui physiquement et de façon empathique. L’écoute est simple: il parle on écoute. On n’émet pas de jugement, on ne donne pas de conseil s’il ne nous en demande pas. On ne réfute pas sa souffrance avec des expressions comme « T’exagères » « C’est de la comédie! » « Tu devrais avoir honte de te plaindre! » « il y a bien plus malheureux que toi! » etc…. 

Si l’enfant parle d’une situation qui lui pose problème, notamment à l’école, il est indispensable de faire préciser celle-ci dans un second temps (après qu’il ait vidé « son sac ») par des questions qui permettent d’obtenir un scénario le plus proche de sa réalité, et en plus lui montrent qu’on s’interesse à lui. 

Revenons à Victor quand se faisait-il attaquer? C’était pendant la récréation de la cantine, là où il n’y a pas d’adulte pour surveiller la cour. L’autre petit garçon se jetait sur lui quand Victor passait en faisant mine de jouer au football. Victor avait envie de jouer au football avec ce petit garçon mais n’osait pas le lui demander. 

Il est aussi important de ne pas banaliser ou dramatiser ce que l’enfant dit… Il faut donc prendre en compte notre fatigue, mettre de côté nos préocupations, mais aussi avoir conscience de nos  « préjugés » pour qu’ils ne contaminent pas notre écoute (peur excessive pour notre enfant «si  fragile », propre expérience scolaire désastreuse…).
Et puis après ? En plus de considérer et de soutenir l’enfant/l’adolescent, l’écoute active va lui permettre d’analyser la situation: exprimer ses émotions, définir le problème le plus « objectivement » possible dans le but de trouver des solutions par lui-même. Ceci, en fonction de son âge.
Et si l’enfant ne parle pas? Un changement brutal de comportement est un thermomètre qui signe une souffrance… Une écoute s’impose, comme une enquête…
Et s’il ment ? Que cherche-t-il? Que veut-il éviter?…
J’aborderai ces thèmes aux prochains numéros…

QUAND L’ANXIÉTÉ DE SÉPARATION APPARAÎT: COMMENT LA GÉRER ?

Lorsque l’enfant souffre d’anxiété de séparation. Il est bon d’utiliser le rituel et le doudou :


. Quand vous partez il vaut mieux mettre en place un petit rituel court. La répétition est rassurante pour l’enfant. Elle lui signifie que ça recommence/ ça revient. 
. Le doudou ou parfois les tétines-doudou (certains enfants en ont plusieus attachées entre elles) est un objet « familier » qui fait donc partie du groupe « familier » qui accompagne l’enfant et qui reste avec lui. Il l’accompagne à la crèche, chez la nounou mais aussi chez papa ou chez maman s’ils sont séparés.
Surtout, faites attention à ne pas trop le rassurer quand vous partez. Il pourrait lui-même s’inquiéter si vous le rassurez trop! Le message que vous lui envoyez serait « tu as raison d’avoir peur ». il faut donc l’informer et lui dire que vous allez revenir. Vous pouvez aussi parler de toutes les bonnes choses qu’il fait à la crèche ce qui permet de positiver l’absence. En effet, il « profite  » aussi sans vous. Il est donc important de ne pas utiliser la crèche comme une punition! 


Attention aussi à une erreur souvent faite: quand l’enfant exprime sa peur, si vous lui dites « mais non » ou lui donner une réponse « va jouer avec Mimi la souris », il ne se sentira pas écouté et ne pourra pas apprendre à puiser dans ses propres ressources.  Il pourra aussi penser qu’il n’a pas le droit d’exprimer sa peur qui sera tue ou exprimée uniquement par la colère… Il vaut mieux confirmer que vous avez entendu sa peur mais que vous lui faites confiance; vous pouvez lui demander de penser à ce qu’il va faire de bien (sans vous). Ce n’est que dans un second temps, que vous lui proposerez des exemples s’il n’a pas d’idées. Ne soyez pas un trop bon parent!  
Enfin, le jeu est intéressant. Il se fait en dehors de la séparation. On joue à la permanence de l’objet en cachant un petit cube dans un autre grand cube devant lui et en s’extasiant qu’on le retrouve tout de suite! On joue à éteindre puis allumer la lumière,  à sortir d’une pièce puis à rentrer etc…

Il S’ENNUIE…


Et puis? Ce n’est pas grave de s’ennuyer! Il se repose, ou développe des nouvelles compétences, découvre des nouveaux jeux ou des histoires ou il apprend à contempler ou encore il s’ennuie. Et Alors ? Laissons le s’ennuyer. La vie ne peut pas nous rassasier chaque seconde. La boulimie de faire ne permet pas de développer nos capacités de réflexion, de contemplation… Et surtout ne cherchons pas toujours à le satisfaire! attention aussi à céder à la facilité: en acceptant l’utilisation des écrans « à tout va »!

Et s’il s’ennuie souvent???? Et bien je vous propose, surtout en période de « non ennui », de lui faire lister toutes les activités qu’il aime. Les jours de Grand Ennui, il pourra ainsi consulter cette liste qui lui donnera sûrement des idées !

(Illustration: L’ennui. feutre. de Salomé)

LA FAMEUSE MECHE DE CHEVEUX ET LES CISEAUX !


A la rentrée, les cheveux sont souvent longs et gênent pour voir le tableau. Ne vous étonnez donc pas si votre enfant coupe sa frange. C’est que ça le gênait voilà tout!

Cela ne sert alors à rien de le punir (surtout si ce n’est pas joli, il est déjà puni!) mais il est important de lui dire que s’il a un souci il peut vous en parler. Vous trouverez ensemble une solution adéquate.
Dans ce cas précis, il fallait couper la mèche. Mais le faire soi-même, ce n’est pas facile. Le coiffeur ou un parent qui a toujours rêvé de faire ce métier, s’en chargera… Votre enfant apprend alors que les actes ont des conséquences et qu’il faut différer.
Autre chose, il y a pensé et l’a fait impulsivement. S’il a six ans ou plus, je vous encourage à vous demander: s’il n’est pas un peu trop impulsif? S’il est impatient? Se concentre-t-il bien en classe? Râle-t-il pour les devoirs?… Sûrement pas ! Mais si oui…lisez un article sur l’hyperactivité (ADHD, TDAH).
( Illustration: couverture du livre  » Les malheurs de Sophie » écrit par la comtesse de Ségur. Dessins par Marie-Madeleine. Ed Nohain Maison Alfred Mame et fils 1931)

FOURNITURES SCOLAIRES

La recherche des fournitures scolaires est un moment de pur plaisir pour les enfants et les ados quand cela consiste à l’achat du nouveau materiel. J’avoue que je suis moi-même une passionnée des carnets, des cahiers en papier 100% coton… Vous pouvez me laisser une demi journée dans une papeterie ( bien fournie!) et bien plus si elle est collée à une bonne librairie….

Mais bon revenons à nos fournitures. C’est l’occasion de responsabiliser un peu notre enfant et lui insuffler un peu de créativité. L’argent ne coule pas à flot. L’enfant doit donc apprendre à gérer une situation qui lui pose problème. A savoir « ne pas avoir tout ce qu’on veut ». Cette situation est pourvoyeuse de frustration… Il doit alors trouver un aménagement à la situation frustrante « on ne m’achète pas tout ce que je veux ». Ce qui l’amène à apprendre à gérer un problème-insoluble. Comment tirer partie de cette situation problématique? Comment s’en accommoder?
Quelles sont les anciennes fournitures réutilisables?
Quelle somme allouée pour les fournitures « fantaisies » en plus de la somme « obligée » ?
S’il a eu la trousse-que-tout le-monde-a, et si en plus il veut un super-agenda? Il faudra qu’il choisisse… Et pourquoi pas décorer l’agenda ? Pourquoi pas bricoler/ « customiser »? Coller des photos etc… Au fond, trouver des nouvelles stratégies, découvrir des nouvelles compétences… Ce qui est plus valorisant que la satisfaction immédiate d’un désir.

LES LIMITES SONT DANGEREUSES !….???

Quand je parle des limites avec les parents, Nombreux se montrent inquiets. En effet les limites leur font peur. Selon eux :
– Elles s’opposent aux besoins de l’enfant,
– Elles soumettent l’enfant, les écrasent, leur enlèvent toute volonté.
– Elles sont trop sérieuses, autoritaires et ne permettent pas à l’enfant d’être libre et de s’épanouir… ( En se roulant par terre pour un autre tour de manège ?…)

Je suis d’accord avec les parents qui craignent « les limites psychorigides » car ces dernières ne sont pas mesurées et réfléchies. Mais les limites sont indispensables au développement de notre enfant… Elles doivent donc être mesurées et réfléchies, en fonction de l’âge de l’enfant et des contraintes familiales.
Pensez-y : Le foetus nage dans un petit enclos, le nouveau né est rassuré par son couffin qui l’entoure… Les limites rassurent aussi…

(Illustration: Sheng Qi: Mao’s Army)