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Les devoirs : Organisation et Motivation

Comment faire faire les devoirs à ses enfants ou ses ado ? est une préoccupation importante de nombreux parents. Dans un article sur ce sujet ( le lire) je prônais que les parents devaient « s’en occuper sans s’en occuper » sans pour autant développer en laissant planer un suspens sur ce sujet (et en en parlant dans mon article sur les routines de vie).  Je mettais aussi en garde au danger que ce problème prenne une place dans la vie de famille à en annuler les moments de plaisirs communs, d’échanges, de célébrations… et aussi à en oublier le frère et/ou la soeur qui se débrouille « tout seul » et devient presque transparent (du moins c’est son ressenti fréquent). Enfin je disais (mais cela dès le début) que je n’étais pas pour les devoirs, et je rajouterai maintenant pour l’école. Mais bon c’est une autre histoire. J’écrirai sur ce sujet un autre jour… Donc cette introduction pour vous dire que mon point de vue n’a pas changé. Par contre je vous dois des explications sur « s’en occuper sans s’en occuper ».

L’idée principale s’est d’apprendre au jeune à s’autonomiser et se responsabiliser. Maintenant il est clair que chaque jeune est différent. Ce que je préconise peut très bien marcher comme ne pas aboutir. Dans le cas où ça n’aboutit pas, il faut quand même ne pas croire que ça ne marche pas, mais surtout chercher pourquoi ?

Bon, je passe à la phase d’explication. Les devoirs demandent : Du Temps donc aussi de l’Organisation, et de la Motivation.

Concernant le temps, il est important déjà de voir si la demande de l’enseignant n’est pas extravagante. Le fait est que certains enseignants ont une ambition démesurée qui n’est pas compatible avec le jeune (troubles des apprentissages, fatigue) et la vie de famille. Je vous conseille alors de ne pas obéir aux demandes et de proposer (voire d’imposer) de diminuer le travail exigé. Bien sûr vous en parlerez avec l’enseignant.

Concernant l’organisation : elle demande une planification à savoir anticiper le temps imparti à telle ou telle tache, soit une routine (j’en parle ici) (et de façon plus large ici). La tache des devoirs, de la douche/bain n’est pas celle préférée de nombreux jeunes. Ils plébiscitent nettement jouer et ils ont raison. Il faut donc voir avec eux, à quels jeux ils aiment jouer et mettre en avant sur le planning de la journée et de la semaine les temps de jeux qu’ils souhaitent avoir puis , seulement après, voir le temps nécessaires aux devoirs. Je fais ici un aparté important à mes yeux. Si jouer est primordial pour l’enfant, l’ado et aussi pour nous (on l’oublie trop souvent), il faut faire le point sur ce à quoi il joue.  Jouer revêt plusieurs possibilités qu’il faut passer en revue avec le jeune (car peut être ne joue-t-il plus à tel jeu car il a été rangé ou les crayons sont cassées etc…) : la lecture pour un tout petit nombre (mais ils peuvent être des stackhanovistes de la lecture !), jeux de sociétés (mais beaucoup plus rares car même si bon nombre de jeunes aiment ces jeux, ils trouvent peu de partenaires au sein de la famille), constructions/poupées/miniatures, bricolages et enfin les jeux vidéo, youtube/vimeo (vidéos) voire les réseaux sociaux. Jeux vidéo, youtube et réseaux sociaux remportent la palme chez les jeunes et cela commence bien trop tôt ! Pour le coup, il faut aussi planifier le temps imparti aux écrans (dont le téléphone portable) et internet et privilégier d’autres formes de jeux. J’en parle dans mon livre et je propose des temps imparti. je vous encourage à le lire (bien sûr je fais de la pub mais je l’ai écris surtout pour le devenir des jeunes et de notre société. Il faut absolument y réfléchir maintenant et agir. le lien pour le trouver: ici)

Revenons sur l’organisation, c’est vraiment elle qui va permettre au jeune de s’autonomiser. Il va se référer à son planning, celui qu’il a concocté avec vous pour pouvoir jouer tout en avançant sur ses devoirs. C’est ça s’en occuper sans s’en occuper. Maintenant l’autonomisation dépend de son âge, de sa personnalité, de ses difficultés.

Concernant la motivation, elle est de plusieurs ordres. Un livre entier ne suffirait pas ! Voici les grandes idées : Si on peut transformer le pensum-devoir  en quelque chose de ludique ou en suscitant l’intérêt, la curiosité, le jeune aura plus envie de s’y mettre. Pour cela vous pouvez vous aider pour le jeu : de jeux de société, d’activité (cuisine ou jeu de la marchande et mathématique par ex.), de livres, de jeux éducatif sur tablette (quelques propositions).  Pour suscité l’intérêt ou/et la curiosité , il est indispensable d’expliquer à quoi sert le devoir : pour s’améliorer dans tel domaine, pour réfléchir sur un sujet de société/ de valeurs, pour pouvoir acheter des bonbons, pour découvrir une autre façon de vivre et donc une autre vision de la vie,  etc… On peut s’aider de sorties (visites, promenades…) , aussi de livres illustrés, de documentaires (sur youtube tiens donc, mais aussi sur des sites dédiés à l’enseignement, les DVD « C’est pas sorcier », etc…). L’envie vient aussi si on se sent « bon » dans un domaine, ou si on sent qu’on maîtrise, qu’on a le « flow » ce qui donne aussi du plaisir. Ce qui pose un problème  si le devoir confronte le jeune à ses difficultés (s’il a un trouble des apprentissages notamment), voire à un discrédit vécu au quotidien, ou s’il  ne lui apporte qu’ennui.

En effet, si cela lui demande de gros efforts et qu’il n’est pas récompensé, qu’il a de mauvaises notes alors qu’il travaille, des critiques non constructives par un adulte du type « travaille ! » « C’est nul ! » « tu ne feras rien de ta vie », etc… Je ne vois pas pourquoi il aurait envie de fournir un effort. Dans ce cas, le plus important c’est d’encourager ses efforts et non pas les résultats. Il faut diminuer l’effort (si trop de devoir) et au besoin, annuler l’effort si celui-ci empêche son apprentissage. Par exemple : l’enfant dysgraphique n’a pas besoin d’écrire, il peut faire à l’oral ses devoirs; adolescent il pourra taper au clavier de l’ordinateur, s’il en est capable. La récompense est dans la valorisation, l’encouragement. Elle se fait par les mots, les regards, un geste (sur l’épaule par ex) mais aussi elle peut se faire par un objet type « bon point » « image » (voir mon article sur ce sujet: ici). Il faudra être en lien avec l’enseignant bien entendu !

S’il ne voit pas l’intérêt, si ça l’ennuie. Il y a plusieurs raisons la première est probablement liée à son quotidien et demande de revoir celui-ci. Fournit-il des efforts ? Arrive-t-il à se frustrer , en laissant un jeu (quelconque) pour mettre la table par exemple ? passe-t-il beaucoup de temps sur un écran ?  Le fait est que l’écran entre en concurrence avec tout autre activité et gagne (avant c’était la télévision maintenant c’est le jeu vidéo) et pourquoi? Car il ne demande aucun effort. Le jeu vidéo en plus gratifie dès les premières minutes, voire secondes où on s’y met !

S’il s’ennuie cela peut aussi venir de compétences intellectuelles souvent au dessus de la moyenne.  Le jeune trouve ennuyant les devoirs car il ne peut pas aller plus loin sur le sujet. Il faut voir avec l’enseignant pour lui permettre de « déborder » alors sur un sujet qui lui plaît, de faire un exposé etc… Mais attention, cela n’enlève pas l’influence des jeux vidéos, ni des écrans en général. Nombreux sont les jeunes performants qui , à cause des devoirs et de l’enseignement scolaire à mon avis, et grâce aux écrans en plus, ne font plus rien. Ils se nourrissent d’écrans, de séries, de jeux… Au niveau intellectuel ils ne sont plus stimulés, ils ne créent plus non plus. Un désert qui aura de fâcheuses conséquences… mais bon, cela vaut aussi pour des jeunes tout à fait dans la norme.

Pour parler des devoirs et de comment on va s’organiser, il faut donc s’asseoir tranquillement avec le jeune et discuter de ce qu’il aime faire et puis du problème que cela pose sur les devoirs. Comment peut-on trouver un équilibre entre « plaisir » et devoirs? Comment peut on rendre les devoirs fun et intéressants, voir ludiques ? cela amène à parler aussi des problèmes liés aux écrans, aux valeurs véhiculées (ne pas fournir d’efforts, obtenir facilement, les autres deviennent aussi des objets…)

Une dernière question qui taraudent de nombreux parents: Doit-on punir s’il ne fait pas ses devoirs? Je ne suis pas dutout pour punir. Il le sera par l’enseignant… Par contre il est bon de s’installer pour réfléchir pourquoi il ne l’a pas fait… Et donc de reprendre point par point ce que j’ai abordé dans cet article. (si vous voulez plus de détail sur le sujet de la punition: ici)

 

 

 

S’OCCUPER DES DEVOIRS SANS S’EN OCCUPER: AUTONOMISER.


Au delà du fait que je ne suis pas favorable aux devoirs après l’école, si elle finit à 16H30, en tant que pédopsychiatre, mère et « vieille » enfant TDAH, il faut bien trouver des solutions pour améliorer la gestion des devoirs. Car dans un nombre important de cas, les devoirs sont la bête noire des enfants ayant un trouble de l’apprentissage comme des parents… Ma réponse est la suivante et attention c’est un petit casse-tête: il faut s’occuper des devoirs sans s’en occuper…. Bon j’essaye de vous décortiquer l’idée…
Il vaut mieux éviter, autant que faire se peut, de vous occuper des devoirs. Si des conflits surviennent autour de ce pensum, rien ne sert de s’obstiner. Vous risquez, sans vous en rendre compte, de mettre en place une communication pernicieuse avec votre enfant/adolescent. D’une part, vous vous occupez surtout de lui quand son comportement  n’est pas adapté, ce qui peut favoriser la poursuite de celui-ci. D’autre part, vos relations affectueuses s’entachent de ce « passif » au quotidien entraînant déjà une anticipation négative de vous deux sur le déroulé des devoirs qui deviennent synonyme de « cauchemar », puis sur les autres interactions non scolaires, lesquelles peuvent fondre comme neige au soleil. Votre relation peut ne plus tourner qu’autour des devoirs et la sphère familiale peut aussi s’en trouver polluée: le frère ne peut plus rentrer dans le salon car sa petite soeur doit faire son travail (il ne se sent plus chez lui), les week-ends sont pris en otage par « faire faire les devoirs » empêchant tout programme de loisir familial, de moments de partage. Le couple parental peut aussi s’en trouver affecté…
Les devoirs sont la responsabilité de l’enfantet non la votre. Mais en même temps, il est normal de veiller à ce que son enfant se mette aux devoirs et de l’aider s’il en a besoin (oublis de cours, apprendre à s’organiser, incompréhensions, le faire répéter, lui apprendre à apprendre etc…).
Le parent qui « envoie » le jeune faire ses devoirs sans se préoccuper un minimum qu’ils soient faits et correctement, si l’enfant a des soucis pour apprendre sa poésie ou autre, pour comprendre la leçon ou l’exercice, ce parent n’accompagne pas son enfant dans son autonomisation.
Je vois ainsi arriver des parents me disant qu’ils ne s’en occupent plus comme « lepsy »leur a dit. Mais dans certains cas, le « gamin » n’est pas encore autonome. « Lepsy »débarrasse les parents du problème qui persiste.
Si en plus, « lepsy »vous dit que deux séances de psychothérapie par semaine aideront l’enfant, je suis en total désaccord avec celui-ci qui évacue aussi ce problème trop « terre à terre » ou le « dénie » pour employer le jargon. Il oublie ainsi les règles fondamentales d’apprentissage, d’imitation, de compagnonnage, d’éducation quoi!
Or l’éducation est mise à mal en cas de troubles, notamment d’apprentissages. Il reste que le problème ne se résout pas quand on le range dans un placard. Et peut être ne le sera-t-il jamais, comme j’entends certains psy me rétorquer, mais ne doit-on pas essayer? C’est que ça peut marcher voyez-vouspartiellement ou totalement. Car autonomiser ce n’est pas « tiens, vas-y ». On ne met pas une fourchette dans la main d’un nourrisson et on ne lui dit pas « tiens, mange maintenant ». Il faut qu’il ait acquis des dents, une coordination visio-praxique adaptée ou doit-on lui proposer une psychanalyse ?
L’autonomie scolaire est du même acabit : elle dépend de l’autonomie de l’enfant qui ne consiste pas non plus à « faire pour lui ». De même, il faut également faire attention à ne pas oublier l’enfant « trop autonome » (comme le frère ou la soeur qui n’a pas de difficulté), car il en souffre aussi et peut avoir le sentiment de ne pas avoir le droit d’avoir de l’aide, car il n’a pas le droit à l’erreur, ni de se plaindre, les parents ayant déjà assez de soucis avec l’autre enfant …
Donc, si je résume, il faut aider son enfant à apprendre à se responsabiliser et à s’autonomiser, à s’organiser. Quand c’est possible, il faut se faire aider:
– Par des pédagogues qui sont des spécialistes et non des vampires commerciaux, des « vrais gens » qui aiment enseigner et se remettent en question.
-Par les intervenants « psy » et paramédicaux qui prodiguent des conseils judicieux : ergothérapeute, psychomotricien, orthophonistes, par les psychiatres et psychologues qui se penchent sur cette question;
-Par un thérapeute familiale, au besoin, qui peuvent désamorcer une situation « bouchée » et accompagner les parents dans la gestion des devoirs et du quotidien.
-Par des parents, des amis, qui peuvent aussi soulager, s’ils connaissent et s’intéressent à la pédagogie.

Alors, comment fait-on devant avec un enfant qui refuse de faire ses devoirs? eh!eh! vous le saurez lundi….

MON ENFANT A DES PROBLEMES A L’ECOLE?

Cette semaine les enfants et les adolescents font leur rentrée. Entre excitation et peur, une nouvelle année scolaire débute. Mais une chose est importante : Faire confiance à ses enfants… et jouer avec eux!
Savoir les écouter quand ils nous raconte et faire préciser au besoin s’ils nous font part de leur difficultés: en classe, à la récréation, pour les devoirs. Avant de conclure hâtivement sur des difficultés rencontrées ou de croire dans leur « paresse », ayez en tête que les enfants veulent bien faire et aiment l’école.  Quand ce n’est plus le cas c’est par ce que les difficultés rencontrées n’ont pas trouvées de solutions…Car elles n’ont pas été analysées correctement.
Les difficultés peuvent cumuler:
1) Difficultés d’apprentissage et troubles sensoriels (audition, vision…)
3) Difficulté de comprendre ce qu’on attend de lui (pour les petits) par difficulté d’adaptation sociale.
4) Relation enseignant/élève de mauvaises qualités voire pathogène avec exigence excessive, discrédits inadaptés etc… Mais aussi Méthodologie inadaptée à l’enfant (la méthode globale est encore utilisée seule par certains enseignants…)
4) Attente excessive de la part du ou des parents avec promesses ou punitions inadaptées pour obtention de résultats…
6) Anxiété par trouble d’adaptation, par anxiété anticipatoire, anxiété de séparation (du petit)…
7) Manque de confiance en soi dans ses production ou/et dans sa relation aux autres enfants…
8) Perfectionnisme de l’enfant excessif et paralysant!
9) Problème relationnel avec les autres enfants: manque de confiance en soi, centre d’intérêt différent, incompréhension sociale…
Si vous vous retrouvez dans les semaines suivantes face à de telles difficultés ou d’autres, un bilan avec l’enseignant est indispensable dans un premier temps. Mais seulement après avoir écouter et faits préciser les soucis de votre enfants. 
Si l’enseignant propose un bilan médical spécialisé ou paramédical orthophonique, psychologique etc… Je vous propose de voir avant tout bilan, votre médecin de famille et au besoin un pédopsychiatre.  Nombreux sont les enfants que je vois arriver après quelques années d’orthophonie, de psychothérapie…et en plus il n’y a pas eu de bilan en tant que tel de fait, parfois…Et aucun diagnostic n’a été porté.. Or entreprendre une psychothérapie pour un enfant, ou commencer une rééducation en orthophonie/en psychomotricité exige une analyse plus complète de ses problèmes pour lui donner toutes les chances aux quelles ils pourrait prétendre. L’évaluation diagnostic permet de savoir quels sont les objectifs attendus et les outils à mettre en place…De même le pédopsychiatre doit se prononcer à un certains moment de son évaluation (dont le nombre de consultation varie selon la pertinence du ou des troubles) et donner des ou un diagnostic .