Archives pour la catégorie AUTISME

Les problèmes relationnels chez les enfants ayant un syndrome d’Asperger


Avant tout merci à une maman qui se reconnaître je pense. C’est grâce à elle que je me relance dans la vidéo. Ce n’est pas un exercice facile, et pour moi c’est même presque douloureux « mais je me soigne  » donc en en refaisant.

Je parle d’un sujet qui est primoridal et au centre du fonctionnement Asperger et qui amène beaucoup de problèmes et de conséquences néfastes. Je pourrai en écrire un livre ! Et c’est peut être ce que je vais faire. Mais bon, je reviens au sujet. On pense que les enfants ayant un syndrome d’Asperger ou Autisme de haut niveau (intellectuel) s’isolent mais ce n’est pas toujours le cas. Du reste s’ils le font c’est qu’ils en ont besoin (au niveau sensoriel) mais aussi pour ne pas avoir à interagir avec l’autre car ils ne savent pas comment faire et ça leur coûte.

Dans ma petite vidéo je parle des autres mode de communications possibles chez un enfant asperger:
ou il imite
ou il est dominé
ou il domine.
Tout ça permet de ne pas se poser de questions. Il reste que cela entraîne bien des problèmes.

L’adulte qui a « toujours fait comme les autres » ne sait pas au fond qui il est, l’enfant qui tyrannise (ou qui est tyrannisé) peut se faire éjecter/devenir à son tour esclave (tyran)/ intégrer que les relations sont toujours Dominant-Dominé.D’autant que la notion « ami » n’est pas clair pour un enfant au fonctionnement Asperger. En effet, si l’enfant le tyrannise/le harcèle/le maltraite Mais dit qu’il est son ami alors l’enfant Asperger « souffre douleur » pensera quand même « oui il est mon ami »… Le problème qui se rajoute est l’attentisme des institutions, qui du coup sont maltraitantes.

Comment fait-on un diagnostic en psychiatrie ?

diagnostic psy

Voilà une bonne question. Je commence à me la poser sérieusement quand j’entends des patients m’expliquer que leurs troubles ne peuvent pas être diagnostiqués car le test X ne conclue pas au diagnostic X, comme le test Y au diagnostic Y , etc…

Après le diagnostic :

  • psychanalytique, à savoir « cet enfant souffre car sa mère l’a refusé pendant sa grossesse par ex. » (Ok je simplifie à l’extrême mais au moins vous comprenez) (cliquer ici pour comprendre que « la psychiatrie ce n’est pas la psychanalyse« ),

Après le diagnostic

  • cognitivo-comportemental , à savoir « cet enfant est comme ça car il a une mauvaise confiance en soi » (facile quand on a un problème sans explication, sans aide ciblée: on n’a pas confiance en soi)

Place au diagnostic « pseudo-scientifique »: on mesure avec des tests si oui ou non on a ce trouble ou pas.

Le problème est que la psychiatrie comme toutes les autres spécialités médicales est une discipline où l’expérience, la qualité de l’écoute, de la relation humaine, de l’analyse sémiologique restent indéniables pour faire le diagnostic . Car le diagnostic est « clinique ». Les tests sont utilisés surtout dans le domaine de recherche ou pour des « non experts » ou pour étayer un diagnostic. Mais les tests ne se substituent en aucun cas au diagnostic du médecin psychiatre expert.

Et pourtant… J’en entends des histoires… En voici deux :

  1. J’ai rencontré il y a peu une jeune femme d’une trentaine d’année qui cherchait à comprendre ce qu’elle avait. Au point où elle a fait des études de psychologie… Or, accueillie dans un hôpital universitaire, aucun diagnostic n’est sorti des tests, même de ceux sur l’autisme. Pourtant cette jeune femme a un syndrome d’Asperger aggravé d’une agoraphobie. je ne vous dis pas son soulagement de l’apprendre. Même si ce n’est pas « facile » de lui dire et elle de le recevoir…
  2. De même, une autre jeune femme, appelons la Marianne, a été reçue par un psychiatre qui au terme de l’entrevue à conclue « Vous avez peut être un Syndrome d’Asperger mais il faut faire des tests pour le confirmer » ( ah bon? Pourquoi pas simplement la revoir en entretien à nouveau ? ). Marianne est donc allée voir la psychologue testeuse du service hospitalier. Celle-ci lui a aussi dit « Vous avez peut être un syndrome d’Asperger mais il faut que je vois vos parents pour leur faire passer des questionnaires ( des tests quoi ) ». Marianne est donc allée voir son père qui est encore en vie ( Que fait-on si les parents sont décédés ? ). Mais le père a refusé. Dans ce cas, la psychologue est vraiment désolée mais « elle ne pourra pas faire de diagnostic à Marianne (!!????!!!) ».

Alors que nous médecins apprenons dans nos études que « le diagnostic est clinique », dans ces deux cas, ils ne semblent pas avoir confiance dans leur jugement. Est-ce par manque de confiance ou par manque de courage ? Ont-ils peur de prendre leur responsabilité de médecin et de dire « vous êtes autiste » ? je me le demande..

Le problème qui s’en suit est qu’ en France, les autistes de haut niveau continueront à être sous-diagnostiqués.

Pour aller plus loin:

  • Le problème de ne pas faire le diagnostic d’autisme de haut niveau… un cas d’un enfant et de sa mère!!!! cliquer ici
  • Voici des cours : sur le syndrome d’asperger et l’autisme de haut niveau et les signes précoce de troubles sociaux lors d’un autisme: cliquer ici .

Le Trouble du Spectre Autistique et l’humanisme

En psychiatrie et notamment dans la psychiatrie de l’enfant, on comprend différemment la pathologie à l’heure actuelle. Et il serait bon que les psychiatres comme les psychologues et autres intervenants s’y mettent!

Il existerait une infinité de combinaisons entre le « Normal » et le pathologique, dans le nombre des caractéristiques exprimées comme dans leur intensité. Nous parlons dorénavant en SPECTRE.

Dans le cas de l’autisme, la terminologie en a été changée. Nous parlons donc du Trouble du Spectre Autistique ou TSA.

Cette vision nouvelle est dynamique. Elle permet de mieux comprendre le fonctionnement de certains enfants, qui n’ont pas un autisme aussi caricatural que celui connu et médiatisé mais qui posent de réels soucis à leurs parents et aux enseignants. D’autant plus qu’ils sont plus tardivement diagnostiqués voire jamais diagnostiqués…

Le TSA caractérise un fonctionnement particulier de l’enfant/adolescent/adulte qui s’articule sur trois sphères:

  • Trouble de la communication: ce qui peut être « subtile » car l’enfant peut savoir très bien parler mais la fonction de « communiquer » est perturbée.
  • La permanence de l’objet : besoin plus ou moins d’un quotidien ritualisé.
  • Trouble de l’interaction à l’autre: relation à l’autre inadaptée (peu ou pas d’intérêt, trop de familiarité, compréhension sociale décalée)

Au fond, les critères du TSA extraient la « substantifique moelle » de ce que Kanner avait remarqué en son temps. Il avait eu le génie de synthétiser, d’extraires de comportements qui paraissaient différents des traits similaires. A l’époque la psychiatrie de l’enfant n’existait pas vraiment. Il en est un peu le père en rédigeant un premier traité de psychiatrie de l’enfant.
Après plusieurs années de « tatonnements », on revient au fond aux origines… A l’exception que notre observation est exercée et plus fine pour des troubles plus légers. Bientôt et par ce que l’on continue de chercher et de comprendre, une autre vision naîtra. Car nous allons de l’avant. 

Comment alors expliquer l’ébullition dans les milieux de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent en france? Ils refusent tout simplement le changement. Ils ont atteint un équilibre et, comme tout système, ils refusent de changer. Ils justifient aussi leur raison d’être, leur poste sous couvert d’humanisme envers les patients.
Mais comment peut-on encore se targuer d’humanité ? Quand on met en priorité l’arthérapie avant l’éducation pour un enfant ayant une déficience mentale (non évaluée du reste, ni explorée)? Comment peut-on répondre avec aplomb au parent « Ce n’est pas de moi mais de votre enfant dont on parle. » Quand ce parent tente de comprendre pourquoi l’arthérapie et non l’école, et qu’il vous demande avec beaucoup de claire voyance « Si c’était votre enfant, après sept ans de suivi, vous ne voudriez pas savoir ce qu’il a ?« 

Le soin ne doit pas outrepassr sa place. Nous ne sommes pas des magiciens. Tout enfant a le droit de recevoir une éducation adaptée. La lui refuser sous prétexte de soins revient à rajouter à son handicap. 

Consensus et psychiatrie ou la confusion entre psychiatrie et psychanalyse


L’HAS (Haute Autorité de Santé) et l’Anesm (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux) qualifient de « non consensuelles » les interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle pour les enfants et adolescents souffrant de troubles envahissants du développement (TED) dans leur rapport du 8 mars.
Dans le quotidien Le Monde, daté du 8 mars, il est écrit que :
« le professeur Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS, estime qu’il est temps que les psychiatres se remettent en question, et « acceptent une évaluation de leurs actions en fonction de critères d’efficacité sur le comportement des enfants, définis par eux et avec la coopération et l’accord des parents ».
En tant que psychiatre, et membre du Collectif Pour les Bonnes Pratiques en Psychiatrie et les Professions associées, je tiens à assurer que mon objectif, comme ceux de nombreux autres psychiatres (et intervenants paramédicaux), vise à soulager et donner une aide adaptée aux besoins de l’individu souffrant d’un trouble mental, et en l’occurrence d’un trouble envahissant du développement.
La psychiatrie est en effet une spécialité médicale. Les psychiatres ne peuvent pas jouer aux apprentis sorciers. Nous devons, comme nos confrères d’autres spécialités, recourir aux consensus internationaux basés sur les résultats de travaux de recherche. La psychiatrie est donc soumise à des évaluations. Et quand nous sommes dans une impasse thérapeutique, la remise en question doit être notre priorité.
A son époque, Freud qui était neurologue, a apporté un regard révolutionnaire et nouveau sur la psyché. Depuis, une foule d’axes de recherche se sont développés comme les neuro-sciences qui apportent des connaissances pointues sur notre cerveau. Malgré les découvertes, nous savons peu de choses mais nous devons « faire avec ». Nous devons donc suivre le consensus tout en gardant un regard critique. L’évaluation des soins apportés aux enfants est donc une réalité et une nécessité pour le bien de l’enfant.
Actuellement, le consensus est contesté par une partie des intervenants de formation psychiatrique. Cela pose une vraie question d’éthique. Pour ma part, je pense qu’ils oublient leur rôle de médecins pour soutenir une pratique psychothérapeutique, la psychanalyse, qui demande à prouver sa pertinence comme intervention thérapeutique chez l’enfant autiste. La psychothérapie ( qu’elle soit analytique, comportementale et cognitive, transactionnelle, systémique…) est une intervention thérapeutique auprès des patients. Or comme toute intervention thérapeutique, dans le cas de pathologie psychiatrique, elle doit être évaluée par des protocoles de recherche. Les patients doivent être inclus selon des critères d’étude et avec leur accord et celui des familles: comme dans tout protocole.
Pratiquer une thérapie hors consensus chez une individu souffrant d’un TED sans que l’intervenant ne fasse partie d’aucun protocole de recherche est discutable.
Les médecins psychiatres se remettent en question mais le problème vient de la confusion qui est faite par le grand public et certains médecins psychiatre eux-même, lesquels se sont formés à la psychanalyse et ont une approche globale analytique, à savoir: l’évaluation diagnostique et la prise en charge.
Or la psychiatrie n’est pas la psychanalyse :
Dans le premier cas, c’est une spécialité médicale qui se doit d’aider le patient en faisant un diagnostic et en apportant les traitement adéquats. Les théories sont du domaine de la recherche.
Dans l’autre cas, c’est une sciences humaines qui explique des pathologies et des processus développementaux à l’aide de théories analytiques.
Il reste que tous les psychiatres ayant une formation psychanalytique ne sont pas tous psychanalystes-psychiatre (ou « psychanalyste avant tout »). Ces derniers sont souvent cités, invités dans les médias. Ce qui renforce la confusion psychiatrie-psychanalyse.
Le refus du consensus par les psychanalystes-psychiatres est souvent justifié par une inquiétude, somme toute légitime, qui est de craindre un totalitarisme, une volonté sociale et quasi fascisante de normaliser les patients. Toutefois, la Psychanalyse n’a pas le monopole de « l’humanisme ». Soulager et fournir des outils, développer des aptitudes chez le patient, ce n’est pas nier sa différence. Ce n’est pas non plus refuser de voir comme lui, d’apprendre de lui et de sa vision singulière du monde. Mais doit-on laisser une personne boiter sous prétexte qu’il ne faut pas nier sa différence ? La canne n’enlèvera pas la différence mais le sujet souffrira moins et pourra se déplacer plus longtemps. L’humanisme n’est-il pas d’entendre la souffrance et de la soulager?