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Halte aux mots « peau de banane »

Non à la critique négative

Bien que l’on parle de plus en plus de la communication positive/pédagogie positive/éducation positive, en France la critique reste une activité prisée chez les adultes entre eux et envers les jeunes, surtout où je vis à Paris.

En ce qui concerne les parents et les enseignants qui la pratiquent encore en 2015, la raison est d’après eux : mettre la pression au jeune, le « booster » . Certains adultes affirmeront même  « qui aime, bien châtie bien ». Je leur répondrai une chose : commençons par nous respecter. Car est-ce du respect quand on assène sans rougir:

« Tu poses des questions idiotes » « Tu es vraiment débile » « Tu es nul » « Même un enfant de trois ans saurait le faire »

« Tu peux pas faire attention?! » « T’es pas dégourdi! »

« Tu ne veux jamais m’aider à ranger » « Tu ne penses qu’à toi » « tu es égoïste » « Tu ne fous rien »

« Ma parole, t’as un poil dans la main! »

« Qu’est ce que j’ai fait pour méritez ça? » (celle-là c’est le titre d’un film d’Almodovar)

« Vous n’aurez jamais votre Bac » (très souvent entendues en filière scientifique) « Vous êtes une classe de branquignoles » (bon là, pas sûre que les gamins comprennent et le prennent négativement :p)

« Tu n’as aucune culture » (et les jeux vidéos? c’en est pas de la culture, révisez votre définition » « tu ne t’intéresses à rien » (et la programmation c’est rien? La sécurité des sites web aussi?)

Bon Stop, je m’arrête là mais je pourrai continuer une journée entière sans panne d’inspiration ! En bref, la critique non constructive est très appréciée en France, Or doit-on la maintenir sous prétexte « d’exception française »? à quoi sert-elle ? Sûrement pas à trouver des solutions. Car ce qu’on dit à l’autre c’est :  « tu ne vaux pas grands chose, donc tu ne peux pas faire grand chose ». Pour le décourager y a pas mieux. (la motivation un article ici)

En plus d’être injuste (et de provoquer donc), elle entame la confiance en soi de celle ou celui qui les reçoit. D’autant que la parole de l’adulte est  « d’or » . Les paroles, les phrases maladroites sont ainsi de véritables peaux de bananes qui font chuter jusqu’à casser notre « confiance en soi ». Et les jeunes de reprendre à leur compte la critique. Ils s’auto-flagellent et flagellent leurs pairs, les plus petits plus vulnérables… Mauvaise façon de s’affirmer à savoir « dominant/dominé ».

Et quand on croit ne pas valoir grand chose que se passe-t-il? Tristesse, anxiété, voire dépression, opposition avec ou sans provocation, crises de colères etc…

J’ai ainsi rencontré, il y a peu, un garçon de huit ans qui voulait passer sous un train. Il le disait très sérieusement. Cela semblait pour lui la seule solution à son problème. Et quel était son problème? Il était nul à l’école et son enseignant le lui répétait souvent. Au cas où il oublierait.

Les  « peaux de bananes » font mal ! Combien d’enfants en France se sentent à l’aise à l’école ? Combien n’ont pas peur de poser une question « car ils n’ont pas compris »? Combien interviennent en classe quand ils sont sûrs de la réponse ? Combien ont mal au ventre le dimanche soir ?

Pour apprendre, il faut créer un climat favorable de motivation mais aussi de sécurité. Car apprendre demande de se dépasser, d’aller plus loin, d’aller en terrain inconnu. Il est indispensable de se sentir aussi protégé et le « respect » y contribue fortement.

J’irai même plus loin. Combien oserons jeunes adultes se lancer dans une carrière « à risque »? Comme par exemple « entreprendre »? Combien choisiront leur métiers, leurs activité professionnelle par « amour »? Combien sauront « aimé » ce qu’il font? Combien seront heureux?

Les peaux de bananes sont un véritable fléau pour le bien être de chacun mais aussi d’une société et de l’avenir de celle-ci. La peau de banane fait mal non seulement à celui qui la reçoit mais aussi à celui qui la balance. Car dire du mal nous barbouille aussi l’âme en nous confinant aussi dans un quotidien morose « tout le monde est nul » (cf article Stop aux croix intempestives).

Il faut donc apprendre à communiquer : l’écoute, le respect de l’autre et de soi sont au premier plan. Accepter l’autre tel qu’il est avec ses défauts et ses talents, comme nous-même. L’affirmation de soi respectueuse devrait s’apprendre à l’école mais pour cela, il faut aussi l’enseigner aux adultes et notamment aux (futurs) enseignants.

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage : cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici

Comment motiver en classe ? : cliquer ici

S’OCCUPER DES DEVOIRS SANS S’EN OCCUPER: AUTONOMISER.


Au delà du fait que je ne suis pas favorable aux devoirs après l’école, si elle finit à 16H30, en tant que pédopsychiatre, mère et « vieille » enfant TDAH, il faut bien trouver des solutions pour améliorer la gestion des devoirs. Car dans un nombre important de cas, les devoirs sont la bête noire des enfants ayant un trouble de l’apprentissage comme des parents… Ma réponse est la suivante et attention c’est un petit casse-tête: il faut s’occuper des devoirs sans s’en occuper…. Bon j’essaye de vous décortiquer l’idée…
Il vaut mieux éviter, autant que faire se peut, de vous occuper des devoirs. Si des conflits surviennent autour de ce pensum, rien ne sert de s’obstiner. Vous risquez, sans vous en rendre compte, de mettre en place une communication pernicieuse avec votre enfant/adolescent. D’une part, vous vous occupez surtout de lui quand son comportement  n’est pas adapté, ce qui peut favoriser la poursuite de celui-ci. D’autre part, vos relations affectueuses s’entachent de ce « passif » au quotidien entraînant déjà une anticipation négative de vous deux sur le déroulé des devoirs qui deviennent synonyme de « cauchemar », puis sur les autres interactions non scolaires, lesquelles peuvent fondre comme neige au soleil. Votre relation peut ne plus tourner qu’autour des devoirs et la sphère familiale peut aussi s’en trouver polluée: le frère ne peut plus rentrer dans le salon car sa petite soeur doit faire son travail (il ne se sent plus chez lui), les week-ends sont pris en otage par « faire faire les devoirs » empêchant tout programme de loisir familial, de moments de partage. Le couple parental peut aussi s’en trouver affecté…
Les devoirs sont la responsabilité de l’enfantet non la votre. Mais en même temps, il est normal de veiller à ce que son enfant se mette aux devoirs et de l’aider s’il en a besoin (oublis de cours, apprendre à s’organiser, incompréhensions, le faire répéter, lui apprendre à apprendre etc…).
Le parent qui « envoie » le jeune faire ses devoirs sans se préoccuper un minimum qu’ils soient faits et correctement, si l’enfant a des soucis pour apprendre sa poésie ou autre, pour comprendre la leçon ou l’exercice, ce parent n’accompagne pas son enfant dans son autonomisation.
Je vois ainsi arriver des parents me disant qu’ils ne s’en occupent plus comme « lepsy »leur a dit. Mais dans certains cas, le « gamin » n’est pas encore autonome. « Lepsy »débarrasse les parents du problème qui persiste.
Si en plus, « lepsy »vous dit que deux séances de psychothérapie par semaine aideront l’enfant, je suis en total désaccord avec celui-ci qui évacue aussi ce problème trop « terre à terre » ou le « dénie » pour employer le jargon. Il oublie ainsi les règles fondamentales d’apprentissage, d’imitation, de compagnonnage, d’éducation quoi!
Or l’éducation est mise à mal en cas de troubles, notamment d’apprentissages. Il reste que le problème ne se résout pas quand on le range dans un placard. Et peut être ne le sera-t-il jamais, comme j’entends certains psy me rétorquer, mais ne doit-on pas essayer? C’est que ça peut marcher voyez-vouspartiellement ou totalement. Car autonomiser ce n’est pas « tiens, vas-y ». On ne met pas une fourchette dans la main d’un nourrisson et on ne lui dit pas « tiens, mange maintenant ». Il faut qu’il ait acquis des dents, une coordination visio-praxique adaptée ou doit-on lui proposer une psychanalyse ?
L’autonomie scolaire est du même acabit : elle dépend de l’autonomie de l’enfant qui ne consiste pas non plus à « faire pour lui ». De même, il faut également faire attention à ne pas oublier l’enfant « trop autonome » (comme le frère ou la soeur qui n’a pas de difficulté), car il en souffre aussi et peut avoir le sentiment de ne pas avoir le droit d’avoir de l’aide, car il n’a pas le droit à l’erreur, ni de se plaindre, les parents ayant déjà assez de soucis avec l’autre enfant …
Donc, si je résume, il faut aider son enfant à apprendre à se responsabiliser et à s’autonomiser, à s’organiser. Quand c’est possible, il faut se faire aider:
– Par des pédagogues qui sont des spécialistes et non des vampires commerciaux, des « vrais gens » qui aiment enseigner et se remettent en question.
-Par les intervenants « psy » et paramédicaux qui prodiguent des conseils judicieux : ergothérapeute, psychomotricien, orthophonistes, par les psychiatres et psychologues qui se penchent sur cette question;
-Par un thérapeute familiale, au besoin, qui peuvent désamorcer une situation « bouchée » et accompagner les parents dans la gestion des devoirs et du quotidien.
-Par des parents, des amis, qui peuvent aussi soulager, s’ils connaissent et s’intéressent à la pédagogie.

Alors, comment fait-on devant avec un enfant qui refuse de faire ses devoirs? eh!eh! vous le saurez lundi….

EDUCATION: LA PUNITION, QUAND ET COMMENT ?


Les punitions, comme les règles que nous posons, sont censées être déterminées par l’âgede l’enfant, son degré d’autonomie et de responsabilité. Elles se doivent d’être justeset d’être clairementdéfinies. Or, ce n’est pas toujours le cas. En effet, il faut avoir conscience qu’elles sont aussi influencées par notre histoirepersonnelle (notre vécu concernant l’autorité exercée par nos parents), nos valeursainsi que nos peurset le degré de tolérance/fatigue/découragement/  « coups durs » que nous vivons.
Voyons quelques cas analysés succintement de sanctions/réactions « non efficientes » :
Un parent s’amuse avec ses deux enfants, respectivement âgés de trois et quatre ans , lesquels sautent sur le canapé pendant une demi heure. Soudain, le parent s’énerve et leur crie « d’arrêter ! » mais les enfants rient et poursuivent leurs jeux. Le parent, agacé et fatigué, se précipite sur eux et les tire avec une certaine brusquerie puis les prive du bisou et de l’histoire du soir.Les deux petites filles éclatent en sanglots.

Dans ce cas, Les règles sont floues (qu’ont ils droit de faire? Dix minutes de canapé? Pas de canapé?…). Elles varient en fonction de la tolérance du parent (ou de « son bon vouloir ») lequel s’est fatigué au bout d’une demi heure mais qu’en est il un autre jour? Sa tolérance sera plus ou moins endurante. Comment les enfants peuvent le savoir? Le parent ne prend pas en considération l’excitation générée par le jeu, et le fait qu’il faut une durée psychiologique pour que l’excitation retombe. On ne peut pas juste s’arrêter de rire ou de s’enervé par « un claquement de doigt ». La définition d’un comportement « acceptabl » (« bon ») et d’un « mauvais/inacceptable comportement » est ici ardue pour l’enfant de trois quatre ans! En effet, le parent s’amuse du (bon?) comportement de sauter sur le canapé. Et soudain le bon comportement devient mauvais sans que les enfants n’aient le temps de comprendre, sans avoir eu d’information en ce sens (au contraire le parent s’amusait!). Ils se retrouvent tirés physiquement et privés d’un moment important de la fin de journée (le rituel du soir)… Aucun message n’est clairement donné. Le parent perd patience brusquement car lui-même a dépassé son seuil de tolérance. Sa demande est alors faite dans l’impulsion. Il ne prend pas le temps de parler clairement à l’enfant. Ce qui ne permet pas d’obéir ni d’apprendre le bon comportement à avoir. Ce comportement erratique alimente le sentiment de l’enfant d’un climat d’insécurité. Dans ce cas précis il faudrait établir ce que les enfants ont droit de faire: s’ils ont droit de sauter dix minutes et bien informons- les et mettons un timersur dix minutes. Si cela vous paraît coercitif alors vous confondez limites et autoritarisme. Cela étant, sauter sur le canapé c’est rigolo mais pour le parent assis et le susdit canapé peut-être pas… Alors quelle est la limite à mettre en place, « la règle »? Doit on vraiment laisser le canapé comme terrain de jeux?
Dans le même registre la fessée que je nommerai « sanction réactive » est un acte impulsif qui traduit un « trop plein » du parent. Sa tolérance est dépassée et il réagit sous le coup de la colère en sanctionnant physiquement, plus ou moins brutalement. Le parent montre à l’enfant qu’il résout un problème par la colère, le passage à l’acte sous le coup de la colère. Or l’enfant apprend en premier de ses parents. Si vous le frappez (même légèrement), pourquoi ne peut il pas le faire en cours de récré? Et pourquoi lui dites vous le contraire?
A-t-on le droit de frapper un individu qui nous agace? A-t-on le droit car c’est un ou/et notre enfant? C’est un acte humiliant et l’humiliation n’est pas éducative. Nous demandons à notre enfant de nous respecter et de respecter les autres, nous devons donc être un exemple pour eux et nous devons les respecter tout en les éduquant.
Des parents inquiétés par leur histoire personnelle ou encore l’enseignant (à Paris cela arrive parfois dès la maternelle…) se plaignent que leur enfant Robin ne soit pas motivé pour faire ses devoirs de CE1. Il rechigne « car il pense trop à jouer ».
Pour le motiver, Ils décident de lui supprimer le court dessin animé qu’il aime regarder au retour de l’école. Un des parents s’exclame que Robin n’est pas courageux.

Dans ce cas présent, la sanction est injuste car elle n’est pas raisonnable. Nous ne pouvons pas tenir rigueur à un enfant de vouloir s’amuser! Bien sûr, il doit faire ses devoirs (ça se discute après autant d’heures passées en classe…). Du moins « il le faut », comment l’aider à se motiver? Par la sanction? Et par le dénigrement de ce qu’il serait (couard) ? Ceux sont deux outils fort prisés en milieu familial et scolaire mais qui ont leur limites…Ainsi que des conséquences pernicieuses telles que la démotivation et le manque de confiance en soi ! Mieux vaut motiver par l’économie des jetons ou les bons points! Et puis aussi réfléchir: n’a-t-il pas trop de devoirs? N’a-t-il pas des problèmes à se concentrer, à écrire, à calculer…? Les enfants sont très volontaires mais ils se démotivent…
Une petite fille (moi) bavarde ou dessine sur son cahier de leçon. La maîtresse la sanctionne en lui demandant de copier cent fois « En classe, je ne dois pas bavarder ni dessiner ». A d’autres moment, mais en guise d’apprentissage et non de sanction (mais c’était vécu comme une sanction vue qu’on me donnait des lignes à faire en punition!) : je devais écrire et réécrire des mots que j’avais mal orthographiés un grand nombre de fois… Damned…

Dans ce cas précis, j’ai arrêté transitoirement les « mauvais » comportements mais du coup, je n’écoutai plus le cours (les gribouillages m’aidaient en fait)! Concernant les fautes d’orthographes, elles ne m’ont malheureusement jamais abandonnées !!!! Mon problème de concentration n’allait pas se régler par des lignes et des lignes copiées ! Il vaut mieux se demander comment aider en classe l’enfant ADHD? (suite au prochain numéro). Enfin, copier des lignes n’est pas efficace mais rébarbatif, c’est le but recherché (et pas d’inciter). Mais on oublie que certains enfants (dyslexie, dyspraxie, ADHD…) n’aiment pas écrire car ils éprouvent de la difficulté. Les lignes contribuent alors à le dégoûter. D’après moi (mais certains dirons que je suis juge et partie !), les lignes de copie méritent donc d’être oubliées pour toujours! En classe comme à la maison.
Roseanna reçoit deux heures de « colle » pour avoir répondu sèchement à son professeur. Pour montrer leur solidarité avec le collège, les parents la punissent : elle n’ira pas au ciné comme prévu le week end suivant.

La double sanction est INJUSTE. Roseanna ne peut pas se sentir respectée par ses parents. Elle a été punie par l’école pourquoi devrait-elle l’être doublement? Ce qui peut la pousser à poursuivre par provocation…ou à se replier sur elle-même ou à fuir la maison (en passant du temps dehors..).
Si un enfant ou un adolescent est puni à l’école, je vous suggère de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé plutôt qu’à le punir une seconde fois. Du reste, vous apprendrez peut être des choses fort instructives sur son fonctionnement (« je ne peux pas m’en empêcher » « c’est plus fort que moi » etc …) ou sur celui de l’enseignant ou de l’établissement où il passe huit heures par jour. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il y a systématiquement un problème psychologique à une insolence!
Alors quand punir et comment ?
Il est indispensable de penser à punir avec parcimonie ! Il vaut mieux inciter, valoriser et motiver le bon comportement. La punition doit responsabiliser et donner à réparer.
En général, il est plus juste d’informer de la punition qu’encourt l’enfant ou l’adolescent avant de punir. Une punition doit être raisonnable et pour cela être limitée dans le temps (un jour, une semaine, deux…), réalisable (pourrez-vous « tenir » si vous privez de week-end festif alors que les billets sont reservés ?) et « proportionnelle » à la faute.
Voici quelques situations fréquentes où il y a « conflit » et sanction :
La console de jeu :
Maxime, onze ans, joue trente minutes tous les samedis et dimanches à la console. Il refuse ou tarde à arrêter son jeu vidéo. Parfois il se bat avec son frère.

Dans ce cas, Il vaut mieux en amont cadrer la règle des trente minutes par la mise en place d’un chronomètre ou timer. Lorsque celui-ci sonne, le jeune sait qu’il doit arrêter de jouer sans se disputer. Cette opération doit se faire rapidement. Si elle dure ou/et il se dispute, il sait que le prochain jour de console, il n’aura pas le droit d’y jouer car il doit apprendre à être responsable du temps qui lui est imparti: pour cela il doit pouvoir gérer son temps avec le timer(et non les parents). La fois d’après, il réessaiera. Si cette fois, il éteint et ne se dispute pas alors les séances reprendront comme d’habitude.
La sortie avec retour tardif :
Systématiquement Marianne rentre avec une heure ou deux de retard.
Elle appelle ou envoie un texto selon …

Un retard ça se comprend mais quand il est systématique (toujours avec des bonnes raisons), on conclut à une grande capacité d’imagination mais aussi à un besoin d’apprendre à gérer son temps. La règle appliquée à la console peut être utilisée dans ce cas avec l’idée, encore une fois, de la responsabiliser.
La dégradation:
Garance, quatorze ans, claque la porte de sa chambre à chaque fois qu’ il est frustré, déçu ou encore contrarié. « Il est vénere ». Le problème est
que la dernière fois il a cassé la porte…
Une dégradation dans un lieu public est grave. On ne peut pas excuser et banaliser en mettant sur le compte d’un problème transitoire. D’une part, Il est indiqué de consulter un spécialiste afin de comprendre l’impulsivité et l’intolérance à la frustration excessives que Guarance présente (problème strictement éducatif ou associé à ADHD, autres?…). Cet avis permettra de trouver les meilleurs outils pour l’aider à développer une gestion adéquate de la frustration. D’autre part, Guarance doit réparer même s’il n’a pas fait exprès. Dans ce cas, les travaux que je nomme « d’intérêts familiaux » sont pertinents. Ils vont permettre de dédommager financièrement la réparation de la porte dont il faut estimer le coût financier (et cela même s’il la bricole: la partie dégradée aura un coût moindre). Puis il faut évaluer « le coût » d’un travail d’intérêt familial et donc du nombre que Garance va effectuer pour se dédouaner.
Le vol:
Alaïs est fou d’un jeu en ligne. Il y joue beaucoup et gagne pas mal de vies et d’objets en tout genre. Ce qui le rend fier. Malheureusement, ses parents refusent qu’il s’achète des objets (virtuels) avec son argent (véritable « en vrai »). Mais voilà, il a craqué, et à deux reprises, il a utilisé la carte bancaire de son père…
Comme pour Garance, Alaïs doit dédommager par des travaux d’intérêts familiaux. Il est important que cela se fasse par une ou plusieures tâches et non par « un virement  bancaire» comme je l’ai déjà vu ou juste une privation d’argent de poche… Les tâches permettent au jeune d’appréhender un peu plus les conséquences de son geste.
Quand on décide d’une punition il est nécessaire d’expliquer notre motivation pour responsabiliser et donner à réparer.

MESURES COMPORTEMENTALES EDUCATIVES : LES ROUTINES pour les enfants « rêveurs »

 
 
Au cours d’une journée (au lever, au coucher…), nombreux sont les parents (d’enfants ADHD) qui se plaignent de répéter des dizaines de fois une consigne et de se dire, de guerre lasse, que l’enfant « le fait exprès! ».  A l’école, certains enseignants sont confrontés aux mêmes problèmes : « A chaque nouvelle activité, je dois lui redire, de prendre le cahier, de l’ouvrir etc… Il se moque de moi ! « .
Cette situation déroutante entraîne des interactions négatives par les reproches inévitables que l’adulte fait à l’enfant. Or, même s’il ne le montre pas ou ne l’exprime pas (il peut même rester souriant), celui-ci les entend et se rend compte qu’il a un problème. Ce qui nourrît une mauvaise image de lui. Alors que doit-on faire ? Poursuivre les reproches ? Punir même si cela ne sert à rien à la longue ? Accepter la différence et arriver systématiquement avec trente minutes de retard à l’école? En classe : laisser l’enfant vaquer à ses rêves en continu?
Pour combattre ces difficultés, il est indispensable de créer des routines. Les routines ne sont pas des conditionnements « bêtes et méchants » « aliénants » comme certains le croient. Les routines vont devenir des habitudes sur lesquelles l’enfant va pouvoir bâtir et progresser, autant dans son quotidien que dans sa pensée : exit les crises, la procrastination et d’autres maux qui se greffent au trouble attentionnel avec ou sans hyperactivité, lequel n’est pas une maladie mais est pourvoyeur de bien des soucis !
 
Comment créer ces routines? 
Il faut réfléchir aux moments de la journée qui posent un problème organisationnel.  Puis il va falloir avec l’enfant (ou sans, selon son âge) déterminer chronologiquement toutes les étapes qui vont constituer cette routine. Chaque étape est représentée par un pictogramme auquel on associe un horaire. Pour ma part, je dessine chaque étape avec l’enfant (ou je les lui fais dessiner). Vous pouvez bien sûr trouver des pictogrammes ou faire des photos.
Puis il faut chercher l’ endroit « stratégique » de la maison où sera exposée la routine : chambre, salle de bain, cuisine… Certains parents s’inquiètent de voir leur maison devenir le lieu de telles expositions ! Quand la routine est acquise et devient une habitude, il n’y a qu’à enlever ces oeuvres éphémères ! Et si ce n’est pas possible, ne vaut-il mieux pas quelques feuilles/picto/photos qui colorent les murs plutôt que des sempiternelles répétitions négatives ?
L’enfant ADHD a (plus ou moins) un  souci de planification et d’organisation temporo-spatiale (les jours et les mois peuvent être acquis plus tardivement d’où: picto!).  Ils ont aussi parfois du mal avec les transitions : changement de lieux (certains parents disent: « on va sortir, on va rentrer et hop,  Une colère! »)
Les routines permettent ainsi de commencer à conceptualiser ce que c’est de planifier. La routine permet à l’enfant de mieux maîtriser son temps et l’aide aussi dans sa confiance en lui. Parfois certains enfants sont récalcitrants et résistent pour des raisons diverses mais souvent car ils sont tristes, pensent ne pas pouvoir, ne comprennent pas les conséquences… Il faut alors associer à la routine le système d’économie des jetons/bons-points.
À la maison, les moments de la journée qui posent souvent des problèmes sont:
  • Le matin entre le lever et le départ à l’école.
  • Le retour de l’école entre les devoirs et le dîner.
  • Le coucher entre le dîner et le coucher.
Bien sûr, en plus des routines, il faut s’assurer que les difficultés ne relèvent pas d’autres soucis (ou n’interagissent pas), comme :
  • Un trouble du sommeil: un enfant ADHD sur deux a des problèmes à s’endormir, et peut s’endormir très tard sans que le parent le sache. Le sommeil est agité, des réveils nocturnes sont fréquents. Le somnambulisme, le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil sont plus souvent associés.
  • Un parent qui travaille beaucoup et que l’enfant peut voir le soir tard : ce dernier retardera l’heure du coucher…
  • L’existence d’idées automatiques négatives qui surgissent au moment des devoirs ou des contraintes : « j’y arriverai pas » « ça prend toute ma journée » « je ne fais que ça » « ça m’empêche de jouer ». Un exemple: Carmela joue avec ses copines au jardin toutes les après-midi après l’école alors que sa soeur Viviane fait ses devoirs avec ses amies au parc. Quand Carmela rentre et doit se mettre au travail elle peste de voir Viviane jouer avec ses poupées…. « Elle s’amuse elle ! »
Les « oublis » gagnent à être intégrés dans des courtes routines :
La carte du patronage, les affaires de classe, de sport, les clés… seront toujours rangées au même endroit dès que l’on rentre /dès que l’on a fini …
Et à l’école ? Si l’enseignant rencontre les mêmes problèmes : il faut faire… Des routines ! Elles pourront être écrites sur le mur ou dans un coin du tableau et bénéficieront ainsi à d’autres élèves. Pour des soucis concernant plus précisément l’enfant, l’enchaînement chronologique sera noté/dessiné sur des étiquettes plastifiées collées (ou non) sur sa table. Des pictogrammes peuvent aussi être utilisés comme: Ecouter, Se taire, Commencer à lire.
Et si votre enfant n’est pas ADHD ? Pourquoi pas une/des routines s’il en a besoin?!
Enfin, tout comme le système des bons points, il faut s’inscrire dans la durée et persévérer.


(Illustration: Victoire 2011)

SAVOIR DISTINGUER BESOIN DE DÉSIR … Et savoir répondre aux demandes de son enfant/adolescent.


En tant que parent, nous devons subvenir aux besoins de notre enfant, que l’on pourrait résumer par l’amour, le respect, l’écoute et la guidance éducative ( développer son esprit critique en fait partie).

L’enfant ou l’adolescent, a-t-il besoin (pour « souffler » après l’école) du dessin animé du midi en semaine ? De la console de jeux ? De chamallows crocos chocopouettes et autres friandises ?… La liste est longue de ces désirs déguisés en besoin.
Car la myriade de sollicitations et d’offres dans notre monde de surabondance entraîne une confusion entre la notion de besoins et de désirs. Le besoin est indispensable au développement de l’enfant alors que le désir ne l’est pas. Le désir n’est donc pas un dû mais le plaisir que l’on en tire adoucit notre vie. Les paroles de la petite chanson de Mozart en témoigne : « Je préfère les bonbons à la raison ».
L’enfant ou l’adolescent a le droit de désirer et de chercher à satisfaire son désir à condition que celui-ci soit adaptéEn cherchant à se satisfaire, il apprend seul et acquiert des nouvelles compétences. Il s’autonomise.
Quand ses désirs sont inadaptés, notre rôle de parent est encore moins une partie de plaisir pour lui ou pour nous mais est indispensable. Nous devons l’aider à y réfléchir voire nous devons nous y opposer. Un bon parent ne satisfait pas tout.

Et c’est la question qui taraude bon nombre de parents: dois-je refuser la dernière console? Le sac-le-plus-cher-du-collège? Car SERAIS-JE UN BON PARENT?
Reprenons le début : les parents se doivent d’apporter amour, respect, écoute. Pour savoir si vous êtes un bon parent, « un parent qui fait au mieux », posez-vous les bonnes questions :
Votre enfant a-t-il une chambre? Mange-t-il à sa faim ? Est-il en bonne santé? Va-t-il à l’école? a-t-il des amis? A-t-il des jeux? A-t-il droit de jouer? Exprimez-vous verbalement et par des gestes tendres votre amour pour lui? Respectez-vous son intégrité physique et psychique? Jouez-vous avec lui de temps en temps? Prenez-vous du temps pour parler avec lui? L’écoutez-vous quand il se plaint et vous demande de l’aide? Lui offrez-vous des cadeaux dans les occasions importantes?…

Comment alors répondre à la demande de l’enfant/ado? Déjà en prenant notre temps ! Il faut s’interroger et l’interroger dans un second temps sur l’activité ou l’objet qu’il désire :

est-ce bon pour lui ? À savoir : Est-ce de son âge?

La télévision avant trois ans n’est pas indiquée. Les films violents provoquent des peurs, des angoisses en fonction de l’âge et du type d’enfant (très imaginatif, l’enfant aura plus de peurs, de troubles du sommeil).
Des temps de jeux vidéo trop longs favorisent la survenue de crises d’épilepsie. Après un temps de jeu vidéo chez l’enfant hyperactif, les parents remarquent en consultation l’exacerbation d’une agressivité.
Le contenu de ces jeux peut être violent, voir extrêmement violent, et malgré les interdictions en fonction de l’âge, les magasins de jeux n’hésitent pas à vendre à des enfants de dix ans des jeux interdits au moins de dix huit ans !!!!

Est-ce compatible avec sa santé?

Savez-vous que la luminosité des écrans diminue la sécrétion de mélatonine, un neuromédiateur qui informe le cerveau qu’il est l’heure de dormir. Une sorte de marchand de sable intégré! Le problème est que chez certains enfants le pic en mélatonine de base est déficient. Ce qui entraîne plus de difficultés à s’endormir…
Le temps passé devant un écran est corrélé au poids et au manque d’exercice physique: la sédentarité est favorisée par la pratique de jeux vidéo, internet… On peut donc se demander si cette pratique est adaptée aux enfants diabétiques, en sur poids ?….

Est-ce compatible avec la vie de famille, la vie amicale, la vie sociale (voire les apprentissages)?


Certaines activités isolent grandement de la vie familiale et sociale : l’enfant refuse les sorties pour passer du temps sur sa console le week-end…Ne pas avoir certaines affaires, signes de reconnaissance du groupe, peut être mal vécu dans des établissements scolaires très sélectifs….Cette pratique habituelle au collège est malheureusement entrain d’envahir la cours de récréation des primaires!





Est-ce compatible avec la vie d’écolier/collégiens/lycéens ? Avec le temps consacré aux devoirs, à la lectures, à la rêverie, à la musique, au sommeil…? 





Est-ce compatible avec le budget économique familial? Pouvez-vous vous permettre un tel achat? Ne doit-il pas participer à celui-ci? Est-ce tout simplement irréalisable pour vous?





Est-ce respectueux de lui? De vous? Des autres?

Si la réponse est favorable, l’enfant ou l’ado doit se plier à des règles dépendantes de son âge et qui l’aident à apprendre à réguler l’activité comme le temps passé sur un jeu d’écran, sur msn, sur le téléphone portable… Savez-vous que le soir (et oui les textos illimités!) les ados peuvent recevoir 500 sms voire plus ? Savez-vous que bon nombre regardent la TV dans leur lit grâce à leurs bidules performants miniaturisés que vous lui avez offert pour téléphoner ?

Enfin, il doit fournir des efforts pour obtenir ce qu’il veut ! L’obtention d’un objet/activité est bien plus gratifiant quand on l’achète avec l’argent gagné ! Ces efforts peuvent être :

De devoir contribuer financièrement en faisant « des travaux d’intérêts familiaux », en faisant un petit job (baby sitting, …).





De fournir un nombre spécifique de bons points ou tickets ou jetons. Ces bons points sont gagnés en fournissant des efforts pour lui et pour la famille : devoirs, des tâches ménagères ou familiales; comme aller chercher son petit frère les soirs où vous avez besoin qu’il le fasse, ranger ses vêtements, sa chambre, mettre une machine, le couvert, faire le repas, sortir le chien, faire la litière du chat, nettoyer la baignoire, les WC, passer l’aspirateur, etc…

Et s’il vous dit que vous êtes ringard? Souriez tous les parents passent par là! 

La prochaine semaine, je donnerai quelques conseils en fonction de l’âge… sur la télévision, les jeux vidéos, le téléphone portable…

QUAND L’ANXIÉTÉ DE SÉPARATION APPARAÎT: COMMENT LA GÉRER ?

Lorsque l’enfant souffre d’anxiété de séparation. Il est bon d’utiliser le rituel et le doudou :


. Quand vous partez il vaut mieux mettre en place un petit rituel court. La répétition est rassurante pour l’enfant. Elle lui signifie que ça recommence/ ça revient. 
. Le doudou ou parfois les tétines-doudou (certains enfants en ont plusieus attachées entre elles) est un objet « familier » qui fait donc partie du groupe « familier » qui accompagne l’enfant et qui reste avec lui. Il l’accompagne à la crèche, chez la nounou mais aussi chez papa ou chez maman s’ils sont séparés.
Surtout, faites attention à ne pas trop le rassurer quand vous partez. Il pourrait lui-même s’inquiéter si vous le rassurez trop! Le message que vous lui envoyez serait « tu as raison d’avoir peur ». il faut donc l’informer et lui dire que vous allez revenir. Vous pouvez aussi parler de toutes les bonnes choses qu’il fait à la crèche ce qui permet de positiver l’absence. En effet, il « profite  » aussi sans vous. Il est donc important de ne pas utiliser la crèche comme une punition! 


Attention aussi à une erreur souvent faite: quand l’enfant exprime sa peur, si vous lui dites « mais non » ou lui donner une réponse « va jouer avec Mimi la souris », il ne se sentira pas écouté et ne pourra pas apprendre à puiser dans ses propres ressources.  Il pourra aussi penser qu’il n’a pas le droit d’exprimer sa peur qui sera tue ou exprimée uniquement par la colère… Il vaut mieux confirmer que vous avez entendu sa peur mais que vous lui faites confiance; vous pouvez lui demander de penser à ce qu’il va faire de bien (sans vous). Ce n’est que dans un second temps, que vous lui proposerez des exemples s’il n’a pas d’idées. Ne soyez pas un trop bon parent!  
Enfin, le jeu est intéressant. Il se fait en dehors de la séparation. On joue à la permanence de l’objet en cachant un petit cube dans un autre grand cube devant lui et en s’extasiant qu’on le retrouve tout de suite! On joue à éteindre puis allumer la lumière,  à sortir d’une pièce puis à rentrer etc…

L’IMITATION: MOTEUR D’APPRENTISSAGE ET D’INTEGRATION SOCIALE

L’imitation permet de rentrer en contact avec l’autre et d’être intégré au groupe. Il n’y a qu’à voir les sorties d’écoles, collèges et lycées pour voir que les enfants portent le même sac, cartable, le même sweet-shirt. Les enseignes coûteuses sont bien placées sur ce marché!

Dans le monde animal, l’orque, selon le groupe où il naît, sera carnivore ou piscivore!

L’imitation permet de rentrer en contact avec l’autre. Imiter l’autre donne un langage commun. Alors que le contact à l’autre est un problème pour l’enfant autiste, Jacqueline Nadèle, psychologue française, a utilisé l’imitation pour rentrer en contact avec des enfants souffrant de ce trouble.

L’imitation permet donc de rentrer en contact, de nous intégrer au groupe. Elle nous apprend aussi à « être » avec l’autre mais aussi à faire. Une partie de la formation en dessin ou en peinture est d’apprendre à imiter des oeuvres des maîtres.

Dans son développement, l’enfant apprend en imitant. Et qui imite-t-il? Celui qui sait: ses parents, sa maîtresse, et aussi son héros préféré…. Alors si nous nous plaignons de son agressivité, observons-nous d’abord : savons-nous gérer notre agacement? Laissons-le nous devant des films ou des émissions où la violence est banalisée ?
Si nous nous plaignons qu’il ne lise pas des livres : lisons nous? etc…
Une astuce : Quand nous jouons avec un enfant , il est intéressant de suivre ses gestes et de l’imiter. Nous rentrons ainsi plus facilement en contact. Un exemple: Quand je joue à la dinette avec une petite fille de deux ans, je « bois » en même temps qu’elle, je fais les petits bruits qui accompagnent les gestes comme elle…. Si j’introduis un bruit, elle se l’approprie et fait de même. Si elle a du mal à parler ou si elle ne parle pas, elle peut apprendre de notre jeu. Pour cela, je vais commenter ce qu’elle fait et nommer les objets qu’elle utilise. Elle va entendre et mieux associer les mots/ les phrases à ses gestes.


(Illustration Sarah KAY)

PLAISIR D’APPRENDRE INNE ?


Il est communément établi qu’un enfant « doit prendre conscience par lui-même de l’intérêt qu’il a d’apprendre », voire du plaisir qu’il peut y prendre. En science pédagogique, certains « penseurs » ne démordent pas de cette idée fondatrice de ce système d’apprentissage. D’après eux, les enfants puis les adolescents doivent prendre conscience de l’intérêt qu’ils ont à apprendre « car c’est de cette façon qu’ils apprennent mieux ».

Or en fonction des personnalités, mais aussi du  » bain familial  » (La vie est un long fleuve tranquille est un exemple caricatural certes mais révélateur), certains enfants sont conscients très tôt de l’intérêt et du plaisir qu’ils peuvent éprouver à étudier, mais d’autres pas du tout ! Ils préfèrent jouer. Activité bien didactique du reste…

Alors que faisons-nous en tant qu’éducateur? Attendons-nous qu’il ait une étincelle, une « mâturité » qui lui tombe sur la tête? Attendons-nous qu’il en prenne conscience seul?
Lui rabâchons-nous « la chance qu’il a d’aller à l’école » « l’intérêt d’apprendre pour avoir un bon métier »? Faisons-nous planer le danger du chômage?
Le congratulons-nous quand il a une bonne note ? Ou lui montrons nous que cela nous fait plaisir?

Le punissons-nous s’il ne travaille pas ou s’il n’obtient pas des résultats qui nous satisfont?

Il y a fort à parier que cela ne marchera qu’un temps.

Apprendre, demande de l’effort. Si l’enfant ne tire pas du plaisir au bout de cet effort, il n’a aucun intérêt à répéter. Souvent les enfant le répètent pourtant, non pour leur propre plaisir mais pour celui de leurs parents « pour qu’ils soient contents ». Souvent ils font l’effort désagréable pour ne pas recevoir une punition désagréable. A terme, les enfants se rendent compte que la punition est moins embêtante que l’effort de travailler (il s’amuse en attendant la punition), ou que de contenter ses parents n’a qu’un temps. Enfin, d’autres en manque de leurs parents, découvrent que ceux -ci sont plus attentifs à eux quand il a un mauvais comportement: ils tirent alors paradoxalement un bénéfice à se faire punir.

Décidemment, les enfants pour une partie, ne veulent pas comprendre que travailler à l’école « c’est pour leur bien » ! Alors pourquoi ne pas les aider en « matérialisant » ce concept de « prendre du plaisir à apprendre »? Pourquoi ne pas passer par des étapes « matérielles » avant d’atteindre conceptuellement cette pensée?

Imaginez que cette idée « apprendre=effort=plaisir » est cachée dans une boite. Pour que l’enfant puisse l’ouvrir, il doit connaître une formule magique « c’est pour moi ». Mais cet enfant préfère jouer et ne connait donc pas cette phrase. Que fait-on? Lui laisse -t-on la boite et advienne que pourra ? Ou lui donnons-nous à rechercher des indices qui vont l’aider à trouver la formule? Cela me rappelle le dessin animé d’Azur et Azmar , et de façon plus générale les histoires de quêtes. Ainsi, Azur pourra délivrer la fée des djinn, grâce à l’aide d’indices…
Alors comment aider l’enfant qui tient cette boite noire en louchant sans trouver la solution ? Et bien, il y a l’apprentissage ludique et aussi le renforcement positif qui apprend à faire des efforts.
Mais attention ce n’est pas « le bâton ou la carotte » ! Quand l’enfant fournit un effort, il reçoit un renforcement positif (exemple: une carte). Quand il ne fournit pas d’effort, il ne reçoit rien. Ce qui permet de dédramatiser les conséquences du non comportement et de diminuer les interactions négatives qui surviennent quand « il n’a pas fait ». Les cris et les punitions n’aident pas à l’arrêt du mauvais comportement car pouvant eux-même représenter un petit plus (pour certains enfants le bâton c’est mieux que rien).
Le renforcement positif permet de matérialiser le plaisir final après un effort et même de valoriser celui qui a fourni cet effort.
Une carte ou un bon point aide l’enfant à concevoir matériellement cette vue d’esprit qui est « effort=plaisir ». Certains thérapeutes proposent aussi la gommette ou de dessiner un soleil.
La carte, pour ma part, me semble encore plus « matérielle » et consiste déjà à un petit plus (quand L’enfant de 3 à 9/10 ans gagne par exemple une carte représentant son héros préféré…. Youpi!)
Il peut même ensuite les utiliser comme un moyen de paiement. Grâce à une, deux ou trois cartes rendues à un parent, il peut faire un jeu de société, visionner un épisode de son dessin animé, se coucher quinze min plus tard, lire une histoire en plus le soir etc…
« Nos efforts sont payants »: Ne le disons-nous pas? Et bien, dans le cas de l’enfant bénéficiant de ce système, ce sont ses efforts et non le bon plaisir de ses parents qui lui offrent « des petits plus » dans sa vie d’enfant .
Il apprend ainsi qu’il a plus d’intérêt à avoir un bon comportement et qu’il est capable de fournir des efforts pour celui-ci.
Souvent, les enfants et les adolescents (je parle alors de crédits avec eux) accrochent vite à cette méthode. Et même s’ils peuvent devenir avides de récompenses, cela ne les rend pas « cupides »! Ils ont envie de bien faire et sont fièrs d’y arriver. N’est ce pas mieux un enfant qui ne frappe pas sa soeur sans arrêt car respecter sa soeur est un bon comportement ? Qui aide à mettre la table, à ranger ses affaires ? Etc…
Du reste, l’enfant qui gagne des bons points, intègre dans un second temps le bénéfice de faire cet effort. Le bon comportement devient une habitude. L’enfant n’a plus besoin d’être motivé. Il a intégré le bon comportement. L’effort devient naturel.
Certains parents ne se retrouveront pas dans ce mode éducatif. Surtout quand leur enfant ne pose pas de problème… Mais pour ceux qui ont des enfants ou des ados qui supportent difficilement la frustration, les efforts, les contraintes: le renforcement positif est la formule magique provisoire, à condition
– elle soit bien comprise : ce n’est pas une carotte.
– elle ne soit pas d’un flou spectral : un petit garçon a gagné cinq bon-points, il est fier car il a gagné la possibilité de faire cinq parties de cache-cache avec ses parents. Mais voilà, il faut trouver le temps et cela fait déjà quatre jours…Pourquoi en gagner plus????.
– elle ne demande pas une patience de moine zen : La gratification doit être rapide : un bon point par bon comportement par ex. L’enfant peut en gagner cinq ou plus dans la journée. Mais seuls deux suffisent pour avoir un « petit plus ». Et non pas les « 50 POINTS BLEUS qui permettent l’obtention d’un stylo- plume » comme parfois les maîtresses bien intentionnées proposent à leurs élèves de primaire… seuls les « bons élèves » les obtiennent en fin ou milieu d’année. Démotivant n’est ce pas? A quoi bon fournir des efforts !
(Illustration: Azur et Asmar. scénario-réal M Ocelot)

Frustration et plaisir unis pour le développement psychomoteur.


La motivation est un formidable moteur de l’apprentissage. Nous sommes motivés à apprendre et à faire des efforts, quand cet apprentissage nous donne du plaisir. ( les profs « passionnants » = plaisir)…. Mais la frustration joue aussi un rôle!

Un enfant (trop) satisfait, ne ressent pas le besoin de chercher par lui même du plaisir.
Il n’est donc pas motivé. Un enfant frustré apprend à utiliser et développer ses compétences pour se satisfaire lui-même. La frustration encourage l’indépendance physique, psychique, affective.

Un exemple : un petit garçon aime bien monter les cubes les uns sur les autres pour construire « la-montagne-très-très-haute ». Mais comme il n’y arrive pas encore tout seul, sa maman l’aide à chaque fois. Cet après midi, il se met en colère car elle ne peut pas jouer avec lui . Après un moment où il exprime sa frustration, il se met à jouer tout seul. Il dessine un peu et découvre que le bouchon est creux et qu’il peut mettre le feutre dedans, puis il décide de tenter une construction avec les cubes et bâtit différentes maisons (différents murs) qui se transforment après en navires…