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Comment gérer les écrans et internet: pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents

Deux ans et demi, tout un tas de versions et une photo avec des figurines que j’adore ( comme mes petits patients: j’ai la maison et l’école des Sylvanian. Je sais c’est hors propos…). Et voici mon bouquin « Comment gérer les écrans et internet: pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents » ! N’attendez plus il est disponible ! Le titre est long. Je sais. Mais je n’arrivais pas à faire plus court. Je n’avais pas non plus envie de faire du sensationnel ou de plagier le titre d’un livre que j’ai beaucoup apprécié : Internet nous rend-il bête ? (N. Carr : lien) Ce qui aurai pu donner « Internet et les écrans rendent-ils bêtes nos enfants et nos adolescents? « . Pas mal, non ? Bien provocateur et donc racoleur… Pour la photo de la couverture, ça a été la même chose, je ne voulais pas utiliser un enfant, un ado, un bébé devant un écran. J’avais fait un dessin rigolo mais j’ai trouvé les ordinateurs playmobiles et ça a fait « tilt ».

Ceci dit je vous dois deux explications sur :

1. Pourquoi je l’appelle « bouquin » et non pas livre ou manuel ? Ce qui ne fait pas sérieux et peut choquer des personnes « bien pensantes » qui croient que la vérité est sérieuse (comme le comptable dans le Petit Prince de St Exupéry)

2. Pourquoi ai-je choisi Amazon ?

Commençons par répondre à la première question : pourquoi  j’appelle « bouquin » « Comment gérer les écrans et internet pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents »?

. Le fait est que je n’aime pas me prendre au sérieux et là je me suis dit « sois toi-même ». Du coup j’ai écrit en utilisant un ton léger. D’autant que ce sujet « les écrans, internet et les jeunes » est bien trop important pour qu’on en parle sérieusement.(ça vous rappelle une citation de quelqu’un?)

. « Bouquin » c’est donc pour ne pas me prendre au sérieux mais aussi pour ne pas prendre au pied de la lettre ce que je dis. J’ai fini début 2018 « Comment gérer les écrans et internet : pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents » . Il sera bientôt remis en question. Car c’est une réflexion, la mienne. Or rien n’est acquis. Je me méfie des spécialistes qui tiennent un discours  « en connaissance de cause » . Pourquoi? Car tout spécialiste (et surtout en neurosciences et psychiatrie) sait qu’il ne sait pas grand chose… Ce que j’écris est donc porté à caution, et en plus est le produit d’une époque donnée, un Présent qui sera Passé.

. « Bouquin » enfin car je ne sais comment le nommer. En effet, « Comment gérer les écrans et internet : pour les parents d’enfants et/ou d’adolescents » est hybride. Manuel car Je donne des conseils en fonction du média et de l’âge (attention, j’utilise le mot « interdire » qui fait frémir plus d’un spécialiste psy ou autre. Âme sensible s’abstenir). C’est aussi un « que sais-je? » car Je fais un état des lieux sur nos connaissances actuelles mais aussi un essai sur ce que c’est d’être parent, sur l’avenir… Vue que je me « mouille » et je livre mes réflexions avec l’objectif d’engager la lectrice ou lecteur à faire de même.

. Bref appelez-le comme vous voulez!

La réponse à la seconde question « Pourquoi l’ai-je publier sur Amazon?  » est terriblement simple.

J’ai longtemps proposé des livres en consultation en demandant « à ce qu’on les achète chez un libraire » mais le plus souvent les parents utilisaient cette plateforme d’achat. Et ceux ne sont pas les euls! Or je ne voulais pas passer par un éditeur qui me ferait couper tel ou tel phrase… Et publier dessus est facile (même pour moi qui ne suis pas dégourdie !) et je peux toucher (j’espère) beaucoup de monde. Je souhaite que ce livre « manuel/que sais-je?essai et témoignages » donne le courage de changer notre monde pour un monde meilleur. Commencez par les écrans, jeux vidéo et internet me semblait important. Je me suis donc dit : « utilise Amazon , ce sera une sorte de cheval de Troie. »

Voilà. Maintenant j’attends vos commentaires sur cette susdite plateforme ! C’est l’adage de toute personne qui écrit : on veut des retours après avoir passé des centaines (ou plus je n’ai pas compté !) d’heures assis en solitaire à rédiger en se mordant les lèvres, plissant le front…

 

Les Ecrans avant 3 ans

 

Les écrans entrent en compétition avec les activités de la vie courante et gagnent le plus souvent, empêchant les enfants de moins de trois ans (et plus à mon avis) de développer leurs capacités : motrices, attentionnelles, d’abstraction, langagières (vocabulaire), affectives et sociales. Les enfants sont du coup en retard.

L’utilisation excessive chez le petit enfant pourrait même entraîner des troubles notamment dans la sphère sociale pouvant évoquer, par erreur un autisme; tableau clinique « autisme like » qui serait rapidement résolutif à l’arrêt complet des écrans.

Il ne faut donc pas mettre un écran entre les mains d’un enfant de trois ans révolu (voire jusqu’à cinq ans !) quoique en disent les publicitaires. Laissons donc les enfants apprendre et se développer dans le monde réel avant d’évoluer dans le monde virtuel…

Magnesium et trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité

Depuis mon installation il y a 10 ans, il m’arrive de prescrire du magnésium ainsi que de la mélatonine chez les enfants et adolescents présentant un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

À l’occasion de la sortie d’un livre ( ou de sa resorti vue qu’en 2010 l’auteur avait ecrit en duo sur le même sujet) sur les bienfaits du magnesium ( le titre: Hyperactivité, la solution magnesium écrit par le Dr M.Mousain-Bosc), le magnesium revient sur l’avant de la scène et fait du bruit. Il est vrai qu’un défaut de magnésium entraîne des difficultés d’attention, difficultés qui peuvent elles-mêmes accentuer l’état d’agitation ( dont le but serait de contrer les difficultés d’attention); en une phrase: on bouge pour ne pas s’endormir…

Et que vient faire la mélatonine dans cette article ? C’est juste pour vous dire qu’il n’y a pas que le magnesium et que tout n’est pas si simple, vous allez comprendre… Je disais donc que la melatonine est aussi une molécule très interessante chez les enfants ayant un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. En effet, un enfant sur deux ( et plus quand ils sont ado) présente des troubles du sommeil, principalement des difficultés d’endormissement , mais aussi des réveils fréquents, etc… Or ces difficultés d’endormissement semblent liées à un taux bas de mélatonine. En « ajoutant » de la melatonine , on permet à l’enfant ou l’adolescent d’avoir un meilleur sommeil et donc qu’il se concentre mieux le jour suivant. C’est logique !

Actuellement le magnesium  est médiatisé et c’est une bonne chose. Toutefois, le magnésium (comme la melatonine) ne suffit pas toujours, loin de là, à régler les problèmes du TDAH. Si c’était si simple, si la solution résidait dans le magnesium, je ne prescrirai depuis 10 ans que du magnésium et rien d’autre ( et de la melatonine). En n’oubliant pas les adaptations scolaires, les prises en charges éventuelles en fonction du jeune. Et c’est là le noeud du problème et l’aventure: c’est du cas par cas.

alors, concernant les parents d’enfants sous méthylphenidate : bonne idée la cure de magnesium 🙂 mais n’arrêtez pas le traitement s’il aide votre enfant. En tout cas, parlez-en avec son médecin…

 

Le syndrome des pâtes au micro-onde et le syndrome NCIS et mon bouquin

sd ncis et patesCes deux syndromes ne sont pas inventoriés dans les livres de médecine et de psy. Par contre, ils sont symptomatiques de notre époque et mettent en garde sur la place données aux écrans dans le quotidien des enfants. Cette place est bien trop importante pour moi au delà des bénéfices des nouvelles technologies que je ne nie pas et même prône! Du coup, en tant que mère, individu et psy, j’ai passé un peu plus d’un an à me documenter et écrire, puis ré-écrire un manuel à l’usage des parents. Il sortira à la rentrée. Cela pourrait se faire même avant les vacances mais bon, je verrai. Je dois faire la couverture ! M’assurer qu’il n’y a pas trop de fautes :p… Bon, j’arrête la promo mais qui va la faire si ce n’est moi?

Alors c’est quoi ces syndromes? Je vous les illustre, vous allez comprendre:

  1. Voici un ado, âgé de douze ans, qui pense que les pâtes se font au micro-onde. Oui pas à la casserole. Il ouvre de grands yeux quand je lui explique comment on fait et demande tout de go à maman si « ils pourront essayer ce soir ». En tout cas, s’il ne sait pas encore utiliserla plaque de la cuisine mais par contre il est très fort sur son jeu de clash of clan. C’est ça « le syndrome des pâtes au micro-onde ».
  2. 2. Voici une gamine, âgée de neuf ans, qui refuse de dormir chez les copines le vendredi (c’était il y a quelques années je ne sais pas quand ça passe maintenant…). Et pourquoi? Car son feuilleton préféré passe à la TV. Le feuilleton en question c’est NCIS, une série qui n’est pas du tout de son âge… Non mademoiselle, les autopsies c’est « cracra ». Mais elle, elle peut quand-même voir NCIS car son grand frère de quinze ans la garde les vendredis. Certains vont me dirent « Ohlala, il faut vivre avec son temps! En plus, ça développe  la relation frère-soeur! » Mouais, je ne suis pas convaincue. Pour moi c’est le syndrome NCIS et j’en ai la preuve. Si si. Quand ma gamine (la mienne) âgée aussi de dix ans est revenue de sa super classe verte en râlant. Eh pourquoi râlait-elle? Au cours d’un quizz musical , mademoiselle a séché sur les musiques car c’étaient des génériques pour la plupart… Voilà ce que j’ai entendu ce jour là: «  A cause de toi (je sens que je vais être un sujet de discussion chez son futur psy 🙂 ) je n’en connaissais aucunes (des chansons) et notamment il y avait celle de… (Je vous le donne en mille) .. de NCIS.  » Bingo: C’est ça le « syndrome NCIS. »

 

Encore une histoire d’autisme …

tsa droit au diagnostic et éducationVoici une enfant intelligente, très, qui bénéficie d’un 100% demandé par le médecin de l’hôpital de jour « psy » où elle est, à raison d’une journée par semaine, depuis quatre ans, et ce, sans qu’ait été posé un diagnostic (?!)

Une exception vous me direz. Pas si sûre… Malheureusement en France en 2016, les enfants autistes de haut niveau ne sont pas toujours diagnostiqués…

Sa scolarité ? Compliquée, pour ne pas dire néante… Ce qui aggrave son handicap. Trop compétente pour la CLIS où elle avait été admise à six ans et où elle ne faisait rien, elle est passée à une demi journée par semaine en classe normale puis à deux demi-journées l’année d’après, avec l’accompagnement d’une AVS. Soit 9-10 H d’école par semaine pour cette enfant au QI normal (au dessus même) qui ne comprend pas le second degré et l’implicite DUTOUT, qui a une très pauvre intuition sociale et se comporte avec toute sa spontanéité inadaptée et gênante au bon déroulé de la classe (oui par ce qu’en plus elle est très très spontanée avec un TDAH, trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, associé).

Sa mère se bat pour qu’elle soit plus scolarisée et que fait l’Hôpital de jour ? Il signale au juge pour enfant que madame est dans le déni des troubles. Lesquels ? Il semblerait que le juge ait eu un diagnostic. Celui de troubles graves de la personnalité. De vous à moi, en psychiatrie, ce diagnostic est un écran de fumée; cela ne veut rien dire ou tout dire. C’est digne du jargon des médecins de Molière, en langage contemporain. Et pourquoi madame est dans le déni ? Par ce que maman demande que sa fille puisse avoir accès à plus d’heures de scolarité. Combien ? Une demi-journée en plus.

C’est abjecte. Je vous engage à visionner cette intéressante conférence qui parle de l’autisme avec beaucoup d’intelligence pour certains intervenants… et qui plaide pour l’inclusion des enfants autistes: Conférence d’hypocrate .

 

Violence sexuelle chez les jeunes: rôle des médias

violence sex

Encore des agressions sexuelles de « mineurs à mineurs » !

Cette fois-ci : cinq jeunes de 10 à 11 ans sont soupçonnés d’attouchements sexuels sur leurs camarades filles dans un collège parisien (L’Express 14/05/2015 cliquer ici) . Or, d’après un parent d’élèves, certains des agresseurs visionnaient sur leur Iphone des films pornographiques.

Pour celles et ceux qui penseraient qu’il n’y a aucun lien entre pornographie et violence sexuelle, je leur propose de retourner « au pays des bisounours » ou d’affronter la réalité actuelle. Nous sommes abreuvés de sexualité et surtout de pornographie laquelle est de plus en plus violente pour s’opposer à la pornographie soft, devenue banal dans notre quotidien (et qui n’est du coup plus considérée en tant que telle).

Or comment les jeunes, petits et grands, perçoivent la sexualité de nos jours? Croyez-vous que les images ne les influencent pas voire les traumatisent ? (vous savez, les fameux neurones miroirs cliquer ici)

  • Avez-vous déjà été confrontés à des images intrusives et racoleuses ? Oui bien sûr. Même ceux qui n’ont aucun écrans y sont confrontés : dans les lieux publiques par les panneaux publicitaires et le « must have », les énormes tablettes vidéo qui investissent le métro parisien et les gares. Il y a quelques mois, les publicités de MTV hyper salaces y tournaient en boucle avec Asterix. « Super » pour le gamin de cinq ans qui regarde Obélix et reçoit la figure la danse lascive d’une star... Et quand je dis lascive, je mâche mes mots.
  • Comme autre exemple d’images intrusives et choquantes, on trouve les pop up pornographiques. Pour les parents qui ne connaitraient pas, le pop up est une fenêtre qui s’ouvre de façon intempestive quand on clique sur certain site. « On ne peut pas ne pas les voir ». Or les pop up à caractère sexuel sont très fréquents sur les sites de streaming tant appréciés des jeunes. Tous y sont , un jour ou l’autre, confrontés. Mettez-vous un quart de seconde à la place du jeune de dix-onze ans qui veut voir un film et reçoit en pleine poire la sodomie d’une jeune femme à la poitrine extra-plantureuse… Et quand le gamin n’a que sept ans… No comment.

Ces exemples valent pour les images subies. Il y a aussi les images recherchées… Comme le font ces jeunes agresseurs qui visionnent des films porno à la récré. A partir de 11-12 ans, les jeunes (et les filles un peu après, pour l’instant) s’interrogent sur leur sexualité. C’est bien normal. Le problème est qu’ils trouvent l’information via les médias. Plus petits, ils ont pu visionner en famille, ou sur youtube, l’île de la tentation par ex. : tout à fait inadapté… Plus grands, ils peuvent chercher des films, toujours sur youtube, porno d’un simple clic…

Les jeunes « s’informent» et apprennent un comportement sexuel dénué de respect envers la femme et dénué d’émotion et d’affection. La femme subie et prendrait elle-même du plaisir ! Alors comment peuvent-ils (garçons et filles) comprendre que violenter sexuellement ou être violenté n’apporte pas du plaisir à l’autre ?

Même les séries, les films grand public (sans compter les clips musicaux) distillent des informations erronées sur la relation amoureuse : on couche avant de tomber amoureux, la femme se déshabille en une micro seconde et se fait culbuter sans ménagement.

La violence sexuelle chez les adolescents n’est pas un fantasme mais une dure réalité du quotidien. De nombreuses jeunes filles subissent des relations sexuelles violentes sans avoir conscience que ce n’est pas normal! Voire elles se font violer par leur partenaire sans comprendre que c’est un crime. Je vous assure j’ai rencontré des jeunes filles extrêmement intelligentes qui se retrouvaient dans cette situation. Je vous passe les tournantes qui ne se déroulent pas seulement dans les quartiers « à risque ». Loin de là !

En octobre 2014, un article répercutait l’inquiétude des juges face à l’âge toujours de plus en plus précoce d’auteurs ou victimes de violences sexuelles (La croix 21/10/2014, cliquer ici)

Que vont devenir les agresseurs et les agressés ? Comprennent-ils la portée de leur acte ? Comprennent-ils que le respect de l’autre et de soi est la chose la plus importante, que ce soit d’un être humain (ou d’un animal, cliquer ici )?

Comment fait-on un diagnostic en psychiatrie ?

diagnostic psy

Voilà une bonne question. Je commence à me la poser sérieusement quand j’entends des patients m’expliquer que leurs troubles ne peuvent pas être diagnostiqués car le test X ne conclue pas au diagnostic X, comme le test Y au diagnostic Y , etc…

Après le diagnostic :

  • psychanalytique, à savoir « cet enfant souffre car sa mère l’a refusé pendant sa grossesse par ex. » (Ok je simplifie à l’extrême mais au moins vous comprenez) (cliquer ici pour comprendre que « la psychiatrie ce n’est pas la psychanalyse« ),

Après le diagnostic

  • cognitivo-comportemental , à savoir « cet enfant est comme ça car il a une mauvaise confiance en soi » (facile quand on a un problème sans explication, sans aide ciblée: on n’a pas confiance en soi)

Place au diagnostic « pseudo-scientifique »: on mesure avec des tests si oui ou non on a ce trouble ou pas.

Le problème est que la psychiatrie comme toutes les autres spécialités médicales est une discipline où l’expérience, la qualité de l’écoute, de la relation humaine, de l’analyse sémiologique restent indéniables pour faire le diagnostic . Car le diagnostic est « clinique ». Les tests sont utilisés surtout dans le domaine de recherche ou pour des « non experts » ou pour étayer un diagnostic. Mais les tests ne se substituent en aucun cas au diagnostic du médecin psychiatre expert.

Et pourtant… J’en entends des histoires… En voici deux :

  1. J’ai rencontré il y a peu une jeune femme d’une trentaine d’année qui cherchait à comprendre ce qu’elle avait. Au point où elle a fait des études de psychologie… Or, accueillie dans un hôpital universitaire, aucun diagnostic n’est sorti des tests, même de ceux sur l’autisme. Pourtant cette jeune femme a un syndrome d’Asperger aggravé d’une agoraphobie. je ne vous dis pas son soulagement de l’apprendre. Même si ce n’est pas « facile » de lui dire et elle de le recevoir…
  2. De même, une autre jeune femme, appelons la Marianne, a été reçue par un psychiatre qui au terme de l’entrevue à conclue « Vous avez peut être un Syndrome d’Asperger mais il faut faire des tests pour le confirmer » ( ah bon? Pourquoi pas simplement la revoir en entretien à nouveau ? ). Marianne est donc allée voir la psychologue testeuse du service hospitalier. Celle-ci lui a aussi dit « Vous avez peut être un syndrome d’Asperger mais il faut que je vois vos parents pour leur faire passer des questionnaires ( des tests quoi ) ». Marianne est donc allée voir son père qui est encore en vie ( Que fait-on si les parents sont décédés ? ). Mais le père a refusé. Dans ce cas, la psychologue est vraiment désolée mais « elle ne pourra pas faire de diagnostic à Marianne (!!????!!!) ».

Alors que nous médecins apprenons dans nos études que « le diagnostic est clinique », dans ces deux cas, ils ne semblent pas avoir confiance dans leur jugement. Est-ce par manque de confiance ou par manque de courage ? Ont-ils peur de prendre leur responsabilité de médecin et de dire « vous êtes autiste » ? je me le demande..

Le problème qui s’en suit est qu’ en France, les autistes de haut niveau continueront à être sous-diagnostiqués.

Pour aller plus loin:

  • Le problème de ne pas faire le diagnostic d’autisme de haut niveau… un cas d’un enfant et de sa mère!!!! cliquer ici
  • Voici des cours : sur le syndrome d’asperger et l’autisme de haut niveau et les signes précoce de troubles sociaux lors d’un autisme: cliquer ici .

Violence et écran, une histoire de neurones miroirs ?

neurones miroirs

« La violence a toujours existé. » C’est vrai. Mais la violence chez les jeunes est un véritable problème de santé publique, dixit l’OMS.Ref

Quand les « spécialistes » médiatiques affirment que les écrans et les jeux vidéo ne jouent aucun rôle sur la violence des adolescents, je me demande sérieusement s’ils vivent dans notre société?

Ont-ils des enfants de « maintenant »? Ont-ils travaillé ces vingt dernières années à l’hôpital ? Ont-ils traîné dans les commissariats et les tribunaux, autour des lycées et des collèges (pour ne pas dire les écoles primaires) ?

Regardent-ils les publicités, les clips, les séries, les films ? Rentrent-ils dans les magasins où les jeux en devanture sont les plus violents ? Et quand ils jouent, se mettent-ils à la place d’un jeune qui mitraille, qui vole des voitures, etc … pendant des heures et des heures ?

La réponse de ces experts médiatiques aux craintes d’autres experts est :

« Vous n’aimez pas les jeunes, vous en avez peur. »

Aucun danger donc ! En France, nous sommes des exceptions. Les jeunes ne sont pas touchés. Aucune influence possible. Nous sommes parfaits. Amen!

Et qu’en est-il des neurones miroirs ? Les jeunes en France n’ont-ils pas de neurones miroirs ?

Les fameux spécialistes médiatiques ne peuvent pas dire qu’ils ne connaissent pas cette haute technologie intracérébrale (ben non ils sont scientifiques). Mais qu’est-ce donc que les neurones-miroirs ?

Les neurones miroirs nous permettent de « vivre » ce que nous voyons. Je vous explique:  » je regarde Jacques planter un clou » et cette vision entraîne une stimulation dans ma caboche comme si JE plantais un clou.

Si Jacques se fait mal je le ressens mais plus ou moins, selon mon propre niveau cérébral « d’empathie-bienveillance » mais aussi selon le nombre de fois que je l’aurai vu se donner un coup. En effet, si Jacques se donne un coup mille fois devant moi, cela devient banal (voire même « chiant »). « Je n’ai plus mal pour lui »… En d’autres termes plus je vois de la violence sur les écrans, plus elle devient banale et je me « désensibilise ». 

Alors dites-moi, fort de cette connaissance des neurones miroirs, pensez-vous qu’un jeune qui passe quatre heures par jour à jouer au militaire ou au voleur de voitures et qui tabasse des gens ne se désensibilise pas à la violence ? Le jeu anti-social n’apprend-il pas à être anti-social ? Les fameux spécialistes médiatiques admettent que les jeux vidéos sont didactiques. Comment font-ils pour refuser l’impact négatif de ces jeux et accepter leur impact positif ? Paradoxal, non? J’appelle cela de la mauvaise foi. Oups! Il faut rester politiquement correct dans notre contrée. Au lieu de dire « tout va bien » « ne soyons pas réac » « nous aussi on a été jeune ! T’as oublié mémé ? », critique facile et non constructive de type « peau de banane », les spécialistes médiatiques devraient se remettre en question.

Pour aller plus loin,

  1. je vous propose de lire un article publié dans le Monde, écrit pour le coup par de « vrais spécialistes ». Ils s’indignent des recommandations publiées par l’Académie des Sciences qui , elle aussi (comme les spécialistes médiatiques) plaide pour une utilisation permissive des écrans chez le petit ! incroyable mais vrai 🙁 cliquer ici
  2. Je publierai bientôt un livre pour aider les parents à manager les écrans avec leurs enfants et adolescents…. quand j’aurai fini les corrections!!!! 🙂

 

 

 

 

Halte aux mots « peau de banane »

Non à la critique négative

Bien que l’on parle de plus en plus de la communication positive/pédagogie positive/éducation positive, en France la critique reste une activité prisée chez les adultes entre eux et envers les jeunes, surtout où je vis à Paris.

En ce qui concerne les parents et les enseignants qui la pratiquent encore en 2015, la raison est d’après eux : mettre la pression au jeune, le « booster » . Certains adultes affirmeront même  « qui aime, bien châtie bien ». Je leur répondrai une chose : commençons par nous respecter. Car est-ce du respect quand on assène sans rougir:

« Tu poses des questions idiotes » « Tu es vraiment débile » « Tu es nul » « Même un enfant de trois ans saurait le faire »

« Tu peux pas faire attention?! » « T’es pas dégourdi! »

« Tu ne veux jamais m’aider à ranger » « Tu ne penses qu’à toi » « tu es égoïste » « Tu ne fous rien »

« Ma parole, t’as un poil dans la main! »

« Qu’est ce que j’ai fait pour méritez ça? » (celle-là c’est le titre d’un film d’Almodovar)

« Vous n’aurez jamais votre Bac » (très souvent entendues en filière scientifique) « Vous êtes une classe de branquignoles » (bon là, pas sûre que les gamins comprennent et le prennent négativement :p)

« Tu n’as aucune culture » (et les jeux vidéos? c’en est pas de la culture, révisez votre définition » « tu ne t’intéresses à rien » (et la programmation c’est rien? La sécurité des sites web aussi?)

Bon Stop, je m’arrête là mais je pourrai continuer une journée entière sans panne d’inspiration ! En bref, la critique non constructive est très appréciée en France, Or doit-on la maintenir sous prétexte « d’exception française »? à quoi sert-elle ? Sûrement pas à trouver des solutions. Car ce qu’on dit à l’autre c’est :  « tu ne vaux pas grands chose, donc tu ne peux pas faire grand chose ». Pour le décourager y a pas mieux. (la motivation un article ici)

En plus d’être injuste (et de provoquer donc), elle entame la confiance en soi de celle ou celui qui les reçoit. D’autant que la parole de l’adulte est  « d’or » . Les paroles, les phrases maladroites sont ainsi de véritables peaux de bananes qui font chuter jusqu’à casser notre « confiance en soi ». Et les jeunes de reprendre à leur compte la critique. Ils s’auto-flagellent et flagellent leurs pairs, les plus petits plus vulnérables… Mauvaise façon de s’affirmer à savoir « dominant/dominé ».

Et quand on croit ne pas valoir grand chose que se passe-t-il? Tristesse, anxiété, voire dépression, opposition avec ou sans provocation, crises de colères etc…

J’ai ainsi rencontré, il y a peu, un garçon de huit ans qui voulait passer sous un train. Il le disait très sérieusement. Cela semblait pour lui la seule solution à son problème. Et quel était son problème? Il était nul à l’école et son enseignant le lui répétait souvent. Au cas où il oublierait.

Les  « peaux de bananes » font mal ! Combien d’enfants en France se sentent à l’aise à l’école ? Combien n’ont pas peur de poser une question « car ils n’ont pas compris »? Combien interviennent en classe quand ils sont sûrs de la réponse ? Combien ont mal au ventre le dimanche soir ?

Pour apprendre, il faut créer un climat favorable de motivation mais aussi de sécurité. Car apprendre demande de se dépasser, d’aller plus loin, d’aller en terrain inconnu. Il est indispensable de se sentir aussi protégé et le « respect » y contribue fortement.

J’irai même plus loin. Combien oserons jeunes adultes se lancer dans une carrière « à risque »? Comme par exemple « entreprendre »? Combien choisiront leur métiers, leurs activité professionnelle par « amour »? Combien sauront « aimé » ce qu’il font? Combien seront heureux?

Les peaux de bananes sont un véritable fléau pour le bien être de chacun mais aussi d’une société et de l’avenir de celle-ci. La peau de banane fait mal non seulement à celui qui la reçoit mais aussi à celui qui la balance. Car dire du mal nous barbouille aussi l’âme en nous confinant aussi dans un quotidien morose « tout le monde est nul » (cf article Stop aux croix intempestives).

Il faut donc apprendre à communiquer : l’écoute, le respect de l’autre et de soi sont au premier plan. Accepter l’autre tel qu’il est avec ses défauts et ses talents, comme nous-même. L’affirmation de soi respectueuse devrait s’apprendre à l’école mais pour cela, il faut aussi l’enseigner aux adultes et notamment aux (futurs) enseignants.

Pour aller plus loin:

Un autre témoignage : cliquer ici

La punition doit-on punir? cliquer ici Quand et comment punir ? cliquer ici

Je vous propose et surtout aux enseignants des petits mots d’encouragement pour les enseignants que deux soeurs enseignantes et joliment illustrés vous offrent : cliquer ici

Comment motiver en classe ? : cliquer ici

Avoir un TDAH n’est pas une fatalité !

MOI BLOG PSY

La preuve j’ai un TDAH ! Et bon nombre d’autres personnes… Le TDAH peut aussi être un atout.

Le soucis c’est de « garder le bon et de laisser le mauvais (ou plutôt de s’en accommoder) »… Ce qui dépend pour le coup d’une multitudes de facteurs comme de notre tempérament, des interactions de nos parents, de nos rencontres (avec les professeurs, nos pairs etc…) , de l’association ou pas à d’autres troubles des apprentissages, de nos compétences intellectuelles…

Avoir un TDAH peut être un atout. Le TDAH n’est pas une fatalité ! Maintenant soyons clairs, nombreux sont les enfants/ados qui souffrent des conséquences du TDAH à l’heure actuelle faute de ne pas le savoir. Or certaines de ces conséquences sont désastreuses . Commençons déjà par poser la question : »a-t-il un TDAH ? ». Car le TDAH existe bien. Savoir si l’on a un TDAH ou pas donnera des pistes indispensables pour gérer les difficultés qui en découlent, gestion cognitivo-comportementales, éducatives mais aussi médicamenteuses. Et sur ce dernier point, je répète: en France les enfants ne sont pas drogués!

Et à celles et ceux « thérapeutes » qui refusent de « mettre dans une case un enfant » en arguant d’un esprit humaniste et quasi « clairvoyant », je réponds : « Ne pas nommer ou mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » (Albert Camus)

Des articles qui traitent de ce sujet:

in LE DEVOIR

in ACTUALITE