Comment rendre heureux son enfant ? Ou c’est quoi le bonheur?



Notre objectif de parent, comme d’individu, est que notre enfant soit heureux. Que nous nous en défendions ou pas, c’est pourtant bien le cas. Nombreux veulent que leur enfant réussisse dans leurs études pour qu’il ait une belle situation professionnelle, gage de bonheur.Pour d’autre c’est en leur offrant pendant leur enfance tout ce qu’il désire, en ne leur refusant rien « car la vie est si injuste a l’âge adulte ».
D’autre au contraire prennent le parti pris opposé et préfèrent les élever a la dure « car la vie est dure après. »
Et certainement si vous vous interrogez, vous aurez une autre réponse à donner.
En tant que psy, je décline à longueur de journée pendant les consultations ce sujet fondamental pour petits et grands, et qui explique le succès des méthodes, des livres, des blogs focalisés sur le développement personnel et le bien être qui déferlent sur le marché. Les agences publicitaires l’ont compris depuis belle lurette et nous promettent avec une marque de dentifrice, un jeu vidéo, un soutien gorge supersonique:
le bonheur !
Et c’est bien normal, après tout, dans notre vie de mortel de rechercher le bonheur.
Or soyons clair, ce n’est ni l’argent ( sauf si on est dans une situation précaire, il va s’en dire), ni la situation sociale ( être une star ou pdg ne fait pas le bonheur du tout), ni les biens matériels ( les smartphones ne rendent heureux que cinq à trente min quand notre ado le reçoit) qui nous rendent heureux. Ils ne contribuent que pour dix petit pour cent de notre capital bonheur!
La question du bonheur est traitée depuis la nuit des temps par les hommes. Les recherches en neurosciences cognitives depuis une dizaine d’années apportent des réponses qui s’apparenntent bien aux valeurs ancestrales pronées… D’apres les neurosciences: A l’heure actuelle notre capacité à être heureux serait dûe à 40% « à nous même », 50% serait la conséquence de notre héritage génétique. Les 10% restants sont dûs aux biens matériels et à la situation sociale.( Ce qui n’est pas dutout ce qui est véhiculé dans les médias et notamment les réseaux sociaux).
Savoir que nous avons 40% revient à dire que nous avons entre nos mains les outils pour être heureux. D’autant qu’actuellement dans le champ de la recherche en génétique on sait que des événements externes modifient l’expression de nos gènes. En d’autres termes: faire nous même notre bonheur entraîne une expression génétique positive sur nous et probablement diminue l’expression négative. Une aubaine, non?

Alors, comment rendre heureux nos enfants ( comme nous) ?
Les aimer, bien sûr ! Car pour apprendre à un enfant il faut aussi avoir de l’affection pour lui. ( meme si on est pas leur parent. Ce qui est Compliqué dans une classe comme en psychothérapie ou en rééducation ou même dans l’aba mais cela ne peut être différent. Les neurones frétillent avec l’amour, ils croissent avec le plaisir et l’amour. Mais c’est un autre débat.) On ne parle pas assez de l’amour et pourtant c’est inestimable. Mais attention pas n’importe quel amour, pas celui interessé où l’enfant nous valorise. Aimer son enfant tel qui l’est c’est aussi lui apprendre a s’aimer. Combien d’enfants et adultes ne s’aiment pas car ils n’ont pas eu la chance d’être aimés pour ce qu’il sont , d’être aimés sans concession?!
S’accepter tels qu’ils sont avec leurs défauts et leurs qualités, leur talent! Ce qui entraîne de la tolérance envers soi et les autre. Se connaitre apporte aussi un savoir inestimable qui est que l’on sait ce qui est bon pour nous et non pas parce qu’on le lui dit. Révolutionnaire, non?
Il est important de leur apprendre aussi profiter de ce qu’ils ont et de ce qui est vraiment important: partager des moments avec les autres ( à son niveau bien sûr, ne pas forcer!), se sentir faire partie d’une communauté. Les neurosciences montrent que l’amitié, les rencontres sont bénéfiques. Elles contribuent à notre bonheur, à notre équilibre émotionnel, et aussi peut etre meme à la longévité ( rėgime d’Okinawa ne s´arrête pas à l´alimentaire)
Il faut donc aussi leur donner la capacité de positiver, « de voir le verre à moitié plein et non à moitié vide ». Ce qui aide aussi à être flexible et de s’adapter aux changements
Il faut aussi leur donner ( mais ils l’ont , c’est plutot ne pas leur enlever, les inhiber) le goût d’être curieux, d’aimer découvrir, d’accepter qu’on apprennent toute sa vie, et donc aussi de se remettre en question.
Faire ce qu’on aime est aussi un gage de bonheur, quand on ressent le Flow. Ce qui veut dire que l´on maîtrise une connaissance/capacité et du coup on profite, on fait littéralement « corps avec elle » quand on l´a fait ( on pense pas à autre chose) et du coup on peut « se mettre un peu en danger » pour apprendre… et encore plus profiter. Mais par contre dans ce cas il est indispensable de faire attention quand le flow n’est donné à l´enfant que par un jeu vidéo…
Les activités physiques sont aussi importantes pour ce bonheur et pourtant ce n’est pas ce qui est enseigné. L’activité physique n’est pas vue comme un plaisir dans nos contrées mais comme une obligation de rendement. Tiens ça me donne une idée de la prochaine vidéo.
La Méditation est aussi un gage de bonheur. Maintenant faire et être totalement dans une activitê, ça s’apparente à mon sens à la méditation.
Je passe sur l’alimentation… Mais bon la junk food n’aide pas au bonheur. L’excès de sucre pourrait même « déprimé » ( je ne parle pas de depression mais d’une humeur maussade)
Et j’en oublie!
Maintenant soyons clair cela nous amène à nous interroger sur notre propre vie, nos propres objectifs de vie. Les enfants nous regardent et prennent exemple sur nous sur notre façon de gérer la vie ( copying). Envoyez des signaux tout a fait différent est non seulement confusionnant mais n’aura aucun bienfait.. Les signaux qui sont les plus forts sont les implicites, c’est donc comment vous vous comprter. Faire ce qu’on dit, ce qui demande un vrai changement en profondeur.
Tiens ça mêriterait un bouquin. Eheheh!

L’anxiété de performance, l’estime de soi, et les exigences scolaires, et au fond sociétales…

L’anxiété de performance est la peur de l’échec, de ne pas être à la hauteur. Elle est gérée différemment selon l’individu: en cumulant des heures d’études , en faisant à la dernière minute (en procrastinant). Mais il reste qu’elle apporte beaucoup de souffrance et est générée grandement par le système scolaire, lequel est lui-même conditionné par les exigences actuelles sociétales. alors oui on peut trouver des solutions pour soulager le jeune (et le moins jeune) mais le problème principal n’est pas réglé.

École et Apple stores ne font pas bon ménage, comment conditionner les futurs consommateurs


Des enfants applaudis à leur arrivée dans un Apple Store voilà un bombardement affectif et une publicité aggressive d’Apple, le tout cautionné par une école captive. L’interdiction de sortie dans ce lieu est nécessaire. Probablement rendue médiatique mais elle permet de réfléchir sur le conditionnement actuel auquel les jeunes font face, dans la sphère privee et à l’école. Les jeunes ne sont pas les seuls mais ils sont les plus vulnérables.les specialistes psy des écrans n’en parlent pas ou pas assez, c’est pourtant une inquiétante réalité qu’il ne faut pas annuler d’un revers de la main en croyant que l’on est à l’abri car « intelligent ». Les écoles de commerces, les entreprises de jeux vidéo, les dirigents de TV, les producteurs de cinéma savent comment rendre captif notre cerveau.
(Si vous souhaitez en savoir plus, avoir des conseils, mon bouquin peut être un allié! Eh!eh!Eh!)

Inclusion des enfants autistes et enfants « spéciaux » ou mieux: « extraordinaires »

La question de l’inclusion des enfants autistes met en avant les problèmes d’effectif scolaire, de formation des enseignants et des Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) dont le nombre est en plus en déclin, de travail en partenariat école/parents/intervenants.

Les problèmes relationnels chez les enfants ayant un syndrome d’Asperger


Avant tout merci à une maman qui se reconnaître je pense. C’est grâce à elle que je me relance dans la vidéo. Ce n’est pas un exercice facile, et pour moi c’est même presque douloureux « mais je me soigne  » donc en en refaisant.

Je parle d’un sujet qui est primoridal et au centre du fonctionnement Asperger et qui amène beaucoup de problèmes et de conséquences néfastes. Je pourrai en écrire un livre ! Et c’est peut être ce que je vais faire. Mais bon, je reviens au sujet. On pense que les enfants ayant un syndrome d’Asperger ou Autisme de haut niveau (intellectuel) s’isolent mais ce n’est pas toujours le cas. Du reste s’ils le font c’est qu’ils en ont besoin (au niveau sensoriel) mais aussi pour ne pas avoir à interagir avec l’autre car ils ne savent pas comment faire et ça leur coûte.

Dans ma petite vidéo je parle des autres mode de communications possibles chez un enfant asperger:
ou il imite
ou il est dominé
ou il domine.
Tout ça permet de ne pas se poser de questions. Il reste que cela entraîne bien des problèmes.

L’adulte qui a « toujours fait comme les autres » ne sait pas au fond qui il est, l’enfant qui tyrannise (ou qui est tyrannisé) peut se faire éjecter/devenir à son tour esclave (tyran)/ intégrer que les relations sont toujours Dominant-Dominé.D’autant que la notion « ami » n’est pas clair pour un enfant au fonctionnement Asperger. En effet, si l’enfant le tyrannise/le harcèle/le maltraite Mais dit qu’il est son ami alors l’enfant Asperger « souffre douleur » pensera quand même « oui il est mon ami »… Le problème qui se rajoute est l’attentisme des institutions, qui du coup sont maltraitantes.

Lettre aux parents, pourquoi j’ai écris ce livre sur les écrans

Voici la lettre insérée au tout début, j’explique mes intentions et pourquoi ce livre. Le fait est que je ne suis pas d’accord avec plusieurs experts médiatiques, notamment que la règle des 3/6/9/12 ans est racoleuse médiatiquement mais laxiste…

Être « pour » ou « contre » les nouvelles technologies n’est pas mon propos. Comment le pourrais-je ?! Les innovations techniques nous rendent des services au quotidien comme à l’école :

  • Ainsi, les logiciels ou applications sur tablette prêtent une voix à l’enfant mutique.
  • Le jeune et moins jeune en difficulté d’écriture pour tout un tas de raisons (dyspraxie, dysorthographie, autisme, trouble visuo-attentionnel), peut bénéficier de l’apport des nouvelles technologies. Il peut ainsi photographier avec son téléphone portable un cours écrit par un camarade, ou le scanné avec une souris-scanner ou un scanner de poche. L’enseignant peut enregistrer son cours sur la mémoire d’une clé USB, lui envoyer par mail. Il peut, s’il apprend, taper le cours sur un ordinateur. S’il a une dysorthographie, utiliser un logiciel correcteur d’orthographe. Si l’ordinateur n’est pas possible, il peut même dicter ses réponses avec un logiciel, type Dragon, etc.
  • De fait, la première fois que Rémy, 13 ans, a saisi une rédaction sur son ordinateur, il s’est senti profondément « soulagé » et s’est écrié : « Enfin je peux dire tout ce que je veux ! »

Je ne suis donc pas « contre » les nouvelles technologies. Ma préoccupation en tant que parent et psychiatre, consiste à établir « un modus vivendi » avec des règles claires pour guider au mieux nos enfants. Toutefois, pour se faire sa propre opinion, on se doit de s’informer et de connaître les bénéfices comme les dangers des écrans. C’est ce que je me propose de faire…

Et pourquoi moi ? Après tout, d’éminents experts, universitaires, chercheurs ou encore directeurs d’organismes numériques écrivent des livres sur le sujet et moi, je ne suis qu’une psychiatre exerçant en cabinet et plutôt spécialisée dans l’autisme.

Tout simplement parce que je ne suis pas convaincue par la majorité des livres édités en France. Mis à part un tout petit nombre de titres (voir bibliographie en fin d’ouvrage) qui ne sont pas, par surcroît, les plus médiatisés, une partie des experts tiennent un discours bien trop nuancé, parfois jargonnant, et surtout permissif sur les écrans, alors que leurs ravages se font déjà sentir ! Je souhaite apporter une information simple à des parents qui, comme moi, se soucient de l’omniprésence des écrans dans le quotidien des jeunes.

Soyons clairs, nous assistons à une révolution technologique d’une ampleur sans précédent. En comparaison, la révolution de l’imprimerie de Gutenberg fait pâle figure, alors qu’à l’époque elle avait produit un cataclysme. En cinquante ans, les premières imprimeries avaient produit autant de livres que les scribes n’en avaient retranscrit en l’espace de mille ans ! Ce qui n’est rien comparé à la productivité intellectuelle d’Internet, à la production du livre à la demande, à la PAO, et à l’émergence de l’imprimante 3D ! Mais je m’égare avec ce dernier exemple… Je suis « hors sujet ».

Nous n’avons donc pas eu assez de temps pour nous habituer et nous adapter aux nouvelles technologies qui déferlent sur les petits et les grands. Or les enfants, comme les adolescents, sont en devenir. Leur cerveau, qui n’est pas « mature », est soumis à l’influence des écrans. On le sait fort bien, et pourtant on vend de plus en plus de tablettes pour les 0-6 ans avec publicités mensongères à la clé. Il est urgent de mettre en place un « modus vivendi » pour que nos jeunes n’y soient pas asservis. Je pousse le bouchon trop loin ? Regardez autour de vous, ne trouvez-vous pas que le smartphone est un objet qui se répand comme une épidémie chez les ados ?

Si vous en doutez, reportez-vous à l’étude IPSOS réalisée en 2015 (*) : Le temps de connexion moyen à Internet est de 13h30 par semaine pour les 13-19 ans. Ben oui, qu’on ne s’étonne pas qu’ils passent une journée de vie par semaine dévolue surtout à chatter, à regarder les vidéo-clips qui peuvent être salaces voire obscènes, et autres… Bien sûr, « il faut que jeunesse se passe », mais, lorsqu’on sait que le cerveau des enfants est en devenir, cela ne vous choque-t-il pas de savoir que chez les 13-19 ans : 68 % possèdent un smartphone, 29 % une tablette (ok c’est peu, mais continuez la lecture…), 73 % un ordinateur, sans oublier : 73 % une console de jeux et 41 % la télévision ? Et tout cela, dans leur chambre ?!!! Quant aux 7-12 ans, ils n’ont rien à envier à leurs aînés…

Si l’on ne prend pas conscience des dangers des écrans, si l’on n’agit pas maintenant, alors je ne m’étonnerai pas que, dans une dizaine d’années, on propose de greffer à nos jeunes la puce de leur smartphone. Et ce, pourquoi pas, au cours d’Implant Parties** qui existent déjà.

Dans cet ouvrage, je ne vous abreuverai pas d’études statistiques à rallonge, ni d’un discours hermétique. Je ne serai pas politiquement correcte car ce n’est pas ma manière d’être. Je ferai parfois référence à des patients en changeant leur prénom, il va sans dire !

En tant que mère et psychiatre, je souhaite être la plus claire possible afin que vous ayez en main des informations et des outils pour décider par vous-même de votre conduite envers votre enfant.

Linnea Hjalmarsson, Paris, le 6 septembre 2017
pourlesparentspourleursenfants.com

P.-S. : Un point important pour lire ce « bouquin » : quand je parle des écrans, si je ne précise pas lequel, comprenez « tous », à savoir : smartphone, tablette, ordinateur et télévision.

* Étude Junior Connect’ 2015 réalisée par IPSOS sur 4000 jeunes en déc. 2014 : sources Ipsos

** Des Implants Parties existent : il s’agit d’une fête où l’on peut s’implanter une puce électronique. Pour info : http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/16/les-implants-parties-vivre-puce-electronique-sous-peau-259217

 

Les devoirs : Organisation et Motivation

Comment faire faire les devoirs à ses enfants ou ses ado ? est une préoccupation importante de nombreux parents. Dans un article sur ce sujet ( le lire) je prônais que les parents devaient « s’en occuper sans s’en occuper » sans pour autant développer en laissant planer un suspens sur ce sujet (et en en parlant dans mon article sur les routines de vie).  Je mettais aussi en garde au danger que ce problème prenne une place dans la vie de famille à en annuler les moments de plaisirs communs, d’échanges, de célébrations… et aussi à en oublier le frère et/ou la soeur qui se débrouille « tout seul » et devient presque transparent (du moins c’est son ressenti fréquent). Enfin je disais (mais cela dès le début) que je n’étais pas pour les devoirs, et je rajouterai maintenant pour l’école. Mais bon c’est une autre histoire. J’écrirai sur ce sujet un autre jour… Donc cette introduction pour vous dire que mon point de vue n’a pas changé. Par contre je vous dois des explications sur « s’en occuper sans s’en occuper ».

L’idée principale s’est d’apprendre au jeune à s’autonomiser et se responsabiliser. Maintenant il est clair que chaque jeune est différent. Ce que je préconise peut très bien marcher comme ne pas aboutir. Dans le cas où ça n’aboutit pas, il faut quand même ne pas croire que ça ne marche pas, mais surtout chercher pourquoi ?

Bon, je passe à la phase d’explication. Les devoirs demandent : Du Temps donc aussi de l’Organisation, et de la Motivation.

Concernant le temps, il est important déjà de voir si la demande de l’enseignant n’est pas extravagante. Le fait est que certains enseignants ont une ambition démesurée qui n’est pas compatible avec le jeune (troubles des apprentissages, fatigue) et la vie de famille. Je vous conseille alors de ne pas obéir aux demandes et de proposer (voire d’imposer) de diminuer le travail exigé. Bien sûr vous en parlerez avec l’enseignant.

Concernant l’organisation : elle demande une planification à savoir anticiper le temps imparti à telle ou telle tache, soit une routine (j’en parle ici) (et de façon plus large ici). La tache des devoirs, de la douche/bain n’est pas celle préférée de nombreux jeunes. Ils plébiscitent nettement jouer et ils ont raison. Il faut donc voir avec eux, à quels jeux ils aiment jouer et mettre en avant sur le planning de la journée et de la semaine les temps de jeux qu’ils souhaitent avoir puis , seulement après, voir le temps nécessaires aux devoirs. Je fais ici un aparté important à mes yeux. Si jouer est primordial pour l’enfant, l’ado et aussi pour nous (on l’oublie trop souvent), il faut faire le point sur ce à quoi il joue.  Jouer revêt plusieurs possibilités qu’il faut passer en revue avec le jeune (car peut être ne joue-t-il plus à tel jeu car il a été rangé ou les crayons sont cassées etc…) : la lecture pour un tout petit nombre (mais ils peuvent être des stackhanovistes de la lecture !), jeux de sociétés (mais beaucoup plus rares car même si bon nombre de jeunes aiment ces jeux, ils trouvent peu de partenaires au sein de la famille), constructions/poupées/miniatures, bricolages et enfin les jeux vidéo, youtube/vimeo (vidéos) voire les réseaux sociaux. Jeux vidéo, youtube et réseaux sociaux remportent la palme chez les jeunes et cela commence bien trop tôt ! Pour le coup, il faut aussi planifier le temps imparti aux écrans (dont le téléphone portable) et internet et privilégier d’autres formes de jeux. J’en parle dans mon livre et je propose des temps imparti. je vous encourage à le lire (bien sûr je fais de la pub mais je l’ai écris surtout pour le devenir des jeunes et de notre société. Il faut absolument y réfléchir maintenant et agir. le lien pour le trouver: ici)

Revenons sur l’organisation, c’est vraiment elle qui va permettre au jeune de s’autonomiser. Il va se référer à son planning, celui qu’il a concocté avec vous pour pouvoir jouer tout en avançant sur ses devoirs. C’est ça s’en occuper sans s’en occuper. Maintenant l’autonomisation dépend de son âge, de sa personnalité, de ses difficultés.

Concernant la motivation, elle est de plusieurs ordres. Un livre entier ne suffirait pas ! Voici les grandes idées : Si on peut transformer le pensum-devoir  en quelque chose de ludique ou en suscitant l’intérêt, la curiosité, le jeune aura plus envie de s’y mettre. Pour cela vous pouvez vous aider pour le jeu : de jeux de société, d’activité (cuisine ou jeu de la marchande et mathématique par ex.), de livres, de jeux éducatif sur tablette (quelques propositions).  Pour suscité l’intérêt ou/et la curiosité , il est indispensable d’expliquer à quoi sert le devoir : pour s’améliorer dans tel domaine, pour réfléchir sur un sujet de société/ de valeurs, pour pouvoir acheter des bonbons, pour découvrir une autre façon de vivre et donc une autre vision de la vie,  etc… On peut s’aider de sorties (visites, promenades…) , aussi de livres illustrés, de documentaires (sur youtube tiens donc, mais aussi sur des sites dédiés à l’enseignement, les DVD « C’est pas sorcier », etc…). L’envie vient aussi si on se sent « bon » dans un domaine, ou si on sent qu’on maîtrise, qu’on a le « flow » ce qui donne aussi du plaisir. Ce qui pose un problème  si le devoir confronte le jeune à ses difficultés (s’il a un trouble des apprentissages notamment), voire à un discrédit vécu au quotidien, ou s’il  ne lui apporte qu’ennui.

En effet, si cela lui demande de gros efforts et qu’il n’est pas récompensé, qu’il a de mauvaises notes alors qu’il travaille, des critiques non constructives par un adulte du type « travaille ! » « C’est nul ! » « tu ne feras rien de ta vie », etc… Je ne vois pas pourquoi il aurait envie de fournir un effort. Dans ce cas, le plus important c’est d’encourager ses efforts et non pas les résultats. Il faut diminuer l’effort (si trop de devoir) et au besoin, annuler l’effort si celui-ci empêche son apprentissage. Par exemple : l’enfant dysgraphique n’a pas besoin d’écrire, il peut faire à l’oral ses devoirs; adolescent il pourra taper au clavier de l’ordinateur, s’il en est capable. La récompense est dans la valorisation, l’encouragement. Elle se fait par les mots, les regards, un geste (sur l’épaule par ex) mais aussi elle peut se faire par un objet type « bon point » « image » (voir mon article sur ce sujet: ici). Il faudra être en lien avec l’enseignant bien entendu !

S’il ne voit pas l’intérêt, si ça l’ennuie. Il y a plusieurs raisons la première est probablement liée à son quotidien et demande de revoir celui-ci. Fournit-il des efforts ? Arrive-t-il à se frustrer , en laissant un jeu (quelconque) pour mettre la table par exemple ? passe-t-il beaucoup de temps sur un écran ?  Le fait est que l’écran entre en concurrence avec tout autre activité et gagne (avant c’était la télévision maintenant c’est le jeu vidéo) et pourquoi? Car il ne demande aucun effort. Le jeu vidéo en plus gratifie dès les premières minutes, voire secondes où on s’y met !

S’il s’ennuie cela peut aussi venir de compétences intellectuelles souvent au dessus de la moyenne.  Le jeune trouve ennuyant les devoirs car il ne peut pas aller plus loin sur le sujet. Il faut voir avec l’enseignant pour lui permettre de « déborder » alors sur un sujet qui lui plaît, de faire un exposé etc… Mais attention, cela n’enlève pas l’influence des jeux vidéos, ni des écrans en général. Nombreux sont les jeunes performants qui , à cause des devoirs et de l’enseignement scolaire à mon avis, et grâce aux écrans en plus, ne font plus rien. Ils se nourrissent d’écrans, de séries, de jeux… Au niveau intellectuel ils ne sont plus stimulés, ils ne créent plus non plus. Un désert qui aura de fâcheuses conséquences… mais bon, cela vaut aussi pour des jeunes tout à fait dans la norme.

Pour parler des devoirs et de comment on va s’organiser, il faut donc s’asseoir tranquillement avec le jeune et discuter de ce qu’il aime faire et puis du problème que cela pose sur les devoirs. Comment peut-on trouver un équilibre entre « plaisir » et devoirs? Comment peut on rendre les devoirs fun et intéressants, voir ludiques ? cela amène à parler aussi des problèmes liés aux écrans, aux valeurs véhiculées (ne pas fournir d’efforts, obtenir facilement, les autres deviennent aussi des objets…)

Une dernière question qui taraudent de nombreux parents: Doit-on punir s’il ne fait pas ses devoirs? Je ne suis pas dutout pour punir. Il le sera par l’enseignant… Par contre il est bon de s’installer pour réfléchir pourquoi il ne l’a pas fait… Et donc de reprendre point par point ce que j’ai abordé dans cet article. (si vous voulez plus de détail sur le sujet de la punition: ici)

 

 

 

Moi, la Trisomie et la Psy

Depuis quelques jours je procrastine : j’ai plein d’articles en devenir, plein d’idées mais je n’arrive pas à m’y mettre. Bon je sais que c’est lié à un soupçon de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) qui m’accompagne dans mon quotidien (j’en parle ici si ça vous dit). Je ne me fais aucun reproche. C’est la meilleure façon de passer le cap. Après tout, j’ai plein de choses « sur le feu ».

Mais revenons à l’article d’aujourd’hui. Bien entendu il ne fait pas parti de la cohorte de ceux qui attendent que je m’en occupe, c’est un tout nouveau et j’étais très motivée pour l’écrire. Pourquoi ? Car c’est la journée mondiale de la trisomie et qu’en plus Hoptoy’s propose de se photographier en chaussettes dépareillées pour cette journée. Initiative excellente ! Et voilà le pourquoi de ma photo :). Cela n’a pas été très difficile pour moi. J’ai longtemps été abonnée aux chaussettes dépareillées et, dès tous petits, mes enfants aussi… Ce qui m’amène à une anecdote pas très agréable sur ce sujet mais que je vous livre car très révélatrice de ce que plusieurs mamans vivent avec les institutions. ET pour ma part ce fut « peanuts » ! Mon fils était en « deuxième année de crèche » quand, un soir, en venant le chercher, la directrice m’attrapa à la volée « pour me parler ». Elle devait m’attendre de pied ferme. Comme tout parent, j’eu le cœur serré, c’était-il passé quelque chose de grave pour mon bébé d’amour ? Du tout mais pour madame la directrice c’était très grave et elle pensait appeler les services sociaux. Voici le dialogue insidieux…

« Madame, j’aimerai savoir si vous allez bien. Je pense que ce serait bien de voir l’assistante sociale.

—Mais non ça va. Pourquoi ? (J’avoue que je tremblais. La menace d’une assistante sociale de but en blanc n’est pas commune. Bon en plus, j’étais épuisée par ma journée à l’hôpital, et ma journée n’était pas finie. Il fallait aller chercher la grande à l’étude. ET tutti quanti…)

—Votre fils a des chaussettes dépareillées. Cela arrive trop souvent. »

Là je suis restée muette mais l’étendue de l’absurdité et du danger de celle-ci m’avait percutée en pleine poire. Oui poire, car le fait est que je n’avais pas encore saisi, ou plutôt je me refusais encore à accepter qu’il existe des gens bien malades, non pas ceux qui viennent me voir, mais des gens qui n’ont pas conscience d’être totalement formatés par la société… Comment cela s’est fini ? J’ai demandé à mon mari de l’époque, et père des enfants, de régler le problème. Un papa ça compte bien plus qu’une maman. Je l’ai déjà dit, mais peut-être était-ce sur Facebook à l’occasion d’une triste expérience de pps : ne jamais allée seule à un PAP ou PPS mesdames. SI le papa ne peut pas venir, faites vous accompagner absolument par un professionnel. Et sachez qu’une telle réunion ne peut avoir lieu sans la présence d’un parent.

Bon je reviens sur la Trisomie mais ces disgressions ne sont pas sans rapport ! Quand je me suis installée en ville, j’ai découvert la Trisomie. Tout au long de mes études je n’avais pas vu ou plutôt presque pas vu de patients trisomiques. Pourquoi ? Quelques semaines après mon installation, une maman appelle et me demande si je peux voir son fils car il est trisomique ? Je réponds bien sûr. Pourquoi ne le pourrais-je pas ? Elle me répond avoir fait une dizaine de psychiatres pour enfants qui tous refusaient de suivre son fils. Avant de voir cet enfant, je me suis plus informée sur la trisomie bien entendu. Et j’ai découvert qu’il y avait tout un tas de troubles somatiques à faire suivre. Pathologie cardiaques, pathologies de hanche, troubles endocriniens etc… Ce qui probablement explique que ces enfants sont suivis surtout par un neuropédiatre à l’hôpital. Mais j’ai appris que l’autisme était aussi associé plus fréquemment. Tiens cela avait dû passer vite fait dans mes cours (en fait non à l’époque l’autisme n’était pas enseigné pour le concours de spécialités et durant la spécialité c’est « à votre bon cœur » ! En fonction des séminaires et des services hospitaliers qu’on choisit. On peut faire que de la psychanalyse si on veut alors que l’on prépare la spécialité médicale « Psychiatrie » … Du moins à mon époque). Cette histoire d’autisme m’a perturbée, d’autant que cet enfant montrait des signes d’autisme et de mutisme, remarqué dans son dossier hospitalier sans qu’il ait vu de psychiatre. Est-ce que cela aurait changé les choses si le psychiatre en question était totalement d’obédience lacanienne ? Il ne valait mieux pas que les parents et fiston en voient. La question de cette maman m’est restée depuis lors : Voyez-vous des enfants trisomiques ? Je suis médecin je vois tout type de patient. Comment en refuser ? Depuis j’ai malheureusement appris que j’étais obligée de refuser des patients, initialement pour garder le plus de place pour des patients ayant besoin d’un diagnostic d’autisme puis plus tard car je n’ai que 24h dans une journée, un corps, un mental, une famille. Je ne prends plus de nouveaux patients.

Je suis contente que l’on parle de la trisomie. Au-delà de l’interruption thérapeutique de grossesse qui ne peut régler tous les cas de trisomie : les parents ont le droit de refuser c’est un choix à respecter, les erreurs échographiques et biologiques existent. Je disais donc au-delà du « traitement » de la trisomie par l’éradication de celle-ci, au-delà de la thérapie génétique (je ne suis pas sure qu’elle s’occupe de cette question mais bon au cas où), la trisomie interroge sur le cas que l’on fait d’un enfant handicapé, différent physiquement et mentalement. C’est la même chose, à un tout petit niveau des personnes en chaussettes dépareillés, ont-ils le droit d’être ? doit-on les changer complètement ? Qui veut s’en charger ?